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ISBN : 9791025204566
Éditeur : François Bourin (22/08/2019)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 11 notes)
Résumé :
C’est le début. L’absence de sensations. Les inquiétudes irrationnelles. La peur que, soudain, tout s’arrête. Alors, stupéfier les joies dans le sillon des lendemains incertains. Ne pas s’amouracher d’un tubercule en formation, c’est bien trop ridicule et puis, sait-on jamais, il pourrait. Mourir. Je me sens coupable. D’un bonheur qui ne vient pas. Je me sens coupable. Des larmes insensées alors que je devrais sourire. Et puis, ce matin-là, j’entends. Entre les quat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  07 octobre 2019
«De chair et d'os et de viscères»
Virginie Noar a choisi pour son début en littérature de nous dire ce que ressent vraiment une femme qui accouche, combien le rôle de mère est difficile et combien l'expression «ce n'est que du bonheur» est galvaudée. Édifiant!
Le test de Rorschach est probablement le test de personnalité le plus célèbre au monde. Inventé en 1921 par le psychiatre suisse Hermann Rorschach, il permet à partir de tâches d'encre de définir le profil psychologique des patients. Si je vous en parle en introduction à cette chronique, c'est parce la graphiste Élodie Campo a choisi l'une de ces tâches pour illustrer la couverture de ce roman. Choix judicieux, car il invite d'emblée le lecteur à imaginer, à interpréter… et à confronter cette image au titre énigmatique «Le corps d'après».
Même si, dès les premières lignes, qui décrivent une épisiotomie, on comprend que cet après est la période qui suit un accouchement. Et que nous sommes bien plus proches d'une tragédie que d'un hymne à la joie. À en croire l'équipe médicale, tout s'est bien passé, le bébé est là et les premiers tests sont concluants. Reste à faire place nette. Tout à l'air si simple. le bonheur promis se heurte pourtant à une dure réalité: «tu claques des dents, tu voudrais dormir et qu'on t'arrache de ce corps étranger, là, tout de suite, ne jamais avoir vu cette étendue de sang qui macule la salle de bains étroite et virginale. Tu t'assieds sur la cuvette des toilettes parce que.
Ça virevolte. Tu ne peux plus. Tu as mal. Peur. Tu chuchotes "au secours". Ça tourne. Ça virevolte. Tu tombes, de ce corps nu qui saigne sans s'arrêter. Mais tu n'es pas morte. Tu n'es pas morte.»
Toujours en vie, il faut alors tenter de se réapproprier ce corps «de chair et d'os et de viscères», d'apprivoiser la peur omniprésente, de croire que tout va s'arranger. Pour cela Virginie Noar choisit de revenir sur les épisodes précédents, de nous raconter comment tout a commencé et le plaisir qu'il y avait alors de faire l'amour et de s'abandonner. Il n'était pas question de tomber enceinte: «Ce n'était pas du tout prévu comme ça. On devait baiser, c'est tout, s'exténuer, glisser l'un contre l'autre, mouillés tremblants, le souffle court, se pénétrer, jouir puis soupirer, tout ça pour ne pas oublier qu'on était vivants et qu'on ne deviendrait jamais des gens morts, usés, aigris.»
Après le test de grossesse positif, elle nous raconte le parcours classique de la femme enceinte, libre et célébrée. «J'effectue des prises de sang, plein de prises de sang, j'organise et planifie des rendez-vous, je me rends aux cabinets d'échographie, j'écarte les jambes et remonte ma culotte, essuie mes cuisses et rabats la manche de mon pull-over, je n'omets pas Ies «merci au revoir à bientôt pour le prochain examen, je suis tellement heureuse», je signe des formulaires, cachette des enveloppes, je préviens la terre entière, surtout la CAF et la Sécu, c'est important. Et la bonne nouvelle, c'est que tout va bien. Tout est sous contrôle.»
Jolie formule pour cacher toutes les peurs de la naissance à venir et celles, encore plus terrifiantes face au nouveau-né.
Sylvie le Bihan avait ouvert la voie au printemps. Dans son roman Amour propre elle s'interrogeait sur le statut de ces femmes qui refusent la maternité, qui revendiquent le droit de ne pas aimer les enfants. Virginie Noar lui emboîte en quelque sorte le pas en démystifiant la belle histoire que l'on nous vend sur la grossesse et la maternité. N'en reste pas moins un lien viscéral mis en exergue par une très belle formule: «Donner la vie, c'est rendre la mort possible en même temps. C'est terrifiant et merveilleux.»

Lien : https://collectiondelivres.w..
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AdeleBinks
  22 septembre 2019
Un livre ambitieux par le thème et l'écriture, et qui navigue entre roman, témoignage et manifeste féministe.
Un livre que j'ai beaucoup aimé, bien que agaçant comme son héroïne, femme pleine de contradictions, de générosité, débordant de certitudes et d'hésitations.
Débordant, voilà le mot. Les émotions jaillissent à tout bout de page, l'héroine est un être de passion, qui nous livre les bouillonnements à l'intérieur de son corps, de l'adolescence à la maternité.
Il s'agit d'une femme en construction, morcelée, une femme-caméléon, une femme qui ne connait pas les frontières de son corps. J'ai eu l'image d'une maison avec des portes battantes et des fenêtres entrebâillées, des volets qui claquent, des clés qui ouvrent et ferment des serrures.
Comment en est-elle arrivée là, l'auteur ne l'explicite pas, juste quelques références à sa mère. Quel parcours de vie peut mener à une telle incomplétude, voire schizophrénie ?
D'un chapitre à l'autre, avançant ou reculant dans le temps, j'ai découvert le corps pluriel de cette femme.
Il y a le corps sexué, le corps-plaisir, celui qui est ouvert à toutes et à tous, celui où tout est permis, y compris de jouer avec la douleur, corps parfois pathétique dans sa recherche de l'ivresse.
Le corps-objet médical, qui peine à s'entrebâiller, où les soignants entrent par effraction, avec lequel elle se sent impuissante, en colère, humiliée.
Le corps maternel, corps-girouette balloté, proie des injonctions sociétales et des convictions intériorisées : la puissance physique du corps de la femme, capable de l'enfantement, capable de nourrir l'enfant.
Le corps-malade, outil pour se faire aimer de sa mère.
En quoi tous ces corps habités par la même femme sont-ils si différents ?
Oui, cette femme est complexe, comme tout être humain, et je peux me reconnaitre en elle, car qui n'a pas douté de son corps, que ce soit à l'adolescence (ou à la vieillesse), devant la maternité (ou la maladie), à propos de sa sexualité, féminine ou masculine. Toutes et tous nous traversons ces questionnements, en cela, ce livre pose des questions essentielles.
Là où ce livre m'est étranger, c'est quand l'héroïne généralise ses sentiments, ses opinions, à l'ensemble des femmes, quand elle dit « nous » au lieu de « je ».
Elle est persuadée s'être déconstruite par rapport à sa mère, à la société, et avoir accédé à la liberté d'être elle-même, mais je m'étonne qu'elle reste sujet de croyances comme l'instinct maternel et qu'elle confonde autodétermination et individualisme.
Bref, j'ai beaucoup aimé ce livre !
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croquemiette
  15 septembre 2019
C'est l'histoire du corps de la femme, à plein d'âges différents, le corps qui reçoit des coups, qui attise le désir, qui jouit, qui devient plein de l'enfant à naître, qui donne naissance, qui souffre...
C'est l'histoire de cette chair évaluée, triturée, contrôlée, monitorée par les hommes en blanc et les autres. Intimité devenue spectacle, publique et sociale.
Ce texte est très bien écrit, l'écriture est directe et dit les choses, quitte à choquer. La femme prend ici plusieurs facettes, on se rend compte que la féminité est plurielle et mouvante et l'on suit la narratrice évoluer dans son rapport à son corps au fil du récit.
Mais malgré ces qualités, le livre n'a pas réussi à me toucher. Je n'ai pas eu franchement d'empathie pour l'héroïne. Je crois que le style a supplanté le reste et m'a empêché de me laisser aller à l'histoire. Il m'a manqué un petit supplément d'âme. Peut-être juste une pause, un peu de simplicité aussi.
Je dirais que c'est un bel exercice littéraire, plus récit - voire pamphlet, que roman.
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LauraLesmotsdesautres
  30 août 2019
J'ai entendu parler du premier roman de Virginie Noar, le corps d'après (Editions François Bourin), alors que j'étais encore enceinte. Il a vite fait partie des livres de la rentrée littéraire que je voulais absolument lire. Si je ne devais en dévorer qu'un seul ce serait celui-là. Je l'ai reçu quelques jours avant mon accouchement et compte tenu du thème abordé je voulais attendre le retour à la maison avant de l'apprivoiser.
Virginie Noar explore le corps féminin sans pincette
Dès les premiers pages, j'ai su que ce manuscrit allait me bouleverser. le corps et l'esprit féminins y sont triturés, souillés, broyés, explorés, dénudés, violentés et finalement aimés. le corps et l'esprit y sont pluriels puisque le féminin regorge d'infinis reflets de la madone, à la « putain » en passant par la mère, la femme, la fillette et l'adolescente. Ce corps est un territoire organique cartographié par Virginie Noar, une auteure qui ne prend pas de détours pour saisir à pleine main cet antre de chair et de sang. Virginie Noar ne prend pas de pincettes pour peindre et décrire ces situations plus que cocasses, dégradantes, déshumanisantes où la femme devient un objet de procréation et appartient en un coup de semence à la société toute entière. Les violences obstétricales y sont abordées. L'auteure libère cette parole en usant crument d'un verbe brusque et intense. Elle retrace le parcours d'une mutation, d'une transformation, d'une découverte, d'une inconnue. Un parcours semé d'embuches, d'interrogations, de démarches d'une fillette devenue adolescente puis femme sexuée et sexuellement active et enfin mère.
Du pratique au plus philosophique et psychologique
Virginie Noar jongle avec brio entre l'aspect parfois comique et ironique de la situation, le côté pratique et celui plus philosophique et psychologique. Aux prémices d'une maternité à venir, tout n'est qu'efforts, vulnérabilité et peur avant que la mère se déleste de ce fardeau pour entrevoir enfin le bonheur et l'amour – pas si inné que cela. Démarches rébarbatives administratives et médicales, rendez-vous chez ce docteur qui nous considère « hypertonique » ou « pas assez détendue » au moment où sa main explore le plus intime sans ménagement, l'annonce au père, la déclaration à la caf, les effets secondaires sur un corps qui, au delà du bonheur annoncé, subit une mutation de tous les instants. Et les doutes, les pensées noires et fugaces qui font culpabiliser, cette volonté aussi de récupérer son corps de femme une fois l'enfantement advenu, dois-je forcément allaiter, si non que faire de l'instinct primaire du nourrisson qui cherche à téter …
Ce roman, sous forme de témoignage, est d'une générosité déconcertante. Doux et intensif, le texte et le rythme d'écriture incisifs sont une vraie claque et ouvrent les yeux sur un bouleversement aux nombreuses aspérités bien trop souvent mises sous silence au profit d'un bonheur évident.
Lien : https://lesmotsdesautres.com..
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Lencreuse
  24 août 2019
Avec le corps d'après, Virginie Noar mène le lecteur dans une plongée vertigineuse au plus intime d'une femme : son corps. Corps qui enfante, délivre la vie et qui sous prétexte médical devient corps observé, exploré sans consentement, ausculté, fouillé sans pudeur. Et la narratrice de remonter l'histoire de son corps : les tentatives d'appropriation par d'autres, la découverte du plaisir qu'il peut procurer, la tentation de l'utiliser comme pour se prouver qu'on peut en être maître.
Dans ce livre puissant, Virginie Noar interroge nos corps livrés en pâture aux injonctions sociétales, ces corps pas si libres tant on tente de les contraindre, les « normer », les dompter pour notre "bien". Elle y explore aussi l'aventure de la maternité, celle d'un corps qui accueille, protège, qui trahit parfois, devenant étranger à apprivoiser. Un premier roman féminin et féministe dans sa plus belle assertion : celle qui revendique la liberté de choisir.
Et si la dédicace de ce roman s'adresse « Aux fillettes qu'on a prises pour des poupées en plastique qui ont fermé les yeux quand on les a couchées à terre et les ont rouverts quand elles se sont relevées », on pourrait aisément conseiller le Corps d'après à tous pour faire taire les idées reçues qui murmurent aux oreilles des petits garçons que les fillettes sont des poupées fragiles.
Lien : https://wp.me/p3WvbT-eb
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   07 octobre 2019
Corps si souvent éprouvé est tout à coup devenu solaire. Il n'y a pas si longtemps, il n'y avait que l'épreuve de ma silhouette anguleuse et ma peau transpercée, creusée, mélangée aux corps étrangers pour me faire vivante. Désormais, je suis femme pleine, vivant la turgescence des épidermes comme l'avènement de ma féminité, une sorte de quintessence du sexuel féminin. Je me sens corps érotique, alors que jamais je n'ai pu être vraiment comblée de mon état “femelle”. Alors que toujours, j'ai été: genoux écorchés; enfant sage; démarche maladroite; enfant obéissante; peau basanée; fantasmes assassins; désirs refoulés. Corps encombré encombrant. Alors que toujours, j'ai été à l'inverse d'exister.
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hcdahlemhcdahlem   07 octobre 2019
INCIPIT
Mais tu n’es pas morte.
Les pieds immergés dans la mare de tes entrailles exfoliées, tu n’es pas morte, tu es bien vivante. De chair et d’os et de viscères.
Derrière la porte, elle est là, les paupières closes et l’insouciance au corps.
Elle t’attend, elle te manque; où est-elle? Elle flotte dans l’air et tes chevilles se noient.
Tu ne parviens pas à toucher, là. Ça ne cesse jamais de couler, tu ne sais que faire de cette serviette rêche et minuscule, blanche absurdité moquant l’ampleur de la tragédie. Ils ont cousu, là, entre tes jambes, à l’intérieur de toi béante, ils ont fait des points avec un fil et une aiguille, t’ont rapiécée, le geste las et l’âme ailleurs. Ils ont cousu ici et tu l’as senti, oh oui tu l’as bien senti, tu es déchirée dedans.
Ça tourne autour. Tes jambes vacillent, ton corps est faible et rompu, tu voudrais rentrer à la maison et dormir jusqu’à beaucoup. Tu as mal aux os, tu as mal au corps, tu as froid, tu frissonnes.
La sage-femme t’a laissée, là, sur le seuil de la porte. Elle t’a abandonnée et a dit «à tout à l’heure» d’une voix guillerette, comme si elle ne voyait pas dans tout ce corps éreinté que tu voulais la supplier de ne pas te laisser comme ça, vidée comme un poulet, dépecée, charcutée, mutilée.
En tremblant, tu fais couler un mince filet d’eau sur ce morceau de chair bleuie par les efforts, cette tranche de peau malade et gélatineuse qui se balance sous tes yeux et porte la mélancolie précoce du nourrisson qui n’y reviendra jamais.
Ton ventre. Tu n’as même pas pensé à le toucher une dernière fois et il n’en reste que sa peau flétrie. Tu es devenue un fruit passé, tu dois maintenant te laver, effacer les traces de l’Évènement, tout doit disparaître. Là-bas, derrière la porte, ils ont déjà dissimulé le sang la merde les larmes les cris, les draps ont été changés, la lumière a été tamisée, il ne reste que le bébé à la peau douce dans un pyjama de velours et un bonnet trop grand pour lui, un bracelet en plastique avec son prénom dessus, la layette et les publicités dedans. Tout est prêt pour que le monde accueille le nourrisson enfin extrait de la mère mais, tout de même, madame, lavez-vous la vulve, soyez présentable.
Où est-elle? Que fait-elle?
Lave-toi.
Tu as froid, tu pleures, tu suffoques dans ce réduit aseptisé mais tu sais aussi que c’est que du bonheur, c’est comme ça qu’ils disent tous: «quand ils déposent le bébé sur ton ventre vide, tu oublies tout». Pourquoi tu n’oublies pas tout, toi, hein?
Lave-toi.
Pourquoi tu pleurniches alors que ton bébé, là-bas, c’est que du bonheur?
Avec l’écume blanche du savon entre tes mains, tu effleures lentement ta poitrine et. Ton ventre. Flasque et las.
Prise de vertige, tu ne peux soudain réprimer le hoquet de dégoût qui jaillit de ta bouche. Tu regardes tes pieds, souillés de vomissures et de sang et tu entends «c’est que du bonheur» dans ta tête obstinée, cette petite tête capricieuse qui ne veut rien entendre de ce que disent les autres.
Et puis tu chancelles.
Tu voudrais pleurer, être vivante de larmes ou de cris peu importe, tu claques des dents, tu voudrais dormir et qu’on t’arrache de ce corps étranger, là, tout de suite, ne jamais avoir vu cette étendue de sang qui macule la salle de bains étroite et virginale. Tu t’assieds sur la cuvette des toilettes parce que.
Ça virevolte.
Tu ne peux plus. Tu as mal. Peur. Tu chuchotes «au secours».
Ça tourne. Ça virevolte.
Tu tombes, de ce corps nu qui saigne sans s’arrêter. Mais tu n’es pas morte.
Tu n’es pas morte.
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hcdahlemhcdahlem   07 octobre 2019
Pourtant, au début, au presque début, c’était juste une histoire d’odeur qui manquait à la vie pour qu’elle vaille la peine d’être vécue. Juste une odeur de sexe, de sueur et d’indécence frivole, comme des banalités à oublier une fois consommées. Ce n’était pas prévu que ça devienne une promesse de chagrin. Ce n’était pas du tout prévu comme ça. On devait baiser, c’est tout, s’exténuer, glisser l’un contre l’autre, mouillés tremblants, le souffle court, se pénétrer, jouir puis soupirer, tout ça pour ne pas oublier qu’on était vivants et qu’on ne deviendrait jamais des gens morts, usés, aigris. p. 23
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hcdahlemhcdahlem   07 octobre 2019
J’effectue des prises de sang, plein de prises de sang, j’organise et planifie des rendez-vous, je me rends aux cabinets d’échographie, j’écarte les jambes et remonte ma culotte, essuie mes cuisses et rabats la manche de mon pull-over, je n’omets pas les «merci au revoir à bientôt pour le prochain examen, je suis tellement heureuse», je signe des formulaires, cachette des enveloppes, je préviens la terre entière, surtout la CAF et la Sécu, c’est important. Et la bonne nouvelle, c’est que tout va bien. Tout est sous contrôle. p. 35
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croquemiettecroquemiette   12 septembre 2019
"Bon tu veux faire du porno, c'est ça ?"
Sans l'avoir prévu, je lui ai livré la médiocrité de ma carrière de vendeuse à peine entamée, les jours gris de ma banlieue indifférente, le train éternel de mon ennui, mon jour de repos choisi pour le rencontrer, mon désir de m'échapper d'une existence pliée d'avance. Travailler, acheter une maison, avoir des enfants, une clôture contre les voleurs, un tablier pour moi, une tondeuse pour mon mari, un labrador pour les mioches ou des mioches pour le labrador. L'ordre des choses et les circonstances de la servitude volontaire m'étaient étrangers, mais j'étais déjà certaine d'une chose : je voulais m'en échapper. p. 142
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Vidéo de Virginie Noar
Virginie Noar vous présente son ouvrage "Le corps d'après" aux éditions François Bourin. Rentrée littéraire Août 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2340023/virginie-noar-le-corps-d-apres
Notes de musique : Youtube Audio Library
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