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EAN : 9782290049068
113 pages
J'ai Lu (04/01/1999)
3.46/5   24 notes
Résumé :
" Il me plaisait à moi de mettre cet intérieur en désordre, de semer la panique dans mes membres affolés de se retrouver nus, écorchés sur l'air froid.
Je creusais la peau, parce que c'était la seule façon de refuser l'adhésion à un monde confus suintant l'abrutissement. " Atteinte d'un psoriasis dévastateur dès son plus jeune âge, Irène se gratte, s'irrite, se déchire, se creuse. En se pliant aux exigences de la démangeaison, l'héroïne va faire l'apprentissa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
chrystal_charrie
  01 mai 2016
Lorette Nobécourt signe avec son auto-fiction La démangeaison une expérience éprouvante pour un lecteur non averti. Cette histoire suinte le mal, le putride au même titre que les maux de peau dont souffre l'héroïne, Irène. C'est dans un souffle continu, exsudant la folie, que la narratrice explicite les méandres de sa raison très personnelle à travers son besoin irrépressible de s'arracher la peau, de creuser ses membres ; le lecteur se trouve tantôt témoin, tantôt pris à partit et tantôt violenté par ce discours d'un noir pragmatisme:
« Je suis contre le malheur et la croyance au bonheur également. Mes infirmités sont ailleurs. On les connait… ».
Ce dernier pousse volontairement le liseur à se demander si fermer le livre ne lui offrirait pas l'opportunité d'une échappatoire, d'une délivrance. Un instinct de protection face aux souffrances qui sont décrites sans fioritures, avec l'honnêteté de ceux qui les vivent.
L'héroïne entretient une relation fusionnelle, presque érotique, avec la langue, l'écriture; par la jouissance de leur possession elle guérirait et dépasserait sa haine. Cette haine qui réside au creux de questions simples "pourquoi?", "dans quel but?", questionnement omniprésent d'Irène face à ce qu'elle considère comme son handicape, son psoriasis. La littérature comme moyen de ne plus souffrir de la distance que ressent Irène par rapport à la société, par rapport au monde.
Une machine littéraire efficace accompagne le récit. le début de l'oeuvre est marqué par l'utilisation de phrases incisives, courtes, preuves qu'Irène est en train de constituer un discours, son discours mais qu'elle n'a pas encore reçu le don de parole. Les pensées du personnage s'allongent et se complexifient en parallèle à l'écriture de Lorette Nobécourt. C'est l'instant où Irène s'approprie le langage, où elle sort de sa condition de victime.
Lorsque, par le fait d'un déplacement de culpabilité, Irène chute à nouveau, on assiste au retour de ces phrases à vif. La narratrice se détache du monde, elle rend la parole après avoir vécu une désillusion insupportable.
Un texte à vif, une littérature de l'urgence qui ne souffre d'aucun compromis. C'est l'aveu sincère et brutal d'un ressenti intolérable.
"Je suis désormais de toutes les histoires. Je suis dieu puisqu'il m'est égal qu'il y ait un dieu. Je suis tout le monde parce que je ne suis personne. Puisque je ne joue plus aucun rôle; puisque j'ai cessé d'avoir une idée quelconque de ce que je devais être".
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sandranae
  19 avril 2020
J'avais envie de lire un acte de parole à la 1ère personne, qui coûte. Alors j'ai relu le 1er livre de Nobécourt à avoir été édité. Le constat est sans appel : 20 ans plus tard, le papier a jauni, mais ses mots sont restés rouge vif. Nous ignorons toujours si c'est le rapport insatisfaisant au monde qui rend malade ou si c'est la maladie qui rend le rapport au monde insatisfaisant.
Dans cette autofiction, l'écriture soigne momentanément la narratrice qui couche ses maux sur le papier, et par extension, guérit les blessures de l'auteur (définitivement?). Mais quid du lecteur ? Et bien, ce récit me conforte dans l'idée que les livres ne guérissent pas leurs lecteurs ; ils les contaminent, pour leur plus grand bien et leur plus grand mal.
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Vidéo de Laurence Nobécourt
365 jours dans la vie des humains sur la planète Terre… À New York, Laïal tente de se détacher des siens. Au Portugal, Perla apprend à mourir, et sa fille Wanda à devenir mère. À Venise, le Cardinal Luigi de Condotti parle aux abeilles. le jeune Kola, en Afrique, découvre ce qu'il en est de l'amour qui unit Mado, sa mère, à Youli. Dans l'hôpital de Sakhalin, en Russie, où un Indien se prend pour le patron de la CIA, Jozef ne fera peut-être jamais le deuil de sa femme… Voici quelques-unes des voix qui peuplent ce roman-monde : elles communiquent furtivement par élans charnels, émotionnels ou spirituels. Est-ce un hasard si toutes partagent la lecture des livres de Yazuki, cet écrivain japonais qui cherche son point final et dont chacun quête l'opus mythique, Opéra des oiseaux ? Ainsi se déploie la partition de Laurence Nobécourt, de pays en cultures différentes, de langages en paysages inattendus. Les destins s'entrelacent, à l'insu souvent des protagonistes : chacun poursuit l'équilibre de sa vie, et déséquilibre celle d'un autre. Chaque personnage est comme un passage vers un monde, une famille, une psyché ou un trouble. Parfois c'est un enfant, parfois une femme très âgée, parfois un homme dont la voix semble changer, traverser le temps et l'amour. Entrer dans ce livre gracieux et profond, c'est accepter de ne plus maîtriser tout à fait le cours des choses, s'abandonner avec délices à l'énergie déconcertante et vivace de la littérature.
Laurence Nobécourt est née en 1968 à Paris, où elle a commencé à écrire dès l'enfance. Elle a publié romans, récits, poèmes sous le nom de Lorette Nobécourt puis, depuis 2016, sous sa véritable identité. La plupart de ses livres sont parus aux éditions Grasset, dont La Démangeaison, La Clôture des merveilles, L'Usure des jours, En nous la vie des morts et Grâce leur soit rendue. Elle a quitté Paris pour Dieulefit où elle vit et anime des ateliers d'écriture.
En savoir plus : https://bit.ly/3ArXDis
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