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ISBN : 2246862094
Éditeur : Grasset (08/03/2017)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Cette année-là, les amandiers ont fleuri dès le mois de février en France. À Kyoto, les bourrasques de neige ont duré jusqu’à la mi-mars. Je me suis réveillée du rêve. J’ai accepté d’aimer et j’ai connu ainsi que le printemps existe pour toujours. »
Une romancière française décide de partir au Japon, à la recherche d’un poète inconnu qu’elle croyait avoir inventé : Yazuki. Elle traverse un pays de neige, de silence et de mots. Elle change. Invente. Rencontr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
  02 août 2017
La chronique récente et très convaincante de "notre" camarade Piatka concernant "Patagonie intérieure" m'a donné envie... j'ai dû le commander à la librairie Tschann, les librairies isséennes ayant fermé leurs portes pour les vacances: cruelle frustration de l'été!!...Pour patienter, je me suis plongée dans "La vie spirituelle"
Des envies de lire cette auteure depuis un long moment, déjà. Voilà qui est partiellement réparé !
Un manifeste littéraire, humain dans l'amour de la poésie et du dépassement de soi.Une célébration de la Vie à travers l'écriture, et la langue, ainsi que de profonds questionnements sur le monde comme sur nos destinées humaines...
Une,... des tentatives de percer par "les mots" le mystère de la quête !
C'est magnifiquement écrit.
"Les mystères de la littérature étant ce qu'ils sont, ils se trouve que j'ai imaginé l'existence d'un poète japonais il y a plus de dix ans, du nom de Yazuki- un nom venu de mon imagination qui a parcouru tous les livres que j'ai publiés depuis- et dont je m'aperçois, au moment de partir au Japon- où je ne suis jamais allée-, qu'il existe bel et bien. Vous imaginez mon trouble et ma joie. S'il était possible que la fiction rencontre la réalité, il me semble que je serais enseignée sur le pouvoir de la littérature" (p. 52)

Cette lecture double ma curiosité de lire plus avant cette auteure...
"La littérature est mon rêve de langage...
Est-elle plus vivante que la vie ? Est-ce elle la vie vivante ? Elle qui double la vie, lui ouvrant l'espace divin où être. Elle qui, par la puissance du verbe, en nous séparant du monde nous relie à tous les mondes, supportant de nous faire passer de l'un à l'autre sans devenir fou ? (...) La littérature est mon éveil." (p. 132-133)
J'ai beaucoup apprécié ce livre pour de multiples raisons, qui finalement se rejoignent: le style est est fortement empreint de poésie, nous sentons densément les exigence personnelles; spirituelle, humaine, artistique comme littéraire de cette auteure en quête... Cette quête passera par des chemins fort douloureux, ce voyage quasi initiatique dans ce pays qu'elle ressent profondément comme sien: le Japon...
Je vais cesser mes "papotages" car plus je tente d'écrire mon ressenti après cette lecture très forte , plus j'ai l'impression de "me perdre" et d 'en'atténuer le contenu, très, très riche... qui nous parle frontalement de tous nos questionnements essentiels d'humains !!! Et ce parcours intime, très personnel de Laurence Nobécourt est universel...Elle le transcende par cette précieuse "réalité" : La LITTERATURE !
"La littérature est faite d'hommes et de femmes qui, à l'aide du verbe, perforent littéralement le monde pour y faire surgir le réel. Là est la connaissance, là est le vrai travail, là est l'amour.
Que votre livre n'ait pas rencontré de succès, c'est une chose toujours difficile pour un écrivain jusqu'à un certain point. Une fois ce seuil franchi- de la déception profonde et de la blessure effective- on avance, me semble-t-il, au service du verbe sans plus le souci de plaire à quiconque, avec cette seule ambition de nourrir unrêve bien plus grand et bien plus beau : celui d'être un homme, en vérité." (p. 155)
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Herve-Lionel
  22 août 2017
La Feuille Volante n° 1167
la vie spirituelleLaurence Nobécourt – Bernard Grasset.
Ce que confesse au lecteur Laurence Nobécourt peut partaître étonnant. Elle avoue avoir inventé un poète japonais, Yazuki, dont elle cite les vers et dont elle veut faire la biographie. C'est une démarche intéressante à laquelle se livre l'auteure. Ce qu'elle nous propose n'est pas un roman, l'éditeur ne le baptise d'ailleurs pas ainsi, c'est une sorte de démarche personnelle et créative qui commence par la honte d'être née, d'exister. Pour faire face à cela, pour l'exorciser peut-être, elle a commencé par des romans (sous le nom de Lorette) pour leur préférer la poésie et la création d'un un personnage, ce poète japonais du nom de Yazuki parce qu'elle était attirée par ce pays, par sa culture, sa manière de vivre, au point qu'elle a toujours eu l'impression d'avoir été japonaise. Il est vrai que depuis toujours le Japon fascine l'occident. En réalité ce n'est pas si étonnant que cela puisque l'imagination est le domaine de l'écrivain, que la poésie est un monde parallèle où se réfugient bien plus de gens qu'on ne pense parce qu'ils se souviennent de leur enfance et des croyances puériles qui vont avec, et aussi parce que le monde tel qu'il est ne leur convient pas. Une fois créé, cet être va simplement vivre, aimer dans une sorte de microcosme où l'idéal est de mise, entre l'absolu et l'imperfection simplement parce qu'il est à l'image de l'écrivain qui lui insuffle la vie mais aussi lui prête ses phobies, ses fantasmes. Elle est consciente que ce personnage est fictif mais elle va lui donner une vie solitaire, va écrire sa biographie, citer ses poèmes, lui inventer une compagne idéale, Haru, et même se rendre au Japon pour le rencontrer ! Après tout un écrivain comme Fernando Pessoa n'a pas fait autre chose avec tous ses « hétéronymes » qui complètent et éclairent son oeuvre. Il va sans dire que la vie de ce Yazuki est d'une autre nature que la nôtre puisqu'elle est imperméable au temps, qu'elle est spirituelle !
J'ai toujours personnellement trouvé passionnant cette position créatrice d'autres personnages, à la fois semblables et différents de l'auteur à qui ils doivent la vie, comme je suis toujours étonné qu'à l'intérieur d'un roman, une créature, par essence fictive, prenne sa liberté et vive une vie qui parfois échappe à l'auteur lui-même qui est pourtant censé en titrer les ficelles. le plus étrange, si on en croit l'auteur, c'est que Yazuki existe réellement, mais c'est une femme et ce nom n'est qu'un pseudonyme ce qui est une manière de se cacher du monde ! L'auteur ressent cela comme une perte, mais aussi, comme une délivrance. En signant ses propres poèmes qu'elle attribuait à Yazuki elle ainsi dépassé sa honte d'exister grâce à l'écriture. La rencontre qu'elle souhaite au Japon ne sera cependant pas possible entre elles, comme une sorte de symbole. Laurence abandonne cependant le personnage de Yazuky et toutes les fictions qui accompagnent sa vie. A l'entendre, la révélation de cette existence réelle est comme une renaissance, une sorte de prise de conscience en pointillés d'une autre forme de vie. La démarche de l'auteure me paraît intéressante dans la mesure où elle dépasse l'imaginaire. le poète qu'elle avait imaginé existe vraiment mais il ne correspond pas du tout à l'image qu'elle en avait tissée. Sa démarche d'aller au Japon révèle pour elle, le silence, la solitude née notamment de cette langue qu'elle ne parle pas, le vide né de l'absence d'habitudes parce que sa vie est ici seulement vouée au présent. Auparavant, elle écrivait par mélancolie mais maintenant les mots lui manquent, elle a conscience de ne plus exister, ce qui lui donne l'intuition de la mort. Face à cela, il ne lui reste plus qu'à retrouver Yazuky, pas le vrai mais celui qu'elle a inventé, qu'elle va inviter dans le texte qu'elle va écrire et qui ainsi deviendra un roman, une fiction où il vivra avec Haru.
Elle inscrit ce personnage dans ce décor imaginaire mais copié quand même sur la vraie ville de Kyoto où elle vit temporairement. Cette démarche me paraît aller dans la même sens que la création de ce personnage nippon et peut parfaitement avoir ses sources dans une mémoire héréditaire dont les racines se perdent dans les alvéoles du temps où aucune explication rationnelle n'a sa place. le plus étonnant dans cette démarche, c'est que l'auteure, une fois qu'elle eut réalisé que le personnage de Yazuki avait une réalité, elle a cherché à le récupérer en tant que personnage de roman, mais tel qu'elle l'avait imaginé, un peu comme s'il vivait sa vie romancée ou l'auteure aurait la seule direction de ce qui lui arriverait. Elle donne libre cours à son amour pour le Japon tout en sachant que le livre qu'elle voulait écrire sur Yazuki n'existera jamais comme elle l'avait imaginé et qu'il lui faudra en faire le deuil. de cette certitude naît une sorte de lassitude, de solitude, de vertige, de vide. Il en résulte une impossibilité d'écrire, un échec. Pourtant son instinct de créateur reprend le dessus. Elle va s'approprier Yazuky, mais celui qu'elle a crée, pas le véritable qui dès lors ne l'intéresse plus, sans doute parce qu'il est bien différent de celui qu'elle a modelé. Sur place il y a l'obstacle de la langue qui accentue l'absence de communication ce qui la fait revenir à un présent bien présent qui, du coup, fait s'évanouir ses rêves nippons. Laurence reste un écrivain qui va se raccrocher aux mots, aux siens, parce cette expérience est source de création. Dès lors, son voyage au Japon n'aura pas été inutile, ce pays sera l'écrin de sa création, Elle va y réunir et y croiser ses personnages qui ainsi ont repris vie dans une sorte d'intemporalité qui ressemble peut-être à l'éternité. le roman se trame et s'écrit de lui-même, comme par miracle et les mots viennent, jusqu'à la rencontre imaginaire entre elle et Yazuki, à la fois révélatrice et énigmatique, quelque chose d'initiatique comme ce voyage qui est aussi un voyage intérieur, générateur à la fois de paix intérieure et de création littéraire. le monde réel est fragile, surtout au Japon et ce malgré les apparences et la page se tourne comme celle d'un livre mais c'est pour elle une sorte de philosophie, une sagesse aux dimensions poétiques qui se confond avec la floraison du printemps qui renaît.
Au départ, ce n'était pas facile mais j'avoue avoir suivi la démarche de cette auteure parce que cette expérience avait pour moi quelque chose de personnel et que j'étais curieux du résultat qu'elle obtiendrait. Je ne connaissais pas Laurence Nobécourt et j'aurais sûrement plaisir à poursuivre cette découverte.
© Hervé GAUTIER – Août 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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kalimuxo
  25 mai 2017
Il faut lire et relire Nobécourt, sa langue vraie, belle, unique, qui élève et fait grandir. Son verbe né dans sa chair, dans la vie qui la traverse. La vie spirituelle c'est celle que nous sommes tous appelés à connaître, dans notre intime, sous nos manteaux de peau, c'est la mission de l'homme, savoir qui nous sommes, êtres de chair et de mots, seuls mais complets dans cette union. Rien ni personne que nous ne pourra jamais nous sauver, et c'est à partir de nous d'abord que tout amour peut naitre et rayonner.
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critiques presse (1)
Telerama   29 mars 2017
Peu importe que son expédition japonaise soit véridique ou non, seule compte la force ­élévatrice de la littérature, qui toujours chez elle rapproche de l'essentiel, avec audace et acuité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   25 août 2017
"Où puis-je trouver la connaissance ? " Je sais maintenant où elle est : dans le vide. Et j'apprends ainsi cette chose : qu'aller vers la connaissance c'est aller justement vers ce que l'on ne connaît pas. Vers l'inconnu. Et que c'est absolument effrayant.
... c'est un privilège de connaître la perte de son vivant. Avant la mort, et au plus tôt. Car pour perdre, il faut avoir conquis, c'est-à-dire tout misé, il faut avoir pris le risque de vivre. Beaucoup rencontrent l'absence, mais la perte c'est autre chose. Ce sont ces blessures qui nous ouvrent comme une baie en plein poitrail. À un certain moment de la vie, tout le monde abrite peut-être en lui cet espace de terreur désolée. C'est un privilège de l'avoir connu jeune, et même enfant. Car alors il reste toute la vie pour faire le chemin jusqu'à la plénitude du vide. p 99
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nadejdanadejda   19 août 2017
Et pourquoi nous ne partons pas ? Pourquoi nous ne quittons pas nos foyers rassurants où l'ennui nous fixe plus sûrement qu'aucun élan nous transcende, pourquoi nous ne filons pas un soir avec trois chemises dans une valise ? Parce que nous avons peur, parce qu'il nous a été enseigné qu'il n'y a point de salut hors du foyer, de la famille, de la sociétè, d'un emploi stable, et pourtant il n'y a rien de plus faux.
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fanfanouche24fanfanouche24   02 août 2017
La littérature est faite d'hommes et de femmes qui, à l'aide du verbe, perforent littéralement le monde pour y faire surgir le réel. Là est la connaissance, là est le vrai travail, là est l'amour.
Que votre livre n'ait pas rencontré de succès, c'est une chose toujours difficile pour un écrivain jusqu'à un certain point. Une fois ce seuil franchi- de la déception profonde et de la blessure effective- on avance, me semble-t-il, au service du verbe sans plus le souci de plaire à quiconque, avec cette seule ambition de nourrir un rêve bien plus grand et bien plus beau : celui d'être un homme, en vérité. (p. 155)
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nadejdanadejda   23 août 2017
Oser demander, en ayant fait le deuil de l'espoir d'être entendu, cela pourrait peut-être se rapprocher d'aimer, pensa-t-il. Oser manifester son besoin de l'autre -- cette beauté de la nécessité de se tresser au monde -- et savoir que l'on sera toujours seul. p 89
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nadejdanadejda   26 août 2017
Yasuki me dit qu'il y a deux hémisphères sur la terre pour que les êtres humains ne dorment pas tous en même temps ; sans quoi il n'y aurait plus assez de rêves pour faire exister le monde. p 148
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