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ISBN : 2081413248
Éditeur : Editions Arthaud (14/03/2018)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"La première fois que j'ai vu des loups, c'était en Cévennes, en 2004, à quatre kilomètres à pied du village dont est originaire ma famille. J'ai compris à cet instant que nous avions une meute. J'ai voulu en parler, ça n'était pas le moment. Les visages se ferment, les sourcils se dressent. Des loups ! Pensez donc ! Les années sont passées. Et puis d'un coup, plus de sangliers ou de chevreuils là où on les attendait d'habitude à la battue, des troupeaux fébriles, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Franz
  03 septembre 2018
Loup y es-tu ?
Pisteur de loup patenté, l'écologue philosophe Antoine Nochy arpente les environs de son domicile cévenol dès lors où il entend parler d'une attaque lupine sur un veau nouveau-né dans une étable isolée. Débute la quête du loup mais l'animal demeure invisible, ne se matérialisant qu'à travers des empreintes fuyantes, des carcasses de proies, une fébrilité animale, des témoignages humains. Les caméras à infra-rouges posées dans des endroits jugés stratégiques ne révèlent rien. Ecoutant, humant, raisonnant, laissant sourdre sa part animale, Antoine Nochy observe le terrain et, fort de ses connaissances naturalistes, cartographie une piste probable du loup mais toujours la bête se dérobe, esquive, s'estompe jusque dans l'imaginaire du guetteur.
Le lecteur suit un journal de traque sur quatre mois, de mars, « le mois des repérages » à juin 2016, « Des hurlements au coeur d'un itinéraire ». L'auteur y décrit son cheminement, la mise en place des pièges olfactifs et des caméras, ses découragements et ses enthousiasmes. Aux descriptions de terrain s'entremêlent des réflexions pertinentes sur la gestion de la nature, la cohabitation des espèces ; des informations naturalistes sur le loup sont distillées et suscitent toujours l'intérêt. L'écriture n'est pas littéraire ou poétique ; elle se veut factuelle et neutre, visant l'objectivité mais l'auteur ne peut pas toujours contrarier sa formation universitaire de philosophe ; il tente parfois de cadrer le monde à travers des concepts dans un système de pensée. Conscient des limites d'une telle démarche, il revient vite à la réalité tangible : « Notre métaphysique s'imagine que l'être produit le monde or l'écologie nous raconte que les êtres sont produits par l'interaction qu'ils ont avec le monde ». Juste après on peut lire : « On est passé de la féodalité à la société industrielle, nous nous sommes enfermés dans cette passion de résumer le monde à une unité ». Enfin, il conclut : « On ne vit pas avec la culture, on vit avec la nature ». Ces digressions essentielles et riches rehaussent un carnet de terrain instructif mais néanmoins volontairement lacunaire pour des raisons de sécurité quant aux localisations géographiques, ménageant le suspense, titillant la curiosité, maintenant le désir d'aller jusqu'au bout du document afin d'en déborder le contenu pour arpenter les Cévennes, sur les traces d'un Lupin, passé maître dans l'art de la pointe et de l'esquive.
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gabrielleviszs
  29 juillet 2018
Je remercie Babelio, ainsi que la maison d'éditions Arthaud pour cette découverte. Ce n'est pas forcément le type de livre qui m'attire, mais le fait qu'il parle de loups, de cet animal qui fait tout autant peur qu'il impressionne me plaisait. La couverture est sobre et s'il n'y avait pas le bandeau avec le loup montré sur le devant, elle serait trop sombre à mon gout.
Des bêtes disparaissent, des éleveurs cherchent à savoir quel animal a bien pu faire cela, mais rien de vraiment concret. le mot "loup" est sur toutes les lèvres, sauf que la zone n'est pas considérée comme une ZPP (Zone de présence permanente). Par conséquent, aucun dédommagement n'est possible. Les loups ne soit pas dans les Cévennes, pas de ce côté, c'est impossible voyons. Pourtant, depuis quelques années, des traces inéluctables sont bien présentes. Comme si un animal s'occupait de la frontière entre deux pays. Les autorités compétentes préfèrent penser à une meute de chiens sauvages. Pas ou peu de recherches, juste de quoi étayer leur conclusion et les hommes doivent se débrouiller par eux-même. Et puis il y a cet homme, qui veut savoir, faire éclater la vérité. Lui qui va rencontrer ces éleveurs qui ne savent pas vers qui se tourner. de longs mois vont l'amener à une décision. Des recherches, des questions, énormément de travail, pour ???
Le livre est découpé en 5 parties, mois après mois afin de "voir" plus clair sur la vie de l'animal, sur la recherche de de comment les approcher sans qu'ils nous craignent et inversement.
Nous suivons cet homme qui se passionne pour les loups d'une manière générale. Suivre une piste devient un travail acharné. Il faut découvrir où est leur tanière, non pas pour les tuer, mais plus pour les comprendre et être bien sur qu'ils soient bien en France. Être proche d'eux sans pour autant empiéter sur leur territoire. La marche, l'observation, le rassemblement de preuves, des photos, des vidéos, tout est minutieux. Comme l'écriture qui décrit les lieux comme si nous y étions sans pour autant alourdir le texte. L'auteur ne cesse de parler de cet animal, d'aller vers les autres pour en apprendre plus. le voir est une réalité qu'il veut accomplir. le connaître est plus complexe. Pourtant il ne relâche rien jusqu'à obtenir un semblent de preuves.
Caméra en main, accrochée à un arbre, il va tenter d'obtenir une image de ce qui n'existe pas aux yeux des autorités. le loup est un animal sauvage, oui, mais il est fier, discret, prudent, capable d'attendre de longues journées pour regarder comment fonctionne les autres (animaux ou humains) afin de prendre possession de ce qu'il désire. Par moment on se demande si le loup ne s'amuse pas avec l'homme. Il laisse des traces infimes de son passage, montre un chemin qu'il n'emprunte apparemment plus. Plus nous avançons dans le texte et plus nous prenons une décision : celle de protéger ces animaux ou au contraire de les voir mort. La traque est un de leur élément naturel, ils savent s'adapter et le font avec allégresse, contrairement à nous qui obligeons la nature à se soumettre à nos lois. Vous comprendrez que je ne suis pas pour la mort de cet animal qui me paraît bien plus noble que la plupart des êtres humains.
Nous apprenons beaucoup sur cette espèce sans être à ses côtés, sous le questionnement permanent de l'auteur. Et si l'auteur se retrouvait face à l'un d'entre eux ? Et si au contraire il n'y arrivait pas ? La rencontre avec d'autres animaux montrent bien qu'il est le plus dangereux d'entre tous. Les sangliers, les cerfs et autres petites bêtes vivent en harmonie. La nature s'occupe de la chaîne alimentaire. le loup est utilisé dans des contes pour enfants. La bête du Gévaudan est également notifié. Ce monstre sanguinaire qui tue pour le plaisir ne ressemble pas à ce que nous montre l'auteur. le besoin de se nourrir est plus fort que l'acharnement sur une proie.
Petit bémol, il était question de trouver un moyen de dédommager les éleveurs et je n'ai pas vu la solution arriver.
Tout est question d'image, de politique et autres condiments du même acabit. L'Homme se croit être supérieure à toute race. Ce n'est pas le cas, il faudrait que certains s'en souvienne. Il y a toujours plus fort que nous, plus fort que l'espère humaine. La nature ne nous contredira pas.
En conclusion, j'ai eu beaucoup de plaisir dans cette lecture. J'avais du mal à lâcher le livre voulant savoir ce qu'il en était réellement. Un peu déçue malgré tout sur le final qui m'a laissée sur ma faim.
http://chroniqueslivresques.eklablog.com/la-bete-qui-mangeait-le-monde-antoine-nochy-a146991616
Lien : http://chroniqueslivresques...
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baribal
  20 juillet 2018
En quête de loups, Antoine Nochy explore la forêt cévenole pendant plusieurs mois. L'objectif, prouver la présence d'une meute dans les parages et constituer un dossier pour une accreditation "ZPP" (zone de présence permanente) qui permettrait d'indemniser les éleveurs lorsque canis lupus décide de s'en prendre au bétail.
Cette escapade dans la taïga cévenole en forme de déclaration d'amour pour ces territoires de forêts profondes où la vie suit de multiples cours dans de multiples temps est l'occasion de questionnements sur le respect de Dame Nature, sur notre rapport à elle, sur ce réflexe que l'on a souvent à s'en extraire, à nous concevoir autre que ces animaux qu'on veut soit protéger soit éradiquer. Antoine Nochy ne semble pas clairement prendre position, il ne s'exprime jamais de manière tranchée pour ou contre la réintroduction du loup, pour ou contre sa protection ou la protection des troupeaux de bétail. Il semble bien au contraire à la recherche d'un équilibre un peu flou mais salvateur quand on aborde ce sujet douloureux de l'homme et du monde naturel dans lequel il évolue.
Son enquête aménage le suspense, le livre se lit tout seul, on prend plaisir à le suivre dans ses furetages et ses roupillons au fond des sous-bois, au milieu des cerfs et des sangliers, le tout nous démontrant sans forcer que tout écosystème a besoin de proies et de prédateurs, qu'on ne peut choisir totalement le camp de l'un ou de l'autre.
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BabaLoe
  20 juillet 2018
Cet essai propose de partir en quête du loup. Des éleveurs ont vu leur bétail tué, ils ont demandé un dédommagement, mais il faut pour cela que leur zone soit classée en zone de présence permanente (ZPP). L'auteur décide de monter un dossier et entame une enquête afin de prouver que le loup vit juste à côté d'eux.
Le loup est un animal très discret. L'auteur ne tente pas tout de suite de le voir, juste de trouver des indices, et particulièrement des traces. Il en découvre d'ailleurs dont la taille l'interroge sur les individus qui parcourent la forêt. le loup est là, il en est sûr. Il décide alors de poser des caméras pour tenter d'avoir des clichés qui renforceraient le dossier.
Cet ouvrage ne cherche pas à dire si ce sont les éleveurs ou les loups qu'on doit supporter. Au contraire, l'auteur ne prend pas parti, il veut faire en sorte que nous puissions cohabiter parce que c'est possible.
Il s'agit d'une histoire personnelle, très incarnée, qui se mêle à des explications scientifiques, comportementales. Elle nous montre la réalité du terrain, celle que les autorités ne se donnent pas la peine d'examiner afin de mettre en oeuvre les moyens nécessaires dans des actions respectueuses des éleveurs et des loups (l'auteur fait parfois de petites piques à ce sujet).
On ressent tout au long du texte une tension, on se demande quand le loup apparaitra, et quelles conséquences cela aura. Néanmoins, on garde en tête que c'est la nature, même si on risque une déception, comme l'auteur, on ne peut qu'accepter ce qu'elle nous propose.
Lien : http://voulezvoustourner.blo..
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Riz-Deux-ZzZ
  29 juillet 2018
Un essai très intéressant sur les loups et leur façon de vivre et d'évoluer avec l'Humain. le début, très axé sur les réactions des éleveurs m'a un peu fait peur mais la suite de concentre vraiment sur l'animal. Une lecture très accessible pour en apprendre plus sur le loup.
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critiques presse (1)
Actualitte   04 juillet 2018
Rarement je me suis senti aussi désarçonné à l’issue de la lecture d’un livre qu’après avoir tourné la dernière page de celui d’Antoine Nouchy. Sans cesse j’ai eu le sentiment qu’il soufflait le chaud et le froid devant le retour du loup dans les espaces interstitiels que nous abandonnons peu à peu autour de nos zones de forte concentration de présence humaine.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BabaLoeBabaLoe   20 juillet 2018
Cette nuit, le son n’est pas modulé et il se prolonge sur douze secondes pendant lesquelles nous restons immobiles. Et ces douze secondes s’étirent, j’essaye de les retenir au maximum, le sommeil m’a quitté et la forêt est de nouveau plongée dans le silence. Nous échangeons un regard avec Jean-Jacques, les entendre est plus impressionnant encore que de les voir lorsqu’on sait qu’ils sont si près. Il se passe cinq secondes de silence puis le son reprend, toujours aussi monocorde. Ça commence par une plainte puissante qui monte, s’essouffle et retombe. Je n’y crois sincèrement que lorsque je l’entends. Dès qu’il finit je doute, la certitude se perd à mesure que le son s’éloigne.
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gabrielleviszsgabrielleviszs   29 juillet 2018
Comme dans la fable du lion d'Esope, les animaux entrent dans la grotte, mais aucun n'en ressort et j'ai l'intime conviction que cette pièce manquante reste la clé pour déterminer leur zone de tanière. Une solution pour répondre à cette question, élargir le périmètre. Au-dessus de la rivière se trouvent ce qu'on appelle les zones off road, des kilomètres de forêts où plus personne ne s'aventure. Est-ce que les loups n'auraient pas investi ces champs d'arbres ? Est-ce qu'ils ne pourraient pas utiliser cette forêt comme point de sortie et de retour lorsqu'ils passent par les berges ? Il n'y a qu'en y allant que je pourrai en avoir le coeur net, une marche en terrain miné est programmée pour l'après-midi.
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gabrielleviszsgabrielleviszs   29 juillet 2018
Fabriquer un piège à trace et à odeur, c'est raconter une histoire aux gens de la forêt, c'est faire croire pour un temps qu'on est des animaux. Chez les Inuits, on se revêt d'une peau de loup pour chasser car le gibier a moins peur de Canis Lupus que des hommes. La ruse d'Homo sapiens est ancestrale, elle fait aprtie des différents moyens de pistage mis en place par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Il faut faire vite, ne pas perdre de temps, et ne pas se balader sur la zone de piège plus de dix minutes, sans cela les odeurs se répandent. L'action doit être furtive. On doit savoir à l'avance où on va poser la caméra et faire le piège.
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FranzFranz   03 septembre 2018
Les animaux se parlent sans se voir. Les odeurs fabriquent le monde dans lequel ils vivent, un monde sans angle ni direction définitive mais où tout est dynamique et changement. (p. 235)
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FranzFranz   03 septembre 2018
Sommes-nous devenus une allégorie du criquet pèlerin pris dans une fuite en avant vers la dévoration du monde ? […] nous sommes devenus la bête qui mangeait le monde et nous avons aujourd’hui le paysage que nous mangeons. (p. 200-201)
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Videos de Antoine Nochy (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Nochy
Aurélie, librairie à Sauramps Comédie vous fait partager son coup de coeur du jour : "La bête qui mangeait le monde" d'Antoine Nochy. Découvrez sans tarder une ode à la nature sous toutes ses formes, à la relation entre l'homme et son environnement avec les animaux; mais pas uniquement ...
Site Web Sauramps : https://www.sauramps.com
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