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EAN : 9782843441080
624 pages
Éditeur : Le Bélial' (16/02/2012)
4.23/5   31 notes
Résumé :
De partout, l’En-Dessous vomit la Technole. Sans que l’on sache pourquoi, sourd cette bouillie toxique et nauséabonde qui, en un autre temps, dans un univers bien différent, fit la fierté des hommes, le symbole même de leur domination sur le monde. Des hommes qui, aujourd’hui, exploitent les rebuts de cet univers disparu, mythique, dans des gisements à ciel ouvert aux allures de décharges en quête des oripeaux d’une gloire révolue…

Dans les rues de Ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ys
  21 mai 2015
(Critique valable pour les deux tomes de l'Intégrale)
Imaginez... un monde de fantasy, avec un roi débonnaire, des cités plus ou moins turbulentes, des chevaliers plus ou moins stupides, des magiciens plus ou moins fourbes, une religion prônant à l'extrême le culte de la souffrance, et une nature dont les excentricités ravageuses pourraient assez bien lui donner raison. Imaginez, au-milieu de tout cela, un autre monde qui pousse. le nôtre - ou plus exactement ses débris : des gares, des tours d'immeubles, des usines, des supermarchés dans un état de délabrement avancé, venus du coeur de la terre et jaillissant au petit bonheur la chance, éventrant une cathédrale, s'imbriquant dans un palais, déformant un ancien quartier... et accompagnés d'un véritable déferlement d'ordures, des avions boiteux, des voitures poussives, des vêtements sales, des sacs en plastique déchirés, des boites de conserve avariées. Autant de merveilles inconnues que les citadins s'arrachent comme de rares trésors avant d'en comprendre (parfois, peut-être, rarement) la laideur et la vacuité.
Imaginez encore, sous terre, là où pousse la Technole, un peuple souterrain fait d'êtres diversement estropiés - des esmoignés, des fraselés, des émiettés - dont le principal plaisir existentiel consiste en la torture et la consommation des humains égarés. Même si, en cette matière comme en d'autres, ce n'est pas toujours ceux qui en disent le plus qui en font le plus.
Greffez là-dessus les aventures d'un officieur de justice vieillissant et impeccable escrimeur (ah, Obicion ♥) , d'une aventurière aux moeurs plus impétueuses qu'un tsunami et très douée pour foncer tête baissée dans les situations les plus invraisemblables (ah, Malgasta ♥), d'une créature dotée d'un paquet de bras, de jambes et de dents, à l'esprit aussi aiguisé que les ongles (ah, Mesvolu ♥), de deux orphelins irréductibles, prêts à tout pour éviter de tous les sorts le plus funeste : se voir infliger des parents, d'un poète passablement allumé et très porté sur les jeunes filles, d'une adolescente venue de nulle-part et dotée d'étranges pouvoirs, sans compter un bon paquet de seconds rôles tout aussi peu conventionnels, et vous aurez toutes ficelles d'une des oeuvres de fantasy les plus étranges, les plus cruelles et les plus barrées qu'il m'ait été donné de lire.
Petit bémol côté scénario : les romans, à mon goût, partent dans un peu trop de directions à la fois et souffrent de quelques longueurs qui, si elles contribuent à enrichir l'univers, nuisent un peu au rythme général. Je m'y suis un peu perdue, parfois, ai parfois eu un peu de mal à suivre l'auteur dans certaines divagations, mais à défaut d'être totalement enthousiaste, je ressors de cette lecture conquise, par l'univers, surtout, et quelques très attachants personnages.
Les nouvelles, quant à elles, bien plus concises, sont particulièrement réussies. Si "Chat écorché ne craint plus l'eau froide" sert surtout comme enchaînement entre deux romans, les cinq autres sont assez impeccables, tant pour elles-mêmes que pour enrichir l'univers. On en redemanderait !
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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JaneDoeFromNowhere
  17 août 2014
J'ai plongé corps et âme dans ce monde de rebuts et d'inclusions de la Technole, de phénomènes étranges et de fille aux os de plastique. On découvre petit à petit cet univers noirezien par le biais de multiples personnages que l'on retrouve de manière régulière vu que chaque chapitre à un point de vue différent.
Bien que les "héros" tracent leurs routes chacun de leurs côtés au départ, ils se retrouvent pris au coeur d'une même intrigue, témoins (plus ou moins) ordinaires d'évènements extraordinaires.
Les mots me manquent pour qualifier l'Oeuvre de Jérôme Noirez, car je ne saurais exprimer tout ce que j'ai ressenti durant cette lecture, mais je pense que ce qui est marqué à la fin de la quatrième de couv' convient : Une "oeuvre gigantesque, drôle et cruelle, aussi épouvantable qu'attendrissante, un monstre littéraire unique". Un vrai bijou ! Tant dans la forme que dans le fond !
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kfd
  17 novembre 2017
Un remarquable univers, dur, glauque et pourtant envoûtant. Il est le résultat de la folie d'un empereur égaré dans des expériences délirantes et de multiples mutilations. Un fraselé aux nombreux membres joue un rôle analogue à celui du centaure Chiron, qui éduqua les héros antiques en dépit de sa part d'animalité. Obicion l'enquêteur royal répugne à vivre dans cet univers insensé, lui qui cherche la justice et apprécie la rigueur, et rêve d'un autre monde, bucolique et simple, dans lequel il a vécu. Quand il mesure l'ampleur de la corruption de ses employeurs, il abandonne, mais on ne le laisse pas partir, et les ténèbres le poursuivent jusqu'à une bien étrange rédemption…On se laisse aussi capturer par ce roman, intriguer par ses étrangetés et ses moments de révélation inouïe.5/5
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KamilleB
  20 janvier 2020
Du très grand Noirez... Des histoires sombres, une écriture à couper le souffle, une poésie sans limite. Je suis toujours conquise par la manière dont l'auteur apprivoise et joue avec les mots. Les thèmes sont violents, les personnages rudes et malmenés par l'existence, ce n'est pas un livre à mettre entre de trop jeunes mains. Mais c'est un livre à lire et à relire, car le style de Noirez est incomparable ! de la grande science-fiction française, je vous le conseille plus que chaleureusement et avec beaucoup d'insistance.
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Charybde2
  19 janvier 2015
Une merveille macabre, farceuse et tendre, qui transcende la littérature de fantasy et d'aventure.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/01/19/note-de-lecture-feerie-pour-les-tenebres-jerome-noirez/
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critiques presse (1)
Elbakin.net   12 février 2014
On n’était déjà pas loin de la très très grande réussite alors s’il peut faire encore mieux, j’aimerais le lire !
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   19 janvier 2015
Tout de même, les fichoiros des profondeurs, l’horreur dans le Fondril, Estrec, retenu corps et âme quelque part dans des abîmes dont elle a du mal à se figurer la profondeur, cela en fait des émotions pour un baptême de vertige… Il avait l’air bien gentil, ce féeur. Malgasta s’était même accoutumée à l’idée de se glisser dans sa couche. Et puis, elle a une dette envers lui. Quel sort l’attend en bas ? Ça ne peut être qu’un sort peu enviable. Mais comment pourrait-elle le récupérer, elle qui ne sait pas vertiger, même fin saoule au Martini ?
Elle se sent terriblement impuissante et l’impuissance est une des vingt-sept choses qui l’agacent prodigieusement… Et lorsqu’elle est agacée, vraiment agacée, pas simplement contrariée, car la contrariété est son pain quotidien, il vaut mieux qu’hommes, bêtes et monstres passent au large.
« Cul enchifrené ! Prune de con ! »
Malgasta s’agite dans la cuisine en mordant nerveusement la première phalange de son index. Des coups de fusils retentissent sur la plaine : la chasse au lutin a commencé. Il y a donc presque un jour entier qui s’est écoulé depuis leur vertige. Un jour !
« Vogue-étron ! Torche-fiente ! »
Elle s’agite de plus belle, tape du pied, dérape dans les fuites d’eau, glisse sur le carrelage, se raccroche à la table, la table bascule, elle se raccroche à un buffet, le buffet s’effondre sous son poids, elle se raccroche à une poignée de porte, la poignée lui reste dans la main, il n’y a plus rien à quoi se raccrocher, elle se cogne au chambranle, s’étale dans les flaques, se cabosse la tête et les genoux.
« Merderie de merderie ! Panade de vit !
– Eh ! Là ! Au-dessus ! C’est fini le charivari ! hurle quelqu’un depuis l’étage inférieur.
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Charybde2Charybde2   19 janvier 2015
Elle voit une gueule hérissée de canines pourries qui fond sur sa gorge, et que l’envie de mordre, d’arracher, de laper le sang frais, agite de mouvements incontrôlés.
Une si belle gorge, comment lui résister, lorsqu’on est un renassier à un stade avancé de la maladie ?
« Y a d’la joie, bonjour bonjour les hirondelles… »
Les mâchoires claquent dans le vide et seuls quelques poils raidis par la bave frôlent la pomme d’Adam de Malgasta, qui en profite pour appliquer à l’aveuglette un nouveau coup de cric.
« Y a d’la joie, dans le ciel par-dessus le toit. »
Repoussant la bête dont elle vient de déboîter les mâchoires, Malgasta sort la tête du coffre et regarde, interloquée, les autres renassiers qui refluent, abandonnant sur les sièges le contenu de leurs intestins. Une panique indescriptible semble s’être saisie d’eux.
« Y a d’la joie, et du soleil dans les ruelles. »
Les bêtes se battent maintenant pour sortir, laissant leurs derniers poils contre les éclats qui couronnent le pare-brise. Leurs jappements de terreur se mélangent à une musique tonitruante.
« Y a d’la joie, partout y a d’la joie. »
C’est cette musique, qui sort des hauts-parleurs de la voiture, ces hurlements à faire trembler les fondations de la forteresse de Barugal le fou, qui les terrorisent. Leur ouïe altérée par la rage ne peut supporter ce charivari dément qui n’appartient pas à ce monde.
Sans rien comprendre à la chanson, Malgasta donne également de la voix.
« Tout le jour, mon cœur bat chavire et chancelle
C’est l’amour, qui vient avec je ne sais quoi
C’est l’amour, bonjour bonjour les demoiselles
Y a d’la joie, partout y a d’la joie. »
La plupart des renassiers, pris d’une folie plus grande encore que celle qui leur est coutumière, se jettent dans le vide. Les autres essayent maladroitement de remonter, sautant sans succès depuis le toit dans les éboulements de papier.
« Yadlajoa » beugle Malgasta en sortant à son tour de la voiture.
Elle montre du doigt les bêtes qui s’épuisent vainement dans les journaux, et s’esclaffe de ce rire qui lui donne la force de dix hommes, la philosophie d’autant de doctrinaires, et un appétit pour la vie contre lequel même le Tombier y casserait sa pelle.
« Yadlajoa ! Bonjoubonjoulézirondelles ! »
Puis la musique et la voix du ménestrel hystérique retournent au néant d’où elles ont surgi, et il n’y a plus alors que le rire de Malgasta, et les grognements insistants de trois renassiers qui ont retrouvé le peu d’esprit qu’ils possédaient.
« Trois seulement… Allez, agneaux morveux, venez voir Malgasta la bergère ! Yadlajoa ! »
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Charybde2Charybde2   19 janvier 2015
Dans le chaos de la grande plaine, les rebuteux achèvent leur travail. Les énormes machines qui fouillent et creusent la Technole se sont arrêtées, bien que les fumées noires de leurs échappements flottent encore au-dessus du sol.
Il est temps pour cette corporation brutale et âpre au gain d’améliorer le quotidien, en plus du marché noir et du trafic de produits chimiques. On pousse les derniers chariots remplis de télévisions, de téléphones, de robots ménagers, de vêtements, de débris de plastique, de sacs de ciment, de pots de peinture, de livres imprimés, de matelas à ressorts, de lampes de chevet, de cuvettes, de bouteilles consignées, de transistors à lampe…
Les fusils de chasse remplacent alors les pelles et les râteaux, car au crépuscule, on chasse le lutin qui pullule dans les rebuts comme des lapins dans une garenne.
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ange77ange77   10 mai 2018
Sous sa bonhomie païenne se cache la vieillesse ; il l'avait oubliée celle-là, mais il serait peut-être temps de voir ce qu'elle vaut comme maîtresse.
[Jectin de Lourche]
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ange77ange77   01 mai 2018
Cent trente et une bouches pour un seul corps... C'est cent trente bouches de trop.
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Vidéo de Jérôme Noirez
Jérôme Noirez - Brainless .A l'occasion du festival "Les imaginales" d'Épinal, rencontre avec Jérôme Noirez autour de son ouvrage "Brainless" paru aux éditions Gulf Stream. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/noirez-jerome-brainless-9782354882488.html Notes de Musique : Black Twig Pickers and Steve Gunn - Old Strange. Free Music Archive. Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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