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EAN : 9782348045721
300 pages
Éditeur : La Découverte (12/09/2019)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Pour comprendre la place qu’occupent aujourd’hui Éric Zemmour et ses idées réactionnaires dans l’espace public français, ce livre analyse ses écrits en regard de ceux d’Édouard Drumont, pamphlétaire d’extrême droite de la fin du XIXe siècle et du début XXe. Il met ainsi en lumière une matrice du discours réactionnaire.

La place qu’occupe Éric Zemmour dans le champ médiatique et dans l’espace public français suscite l’inquiétude et la consternation de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
boudicca
  17 février 2020
Historien spécialiste (entre autre) de l'histoire de l'immigration et de la classe ouvrière en France, Gérard Noiriel est l'auteur de nombreux ouvrages dont les plus récents s'inscrivent pleinement dans l'actualité (« Les gilets jaunes à la lumière de l'histoire » – L'Aube – 2019). Après son imposant et passionnant « Une histoire populaire de la France », qui s'intéressait aux rapports de domination au sein de la population française du XVe siècle à nos jours, l'universitaire propose ici le portrait croisé de deux polémistes : Édouard Drumont, auteur de « La France juive » paru en 1886, et Eric Zemmour, auteur de nombreux essais (« Destin français » paru en 2018) et star des plateaux télé depuis une dizaine d'années. Quel est l'objectif de Noiriel ? Démontrer que Drumont et Zemmour sont identiques et que l'histoire est amenée à se répéter ? Absolument pas. Ce que l'historien cherche à comprendre, c'est comment ces deux hommes ont pu acquérir une telle place dans l'espace public, et ce alors qu'ils véhiculent des discours de haine et multiplient les insultes à l'encontre des juifs et des musulmans, mais aussi des femmes et des homosexuels. Pour ce faire, l'auteur s'est dans un premier temps penché sur la combinaisons de facteurs qui ont permis l'ascension médiatique de personnalités aussi controversées. Premier constat : dans les deux cas, leur arrivée sur le devant de la scène correspond à une période de massification de l'offre de presse, et donc à une mise en concurrence exacerbée des chaînes / journaux entre eux. Dans ce contexte, et pour acquérir plus de visibilité, certains décident de miser sur le scandale, la provocation. le créneau parfait pour les thèses défendues par des personnages comme Drumont et Zemmour qui estiment que les juifs pour le premier, les musulmans pour le second, sont des nuisances pour la France. D'abord marginalisées, les théories développées par Drumont et Zemour vont connaître un succès grandissant grâce à des soutiens importants au sein même des élites intellectuelles et médiatiques (Noiriel rappelle par exemple que Drumont bénéficiait du « patronage » d'Alphonse Daudet…). C'est grâce à ces soutiens, et aux campagnes de légitimation lancées par la presse, certaines maisons d'édition et chaînes de télévision (critiques élogieuses, remises de prix, biographie complaisante du polémiste…) que l'un et l'autre parviennent à acquérir une telle aura.
Une fois le contexte médiatique étudié et le diagnostic réalisé par les deux polémistes établis (« la France va mal : c'est la faute des juifs / des musulmans »), Gérard Noiriel entreprend d'étudier les mécanismes mis en oeuvre par Drumont et Zemmour pour instaurer ce que l'auteur appelle une « grammaire identitaire ». Parmi les nombreuses « astuces » utilisées pour tenter de valider leur discours antisémite ou islamophobe, la plus abondamment utilisée par l'un comme par l'autre consiste à avoir recours à la rhétorique de l'inversion : ceux qu'on pensait dominants sont en fait dominés, et inversement. Drumont comme Zemmour mobilisent également massivement les préjugés du sens commun, c'est-à-dire ce qui, selon eux, semble évident pour tout le monde. le premier utilise la stigmatisation des signes raciaux (il décrit précisément le profil physique type « du juif ») quand le second utilise la stigmatisation des signes religieux (le voile utilisé comme repoussoir). Les deux polémistes n'hésitent également pas à se présenter en victimes et à user de populisme, c'est à dire à en appeler au peuple alors même qu'ils font eux-mêmes partis de la classe dominante (au sens vrai du mot, donc, le terme de « populisme » ayant été complètement dévoyé depuis son arrivée dans le champ médiatique qui l'utilise désormais à tout va pour désigner indistinctement tous les adversaires du pouvoir). Noiriel rappelle également que Drumont comme Zemmour se plaisent à provoquer et que ce sont ces accrochages avec leurs détracteurs qui les rendent aussi sulfureux aux yeux d'une partie du public. Que cela prenne la forme de duels comme au XIXe ou de joutes verbales sur les plateaux télé comme aujourd'hui, le résultat est le même : si on ne parle pas de l'auteur et de son livre, on parle au moins de la polémique qu'il a fait naître, et donc, implicitement, du discours qu'il véhicule.
Noiriel accorde également beaucoup d'importance à la place de l'histoire dans les discours des deux polémistes. L'auteur a en effet été particulièrement agacé par une intervention récente d'Eric Zemmour qui critiquait les universitaires « officiels » qu'il accuse d'occulter une partie de l'histoire de France et d'être aux ordres du pouvoir. Les deux polémistes, eux, optent pour une histoire identitaire de la France, et ce en usant des mêmes ficelles dont la principale consiste à mettre en lumière le clivage fondamental qui existerait entre « eux » et « nous ». « Une rhétorique nationaliste accaparée dès la fin du XIXe par la droite et l'extrême-droite pour combattre la rhétorique socialiste, fondée sur l'opposition entre « nous » (les ouvriers, les pauvres) et « eux » (les patrons, les riches) », explique l'auteur. Drumont comme Zemmour remplacent donc le critère de classe au profit d'un critère de race. Au delà de l'analyse des « études historiques » proposées par les deux hommes, Noiriel entreprend aussi de défendre l'honneur de sa profession et d'expliquer en quoi consiste le véritable travail d'un historien. « On a d'un côté des chercheurs qui tentent de produire des connaissances sur le passé, de l'autre une histoire identitaire faite par des journalistes qui se comportent comme des procureurs ». Car si Drumont et Zemmour parlent d'histoire, c'est pour tenter de démontrer que leur ennemi a toujours été un ennemi mortel pour la France. Il est d'ailleurs amusant de constater que, alors même qu'ils affirment l'un et l'autre se faire les porte-parole des classes populaires, tous deux ont paradoxalement une vision extrêmement réductrice et réactionnaire de l'histoire puisque, outre le fait que leur analyse prône un retour au passé (le fameux « c'était mieux avant ! »), celle-ci ne prend, de plus, absolument pas compte des classes populaires et se focalisent exclusivement sur les « grands » (un travers qu'ils ne sont toutefois pas les seuls à avoir).
Gérard Noiriel propose avec « le venin dans la plume » une analyse détaillée des parcours et des écrits de deux polémistes qui, chacun à leur époque, sont parvenus à investir durablement le champ médiatique pour y diffuser leurs théories nauséabondes sur le prétendu problème posé par une partie de la population française (les juifs dans un cas, les musulmans dans le second). Difficile évidemment de ne pas éprouver l'envie de jeter le livre par la fenêtre à la lecture des extraits de ce qu'ont pu produire des hommes comme Drumont et Zemmour tant leurs propos sont violents, heureusement l'analyse de Gérard Noiriel permet au lecteur de prendre du recul et d'analyser plus en finesse les mécanismes et la « grammaire » utilisés par l'un et l'autre pour exposer leurs théories et permettre leur diffusion. Un ouvrage instructif et très bien documenté, comme tous les ouvrages de vulgarisation proposés par l'auteur.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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de
  14 novembre 2019
Le scandale génère de l'audience et l'audience génère des recettes publicitaires
Je souligne d'abord la patience érudite de Gérard Noiriel. Lire attentivement les textes injurieux et racistes d'Edouard Drumont, d'Eric Zemmour et les commentaires sur le site d'extreme-droite Risposte laïque, pour nécessaire que cela soit pour présenter des analyses, reste un exercice éprouvant pour celleux qui prônent l'égalité, qui refusent les hiérarchies civilisationnelles, raciales ou sexistes, l'essentialisation des groupes sociaux et des nations, et qui cherchent justement à faire histoire et émancipation.
Le langage du polémiste et celui du chercheur en sciences sociales, « L'un des buts de la présente étude est d'essayer de comprendre pourquoi les polémistes comme Zemmour ont, au final, toujours raison, alors qu'ils bafouent la raison », les professionnels de la parole publique, le vocabulaire injurieux, les atteintes à la dignité, les calomnies répercutées par des médias, les types de pouvoir et de privilèges (je soutiens l'idée de l'auteur de dévoiler publiquement sa feuille d'impôts, son patrimoine, de dire dans quel quartier il vit. L'exigence de connaître les éléments d'où les un·es et les autres parlent devrait relever de la bonne déontologie). « le « populisme » au sens vrai du terme, c'est l'usage que les dominants font du « peuple » pour régler leurs querelles internes ».
L'auteur fournit quelques éléments biographiques, son parcours, sa trajectoire, une façon de défendre sa dignité « qui consiste à ne pas vouloir se comporter comme ceux qui vous ont humiliés ». Il parle de la fascination du monde bourgeois de certains « transfuges sociaux », tels Edouard Drumont ou Eric Zemmour, leurs inventions de « dominants imaginaires », de ceux qui nourrissent le populisme depuis les positions de pouvoir qu'ils occupent, du vocabulaire de l'identité et des « identités latentes ». Il souligne que le « discours identitaire se caractérise par le fait qu'il sélectionne l'une de ces identités latentes pour la projeter dans l'espace public, la transformant ainsi en identité collective, un « personnage » dénoncé ou défendu dans le cadre des luttes politiques du moment ». J'ajoute que cette façon de faire n'est malheureusement pas réservée à la droite extrême ; certain·es se revendiquant de l'émancipation tendent à réduire de la même façon des individus à une identité unique et fantasmée.
L'auteur termine son avant-propos par un juste rappel : « L'antisémitisme et l'islamophobie ne sont pas des idéologies incompatibles avec le régime de la démocratie parlementaire ».
Sommaire
Deux polémistes en République
La fabrique d'une histoire identitaire
L'art d'avoir toujours raison
Comment devenir un « polémiste » populaire ?
Gérard Noiriel fournit des éléments comparatifs de la trajectoire sociale d'Edouard Drumont et d'Eric Zemmour sans sombrer dans l'« illusion biographique ». L'auteur parle, entre autres, de déclassement social, d'auto-(re)présentation comme rebelle, d'assimilation en un « nous », de fait divers, de contexte socio-économique, d'immigration, de crise économique, de développement des médias – presse papier hier, télévision en continu et réseaux sociaux aujourd'hui -, de noces du spectacle et de la télévision, de scandales, de violences verbales et d'insultes, d'exigence de loyauté envers la « patrie », de règles déontologiques du journalisme… Je souligne l'intérêt de la méthode comparative, la mise en évidence de similitudes et de différences ; il n'y a pas de « tous temps ».
Des obsessions, pour Edouard Drumont l'obsession juive et l'antisémitisme, pour Eric Zemmour l'obsession musulmane et l'islamophobie.
Histoire, histoire de « France », histoire des élites, histoire identitaire, histoire construite sur un mode tragique, négation de la diversité des individus composant réellement une nation ou la population d'un Etat, « Leur récit est structuré par un affrontement central entre un personnage qui remplit le rôle de la victime et un personnage qui est désigné comme l'agresseur ». L'auteur aborde l'insistance sur les soi-disants permanences à travers le temps (une histoire hors de l'histoire), la personnification des Etats, « présenter les États-nations comme autant de personnages qui se comportent de la même manière que les êtres humains », les visions purement cycliques, la notion de déclin ou de décadence, l'invention des « étrangers de l'intérieur », la critique élitiste des élites, la mise en cause réactionnaire des Lumières, les « grands hommes » et l'anti-féminisme, les visions inversées des rapports dominants/dominés », la fascination sur la question des noms… Je souligne les paragraphes sur les relations « entre Juifs et Arabes » revus et corrigés par les pamphlétaires, « Eric Drumont contre Edouard Zemmour », les vrais français et celleux qui ne le seraient pas.
Les logiques d'expression des polémistes et leur reconstruction de l'histoire relèvent de l'imposture, d'une pratique de procureur. Leur conception organique de la nation se conjugue avec une conception figée des immigrations. L'auteur aborde le refus de prendre en compte « la diversité des destins sociaux et des affiliations qu'on observe chez ceux qui sont issus d'une même communauté d'immigrants » (Stéphane Beaud cité par l'auteur), les discours sur les banlieues, et les musulmans. Les polémistes ne se soucient aucunement des discriminations subies par les populations, encore moins du travail ; ils sont plutôt fascinés par les « grands » de ce monde. La force des préjugés est mobilisée dans les discours de haine, « La stigmatisation des signes religieux tend à remplacer la stigmatisation des signes raciaux ». Des histoires sont racontées, en ayant l'air savant, mais sans le moindre effort pour « respecter les principes élémentaires de toute démonstration rationnelle ». Les pamphlétaires trafiquent ainsi les vérités sans risques, polémiquent pour exister, « ils crachent leur venin pour faire scandale car c'est leur seul moyen d'exister sur la scène intellectuelle », prétendent que le terrain qu'ils balisent est un terrain neutre et qu'ils sont des « victimes bâillonnées et persécutées » alors qu'ils bénéficient de puissants relais dans l'espace public…
Le dernier chapitre répond à la question « Comment devenir un polémiste « populaire » ». Gérard Noiriel aborde, entre autres, la fabrication d'un best-seller, le rôle ancien des duels, la légitimation de l'idée qu'il existait hier un « problème juif », aujourd'hui un « problème musulman », l'intérieur du petit milieu médiatique qui « se prend pour le centre du monde », l'exploitation des ressources de l'« industrie de l'info-spectacle », la soi-disant neutralité de nombreux espaces médiatiques, les liens entre les scandales et les recettes publicitaires, l'orchestration de la falsification intellectuelle, le ressassement des thèses réactionnaires. L'auteur pose la question de comment répondre, de ne pas céder à l'obligation (mais aussi) à la facilité de parler la même langue…
Je rappelle ce qu'écrivait Audre Lorde : « Car les outils du maître ne démantèleront jamais la maison du maître. Ils nous permettront peut-être de le battre temporairement à son propre jeu, mais ils ne nous permettront jamais d'apporter un véritable changement ».
Dans sa conclusion, « Vous n'aurez pas ma haine », Gérard Noiriel imagine, à partir d'un commentaire d'une fan d'Eric Zemmour, en six articles, « que la conception de l'histoire que défend et que met en oeuvre Zemmour dans ses livres ait force de loi ». Un scénario qui paraitra sans doute absurde à beaucoup. Et pourtant… L'auteur revient, entre autres, sur Edouard Drumont, les discours antisémites, Georges Bernanos, la dénonciation des soi-disants « bien-pensants », la politique de l'enseignement et de la recherche du gouvernement de Vichy, Eric Zemmour, Laurent Wauquiez, la mise en oeuvre d'une certaine « grammaire », le partage entre le vrai et le faux, les yeux rivés sur l'audience médiatique, la banalisation des propos identitaires, « Tous ces discours s'organisent autour d'un principe identitaire mettant en scène non pas des individus réels mais des personnages qui s'affrontent à partir du clivage « eux » / « nous » ».
L'ambition civique passe aussi par le titre choisi pour cette conclusion, « Vous n'aurez pas ma haine »…
Quelques éléments me paraissent plus que discutables, ils ne sont cependant pas centraux dans les analyses présentées. Je n'en évoque qu'un.
Si je partage l'insistance de l'auteur sur l'abandon de la question sociale (dont pour moi, le droit à l'emploi, le droit aux ressources et la réduction radicale du temps de travail), sa conception de celle-ci me semble réductrice. Les rapports sociaux de sexe (sytème de genre) et les procès de racisation (qui ne sont pas réductibles à la situation des immigré·es) sont, pour moi, parties intégrantes de la question sociale. En faisant l'impasse sur ces questions, les organisations du mouvement ouvrier et bien des courants de l'émancipation se sont interdit à penser l'ensemble des dominations et y répondre. Ils ont renvoyé des composantes importantes, dans le cas des femmes une composante majoritaire, de groupes sociaux à une sorte d'invisibilité, accru les divisions et limité de possibles mobilisations…
Quoiqu'il en soit, Gérard Noiriel nous permet de comprendre les similitudes et les différences dans deux contextes de la « part sombre de la République ». Si les constructions et les réceptions de polémiques alimentées par des « propos racistes, sexistes, homophobes » peuvent s'analyser, une part d'ombre subsiste. Aux explications fournies par l'auteur, j'ajouterai le socle profondément inégalitaire de nos sociétés, la naturalisation de cette inégalité, les classements divers des individus sur des échelles de valorisation – dont la méritocratie « républicaine » -, la concurrence plutôt que la solidarité (aggravée par les politiques néolibérales et le fantasmatique « entrepreneur/entrepreneuse de soi »). Il nous faut donc mettre au centre de nos préoccupations cette égalité sans condition dont parle, entre autres, Réjane Sénac dans son livre « L'égalité sans condition.Osons nous imaginer et être semblables », construire les lieux et les institutions afin que « nous puissions épanouir à égalité notre singularité individuelle »…
C'est dans la pratique de l'égalité, dans l'amélioration sensible des conditions de vie des salarié·es et des citoyen·es, dans la mobilisation effective des solidarités, que les discours de haine pourront être repoussés. Cela passe aussi par la mise à jour des ressorts « médiatiques », de amplification algorithmique des sujets, de la responsabilité de ceux qui font argent de la prolifération des insultes, de la démagogie populiste ou fasciste…
Lien : https://entreleslignesentrel..
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ErnestLONDON
  18 février 2020
Replaçant le cas Zemmour dans une perspective historique, notamment dans une certaine continuité du parcours d'Édouard Drumont, Gérard Noiriel analyse la « matrice du discours réactionnaire » développée par ces polémistes, leur rhétorique, leur réception, et proposent des pistes pour combattre efficacement cette démagogie populiste.
(...)
Excellente analyse et très utile antidote pour combattre le venin des discours réactionnaires.
Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Ducol
  09 janvier 2020
Un ouvrage intéressant avec une approche universitaire qui permet de prendre du recul sur la logique des propos et ouvrages de Eric ZEMOUR. le parallèle avec DRUMONT est très instructif.
S'il fallait résumer à l'extrême le propos de l'auteur " répétez, asséner, de manière péremptoire, des affirmations non vérifiées, outrancières, voir mensongères, elles finiront par devenir pour certains des vérités, des évidences. Pour paraphraser LA FONTAINE Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés... ils n'étaient pas tous convaincus mais tous étaient pollués.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   17 février 2020
Après les événements de Mai 1968, la gauche parvint à construire son hégémonie car ses organisations élaborèrent un programme commun qui faisait le lien entre les question sociales et la lutte contre les discriminations. C’est ce lien que la droite s’employa à briser à partir des années 1980 grâce à une stratégie centrée sur ce que j’ai appelé la « mise en concurrence des bonnes causes ». En se focalisant sur l’islam, la droite put reconquérir rapidement sa position dominante sur les questions identitaires. Incapable de résoudre la crise sociale, la gauche contribua elle aussi à l’exacerbation de ces polémiques identitaires en alimentant la stigmatisation des musulmans au nom de la « laïcité ».
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stekasteka   09 septembre 2019
Face au mépris de classe, le bien le plus précieux que ma mère a transmis à ses enfants, c’est une façon de défendre sa dignité qui consiste à ne pas vouloir se comporter comme ceux qui vous ont humiliés.
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enkidu_enkidu_   11 avril 2020
Cependant, pour pouvoir se présenter lui-même comme un « vrai Français », bien qu’il ne soit pas « de souche » comme Drumont prétendait l’être, Zemmour était dans l’obligation de définir autrement l’« identité de la France ». Pour le fondateur de La Libre Parole, on l’a vu, la France chrétienne incarnait la race aryenne, et les juifs la race sémitique. Leur antagonisme rendait impossible toute forme d’assimilation de l’une à l’autre.
[...]
Les divergences d’analyse sur ce point entre nos deux pamphlétaires expliquent que leur façon de voir l’histoire des relations entre juifs et arabes soit complètement opposée. Zemmour signale les « innombrables anathèmes qu’on retrouve dans le Coran contre les juifs et les chrétiens », et les multiples versets qui appellent les croyants à les « “combattre” sans répit ». Selon lui, c’est parce que les imams algériens ont refusé le code civil que les musulmans n’ont pas bénéficié du décret Crémieux en 1870. Les rabbins juifs ayant, pour leur part, accepté de renoncer à leur statut personnel, ont obtenu la citoyenneté française.

Drumont aborde lui aussi cette question, mais pour défendre les Arabes, victimes selon lui d’une « race abjecte qui ne vit que de trafics honteux, qui pressure jusqu’au sang les malheureux qui tombent sous ses griffes, qui s’enrichit de la dépouille d’autrui. C’est à cette race qu’étaient acquises toutes les sympathies du gouvernement de la Défense nationale, et plus particulièrement de Crémieux ». Il ajoute que l’adoption du décret Crémieux fut la cause de la puissante révolte qui souleva toute la Kabylie en 1871. « Pour qui connaît ces races indigènes, fières et belliqueuses, il est de toute évidence que leur orgueil fut révolté de se voir menacées d’être subordonnées aux Juifs. La naturalisation des Juifs a été une des causes principales de l’insurrection ; elle a jeté l’insulte à la face du peuple musulman en proclamant la suprématie du Juif indigène sur l’Arabe et sur le Kabyle. En face du Juif oblique comme Crémieux, qui trahit le pays qui s’est confié à lui, il faut placer la noble et loyale figure de notre vaillant ennemi Sidi Mohamed Ben Ahmed el Mokrani. »
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dede   14 novembre 2019
le discours identitaire se caractérise par le fait qu’il sélectionne l’une de ces identités latentes pour la projeter dans l’espace public, la transformant ainsi en identité collective, un « personnage » dénoncé ou défendu dans le cadre des luttes politiques du moment
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dede   14 novembre 2019
L’un des buts de la présente étude est d’essayer de comprendre pourquoi les polémistes comme Zemmour ont, au final, toujours raison, alors qu’ils bafouent la raison
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Videos de Gérard Noiriel (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérard Noiriel
A l'occasion du Forum France Culture "L'année vue par les savoirs" à la Sorbonne, Xavier Mauduit co-anime avec Béatrice Bouniol, (journaliste au Journal La Croix), cette table ronde autour de la question : "revivons-nous les conflits du passé ?". Pour en parler, ils réunissent Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'université de Rouen, Gérard Noiriel, directeur d'études à l'EHESS, et Emmanuel de Waresquiel, professeur à l'école pratique des hautes études.
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