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ISBN : 236358175X
Éditeur : Editions Vendémiaire (18/06/2015)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Il commandita un attentat contre un avion de ligne, fit assassiner, outre ses concurrents, des hommes d’État, des policiers ou des journalistes qui tentaient de dénoncer ses exactions. Dans la Colombie des années 1970 et 1980, Pablo Escobar s’est imposé comme un trafiquant hors normes, non seulement un baron de la cocaïne à la tête de l’un des plus puissants réseaux du pays, mais aussi un combattant sans scrupules, à l’origine de la mort ou de la disparition de mill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  16 juin 2016
Merci, vraiment j'adresse un immense merci tant aux éditions Vendémiaires qu'à Babelio pour l'envoi de cet excellent livre à la frontière entre biographie, histoire, société et géopolitique.
Le sujet aurait pu être racoleur ; eh bien pas du tout. L'auteur, Thierry Noël, est un historien bon connaisseur de l'Amérique latine de la seconde moitié du XXème siècle. Il établit donc des liens, des passerelles entre différents domaines, économiques, sociaux, politiques et géopolitiques de l'axe qui relie les États-Unis aux pays du sud, Colombie, Bolivie, Mexique, Cuba, Panamá, Nicaragua, Bahamas, etc.
Le trafic de cocaïne, quasiment inexistant jusqu'aux années 1950, prend un essor formidable dans les années 1970 et devient un acteur économique, social et politique majeur à partir de la décennie suivante et encore de nos jours. En ce sens, l'auteur a l'intelligence de nous présenter Pablo Escobar non pas pour lui-même, en tant que Pablo Escobar, mais en tant que suprême représentation du trafiquant, qui, s'il n'avait pas été Escobar, aurait été un autre, une niche s'étant créée à ce moment-là.
En clair, l'auteur, nous présente de façon chronologique, détaillée et documentée les principaux éléments nécessaires à la compréhension des enjeux et des évolutions de ce trafic au cours des années 1970 à 90. Bien évidemment, le monde des années 2000 est un héritier direct de ce monde qu'il nous décrit et il suffit de visionner l'excellente série américaine The Wire (Sur écoute en français) pour se persuader de cette filiation.
J'ai littéralement adoré ce livre qui m'a permis de bien mieux comprendre la géopolitique de la région ainsi que des impacts culturels comme le fameux Scarface de Brian de Palma au cinéma ou encore la série typique des années 1980, Deux Flics à Miami ou bien encore la chanson de Manu Chao Welcome to Tijuana.
Bien évidemment, l'auteur nous parle tout de même un peu de Pablo Escobar et il en fait un portrait que je qualifierais d'intelligent, là encore, nuancé, circonstancié, contextualisé. Bref, une vraie mine d'information, un vrai bon document historique qui dépasse largement les frontières habituelles de la simple biographie, même si, je le rappelle, la biographie de Pablo Escabar y est très bien réalisée.
En somme, je ressorts bluffée et enthousiasmée par ce livre que je n'hésite plus à étiqueter d'excellent. Ceci étant dit, j'ai bien conscience qu'il n'intéressera pas forcément tout le monde. Les lecteurs du Monde Diplomatique, en revanche, ont de grandes chances d'apprécier, notamment en ce qui concerne le rôle trouble joué par les États-Unis dans toute cette machinerie de double, triple, voire quadruple jeu. Mille mercis donc à l'éditeur et à Babelio et souvenez-vous que ce que j'exprime ici n'est qu'un avis, pas forcément de crack, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Youplala
  28 juin 2016
Touffu. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit après avoir lu la dernière ligne de ce livre.
C'est un véritable travail d'historien qu'a réalisé Thierry Noël, mais sans pour autant sacrifier la pédagogie d'un ouvrage qui s'adresse au grand public. Les notes et les cartes à la fin de l'ouvrage sont ainsi très utiles afin de suivre les événements relatés et la quantité massive d'individus évoqués.
Du titre, retenez surtout à l'esprit "trafiquant de cocaïne", car plus que Pablo Escobar, c'est la cocaïne et son trafic de la fin des années 70 au début des années 90 qui sont au centre de ce livre. Et misère, c'est vraiment pas triste.
Thierry Noël nous emmène dans un bad trip aux Amériques. Amériques au pluriel, car tout le continent a été pris dans cette danse macabre. Que ce soit les états producteurs, situés au sud, ceux qui permettaient de transporter le produit finit vers les états riches, au centre, ou ceux qui pratiquaient la realpolitik et ont encouragé le trafic de cocaïne pendant un bail, au nord... bien peu ont été épargnés par la folie et la violence engendrées par la quantité astronomique d'argent généré par le trafic.
D'ailleurs, entre les trafiquants de drogue et leurs sicarios (assassins), les policiers colombiens, les paramilitaires colombiens, les soldats colombiens, les Farc et je ne sais quoi... je ne sais pas comment les colombiens ont réussi à survivre à ce climat d'ultra-violence.
Remarquez, il n'y avait pas que la violence liée à la coca qui était problématique. Il y avait également celle liée à la lutte nord-américaine contre le communisme. Plus exactement, celle liée à la paranoïa anti-communiste nord-américaine. Dans cette lutte délirante, installer des dictatures monstrueuses était tout à fait acceptable, ainsi que se servir d'individus trafiquant la coca en les laissant continuer tranquillement leur oeuvre de mort - alors qu'elle faisait pourtant des ravages aux Etats-Unis.
L'auteur nous explique dans le détail tout ce pan de l'histoire américaine, et s'il est parfois difficile à suivre, on ne peut qu'éprouver du dégoût face à tant de cynisme et d'aveuglement.
Et Pablo Escobar vous allez me dire ? Il est bien présent. Mais comme le souligne Thierry Noël, en tant que membre important de l'essor de la cocaïne dans le monde... pas en tant que personnage essentiel à ce drame. Son intransigeance, sa cruauté, son ingéniosité et son appât du gain ont bien eu un effet de très longue durée sur la Colombie, le continent américain et même sur le monde. Mais sa disparition n'a en fait rien changé... sombre constat pour ceux ayant lutté contre lui.
Bref, vous l'aurez compris, ce n'est pas une lecture facile. Heureusement que l'auteur glisse de temps en temps une petite touche d'humour (noir évidemment) afin de nous aider à reprendre notre souffle entre quelques attentats et assassinats. Imaginer les grands magnats du trafic tous vêtus de lycra moulant aux couleurs crillardes et avançant en petites foulées a de quoi vous laisser pantois pendant quelques temps.

En conclusion, si le thème vous intéresse, ne retenez pas que l'image donnée par les séries et films sortis dernièrement, plongez-vous un peu dans cette analyse. Loin du glamour et de la simplification obligée d'une histoire pour la télé ou le cinéma, vous verrez apparaître qu'Escobar n'était pas le seul monstre à jouer, et pire encore, qu'ils sont encore bien nombreux ceux collectionnent les billets au détriment des vies.

Livre reçu de la part des éditions Vendémiaire dans le cadre de l'opération Masse Critique
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Cloclo882
  03 juillet 2016
Je tiens d'abord à remercier l'équipe de Babelio avec Masse critique qui m'a permise de découvrir ce livre.
J'avoue, je n'ai pas tout lu... Je ne m'attendais pas a une biographie aussi approfondie de Pablo Escobar, l'auteur à fait un bon travail de recherche, ça c'est sur, mais il faut déjà s'y connaître un petit peu dans l'histoire de l'Amérique du Sud pour ne pas trop être perdu je pense...
J'ai donc lu certaines parties du livre et a m'a plu quand même.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   03 juin 2016
En dehors du cadre industriel, la production de cocaïne artisanale est relativement complexe, ce qui en explique la rareté autant que le prix élevé. Les procédés diffèrent et évoluent avec le temps, de même que les quantités de feuilles ou de produits chimiques utilisés pour en produire. Il est tout de même possible d'en souligner les grandes étapes, tout en gardant à l'esprit que cette description est émise à titre indicatif. Il faut d'abord une certaine quantité de feuilles, environ 250 kg, sachant que l'on peut réaliser de trois à quatre récoltes par an. Il est important que les feuilles soient fraîches, celles-ci perdant de leur potentiel avec le temps. Elles sont séchées le temps d'une journée et réduites en petits morceaux. On y ajoute alors du carbonate de sodium et le mélange est versé dans des tonneaux contenant de l'essence, où il macère pendant près d'une journée ; pour accélérer la macération, il est cependant courant de faire piétiner le mélange, comme on le ferait du raisin, par une petite main-d'œuvre qualifiée de " pisa-cocas ". La masse ainsi formée est séparée de l'essence, pressée pour en extraire le liquide et jetée. On ajoute alors au liquide récupéré de l'acide, en général de l'acide sulfurique, qui permet de séparer la base de cocaïne du reste. On verse alors de la soude caustique qui précipite la cocaïne, laquelle est filtrée à travers un tissu. La masse qui en résulte, environ un kilogramme de sulfate de cocaïne, est séchée, formant ce qu'on appelle communément la pâte-base de cocaïne,première étape consommable de la drogue, quoique hautement nocive du fait des restes de produits chimiques qu'elle contient. C'est en général à ce stade que s'arrêtent les petits producteurs locaux qui vendent la pâte à des trafiquants. Ces derniers, en utilisant plusieurs solvants tels que l'éther, font subir divers processus de cristallisation à la pâte, pour obtenir une pâte dite lavée, puis environs 800 grammes de chlorhydrate de cocaïne, qui est la cocaïne normalement consommée.

Introduction.
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Nastasia-BNastasia-B   08 juin 2016
Le " sicariato ", art et méthode du " sicario " [= sicaire], date de la fin des années 1960 ; somme toute, Escobar en a lui-même été un lorsqu'il officiait sur sa moto avec le cousin Gustavo. Néanmoins, c'est au début des années 1980 que le " sicariato " acquiert ses lettres de noblesse. Les nouveaux faubourgs des grandes villes colombiennes, en particulier Medellín, offrent un réservoir inépuisable de petites frappes et délinquants qui, pour des sommes modiques et sans poser de questions, sont prêts à assassiner qui on leur désigne. Le phénomène prend une telle ampleur qu'il est en passe de devenir une véritable plaie pour la société colombienne, les rues des grandes agglomérations étant sillonnées de petites bandes ou d'individus qui terrorisent la population et tiennent en échec les autorités. On évoque l'existence d'écoles de " sicarios " qui s'entraînent au tir et au maniement de la moto sous la conduite de tueurs à gages de la vieille génération. Des hommes comme Elkin C., formateur du jeune Escobar, auraient été à l'origine de ces centres de formation installés dans les périphéries urbaines. Le Patron connaît bien cet univers.

LA FLAMBÉE DES GUÉRILLAS : Relations troubles avec le colonel Noriega.
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Nastasia-BNastasia-B   29 juin 2016
L'article d'un journal libanais donne au scandale une nouvelle ampleur. On y découvre un aspect jusque-là tenu secret de l'Entreprise conduite par North : vers 1983, faisant face à une vague d'enlèvements de citoyens américains au Liban alors en pleine guerre, les États-Unis avaient sollicités les services de la République islamique d'Iran, alors même que celle-ci faisait office d'ennemi juré de l'administration Reagan, au même titre que l'U.R.S.S. ou la Libye du colonel Kadhafi. Un accord avait été trouvé sur la base de la vent secrète de missiles à l'Iran, alors en pleine guerre contre l'Irak de Saddam Hussein, pourtant soutenu officiellement par les États-Unis. Dans un premier temps, Israël, autre ennemi juré des Iraniens, a joué les intermédiaires pour des livraisons qui ont commencé en août 1985. C'est tout un réseau de marchands d'armes douteux qui a assuré les opérations sur le terrain, appuyé par un réseau non moins suspect de généraux américains en retraite et d'agents de la CIA. L'échec d'une opération en novembre 1985 a conduit à la prise en main directe de la logistique par les États-Unis. Des otages ont bien été libérés en échange, mais remplacés par d'autre entretemps. Le lien entre les deux affaires est simple : une partie des bénéfices engrangés par la vente de missiles, assez réduite d'ailleurs, devait être attribuée aux Contras. Le Contragate devient l'Irangate, à côté duquel le volet propre aux Contras semble négligeable.

L'EMPIRE ET SES OMBRES : Contragate.
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Nastasia-BNastasia-B   15 juin 2016
« Écoutez, mon lieutenant : si vous voulez saisir mes 32 camions, vous allez d'abord avoir besoin de 32 policiers qui sachent conduire un poids-lourd, de 32 assistants pour les chauffeurs et de 64 porteurs de charge pour la marchandise. Mais, surtout, il vous faudra un millier de soldats parce qu'il va falloir me tuer sur place. En clair, soit vous prenez l'argent, soit vous mettez votre vie en jeu. »

Comment on devient un bandit : Dans les bas-fonds de Medellín.
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YouplalaYouplala   20 juin 2016
Ainsi, plus de vingt ans après la mort de Pablo Escobar, et malgré la disparition des grands cartels historiques, le trafic de drogues et en particulier de cocaïne est plus dynamique que jamais : il se développe, se transforme, sans qu'il paraisse possible d'y mettre fin. De nouveaux territoires sont investis et l'activité se déplace au gré des circonstances et des opportunités.
L'offre se maintient, s'adapte aux changements de mode et aux conditions propres à chaque marché, tandis que la demande ne faiblit pas : la cocaïne se découvre de nouveaux adeptes en Europe, en Afrique ou en Asie, alors que, sur les marchés plus anciens, des drogues synthétiques ou autres prennent le relais, fournies par les mêmes réseaux trafiquants qui se diversifient en permanence.
Leur pouvoir corrupteur est immense et cet argent plus que jamais infiltré dans les rouages de l'économie et de la finance mondiales : la lutte contre le blanchiment peut être considérée comme un échec complet, malgré la mise en place de législations et de contrôles toujours plus drastiques.
On peut même affirmer que le narcotrafic est l'une des activités qui semblent le mieux s'adapter à la mondialisation de ces dernières décennies, mettant à profit les inégalités sociales ou les disparités spatiales pour se développer à l'échelle planétaire.
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