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Critique de SophieLesBasBleus


SophieLesBasBleus
  24 août 2015
Le début du roman nous apprend d'emblèe que l'histoire à venir se terminera mal. C'est inattendu. Ce qui l'est davantage encore c'est que malgré cette connaissance du dénouement, il ne nous vient jamais à l'idée d'abandonner la lecture. Mieux encore : on se prend à espérer qu'un ultime retournement conduira vers une autre fin !
Oui, on sait immédiatement qu'Harrison, le blanc, propriétaire d'une réserve en Afrique, viscéralement engagé pour la survie des espèces menacées et dans la lutte contre les braconniers, que son ami d'enfance, son presque frère, N'Dilo, le noir devenu trafiquant d'ivoire, que Juma, l'enfant albinos et Pearl, l'éléphante sont morts et se trouvent réunis dans un espace et un temps indéterminés où ils ne peuvent que revoir leurs souvenirs.
Si la fin du roman nous semble connue, il reste à élucider les circonstances qui ont mené les protagonistes dans ce lieu peu à peu habité par leurs vies "d'avant".
Au Sud de l'Afrique, la réserve d'Harrison a vu se nouer et se dénouer la trame de leurs vies. Contraints de se replonger dans leurs souvenirs projetés comme des films sur un invisible écran, forcés de fouiller non seulement leur propre mémoire mais aussi celle des autres et donc d'en accepter le point de vue, ils revivent ensemble des évènements qu'ils ont déjà vécus seuls.
La situation initiale donne une tonalité déchirante à ces séquences d'un passé perdu où tout pouvait encore basculer du côté du bonheur et de la vie : les amitiés, les soupçons, les trahisons réelles ou supposées, les amours se confondent dans une nasse de méprises et de malentendus souvent dérisoires.
Cet aspect romanesque - au meilleur sens du terme - est porté par la flamboyance de la vie sauvage qu'Estelle Nollet excelle à décrire dans toute sa beauté et sa cruauté. A la brutalité de la nature répond la férocité mesquine des hommes. Car "Quand j'étais vivant" est aussi un livre militant, qui attire l'attention sur tout ce que l'homme élimine par sa vénalité.
Finalement, NOUS prenons la place d'Harrison, N'Dilo, Juma et Pearl et contemplons comme dans une atroce anticipation les désastres causés par bêtise, ambition, avidité. Alors on voudrait revenir en arrière, on souhaiterait corriger, modifier le cours des choses, effacer les erreurs. On voudrait tout recommencer, avoir une autre chance. Mais le livre se referme et il est trop tard...
Le roman d'Estelle Nollet m'a beaucoup touchée et a suscité une révolte impuissante. J'en avais des sanglots de colère retenue à la fin ! Vraiment j'ai beaucoup aimé et il faut découvrir ce roman, qui faisait partie de la sélection des 30 livres en lice pour le Prix Orange, et dont j'estime que l'on n'a pas assez parlé !
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