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Philippe Noble (Autre)
EAN : 9782070411290
96 pages
Éditeur : Gallimard (20/09/2000)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Entre Arnold, le photographe, et Mokusei, son éphémère modèle, se joue au Japon la double tragédie de la sensualité et de l'absence.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  01 mars 2015
Mokusei est le nom d'une plante odoriférante japonaise, au parfum étrange. C'est aussi le surnom qu'Arnold Plessers donne, en plus de celui connu de lui seul, Masque de Neige, à Satoko, la jeune Japonaise qu'il vient de rencontrer.
Mokusei est enfin le titre de ce très bref roman du début et de la fin d'une histoire d'amour qui, bien qu'elle ait lieu au vingtième siècle, est prise dans les pièges de cultures qui ne se comprennent pas. Ainsi commence le roman: sur cette incompréhension dont parle si bien de Goede, pourtant expatrié depuis de longues années au Japon.
La description de cet amour naissant est délicate, tracée subtilement, dans le silence et deux solitudes. La tendresse transparaît, ainsi que la pudeur.
Cette histoire, brève, mais qui dure pourtant cinq ans, est simplement esquissée, parfois avec difficulté: l'écriture n'est pas toujours limpide, la faute peut-être à la traduction?

Lien : http://pourunmot.blogspot.fr..
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BMR
  21 août 2007
On a déjà évoqué le «triste sort» des occidentaux tatamisés par le pays du soleil levant.
Des âmes perdues dans les limbes, ni tout à fait ici, ni complètement là-bas, mais qui nous auront donné de très beaux textes.
Comme le français Maxence Fermine avec Neige, l'allemand Richard Weihe avec Mer d'encre ou l'italien Alessandro Barico avec Soie.
Ou encore, côté BD, le français Frédéric Boilet.
Voici une nouvelle victime, un hollandais cette fois : Cees Noteboom avec (décidément ce doit être la règle !) un tout petit roman, presqu'une nouvelle : Mokusei !.
Et précisément, dans cette oeuvre, c'est l'occidental tatamisé qui est lui-même mis en scène en la personne d'un photographe hollandais qui tombe amoureux du Japon ou d'une japonaise, on ne sait pas trop et lui-même n'en sait sans doute pas plus.
Avec un regard d'une dérangeante lucidité que porte l'auteur sur son héros et à travers lui sur notre propre regard d'occidental lorsque nous nous tournons vers le soleil levant.
On touche là au mystère non pas de l'extrême-orient, mais de notre fascination occidentale pour cet extrême-orient.
Mais ce roman est aussi une toute petite histoire d'amour qui durera 80 pages et le temps de quelques voyages.
Une histoire forte cependant, où Cees Noteboom a su retraduire à la fois tout le désir mais aussi tout le désarroi de son photographe hollandais amoureux « d'une certaine idée du Japon ».
Un Japon (ou une japonaise, donc) idéalisé(e) depuis nos imaginaires occidentaux, où l'on croit trouver, où l'on veut chercher la pureté qui nous manque, un supplément d'âme en quelque sorte.
Si l'on veut bien nous permettre ce parallèle, pour nous c'est un peu la « version écrite » des images dessinées de Frédéric Boilet (comme Tokyo est mon jardin ou encore L'épinard de Yukiko).
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Siladola
  07 avril 2018
Avec la relation, aussi précise et dépouillée que la cérémonie du thé, d'un amour entre un photographe hollandais et son modèle japonais, cette nouvelle nous transporte à Tokyo puis au pied du Mont Fuji. Cees Nooteboom est aussi l'auteur de guides touristiques : il évite les pièges habituels de l'exotisme, repousse les facilités, discute pertinemment les rapports de l'Orient et de l'Occident, montrant que les fascinations restent souvent source d'erreurs sur l'autre et colportent avant tout les clichés d'une ignorance réelle. On visite le Palais de l'Empereur, on apprend à reconnaître le parfum du mokusei, on suit la route des ryokan : bref, le japonisme y trouve son compte, sans jamais céder à l'illusion du dépaysement. Le récit bifurque au chapitre 3, semblant jouer sur l'ambiguïté entre une femme de rencontre laissée seule dans la chambre du dernier séjour, qui correspond au présent du récit, et la Japonaise dont le photographe est l'amant, et que celui-ci abandonne également dans une chambre, juste avant leur séparation définitive. Quoiqu’il en soit, Nooteboom est un maître de la narration. L'organisation des épisodes reste aussi sobre qu'efficace. On pense à Haruki Murakami. Sans ressortir vraiment ému de démêlés sentimentaux plutôt conventionnels, on ne peut que louer les dons littéraires de l'auteur, qui condense en quelques dizaines de pages roman d'amour et plongée entre deux civilisations à jamais étrangères.
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purplevelvet
  09 mars 2015
Une histoire d'amour.. ou plutôt une histoire de ruptures.
Entre Arnold,le photographe hollandais et le Japon, qu'il a pourtant adulé.
Entre Arnold, et sa muse Satoko, surnommée " Mokusei", les choses étaient vouées à l'échec, dès le départ. Arnold est tombé amoureux de Satoko lors de son premier voyage, alors qu'il recherchait un modèle pour un dépliant touristique. Satoko, qu'il a choisie après avoir vu de nombreuse photos de mannequins, trop "occidentalisées" à son goût, parce qu'elle faisait plus "authentiquement japonaise" à ses yeux d'occidental Une liaison qui était factice dès les départ: La campagne publicitaire devait comporter une photo de femme en kimono, Satoko correspondait non à la réalité du Japon du début des années 80, mais à l'idée que s'en faisait Arnold: le Japon éternel, figé dans ses rituels, son idéal d'harmonie.
Mais voilà Arnold a idéalisé Satoko, comme il a idéalisé le pays, en refusant de voir ses réalités contemporaines, ses banlieues moches et bétonnées comme on en trouve partout ailleurs. Et pourtant il avait été prévenu par un de ses amis diplomate qui y vivait depuis longtemps: le pays que tu cherches n'existe pas, n'existe plus, c'est comme résumer la hollande à la peinture flamande, et à trop idéaliser les choses, on finit par tomber de haut.. puis par les détester de ne pas correspondre à ce que l'on imaginait. Au premier voyage, Arnold n'a vu, et surtout, voulu voir que les bons côtés du pays.. au 5° il n'est plus capable que de voir ce qu'il a volontairement occulté jusque là. Et son rejet est aussi total que l'était son obsession, pour Satoko, et pour le pays qu'elle représente.
Plus que l'histoire d'amour entre deux personnages, c'est la réflexion sur la fascination que peut exercer un pays en général que je trouve intéressante. Arnold ne s'intéresse au pays et à sa culture que de manière sélective, en choisissant ce qui va dans le sens de ses préjugés sur ce que doit être la culture locale, le pays, les habitants, et ne se laisse pas la possibilité d'être déçu. Il vit dans un monde de clichés, à tous les sens du terme.
Lien : http://purplenosekai.blogspo..
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jocelynev
  16 juillet 2015
Ce livre est comme une courte flambée du soir dans une cheminée un peu humide; un démarrage qui se cherche longuement, une acmé tout en retenue et sombrement, la flamme s'éteint dans le chagrin infini du départ et de la solitude. La nature même ne parvient pas à rendre un timide espoir.
Ce petit livre dépressif est si loin du souvenir ravi que j'ai gardé de Pluie Rouge. Alors le voyage était optimiste et régénérant. Pétris des émotions qui nous ballottent, nous traçons des chemins multiples. Il est des livres qui ne donnent pas toute leur sève parce que les émotions ne peuvent ou ne veulent pas coïncider; c'est ce que je ressens en terminant ce livre.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BMRBMR   21 août 2007
La plupart des Européens ou des Américains qui viennent ici [...] n'ont aucune véritable connaissance du Japon. Il savent que c'est « différent », mais le Viêt-Nam et la Côte d'Ivoire aussi sont différents. La différence du Japon est, je m'excuse ... différente. Mais comment le leur expliquer ? Ils ne parlent pas la langue et, dans la majorité des cas, ne la parleront jamais. Ils ont bien quelques vagues notions, mais ignorent tout de la civilisation japonaise. Peu leur en chaut d'ailleurs, car ils ont mieux : ils ont une certaine idée du Japon.
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SiladolaSiladola   08 avril 2018
Puis, tandis qu'elle dormait, perdue dans un isolement qu'il n'avait jamais vu chez personne d'autre, il resta longuement étendu à la regarder, s'interrogeant sur son avenir. Elle portait maintenant trois masques l'un sur l'autre, le masque de l'Asie, celui de sa propre impénétrabilité, et le troisième, non moins dissimulateur, l'écran du sommeil. Autrefois, chez ses parents, il y avait sur le dressoir une sculpture, une tête de jeune fille. C'était, lui avait expliqué son père, le masque mortuaire d'une inconnue qui s'était noyée dans la Seine. Nul ne savait son nom. Voilà quelqu'un qui avait existé, qui n'existait plus, et dont on ignorerait toujours qui elle avait été. Ce masque lui avait fait peur, et c'était encore de la peur qu'il ressentait en ce moment. Il aurait aimé la photographier, mais n'osait pas. La lueur des torches qui vacillait au-dehors caressait son visage comme si elle avait voulu l'éveiller de nouveau à la vie. Doucement, il couvrit les épaules rondes et luisantes et se détourna. Quelque chose venait de commencer qui l'occuperait sa vie durant.
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BMRBMR   21 août 2007
Il avait refusé d'éprouver la moindre déception et attribuait le doute qu'il refoulait avec tant d'efforts à la fatigue de vingt insupportables heures de vol. Quand on a pris la décision de se plaire quelque part, on y réussit généralement. Il avait trop investi dans ce voyage. [...] Il était au Japon. Il ne se laisserait pas voler son plaisir.
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BMRBMR   21 août 2007
Quand il eut fini, il dit : « Vous êtes très belle.» Cette phrase le charma par ses limites. Seuls comprenaient tout de vous ceux qui ne comprenaient que peu de mots. C'était très rassurant : entre gens de même langue, le langage gâchait beaucoup de choses, parce qu'avec la parole, pensait-il, commençait toujours le mensonge.
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jocelynevjocelynev   16 juillet 2015
"Mono no aware" avait dit De Goede.
"Pardon?
- "Le pathétique des choses." Ici c'est une notion classique, tu auras souvent l'occasion de l'entendre. Cela dit très bien ce que ça veut dire. Et le son même est évocateur."
"Mono no aware" : le photographe à son tour avait répété ces mots et ne les avait plus oubliés. Ils convenaient parfaitement à la photo.
"Dis-moi, qu'aurais-tu aimé photographier, si tu n'étais pas tenu à ces basses besognes?
- Des pierres."
De Goede était parti d'un rire sonore et, pis encore, d'un rire inextinguible - et soudain Arnold avait compris qu'il exprimait ainsi une forme particulière d'approbation. Mais c'était bien loin désormais. (p35-36)
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Videos de Cees Nooteboom (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Cees Nooteboom
Le vendredi 25 mai 2018, la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris - www.charybde.fr) avait la grande joie d'accueillir André Rougier en qualité de libraire d'un soir.
Il évoquait pour nous :
1. Pierre Michon, "Rimbaud le fils" (08:21) 2. Jakuta Alikavazovic, "La blonde et le bunker" (16:00) 3. Julien Gracq, "La presqu'île" (27:55) 4. Cees Nooteboom, "Le jour des morts" (38:15) 5. Claudio Magris, "Danube" (44:38) 6. Julio Cortazar, "Heures indues" (50:55) 7. Javier Cercas, "Le point aveugle" (1:08:10)
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