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EAN : SIE196195_751
J'ai Lu (30/11/-1)
4.35/5   10 notes
Résumé :


La guerre du renseignement atteignit en France, en 1943 et 1944, une intensité inconnue jusqu'alors et une importance militaire exceptionnelle. Ce fut un des trois ou quatre éléments décisifs du succès des Alliés à l'ouest.

Pierre Nord, de son vrai nom colonel Brouillard, breveté d'état-major et rattaché au Deuxième Bureau, a joué un rôle important dans ce combat. Il y a assumé de hautes responsabilités et en a accepté tous les risque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
andreas50
  26 juillet 2019
Comment entretenir l'illusion d'un second débarquement dans le Pas-de-Calais ? Comment reconstituer l'ordre de bataille allemand ? Comment la division SS Hohenstaufen fût-elle détruite en une heure au camp de Mailly ? Comment est le moral ou l'état de fraîcheur d'une division retour du Front de l'Est pour reconstitution ? Comment suivre les déplacements de batteries de DCA ? Comment reconnaître une unité par certains indices et décrire son armement ? Comment le Service dit « Répression des menées antinationales » de l'intendant de police vichyssois Detmar fût-il noyauté ?
Voici quelques questions auxquelles le colonel Brouillard, alias monsieur Bardin, alias Pierre Nord, va apporter des éclaircissements.
Après la défaite de juin 1940, l'auteur, membre du 2e Bureau ( S.R. militaire), a décidé, avec d'autres officiers du 2e et du 5e Bureau ( C.E. et action ), de ne pas abandonner et de poursuivre le combat dans la clandestinité.
Au début, il ne s'agit pas de lutte armée, bien sûr, mais de recueillir des renseignements sur l'ennemi pour les transmettre aux Français, à l'intérieur ou à l'extérieur, qui ont ou peuvent rassembler des soldats et des armes, les éclairer sur l'affaiblissement militaire de l'Allemagne ( admis comme postulat ) et sur les possibilités des Alliés. Il faut les prévenir des occasions d'intervenir et les pousser à le faire.
Il est donc nécessaire de créer des réseaux clandestins. le réseau a une structure pyramidale. Au dessus le PC de réseau ( qui a une dénomination. Exemple : l'Agence Immobilière ou Travaux Ruraux qui est un SR de l'armée ). Un officier de liaison est en contact permanent avec les PC de postes, dirigés par des sous-officiers. Chaque PC de postes récolte les informations glanées sur le terrain par des agents ( petites mains ) et est responsable de boîtes aux lettres. Les données sont triées, analysées, mises en forme et remises à un point de contact de liaison avec le chiffreur. le message codé est lui déposé ( par l'intermédiaire de boîtes aux lettres ), à l'opérateur radio ( pianiste ), qui émet en direction de Londres, d'Alger, voire de Vichy dont les SR sont noyautés. Lorsqu'il est repéré, pour éviter d'être anéanti, pour éviter l'effet dominos avec d'autres bureaux amis, un réseau est cloisonné horizontalement. Si il est infiltré par l'intérieur, il est protégé verticalement par la technique des coupures.
La France étant cadenassée sur toutes ses frontières, tout autre moyen est bon pour faire passer des renseignements, il y a a encore la liaison entre la France de Vichy et Alger par sous-marin. Celui embarque des agents, du courrier ou débarque du nouveau personnel entraîné en Grande-Bretagne. Bien entendu tout se fait de nuit, date, heure, et endroit tenus secrets, et à l'abri des patrouilles.
En Zone occupée, on privilégie l'avion. le Lysander, petit appareil qui se pose et décolle dans un mouchoir de poche, est l'outil idéal pour les opérations discrètes ( pickup ). Pour le matériel lourd, les armes,les hommes et femmes spécialement formés pour des actions en pays occupés à l'arrière des lignes allemandes ( SOE ), on choisit plutôt le parachutage.
À qui les renseignements sont-ils destinés ?
1) À De Gaulle, car il sera, personne n'en doute, l'homme de la Libération.
2) À Giraud à Alger, quand on l'aura aidé à s'évader d' Allemagne, car il a beaucoup de prestige aux yeux d'une large frange de cadres.
3) de 1940 à 1942, aux Services de Vichy, à Pétain qui, sait-on jamais, rétablissait l'unité française le jour de l'Insurrection.
Cette chasse aux renseignements, fût une guerre d'une intensité exceptionnelle entre réseaux de la Résistance et l' Abwehr, le SD, la Gestapo. Combien d'échecs pour une victoire durement remportée.
Combien de réseaux démantelés, d'opérateurs retournés, d'agents forcés à la duplicité. Combien de négligences, de trahisons qui vont conduire nombre d'hommes et de femmes devant les pelotons d'exécution ou dans les Camps de la mort.
Cette guerre souterraine, c'est le Grand Jeu, pour paraphraser Léopold Trepper, le fondateur de l'Orchestre rouge.
Pierre Nord est un professionnel, qui jamais ne tire la couverture à lui, et son livre, outre son intérêt historique évident, reste un hommage à tous ses Camarades, hommes et femmes, morts pour la France.
C'est aussi une forme de manuel technique, un guide sur la formation, l'utilisation, la protection d'un réseau.
Pour tous ceux qui s'intéressent à la guerre secrète, Mes Camarades sont morts reste un témoignage exceptionnel, indispensable, passionnant.
Je précise que ce livre comporte deux tomes : le premier consacré à la guerre du renseignement, et le second au contre-espionnage.
Paru dans les années soixante, il y a peu de chances que vous le trouviez sur les étagères de votre libraire préféré. Par contre, on le trouve encore assez facilement chez les bouquinistes, dans les foires du livre d'occasion, dans les bibliothèques.
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Chasto
  24 août 2016
Cri d'âme se faisant titre pour, au fronton de l'indifférence et de l'ignorance se faire entendre, comme ses maisons d'éditions créées après guerre pour faire connaître ce qui s'est passé pendant ces quatre années.
Exposé et réflexions sur cet élément aussi fort que fragile que peut être l'Homme.
Par dérision, errance ou croyance tout naîtra ou disparaîtra, d'un trait ou d'un revers, puis plus rien.
La force de conviction, la force d'être soi et plus encore offre ses pages les plus belles ou les plus noires.
A ouvrir avec respect et découverte de ces caractères, qui, par leur vérité ont su faire renaître des ruines d'un siècle.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
andreas50andreas50   18 juin 2019
Un autre jour, en conseil, le capitaine de... rafiot X... ( soyons bons ), du S.R. Marine, interpelle Baril avec la hautaine supériorité du technicien : « Votre croyance au débarquement est enfantine. Les Anglo-Saxons ont un tonnage X. Pour transporter un soldat et sa quote-part d'impedimenta, il faut Y. Divisons X par Y. Nous constatons mathématiquement que même si les Allemands ne réagissaient pas, les Anglo-Saxons ne pourraient passer que quelques misérables divisions. »
Baril fronce le sourcil, gêné. « Commandant, votre chiffre Y est faux. Il doit se rapporter à l'arche de Noé.»
Autour d'eux, la plupart des auditeurs rient. Mais quelques-uns ont blêmi de rage.
- Et puis...
C'est ici que Baril s'embarrasse. Car certains ont vraiment blêmi. Il l'a vu. Devant eux, il ne peut tout de même pas dire : « Votre chiffre X aussi est faux. Un chiffre boche. Un chiffre posé par une nation dont le péché capital est l'orgueil, qui crédite ses aviateurs et ses sous-mariniers de tous les succès que ces « glorieux » revendiquent, et les répète à seule fin de faire de beaux communiqués. Un chiffre truqué, que laisse sciemment falsifier, si elle n'y aide, une autre nation, pleine de sang-froid et de ruse. Un chiffre-piège. »
Cela, que Churchill résumera plus tard d'un trait : « Nous avons laissé l'ennemi se prendre à ses propres mensonges », Baril le sait. Il sait tout.
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andreas50andreas50   17 juin 2019
Un jour de grande cérémonie, à Lyon, dans le tonnerre des « Vive Pétain » perce un maigre « Vive Laval ». Pétain se tourne vers son second : « Tiens ! murmure-t-il, je ne vous savais pas ventriloque. »
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dcombierdcombier   10 septembre 2020
Explique-lui, toi, dit Lagarde en haussant les épaules sans galanterie, lui si galant homme, sauf avec Yolande Férier qu'il traite en homme, ce qui est peut-être, après tout, la suprême galanterie, à l'époque.
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