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EAN : 9782714493453
288 pages
Éditeur : Belfond (11/06/2020)
4.24/5   123 notes
Résumé :
LLES GRANDS NOMS DU THRILLER METTENT NOS SENS EN EVEIL

Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.

Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d'ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
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sylviedoc
  23 juin 2021
Après « Ecouter le Noir », Yvan Fauth (alias Gruz ici) continue d'explorer les sens à travers des nouvelles écrites par de grandes plumes du genre. On retrouve d'ailleurs certains auteurs déjà présents dans le premier volume.
Ceux qui me lisent le savent, la nouvelle n'est pas ma lecture de prédilection, mais peu à peu j'y prends goût, surtout lorsqu'elle est suffisamment développée pour constituer une histoire complète, avec une vraie chute. C'est le cas ici, et même si toutes les histoires ne m'ont pas plu j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces 11 textes.
On commence fort avec un texte découpé en 9 courts chapitres, extrêmement cruel d'Olivier Norek : « Regarder les voitures s'envoler », raconté par un gamin de 13 ans qui aime...observer, et par sa jeune voisine Esther. Je ne vous raconte pas, mais âmes sensibles s'abstenir, une scène m'a beaucoup choquée. Efficace !
Puis c'est Julie Ewa, auteure que j'apprécie énormément, qui prend la suite avec « Nuit d'acide », et nous raconte le calvaire de Sabbir, un jeune garçon enlevé dans sa région natale d'Inde pour rejoindre un groupe de gamins mendiants auquels on a ôté la vue de diverses façons afin de susciter la pitié des passants. Comme toujours avec cette auteure, les mots sonnent juste, on « voit » bien qu'elle s'est documentée sur ces gangs qui sévissent dans les grandes villes d'Inde. Très choquant, parce que très réaliste.
Ensuite, c'est « The Ox », de Fred Mars, auteur que je ne connais pas. Un crime particulièrement violent a été commis dans un club échangiste assez spécial, puisqu'il est basé sur le noir total, on ne voit jamais ses partenaires...Je n'ai pas trop apprécié, ça manque de crédibilité et les personnages n'ont rien de réel.
On poursuit la découverte avec Claire Favan qui nous offre « Le mur », un post-apo où un gros porte-containers est devenu le dernier refuge d'une humanité décimée par la montée des eaux et les cataclysmes successifs. Et encore, ces survivants souffrent tous, à des degrés divers d'une maladie qui les prive peu à peu de la vue. Ceux qui voient le mieux accèdent aux postes à responsabilités comme capitaine ou second, les autres sont cantonnés aux basses besognes. On les désigne par le pourcentage de vision qui leur reste. Les humains ont foncé droit dans le mur alors qu'ils étaient prévenus, seront-ils plus « clairvoyants » maintenant qu'ils sont au bord de l'extinction ? Percutant !
« Demain » de René Manzor parle de don de voyance, celui dont est « affligée » Chance, une jeune femme qui se produit dans des spectacles. Elle va bien malgré elle se trouver mêlée à une enquête sur un violeur et tueur en série. Je l'ai lu il y a 3 semaines et déjà presque oublié, c'est dire si ce texte ne pas marquée.
« Transparente » d'Amélie Antoine nous parle d'Hélène, quadragénaire « polie, calme, mesurée, aimable...tranparente, certains diraient, sans doute ». Personne ne remarque qu'elle a fait un effort pour se rendre plus jeune, plus jolie, et tout au long de sa journée, la frustration monte, jusqu'à... Très triste, parce que sans doute certaines personnes éprouvent ce sentiment d'être quasi-invisibles aux yeux de tous. Un texte qui tape juste.
La nouvelle suivante ne m'a pas plu du tout, il s'agit d' »Anaïs » de Frédéric Papillon (je ne connaissais pas ). Une sombre histoire de prof de fac souffrant de visions et atteint d'une forme de folie hallucinatoire. Vraiment pas accroché, et je me suis demandée ce que ce texte faisait là, il en manquait un ?
On passe à « La tache », de Gaëlle Perrin-Guillet, qui nous fait vraiment « regarder le noir » mais de façon littérale cette fois. le narrateur remarque un jour une petite tache noire sur un mur de son appartement. Saleté, moisissure ? En tout cas il n'arrive pas à l'éliminer, et malgré tout ses efforts, cette tache va grandir et finir par l'obséder. Je m'attendais à la chute, mais c'est agréable à lire, et bien construit, l'angoisse monte crescendo.
« Private eye », un texte de R.J Ellory, assez alambiqué raconte l'histoire d'un enquêteur suivi par un inconnu pour une raison obscure. Je n'en ai pas gardé grand souvenir, et n'ayant justement plus le livre sous les yeux, je me bornerai à dire que n'est pas une de mes nouvelles préférées dans ce recueil.
Vient ensuite « Tout contre moi » de Johana Gustawsson, je découvre. C'est sensuel, cruel et bref. Avec une chute que je n'attendais pas. Mais le thème du recueil ne me semble pas être de ce registre-là.
Et pour finir en beauté, « Darkness » par les deux reines du thriller, j'ai nommé Karine Giebel et Barbara Abel. Deux valeurs sûres qui ne m'ont pas déçues. le capitaine Jérôme Dumas est chargé d'enquêter sur un crime sordide : une jeune femme qui dit s'appeler Hélène Queyllaire (!) a été retrouvée dans une chambre d'hôtel, les yeux brûlés par de la soude caustique et de l'acide sulfurique. Parallèlement, on suit le récit de la vie mouvementée d'une orpheline, depuis son enfance jusqu'à la vingtaine, de famille d'accueil en institution, jusqu'à son placement chez les Parmentier, qui ont déjà une fille un peu plus âgée. Et si vous voulez savoir la suite, il faudra aller voir de vos propres yeux ! Sans conteste une des meilleures histoires, en tout cas une de celles que j'ai préférées, avec les deux du début.
Pour conclure, j'ai passé d'agréables moments à découvrir ces nouvelles, même si j'ai parfois trouvé que le thème était interprété de façon trop approximative, comme dans « Tout contre moi ».
J'ai vu récemment qu'Yvan a récidivé avec « Toucher le Noir », il peut compter sur moi pour poursuivre cette découverte des sens très particulière !
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Yvan_T
  19 juillet 2021
Ayant beaucoup aimé le précédent recueil de nouvelles « Ecouter le noir » et constatant que le suivant « Toucher le noir » était déjà sorti, j'ai vite éliminé celui-ci de ma PÀL.
Force est de constater que ce deuxième volet regroupe à nouveau une belle brochette d'auteurs. Outre une nouvelle histoire de R.J. Ellory et un récit à quatre mains signé Barbara Abel et Karine Giebel, j'ai eu le plaisir de retrouver quelques auteurs de polars que j'apprécie beaucoup, tels que Olivier Norek, Amelie Antoine, Johana GustawssonMör », « Block 46 »), René Manzor (« A Vif », « Apocryphe »), Claire FavanInexorable ») ou Julie EwaLes petites filles »), mais également quelques auteurs que je n'avais encore jamais lu, tels que Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet ou Frédéric Mars.
Si le résultat est forcément un peu inégal, avec des styles assez différents malgré une thématique commune autour de la vision, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces 11 textes. le roman commence très fort avec un excellent récit d'Olivier Norek (« Regarder les voitures s'envoler ») qui fait froid dans le dos, suivi d'une histoire poignante de trafic d'êtres humains en Inde de Julie Ewa (« Nuit d'acide »). La dernière pépite se situe en toute fin de recueil avec « Darkness », des deux reines du thriller Barbara Abel et Karine Giebel, qui enquêtent sur un crime sordide et referment cet ouvrage sur une chute originale.
Outre ces trois petites perles, j'ai également bien aimé les récits de René Manzor (« Demain »), Amélie Antoine (« Transparente »), R.J. Ellory (« Private eye » ), Johanna Gustawson (« Tout contre moi »), Claire Favan (« le Mur ») et Fred Mars (« The Ox »). J'ai par contre moins accroché à « La tache » de Gaëlle Perrin-Guillet et je suis resté totalement hermétique à « Anaïs » de Fabrice Papillon. Alors que « Ecouter le noir » m'avait donné envie de découvrir les romans de Maud MayerasReflex » , « Les Monstres ») et François-Xavier DillardPrendre un enfant par la main »), « Regarder le noir » ne m'a donc pas vraiment donné envie de découvrir de nouveaux auteurs. C'est sans doute le seul petit point négatif de cet ouvrage qui parvient de nouveau à attirer des grands noms, tout en proposant de la qualité !
Bref, à nouveau un grand bravo à Yvan Fauth du blog littéraire EmOtionS pour cet ouvrage !
J'irai donc très vite « Toucher le noir » !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Antyryia
  30 juillet 2020

Second recueil de nouvelles dirigé par Yvan Fauth, Regarder le noir fait suite en quelque sorte à Ecouter le noir en y variant les auteurs ... et les plaisirs.
Y aura-t-il ensuite sentir le noir, toucher le noir et goûter le noir afin de poursuivre l'exploration des cinq sens ?
L'aspect un peu commercial de ce second volume m'a d'abord un peu rebuté ... Mais ça n'était pas le cas de la majorité des auteurs présents au sommaire alors j'ai fini par me laisser tenter.
Avec un thème imposé autour de la vision, je m'attendais à ce que chaque auteur ou presque évoque la cécité. Si je devais perdre l'un de mes cinq sens, devenir aveugle serait incontestablement le pire des châtiments.
Heureusement, les écrivains à l'honneur dans ce recueil ont beaucoup plus d'imagination et la vue, le regard, offrent des possibilités tellement nombreuses au final qu'aucun de ces courts récits n'est redondant.
Petite pensée pour Ingrid Desjours qui évoquait la cécité de conversion dans son dernier roman adulte, La prunelle de ses yeux, qui remonte déjà à presque trois ans.

Ils sont quand même quelques uns à avoir rédigé un texte autour de l'aveuglement, majoritairement des femmes, à l'instar des deux compères Karine Giébel et Barbara Abel, qui avaient déjà écrit à quatre mains dans le précédent recueil.
Elles clôturent le livre avec "Darkness", nouvelle dans laquelle le capitaine Jérôme Dumas doit enquêter sur une terrible agression : La victime, Hélène Queyllaire, a vu ses yeux se désintégrer de la pire façon qui soit. A l'aide d'un compte-gouttes, son bourreau lui a versé de la soude caustique vingt-quatre durant sur les cornées.
Et pourtant, Hélène se refuse à parler de son calvaire, à identifier celui ou celle qui a commis cette abomination, murée dans un silence presque bienveillant.
En dépit de son horreur apparente, "Darkness" se révèle être une histoire pleine de sensibilité, où le lecteur cherche à faire le lien avec le passé de la jeune Diana, abandonnée peu après la naissance, et la mutilation subie par Hélène, jeune femme d'une vingtaine d'années. Bien malin sera celui qui fera le lien entre les deux histoires avant les dernières lignes, venant éclairer ces ténèbres de façon aussi sublimes que glaçantes.
Julie Ewa également parle de cécité dans "Nuit d'acide", cette fois avec un texte qui se passe au Bengladesh.
Les yeux du jeune Sabbir, enlevé dans la mangrove, seront aspergés d'acide. Arraché à sa famille, il ne devient plus qu'un objet d'enrichissement pour ses tortionnaires, au même titre que le jeune Namur qui lui apprendra à surmonter son handicap et à mendier, tout comme leurs quatre compagnons de cellule. Chaque jour, ils doivent arpenter les rues du marché et ramener l'argent que les touristes auront bien voulu leur confier. Avec pour promesse de retrouver la vue un jour.
Sanjana, policière désireuse de mettre fin à ce trafic d'êtres humains, sera-t-elle le dernier espoir de Sabbir ?
Julie Ewa nous signe ici une histoire d'autant plus douloureuse qu'elle est inspirée de faits réels. Même en France les personnes mutilées sont regroupées sous l'égide de mêmes truands puis dispatchés notamment dans les rues et métros parisiens, exposant leurs membres amputés pour collecter un maximum d'argent en faisant appel à la pitié des passants.
Y a-t-il plus horrible dans ce monde pourtant moderne que de mutiler volontairement un enfant pour pouvoir ensuite s'enrichir sur son dos ?
Il vous faudra arriver aux dernières lignes de "Nuit d'acide" pour le savoir.
Des aveugles, il y en a également dans "Le mur" de Claire Favan, qui a écrit ici une histoire d'anticipation très éloignée de son registre habituel. Pas de tueurs en série cette fois mais un univers futuriste dans lequel les icebergs ont fondu et ont libéré le méthane stocké sous les banquises.
Et vous connaissez l'effet du méthane sur les yeux ? Il provoque de graves lésions.
Le dernier bastion de vie sur terre est donc un porte-conteneur, du nom de Havanay Bay. Les autres bateaux ont fini par sombrer au fond de l'océan unique qui recouvre désormais en totalité la planète.
Et dans ce monde avec de l'eau à perte de vue, qui n'est pas sans rappeler "Juste après la vague" de Sandrine Collette, continuer à voir est devenu le bien le plus précieux.
"La chaîne de commandement repose sur le champ visuel."
En effet, au royaume des aveugles les borgnes sont rois.
Et chacun voit un rôle lui être atribué en fonction de son acuité visuelle, de 0% pour les non voyants à 80% pour le capitaine du navire.
Pour être franc malgré son originalité et son fort message écologique, Claire Favan n'a pas réussi à m'embarquer dans sa vision du futur, et même si j'adore cette auteure je suis resté à quai cette fois.
Trop insensé, trop mièvre, final trop attendu ...
Fred Mars mélange quant à lui le thème du regard sous différents aspects dans "The Ox".
L'un d'eux étant la partouze à l'aveugle. Un concept intéressant.
"Le libertinage à l'aveugle, les corps plongés dans une obscurité totale."
"Seulement un amas de chairs gémissantes qui se mêle au néant."
La beauté et la jeunesse n'importent plus dans un tel contexte où on caresse tout ce qui se présente à nous, où on jouit d'un corps à l'autre.
Les rouages de ce club très select vont cependant être mis à mal avec la découverte d'un cadavre suite à l'une de ces soirées de débauche.
Les inspecteurs en charge de l'enquête ont deux témoins : L'un des participants ainsi que l'homme d'entretien malvoyant.
Parviendront-ils à éclairer les circonstances du crime et l'identité du coupable ?
"The Ox" est une nouvelle policière plutôt originale du début à la fin.
Toute ressemblance avec un personnage existant réellement ne serait pas fortuite.
Mais le regard, c'est aussi le regard des autres. C'est être vu par d'autres yeux.
Ou ne pas être vue dans le cas d'Hélène, dans la nouvelle "Transparente" d'Amélie Antoine. La merveilleuse, magistrale, somptueuse et surdouée Amélie Antoine ( pour ceux qui en douteraient, les émotions dégagées par sa plume unique me transcendent à chaque fois ).
Hélène est de ces madame tout-le-monde relativement effacée. Comme un mantra, il est sans cesse rappelé au lecteur :
"Mais Hélène est toujours polie. Calme, mesurée, aimable. Certains diraient même transparente."
Et cette employée de la Caf, quarante ans, divorcée, va enfin OSER le changement. Comme le symbole de la reprise en main d'une vie trop terne.
Un très léger changement.
Une simple teinture pour cacher ses premiers cheveux gris. Un premier pas vers de nouveaux horizons.
Un tout petit effort pour enfin être vue, pour que son entourage la remarque.
Restera-t-elle invisible ou finira-t-elle par être regardée par ses collègues, ses amies, sa fille, son compagnon ?
Quelles souffrances endure-t-elle en secret ?
Sans surprise, la merveilleuse, magistrale, somptueuse et surdouée Amélie Antoine signe avec "Transparente" l'une des meilleures nouvelles du recueil, tout en sensibilité et subtilité. Son répertoire habituel la situe quelque part entre le thriller psychologique et la littérature générale, mais elle trouve incontestablement sa place parmi les meilleurs auteurs du noir au cas présent.
R.J. Ellory et Olivier Norek se sont tous les deux intéressé à l'observation.
L'auteur britannique met en effet en scène dans "Private eye" un journaliste du nom de Rayond White, dont le métier même consiste à observer, et dévoiler par ses scoops la laideur des hommes, les complots, les mensonges.
Il se rendra compte très vite qu'il est lui même épié, très maladroitement, par un même individu. Qu'il se met à surveiller à son tour.
Qui est le suivi, qui est le suiveur ?
Pourquoi Raymond est-il ainsi guetté ?
Une question qui l'obsède de plus en plus. Ou est-il juste paranoïaque ?
Nouvelle un peu longue à la fin attendue, "Private eye" se laisse néanmoins lire avec plaisir.
Et Olivier Norek lui m'a mis une claque.
Non, rectification, il m'en a mis deux en fait. Voire trois.
Sans trop en dire pour ne pas vous gâcher les petites surprises concoctées par l'auteur d'Entre deux mondes, "Regarder les voitures s'envoler" nous raconte la vie de Joshua, un jeune garçon solitaire dont la mère est paralysée.
"C'est observer qui me plaît."
Sa vie va changer avec l'arrivée de ses nouveaux voisins, et plus particulièrement de leur fille Esther avec laquelle il se liera progressivement d'amitié. Il sera témoin de la violence de son père, des humiliations qu'elle subira à l'école, et ne pourra pas rester les bras croiser à ne rien faire.
Avec ce texte sensationnel qui entame le recueil, vous allez regarder le noir de très près. Avec vos tripes autant qu'avec vos yeux.
René Manzor lui nous parle de voyance ( ou de double vue ) dans son récit sobrement intitulé "Demain".
L'histoire commence par une course poursuite entre un tueur armé et Ganaëlle dont le seul objectif est de sauver sa fille, la petite Chance, au péril de sa propre vie.
Mission accomplie puisque la suite de l'histoire nous projettera dans un avenir où Chance, devenue diseuse de bonne aventure de pacotille, aura une horrible prédiction qui se réalise réellement.
Quel lien y a-t-il entre la tentative de meurtre dont elle a fait l'objet dans son enfance et ses dons prémonitoires ?
Pour le savoir à vous de lire ce mini-thriller qui va à cent à l'heure mais qui ne m'a pas profondément impacté.
Quelle sensibilité dans la plume de Johanna Gustawsson !
Ce qu'elle a cherché à mettre en avant c'est l'intensité et l'expression des regards.
Dans "Tout contre moi" l'amour et la haine semblent se confondre dans un couple qui s'est aimé dès ... le premier regard.
Ici les yeux sont des vecteurs d'émotions et d'expressions entre deux amants.
Mais quand on trahit ses promesses et son engagement, rien de surprenant à se retrouver le couteau sous la gorge.
Au sens littéral.
J'ai vraiment été subjugué par la plume magnifique, fine et féminine, de l'auteure de Mör. Et par le double effet kiss cool final.
Enfin, deux auteurs se sont intéressés aux visions, quand leurs narrateurs sont les seuls à voir quelque chose ou quelqu'un, comme un signe de lente plongée vers la folie.
Je passerai rapidement sur "Anaïs" de Fabrice Papillon auteur que je ne connaissais pas et qui ne m'a pas non plus donné envie de le faire plus ample connaissance.
Victime de ce qui semble être des visions, monsieur Darcy, professeur à l'université, semble être le seul à voir constamment son grand amour Anaïs. Elle ne disparaît que très rarement de son champ de vision et tout ce qu'il fait, y compris des choses pas très jolies jolies, il le fait pour elle et à travers elle.
Hallucination ou réalité ?
Et il ne me reste plus qu'à évoquer La tâche de Philip R... Non, de Gaëlle Perrin-Guillet pour celle-ci, pardonnez moi.
Tout comme Monsieur Darcy, Thomas est le seul à voir ... une petite tâche incrustée dans le mur de sa cuisine. Totalement indélébile.
Il a beau frotter, elle refuse de disparaître et se met à le hanter : Il ne voit plus qu'elle, il est obsédé par elle. D'autant qu'elle grossit telle une moisissure, ne cessant de s'étendre et d'avaler ses repères quotidiens.
Flirtant avec le fantastique, cette nouvelle à l'atmosphère inquiétante m'a rappelé les nouvelles que pouvaient rédiger des auteurs américains comme Robert Bloch, Richard Matheson ou Fredric Brown, dont j'étais extrêmement friand à l'époque.
Jusqu'à ce que la fin me ramène les deux pieds sur terre, ce qui a été une petite déception.
J'insisterais aussi sur les chutes : A chaque reprise l'auteur tente de nous mettre définitivement K.O. avec un dernier rebondissement, une ultime révélation amenant parfois à regarder autrement l'intégralité de la nouvelle.
Chaque auteur a rempli le cahier des charges en essayant tout au moins de nous surprendre.
Mais certains ont mis la barre très haut et m'ont laissé comme un con le cul par terre.
Olivier Norek, Johanna Gustawsson, le tandem infernal Giébel / Abel font partie de ceux là.
Ce sont d'ailleurs les trois nouvelles que j'ai préférées, la quatrième étant celle de la merveilleuse, magistrale, somptueuse et surdouée Amélie Antoine.
Et non, je n'ai pas du tout l'impression de me répéter !
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Giraud_mm
  14 octobre 2020
Comment résister à l'appel de la lecture quand Yvan Fauth, directeur de l'ouvrage, l'ouvre sur deux nouvelles, l'une de Olivier Norek (Regarder les voitures s'envoler), l'autre de Julie Ewa (Nuit d'acide), qu'un Stephen King ne renierait sans doute pas, suivies d'une troisième de Fred Marc (The Ox) qu'Agatha Christie aurait pu écrire...
Ça commence très fort ! Et ça continue un peu dans la même veine, bien qu'il y ait quelques textes que j'ai un peu moins appréciés.
Au final, un recueil que j'ai trouvé très intéressant beaucoup plus réussi que le précédent, Écouter le noir.
- J'ai beaucoup aimé : Regarder les voitures s'envoler de Olivier Norek ; Nuit d'acide de Julie Ewa ; The Ox de Fred Mars ; Demain de René Manzor ; Darkness de Barbara Abel et Karine Giebel ;
- J'ai bien aimé : Transparente de Amélie Antoine ; Anaïs de Fabrice Papillon ; Private eye de R. J. Ellory ;
- J'ai moins aimé : le mur de Claire Favan ; La tache de Gaëlle Perrin-Guillet ; Tout contre moi de Johana Gustawsson.
Lien : http://michelgiraud.fr/2020/..
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Stelphique
  11 juin 2020
Ce que j'ai ressenti:
▪️Et si vous alliez éveiller vos sens?
Douze auteurs et 11 nouvelles, n'est-il pas plus belle union que celle du Noir? Avec ce projet de rendre plus visible le pouvoir de la nouvelle, Yvan Fauth réuni les plus grands auteurs du polar contemporain et ça fait plaisir à voir, mais surtout à lire! Rien de moins que les Reines du Noir, les Chouchous et des surprises pétillantes pour illuminer nos yeux! Vous n'avez plus qu'à vous laissez guider par ces auteurs talentueux! Et vous verrez peut être que le sens de la vue peut inspirer jusqu'à l'extrême…Alors prêts pour Regarder le Noir?
▪️Regarder…
D'une manière générale, ce sens en particulier, englobe beaucoup de peurs et c'est ce qui fait l'originalité de ce recueil, il y avait de la matière brute pour nous donner le frisson! Chacun de ces auteurs nous en donne une version efficace et effrayante à leur manière. Aucune ne se ressemble et on voit bien que les yeux font partie de l'univers du Noir. Dans le noir, on peut voir et être vu. Dans le noir, on peut prêter, donner, arracher, détruire les yeux…Voyez donc jusqu'où vous pourrez supporter de Regarder dans le noir…Mettez un peu d'acide, de fourmis rouges, quelques frustrations, un peu d'obsession, des idées de vengeances, une tâche récalcitrante et des murs et Regarder vraiment dans les yeux, le Noir…J'en reviens personnellement époustouflée et plus qu'à jamais attachée à ce sens!
▪️Frissonner…
J'ai adoré! Vraiment un recueil fascinant, avec ce condensé d'histoires étonnantes, il m'a captivée. J'ai eu plaisir à découvrir ou redécouvrir les plumes du Noir…Évidemment, que j'ai eu mes préférences pour certaines mais toutes donnent une sensation qu'on a du mal à se défaire même le livre refermé! C'est dire le pouvoir de ces 11 nouvelles! Bravo à tous!!!!!
Alors laquelle, vous fera frissonner le plus?!
Lien : https://fairystelphique.word..
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   19 septembre 2021
Parce qu’Hélène est toujours, quoiqu’il arrive, polie. Calme, mesurée, aimable. Certains diraient transparente, sans doute.
Alors elle préfère faire le dos rond, courber l’échine, taire son amertume et sa déception, quand bien même elle sent une lassitude de plus en plus profonde s’emparer d’elle comme si de gigantesques tentacules l’enserraient sournoisement.
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collectifpolarcollectifpolar   19 septembre 2021
Des guerres ont éclaté sur tout le globe pour déterminer qui possèderait les terres encore disponibles, les ressources agricoles restantes et les femelles. Car l’homme est ainsi fait : confronté à la menace de sa propre extinction, il garde toujours à l’esprit la notion de pouvoir et de profits. Durant ces conflits, la population mondiale a drastiquement chuté, passant à deux milliards d’individus en l’espace d’une vingtaine d’années, à peine.
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collectifpolarcollectifpolar   19 septembre 2021
Les sensations demeureront pures, exemptes de tout a priori. Beaux et laids, jeunes et vieux, riches ou pauvres, tous plongés dans un même bain de jouissance.
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shirley230173shirley230173   19 septembre 2020
La nouvelle est un style tout particulier, casse-gueule dirons-nous, car l'auteur n'a que quelques pages pour nous faire entrer dans son univers, nous faire ressentir ou pas de l'empathie pour ces personnages, nous faire adhérer à l'histoire.
Il en faut du talent pour y arriver et cette édition 2020 est pour moi encore meilleure que celle de 2019, ce n'est pas peu dire.
Bravo à l'ami Yvan Fauth​​ qui cette année encore a regroupé tant d'auteurs de qualité autour d'un même thème 👏

On pourrait croire que regarder ou pas,

Dans les nouvelles d'O.Norek et de B.Abel/K.Giebel, on retrouvera l'empreinte de la petite enfance sur le comportement déviant de certains avec un cynisme avéré chez Olivier et une tristesse et une souffrance de tous les instants chez Barbara et Karine.

J'ai découvert et apprécié la plume de Julie Ewa, de Fabrice Papillon et de Gaelle Perrrin dont les nouvelles m'ont fortement perturbée avec ce sujet des enfants aveuglés à des fins pécuniaires pour Eva, de la schizophrénie pour Fabrice et de la dépression pour Gaelle.
Leur récit à tous 3 me donnent envie de les découvrir plus avant.
Fred Mars​​ quant à lui, après nous avoir emmené sur la banquise avec son Groenlandais Qaanaac, nous réchauffe ici les sens dans ce lieu plus "dark" que Dark où tout le monde s'envoie en l'air à l'aveugle... Glauque à souhait 😉

Claire ​​Favan et Amélie Antoine, nous rappelle à l'ordre avec pour l'une le fait que l'aveuglement peut aussi se conjuguer au figuré et que tous nos choix ont des conséquences et peuvent faire basculer notre vie...
Et pour l'autre, toujours à fleur de peau
"oh combien" on a tous et toutes besoin d'un minimum d'attention de la part des autres et à quels drames, l'indifférence peuvent parfois conduire.

Ravie aussi de retrouver la plume de René Manzor​​ qui nous emmène dans les tréfonds de l'âme avec cette petite fille, Chance, torturée par sa petite enfance et dont les "séquelles" s'exposent à elle sous forme de voyance...

Une fin non attendue pour le très bon RJ Ellory et bouquet final pour Johana dont j'ai adoré la plume et la nouvelle, comme d'hab, et son hymne à l'amour, même dans sa différence.

Je vous conseille vivement ce tome 2 et j'ose espérer que 2021 verra paraître son Troisième sens... "Sentir le Noir" "Toucher le Noir" ou encore "Goûter le Noir", on a le choix et je me réjouis d'être au RDV 😉
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PillyPilly   15 juin 2020
Ma cécité m'a apporté d'autres sensations, d'autres émotions. Peut-être aussi moins de questions et plus d'évidence. J'ai appris à me déplacer dans un monde qui se dérobait à moi mais je pouvais dorénavant colorer à ma guise. Et l'improbable s'est produit : je suis devenue heureuse. Je dis bien "devenue", et non "redevenue". Alors qu'auparavant, j'étais méfiante et vindicative, pour la première fois de ma vie, j'ai "vu" les choses sous un angle différent.
Comme si je mesurais désormais la chance inouïe d'être là.
Juste là.
Simplement là.
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Les invités de C à vous la suite : Amélie Nothomb et Pierre Niney - C à Vous - 07/09/2021
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