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EAN : 9782714493453
288 pages
Éditeur : Belfond (11/06/2020)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 58 notes)
Résumé :
LES GRANDS NOMS DU THRILLER METTENT NOS SENS EN EVEIL
Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.
Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d'ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétati... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  30 juillet 2020

Second recueil de nouvelles dirigé par Yvan Fauth, Regarder le noir fait suite en quelque sorte à Ecouter le noir en y variant les auteurs ... et les plaisirs.
Y aura-t-il ensuite sentir le noir, toucher le noir et goûter le noir afin de poursuivre l'exploration des cinq sens ?
L'aspect un peu commercial de ce second volume m'a d'abord un peu rebuté ... Mais ça n'était pas le cas de la majorité des auteurs présents au sommaire alors j'ai fini par me laisser tenter.
Avec un thème imposé autour de la vision, je m'attendais à ce que chaque auteur ou presque évoque la cécité. Si je devais perdre l'un de mes cinq sens, devenir aveugle serait incontestablement le pire des châtiments.
Heureusement, les écrivains à l'honneur dans ce recueil ont beaucoup plus d'imagination et la vue, le regard, offrent des possibilités tellement nombreuses au final qu'aucun de ces courts récits n'est redondant.
Petite pensée pour Ingrid Desjours qui évoquait la cécité de conversion dans son dernier roman adulte, La prunelle de ses yeux, qui remonte déjà à presque trois ans.

Ils sont quand même quelques uns à avoir rédigé un texte autour de l'aveuglement, majoritairement des femmes, à l'instar des deux compères Karine Giébel et Barbara Abel, qui avaient déjà écrit à quatre mains dans le précédent recueil.
Elles clôturent le livre avec "Darkness", nouvelle dans laquelle le capitaine Jérôme Dumas doit enquêter sur une terrible agression : La victime, Hélène Queyllaire, a vu ses yeux se désintégrer de la pire façon qui soit. A l'aide d'un compte-gouttes, son bourreau lui a versé de la soude caustique vingt-quatre durant sur les cornées.
Et pourtant, Hélène se refuse à parler de son calvaire, à identifier celui ou celle qui a commis cette abomination, murée dans un silence presque bienveillant.
En dépit de son horreur apparente, "Darkness" se révèle être une histoire pleine de sensibilité, où le lecteur cherche à faire le lien avec le passé de la jeune Diana, abandonnée peu après la naissance, et la mutilation subie par Hélène, jeune femme d'une vingtaine d'années. Bien malin sera celui qui fera le lien entre les deux histoires avant les dernières lignes, venant éclairer ces ténèbres de façon aussi sublimes que glaçantes.
Julie Ewa également parle de cécité dans "Nuit d'acide", cette fois avec un texte qui se passe au Bengladesh.
Les yeux du jeune Sabbir, enlevé dans la mangrove, seront aspergés d'acide. Arraché à sa famille, il ne devient plus qu'un objet d'enrichissement pour ses tortionnaires, au même titre que le jeune Namur qui lui apprendra à surmonter son handicap et à mendier, tout comme leurs quatre compagnons de cellule. Chaque jour, ils doivent arpenter les rues du marché et ramener l'argent que les touristes auront bien voulu leur confier. Avec pour promesse de retrouver la vue un jour.
Sanjana, policière désireuse de mettre fin à ce trafic d'êtres humains, sera-t-elle le dernier espoir de Sabbir ?
Julie Ewa nous signe ici une histoire d'autant plus douloureuse qu'elle est inspirée de faits réels. Même en France les personnes mutilées sont regroupées sous l'égide de mêmes truands puis dispatchés notamment dans les rues et métros parisiens, exposant leurs membres amputés pour collecter un maximum d'argent en faisant appel à la pitié des passants.
Y a-t-il plus horrible dans ce monde pourtant moderne que de mutiler volontairement un enfant pour pouvoir ensuite s'enrichir sur son dos ?
Il vous faudra arriver aux dernières lignes de "Nuit d'acide" pour le savoir.
Des aveugles, il y en a également dans "Le mur" de Claire Favan, qui a écrit ici une histoire d'anticipation très éloignée de son registre habituel. Pas de tueurs en série cette fois mais un univers futuriste dans lequel les icebergs ont fondu et ont libéré le méthane stocké sous les banquises.
Et vous connaissez l'effet du méthane sur les yeux ? Il provoque de graves lésions.
Le dernier bastion de vie sur terre est donc un porte-conteneur, du nom de Havanay Bay. Les autres bateaux ont fini par sombrer au fond de l'océan unique qui recouvre désormais en totalité la planète.
Et dans ce monde avec de l'eau à perte de vue, qui n'est pas sans rappeler "Juste après la vague" de Sandrine Collette, continuer à voir est devenu le bien le plus précieux.
"La chaîne de commandement repose sur le champ visuel."
En effet, au royaume des aveugles les borgnes sont rois.
Et chacun voit un rôle lui être atribué en fonction de son acuité visuelle, de 0% pour les non voyants à 80% pour le capitaine du navire.
Pour être franc malgré son originalité et son fort message écologique, Claire Favan n'a pas réussi à m'embarquer dans sa vision du futur, et même si j'adore cette auteure je suis resté à quai cette fois.
Trop insensé, trop mièvre, final trop attendu ...
Fred Mars mélange quant à lui le thème du regard sous différents aspects dans "The Ox".
L'un d'eux étant la partouze à l'aveugle. Un concept intéressant.
"Le libertinage à l'aveugle, les corps plongés dans une obscurité totale."
"Seulement un amas de chairs gémissantes qui se mêle au néant."
La beauté et la jeunesse n'importent plus dans un tel contexte où on caresse tout ce qui se présente à nous, où on jouit d'un corps à l'autre.
Les rouages de ce club très select vont cependant être mis à mal avec la découverte d'un cadavre suite à l'une de ces soirées de débauche.
Les inspecteurs en charge de l'enquête ont deux témoins : L'un des participants ainsi que l'homme d'entretien malvoyant.
Parviendront-ils à éclairer les circonstances du crime et l'identité du coupable ?
"The Ox" est une nouvelle policière plutôt originale du début à la fin.
Toute ressemblance avec un personnage existant réellement ne serait pas fortuite.
Mais le regard, c'est aussi le regard des autres. C'est être vu par d'autres yeux.
Ou ne pas être vue dans le cas d'Hélène, dans la nouvelle "Transparente" d'Amélie Antoine. La merveilleuse, magistrale, somptueuse et surdouée Amélie Antoine ( pour ceux qui en douteraient, les émotions dégagées par sa plume unique me transcendent à chaque fois ).
Hélène est de ces madame tout-le-monde relativement effacée. Comme un mantra, il est sans cesse rappelé au lecteur :
"Mais Hélène est toujours polie. Calme, mesurée, aimable. Certains diraient même transparente."
Et cette employée de la Caf, quarante ans, divorcée, va enfin OSER le changement. Comme le symbole de la reprise en main d'une vie trop terne.
Un très léger changement.
Une simple teinture pour cacher ses premiers cheveux gris. Un premier pas vers de nouveaux horizons.
Un tout petit effort pour enfin être vue, pour que son entourage la remarque.
Restera-t-elle invisible ou finira-t-elle par être regardée par ses collègues, ses amies, sa fille, son compagnon ?
Quelles souffrances endure-t-elle en secret ?
Sans surprise, la merveilleuse, magistrale, somptueuse et surdouée Amélie Antoine signe avec "Transparente" l'une des meilleures nouvelles du recueil, tout en sensibilité et subtilité. Son répertoire habituel la situe quelque part entre le thriller psychologique et la littérature générale, mais elle trouve incontestablement sa place parmi les meilleurs auteurs du noir au cas présent.
R.J. Ellory et Olivier Norek se sont tous les deux intéressé à l'observation.
L'auteur britannique met en effet en scène dans "Private eye" un journaliste du nom de Rayond White, dont le métier même consiste à observer, et dévoiler par ses scoops la laideur des hommes, les complots, les mensonges.
Il se rendra compte très vite qu'il est lui même épié, très maladroitement, par un même individu. Qu'il se met à surveiller à son tour.
Qui est le suivi, qui est le suiveur ?
Pourquoi Raymond est-il ainsi guetté ?
Une question qui l'obsède de plus en plus. Ou est-il juste paranoïaque ?
Nouvelle un peu longue à la fin attendue, "Private eye" se laisse néanmoins lire avec plaisir.
Et Olivier Norek lui m'a mis une claque.
Non, rectification, il m'en a mis deux en fait. Voire trois.
Sans trop en dire pour ne pas vous gâcher les petites surprises concoctées par l'auteur d'Entre deux mondes, "Regarder les voitures s'envoler" nous raconte la vie de Joshua, un jeune garçon solitaire dont la mère est paralysée.
"C'est observer qui me plaît."
Sa vie va changer avec l'arrivée de ses nouveaux voisins, et plus particulièrement de leur fille Esther avec laquelle il se liera progressivement d'amitié. Il sera témoin de la violence de son père, des humiliations qu'elle subira à l'école, et ne pourra pas rester les bras croiser à ne rien faire.
Avec ce texte sensationnel qui entame le recueil, vous allez regarder le noir de très près. Avec vos tripes autant qu'avec vos yeux.
René Manzor lui nous parle de voyance ( ou de double vue ) dans son récit sobrement intitulé "Demain".
L'histoire commence par une course poursuite entre un tueur armé et Ganaëlle dont le seul objectif est de sauver sa fille, la petite Chance, au péril de sa propre vie.
Mission accomplie puisque la suite de l'histoire nous projettera dans un avenir où Chance, devenue diseuse de bonne aventure de pacotille, aura une horrible prédiction qui se réalise réellement.
Quel lien y a-t-il entre la tentative de meurtre dont elle a fait l'objet dans son enfance et ses dons prémonitoires ?
Pour le savoir à vous de lire ce mini-thriller qui va à cent à l'heure mais qui ne m'a pas profondément impacté.
Quelle sensibilité dans la plume de Johanna Gustawsson !
Ce qu'elle a cherché à mettre en avant c'est l'intensité et l'expression des regards.
Dans "Tout contre moi" l'amour et la haine semblent se confondre dans un couple qui s'est aimé dès ... le premier regard.
Ici les yeux sont des vecteurs d'émotions et d'expressions entre deux amants.
Mais quand on trahit ses promesses et son engagement, rien de surprenant à se retrouver le couteau sous la gorge.
Au sens littéral.
J'ai vraiment été subjugué par la plume magnifique, fine et féminine, de l'auteure de Mör. Et par le double effet kiss cool final.
Enfin, deux auteurs se sont intéressés aux visions, quand leurs narrateurs sont les seuls à voir quelque chose ou quelqu'un, comme un signe de lente plongée vers la folie.
Je passerai rapidement sur "Anaïs" de Fabrice Papillon auteur que je ne connaissais pas et qui ne m'a pas non plus donné envie de le faire plus ample connaissance.
Victime de ce qui semble être des visions, monsieur Darcy, professeur à l'université, semble être le seul à voir constamment son grand amour Anaïs. Elle ne disparaît que très rarement de son champ de vision et tout ce qu'il fait, y compris des choses pas très jolies jolies, il le fait pour elle et à travers elle.
Hallucination ou réalité ?
Et il ne me reste plus qu'à évoquer La tâche de Philip R... Non, de Gaëlle Perrin-Guillet pour celle-ci, pardonnez moi.
Tout comme Monsieur Darcy, Thomas est le seul à voir ... une petite tâche incrustée dans le mur de sa cuisine. Totalement indélébile.
Il a beau frotter, elle refuse de disparaître et se met à le hanter : Il ne voit plus qu'elle, il est obsédé par elle. D'autant qu'elle grossit telle une moisissure, ne cessant de s'étendre et d'avaler ses repères quotidiens.
Flirtant avec le fantastique, cette nouvelle à l'atmosphère inquiétante m'a rappelé les nouvelles que pouvaient rédiger des auteurs américains comme Robert Bloch, Richard Matheson ou Fredric Brown, dont j'étais extrêmement friand à l'époque.
Jusqu'à ce que la fin me ramène les deux pieds sur terre, ce qui a été une petite déception.
J'insisterais aussi sur les chutes : A chaque reprise l'auteur tente de nous mettre définitivement K.O. avec un dernier rebondissement, une ultime révélation amenant parfois à regarder autrement l'intégralité de la nouvelle.
Chaque auteur a rempli le cahier des charges en essayant tout au moins de nous surprendre.
Mais certains ont mis la barre très haut et m'ont laissé comme un con le cul par terre.
Olivier Norek, Johanna Gustawsson, le tandem infernal Giébel / Abel font partie de ceux là.
Ce sont d'ailleurs les trois nouvelles que j'ai préférées, la quatrième étant celle de la merveilleuse, magistrale, somptueuse et surdouée Amélie Antoine.
Et non, je n'ai pas du tout l'impression de me répéter !
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Stelphique
  11 juin 2020
Ce que j'ai ressenti:
▪️Et si vous alliez éveiller vos sens?
Douze auteurs et 11 nouvelles, n'est-il pas plus belle union que celle du Noir? Avec ce projet de rendre plus visible le pouvoir de la nouvelle, Yvan Fauth réuni les plus grands auteurs du polar contemporain et ça fait plaisir à voir, mais surtout à lire! Rien de moins que les Reines du Noir, les Chouchous et des surprises pétillantes pour illuminer nos yeux! Vous n'avez plus qu'à vous laissez guider par ces auteurs talentueux! Et vous verrez peut être que le sens de la vue peut inspirer jusqu'à l'extrême…Alors prêts pour Regarder le Noir?
▪️Regarder…
D'une manière générale, ce sens en particulier, englobe beaucoup de peurs et c'est ce qui fait l'originalité de ce recueil, il y avait de la matière brute pour nous donner le frisson! Chacun de ces auteurs nous en donne une version efficace et effrayante à leur manière. Aucune ne se ressemble et on voit bien que les yeux font partie de l'univers du Noir. Dans le noir, on peut voir et être vu. Dans le noir, on peut prêter, donner, arracher, détruire les yeux…Voyez donc jusqu'où vous pourrez supporter de Regarder dans le noir…Mettez un peu d'acide, de fourmis rouges, quelques frustrations, un peu d'obsession, des idées de vengeances, une tâche récalcitrante et des murs et Regarder vraiment dans les yeux, le Noir…J'en reviens personnellement époustouflée et plus qu'à jamais attachée à ce sens!
▪️Frissonner…
J'ai adoré! Vraiment un recueil fascinant, avec ce condensé d'histoires étonnantes, il m'a captivée. J'ai eu plaisir à découvrir ou redécouvrir les plumes du Noir…Évidemment, que j'ai eu mes préférences pour certaines mais toutes donnent une sensation qu'on a du mal à se défaire même le livre refermé! C'est dire le pouvoir de ces 11 nouvelles! Bravo à tous!!!!!
Alors laquelle, vous fera frissonner le plus?!
Lien : https://fairystelphique.word..
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isabelleisapure
  19 juillet 2020
Onze nouvelles, onze occasions de déguster l'écriture des auteurs qu'on connaît déjà et de goûter le style de ceux qu'on n'a pas encore eu l'occasion ou l'envie de lire…
La vue est le thème de ce recueil et chaque auteur la décline évidemment à sa manière et l'ensemble se trouve, de ce fait, extrêmement varié. Souvent cruelles, ces histoires font frémir, émeuvent, font carrément peur pour certaines.
Mais trembler, sous certaines plumes talentueuses est pour moi un réel plaisir.

Raconter des histoires passionnantes en si peu de pages est un exercice qui à mon sens demande une réelle maîtrise. Il est essentiel d'appâter le lecteur dès les premières lignes sans trop en dire, pour laisser place à l'essentiel.
Béatrix Beck en a donné une magistrale définition :
« Michel-Ange disait qu'en enlevant d'un bloc de marbre le trop, le résultat était une statue. En enlevant d'un brouillon le trop, l'inutile, le non-indispensable, le résultat est une nouvelle. »
Un grand merci à NetGallet et aux Editions Belfond.
#Regrderlenoir #NetGalleyFrance
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Zazaboum
  26 juin 2020
Je ne suis pas une habituée des nouvelles et c'est même la première fois que je lis un recueil de thrillers, avec une majorité d'auteurs que je n'ai jamais lu.
Dans celui-ci il y a 11 nouvelles par 12 auteurs, plus noires les unes que les autres ! Etonnant non ?
A moins de divulguer il est difficile de faire des critiques sur des textes courts tout comme il est difficile d'apprécier la qualité d'écriture de l'auteur alors je vais prendre les nouvelles dans l'ordre d'impression et pour chaque noter la première chose qui m'est venue à l'esprit pendant ou après la lecture et une note, tant il y a différents ressentis.
« Regarder les voitures s'envoler » - Olivier Norek : Ah carrément ? Bêtasse, tu aurais pu voir venir !! 5★
« Nuit d'acide » - Julie Ewa : Pourquoi eux ? 4★
« The Ox » - Fred Mars : Monochrome. 4★
« le Mur » - Claire Favan : A notre avenir ! 5★
« Demain » - René Manzor : Et si c'était vrai ? 4★
« Transparente » - Amélie Antoine : Pauvre de toi ! 3★
« Anaïs » - Fabrice Papillon : Je suis restée totalement hermétique, pas d'avis, pas de note !
« La tache » - Gaëlle Perrin-Guillet : Bien vu ! 3,5★
« Private eye » - J.R. Ellory : Messager du noir. 3,5★
« Tout contre moi » - Johanna Gustawson : Mensonge 3★
« Darkness » - Barbara Abel et Karine Giebel : En double 5★
Les nouvelles ne sont pas d'une lecture évidente et encore moins quand l'auteur change pour chacune, mais l'expérience m'a plu et c'est un bon moment de découverte que je renouvellerais.
Merci à NetGalley France et aux Editions Belfond.
CHALLENGE MAUVAIS GENRE 2020
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belette2911
  12 juillet 2020
Les auteurs qui écrivent des nouvelles dansent sur une corde raide car l'exercice n'est jamais facile.
Le format de la nouvelle est frustrant et les lecteurs en voudraient toujours plus.
Il faut donc, en peu de pages, présenter, développer et finir son histoire, si possible sur un twist qui glace ou fige ses lecteurs.
Ma lecture précédente, "De mort lente" de Michaël Mention m'avait glacée jusqu'aux os et j'aurais peut-être dû lire un ancien "Oui-Oui va à la plage" avant d'ouvrir ce recueil de nouvelles Noires parce que l'histoire qui ouvre le bal (Regarder les voitures s'envoler), écrite par Olivier Norek, m'a retournée les tripes, glacée d'effroi et figée, le livre en main.
Monsieur Norek, il faudra un jour qu'on parle de cette sale habitude que vous avez prise avec les chats. Un félin vous aurait-il pissé dessus que vous les assassiniez de si cruelle manière dans vos récits ?? Dans ma kill-list, vous êtes en fluo, maintenant ! Mais je saurai reconnaître que votre histoire ne m'a pas frustrée car elle a un début, un développement et une fin excellente.
Déjà bien ébranlée, je me suis faite de nouveau secouer par l'histoire de Julie Ewa (Nuit d'acide)… J'avais vu venir le final, mais jusqu'au bout, j'avais espéré m'être trompée… Hélas, mon cynisme m'avait fait deviner juste et comme ceci n'est pas un recueil de nouvelles Bisounours, on va oublier les happy end qui seraient des plus malvenus.
Ma petite incursion dans une boîte de libertinage m'a fait sourire. Fred Mars nous offre une douceur bienvenue avec The Ox. Rassurez-vous, il y a du sang, un meurtre horrible mais à la fin, on a un grand sourire. Claire Favan, quant à elle, m'a surprise dans un univers où je ne l'attendais pas… le post-apocalyptique.
Pour les autres nouvelles, si le noir est omniprésent, elles étaient moins glaçantes que les deux premières. L'art de la nouvelle étant dans la chute, les auteur(e)s ne se sont pas privés pour nous faire tomber, parfois de haut et toujours en traître. En littérature, c'est un sentiment puissant qu'on aime ressentir, qu'on recherche.
Mention spéciale à la nouvelle de Johana Gustawsson qui m'a prise par surprise, encore plus en traître. Je n'ai pas vu venir le coup… Joli ! Inattendu. À tel point que je l'ai relue pour voir si j'avais raté quelque chose dans le texte. Je n'avais rien raté mais on m'a fait voir ce que l'on voulait que je voie…
Autre mention aussi à la nouvelle écrite par Barbara Abel et Karine Giebel car je me suis creusée les méninges comme une folle pour tenter de trouver la solution et, si à un moment, un sourire béat s'est affiché sur ma face car "Héhéhé, mesdames, j'ai trouvé" et bien en fait, non, je n'avais rien capté et je me suis faite tacler une fois de plus. C'était vachard mais j'en reprendrais bien un peu.
Ellory, c'est toujours mon Amérique à moi, même s'il est Anglais. Vicieuse, sa nouvelle et même si j'ai senti venir l'oignon, ce fut un régal à lire.
Des nouvelles glaçantes, noires, où la vision est à l'honneur, même si, les auteur(e)s ne se priveront pas de jouer avec votre vue et de vous faire voir, grâce à leur écriture, leurs mots, leur manière de raconter les histoires, ce qu'ils/elles veulent que vous voyiez, vous masquant la pointe effilée de la face cachée de l'iceberg, celui qui vous fera trébucher ou qui vous déchirera les entrailles.
Des histoires qui taclent. Préparez-vous à chuter, victime d'un coup en schmet (en traître) que vous n'aurez pas vu venir car ici, tout le monde se coupe en quatre pour vous brouiller la vue et jouer avec elle.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
shirley230173shirley230173   19 septembre 2020
La nouvelle est un style tout particulier, casse-gueule dirons-nous, car l'auteur n'a que quelques pages pour nous faire entrer dans son univers, nous faire ressentir ou pas de l'empathie pour ces personnages, nous faire adhérer à l'histoire.
Il en faut du talent pour y arriver et cette édition 2020 est pour moi encore meilleure que celle de 2019, ce n'est pas peu dire.
Bravo à l'ami Yvan Fauth​​ qui cette année encore a regroupé tant d'auteurs de qualité autour d'un même thème 👏

On pourrait croire que regarder ou pas,

Dans les nouvelles d'O.Norek et de B.Abel/K.Giebel, on retrouvera l'empreinte de la petite enfance sur le comportement déviant de certains avec un cynisme avéré chez Olivier et une tristesse et une souffrance de tous les instants chez Barbara et Karine.

J'ai découvert et apprécié la plume de Julie Ewa, de Fabrice Papillon et de Gaelle Perrrin dont les nouvelles m'ont fortement perturbée avec ce sujet des enfants aveuglés à des fins pécuniaires pour Eva, de la schizophrénie pour Fabrice et de la dépression pour Gaelle.
Leur récit à tous 3 me donnent envie de les découvrir plus avant.
Fred Mars​​ quant à lui, après nous avoir emmené sur la banquise avec son Groenlandais Qaanaac, nous réchauffe ici les sens dans ce lieu plus "dark" que Dark où tout le monde s'envoie en l'air à l'aveugle... Glauque à souhait 😉

Claire ​​Favan et Amélie Antoine, nous rappelle à l'ordre avec pour l'une le fait que l'aveuglement peut aussi se conjuguer au figuré et que tous nos choix ont des conséquences et peuvent faire basculer notre vie...
Et pour l'autre, toujours à fleur de peau
"oh combien" on a tous et toutes besoin d'un minimum d'attention de la part des autres et à quels drames, l'indifférence peuvent parfois conduire.

Ravie aussi de retrouver la plume de René Manzor​​ qui nous emmène dans les tréfonds de l'âme avec cette petite fille, Chance, torturée par sa petite enfance et dont les "séquelles" s'exposent à elle sous forme de voyance...

Une fin non attendue pour le très bon RJ Ellory et bouquet final pour Johana dont j'ai adoré la plume et la nouvelle, comme d'hab, et son hymne à l'amour, même dans sa différence.

Je vous conseille vivement ce tome 2 et j'ose espérer que 2021 verra paraître son Troisième sens... "Sentir le Noir" "Toucher le Noir" ou encore "Goûter le Noir", on a le choix et je me réjouis d'être au RDV 😉
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PillyPilly   15 juin 2020
Ma cécité m'a apporté d'autres sensations, d'autres émotions. Peut-être aussi moins de questions et plus d'évidence. J'ai appris à me déplacer dans un monde qui se dérobait à moi mais je pouvais dorénavant colorer à ma guise. Et l'improbable s'est produit : je suis devenue heureuse. Je dis bien "devenue", et non "redevenue". Alors qu'auparavant, j'étais méfiante et vindicative, pour la première fois de ma vie, j'ai "vu" les choses sous un angle différent.
Comme si je mesurais désormais la chance inouïe d'être là.
Juste là.
Simplement là.
+ Lire la suite
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PillyPilly   15 juin 2020
Et dire qu'il s'est permis de juger les humains d'avant ! Il les a maudits pour leur aveuglément, leur égoïsme et leur bêtise. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi ces gens qui ont vu le mur arriver droit sur eux n'ont pas été capables d'inverser la vapeur.
Face à ses propres erreurs, il mesure leur impuissance. Individuellement, ils ont sans doute pensé qu'ils ne pouvaient rien faire, alors que des pays et des industriels ne respectaient rien, pas même la vie, au nom du pouvoir et de l'argent. Trier ses ordures, acheter plus propre et plus sain... La belle affaire quand tout se détraque autour de vous et que chaque événement accélère encore la chute.
Confronté aux conséquences de son aveuglement, il devine leur éco-anxiété, ce poids de l'inéluctable pesant sur leurs épaules.
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PillyPilly   15 juin 2020
- La glande pinéale. C'est une glande endocrine du cerveau, précisa le médecin. Elle se trouve juste derrière le front.(...)
Pour Descartes, elle était le siège de l'âme. (...)
Cette zone du cerveau gère la pensée intuitive. Un mode de fonctionnement qui est encore une énigme pour la science, car il ne se sert ni de la logique ni de l'analyse. Seulement de sensations, d'intuitions. On appelle parfois cette glande le "troisième œil atrophié".
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Amnezik666Amnezik666   10 juin 2020
Elle estimait que tomber amoureux était à la fois un acte du présent et de l’avenir. On tombait amoureux de la personne devant soi, mais aussi de celle qu’on pensait qu’elle deviendrait peut-être. Évidemment, parfois, on ne devenait pas cette personne. Parfois, on devenait meilleur. Mais la plupart du temps on ne changeait pas. Rarement, peut-être, mais presque inévitablement, on devenait quelqu’un de pire. C’était alors que l’amour était mis au défi. C’était alors que la dévotion et le devoir remplaçaient le désir.
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