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La maison des jeux tome 2 sur 3

Aurélien Police (Autre)Michel Pagel (Traducteur)
EAN : 9782381630571
200 pages
Le Bélial' (22/09/2022)
4.24/5   207 notes
Résumé :
Depuis des siècles, il existe un établissement mystérieux connu sous le nom de Maison des Jeux. Un établissement qui accueille deux loges. Dans la basse, des fortunes se font et se défont face à un échiquier, devant une table de backgammon ou n'importe quel autre jeu. Ceux que favorisent la chance ou le talent sont parfois invités à concourir dans la haute loge... Là, le jeu se déroule à l'échelle d'un pays, les pièces du plateau sont de véritables individus, les ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
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Prenez garde à ce que vous acceptez lorsque vous êtes totalement ivre…

Nous voilà de nouveau debout devant les portes de la Maison des jeux. Pas celle de Venise que nous avions quitté au tome 1, non. La Maison des jeux d'une autre ville, à une autre époque. Pourtant ce sont les mêmes portes d'argent derrière lesquelles, à l'intérieur, les murs, épais, étouffent les bruits extérieurs de la ville et la lumière tamisée éloigne l'idée que nous pouvons nous faire d'un vulgaire tripot. Nous tombons également immédiatement sur les joueurs de la Basse Loge qui se défient pour de l'or, du temps, des faveurs et des secrets. Gare à celles et ceux qui vont trop parier, trop perdre, ils deviendront alors des pièces. Oui, des pièces des différents jeux qui se jouent à la Haute Loge, séparée de la première par une double porte d'argent sur les panneaux desquelles rugissent des lions. Ici se trouvent les vrais joueurs, « hommes et femmes qui savent que le monde est un plateau », de rares élus. Nous allons assister de nouveau à une partie entre deux membres de la Haute Loge où tout peut être misé, vraiment tout… « Enjeux de vie et de sang, de vue et d'âme », l'amour d'une femme, le gout pour les fraises, une maladie, la mémoire…

La jeune britannique Claire North a troqué la mystérieuse et brumeuse Venise pour l'exotique et chaude Bangkok, l'année 1610 pour l'année 1938, le jeu d'échec pour une partie de cache-cache. Une simple partie de cache-cache me diriez-vous, beaucoup moins ambitieuse et passionnante que le roi des jeux…pas si simple que ça en réalité, une partie de cache-cache effrénée que Rémy Burke a accepté une nuit, complètement ivre, le défi ayant été lancé par un certain Abhik Lee, joueur réputé et redouté. le plateau du jeu : la Thaïlande toute entière. Celui qui cherche l'autre le plus longtemps a gagné. Les gains mis en jeu sont énormes : Si Rémy Burke gagne, il gagne 20 ans de vie et si Abhik Lee gagne il vole tous les souvenirs de Rémy qui deviendrait alors totalement amnésique.
Il va s'avérer que la partie est inégale, notamment en termes de pièces maitresse mises à la disposition de chacun des joueurs, alors que les enjeux sont énormes, à se demander d'ailleurs si la Maison des jeux gagnerait quelque chose à la défaite de Rémy Burke…Rémy va s'avérer être le plus faible a priori des deux, handicapé par le fait d'être un Anglo-français d'un mètre quatre-vingt donc repérable immédiatement dans ce pays, et la partie va lui être très éprouvante. Dans l'épreuve il va ainsi être capable de choses incroyables, transformant son errance en pèlerinage, apprenant beaucoup sur lui, ce qui donne au récit un chemin étonnamment philosophique.

« Comment pouvez-vous être en pèlerinage si vous n'êtes pas un saint homme ? – Selon moi, les pèlerinages ont pour but de rendre les hommes saint ».

Cette partie de cache-cache sur tout le territoire de la Thaïlande est l'occasion pour l'auteure de déployer ses talents de conteuse et de nous offrir des peintures magnifiques. le dépaysement est total, la poésie des descriptions envoutante. La Venise avait été mise à l'honneur dans le tome 1, ses ruelles embrumées, ses effluves de marais, ses canaux mystérieux avaient été l'échiquier du jeu…Ici nous côtoyons la flamboyance des villes, mélanges cosmopolites de cabanes en bois fragiles, de longues barques vermoulues, de grandes ambassades et de manoirs européens, d'antiques temples, de sanctuaires bouddhistes, avec la nature luxuriante de la campagne siamoise remplie de rochers et de palmiers aux feuilles tombantes dont les couleurs se font plus vives à la saison des pluies. Lieux urbains et lieux sauvages où trouver des cachettes mais où laisser des traces aussi. Nous palpitons avec Rémy, souffrons avec lui, avons peur pour lui…d'autant plus qu'il rencontre de multiples personnages dont nous ne savons jamais s'il faut se méfier ou pas, des personnages pour certains inoubliables que Clara North décrit avec humanité.

« Un vieillard approche. Presque aussi mince et fibreux que le bâton sur lequel il s'appuie, la peau comme de l'écorce, les cheveux comme des toiles d'araignée ».

De nouveau le narrateur - qui est-il d'ailleurs ? - nous interpelle, nous prend à témoin, nous rendant plus observateur que lecteur, nous plongeant dans le décor, nous mettant même parfois dans la connivence, complice de ce qui se noue au sein même du récit.

« Jetterons-nous un coup d'oeil en douce ? Oh, très bien, allons-y. Regardons les cartes de la main d'Abhik. Ouvrant délicatement la poche de sa veste tandis que d'autres tâches l'occupent, nous y glissons les doigts pour saisir l'étui à cigarettes en argent où il les a si discrètement rangées, et que nous sortons pour en feuilleter le contenu. Mon dieu…mon dieu, mon dieu ! Quelle main lui a été distribuée ! ».

Ce tome 2 nous fait également mordre dans une tranche d'histoire, celle de ce territoire convoité par différents empires coloniaux, comme coincé entre les mâchoires des requins que sont l'Angleterre, la France et le Japon. C'est ainsi une ville cosmopolite, colorée, bigarrée, où plusieurs mondes entrent en collision, mondes occidentaux et orientaux.

Le voleur parvient donc à magnifier cette partie de cache-cache qui pouvait sembler à priori moins intéressante que la partie d'échec du tome 1. Il n'en n'est rien tant l'auteure sait rendre son récit haletant. Haletant par la fuite incessante et éprouvante de Rémy. Haletant par la complexité que nous entrevoyons derrière le défi lancé. Haletant quant aux personnages rencontrés et aux faits historiques entrelacés avec subtilité dans le récit. de plus, elle parvient à nous dépayser totalement et à nous faire voyager à travers toute la Thaïlande. Je ne suis pas loin du 5 étoiles, il me reste à découvrir le tome 3 pour savoir si cette trilogie est pour moi un véritable coup de coeur dans toute sa globalité. A noter la superbe couverture d'Aurélien Ponce et la traduction excellente de Michel Pagel. Que de belles pépites dans cette collection des éditions du Belial' !
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Emballée comme je l'étais à la lecture du tome 1 de la Maison des Jeux, c'est avec une impatience non dissimulée que je me suis jetée sur le suivant, ayant pour titre le voleur.
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Ambiance tout à fait différente, puisque c'est la Thaïlande qui nous accueille cete fois, en l'année 1938.
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Point de personnages multiples, les joueurs ne sont que deux pour cette partie de cache-cache. Pas tendre, la partie, pour ne pas dire impitoyable..
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Abhik Lee, un blanc-bec au regard de l'ancienneté de certains autres joueurs, veut à tout prix défier un certain Rémy Burke.
Ce dernier est plutôt tiède, alors son adversaire se débrouille pour le faire boire jusqu'à la perte de conscience... mais avant de rouler sous la table ou jusqu'à son lit, il a fait la folie de miser quelque chose de très important, sans aucune certitude de gagner.
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Le plateau de jeu, toute la Taïlande, aucun soutien pour Rémy puisque les règles du jeu lui interdisent de se servir de pions et d'aides en dehors du pays, alors que Abhik a les mains plus que pleines d'atouts non négligeables.
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L'auteure nous entraîne dans une course-poursuite haletante, où Remy doit déjouer une infinité d'obstacles, sans amis, sans argent, n'ayant que les vêtements qu'il porte sur lui, et en se méfiant de tout le monde. Pour corser encore la difficulté, notre héros est franco-anglais, autant dire que physiquement, il ne se fond pas vraiment dans le décor.
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Je dois avouer qu'à mon grand regret, je n'ai pas vraiment palpité à la lecture de ce tome 2, contemplatif et très descriptif, où les rebondissements se font très rares. Je me suis donc ennuyée sur environ 85 % du récit.
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Par contre, la plume est toujours aussi belle et si vous aimez les paysages et coutumes locales parfaitement détaillés, vous trouverez votre bonheur.
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J'ai néanmoins très hâte d'attaquer le tome 3.
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Après avoir suivi la joueuse Thene à Venise, nous voici en Thaïlande avec un joueur qui répond au doux nom de Remy Burke. Catherine Webb nous fait quitter la Sérénissime pour nous transporter au pays du sourire avec un nouveau défi inscrit au programme de la Maison des jeux : une partie de cache-cache. Cette simple activité ludique existe depuis des siècles mais elle va prendre ici une dimension particulière : celle d'un pays tout entier.

Avec ce tome 2, Catherine Webb nous dresse enfin un magnifique tableau, celui d'une Thaïlande de 1938, à la veille de son invasion par le Japon. Nous commençons notre pérégrination par la grande ville de Bangkok. Une cité bigarrée et cosmopolite où se mélangent l'occident colonialiste et l'orient traditionaliste. Où les grandes bâtisses européennes côtoient les boutiques et tripots siamois. L'auteure nous fait également sortir des villes pour nous entraîner dans la moiteur des campagnes et la luxuriance de la jungle asiatique. Nous parcourons tour à tour des rizières, nous visitons des sanctuaires bouddhistes et croisons des éléphants, serpents et autres animaux sauvages et cela à pieds, à bicyclette, en camion et en train. Une traversée complète du pays qui nous mènera jusqu'à Chiang Mai la grande ville du Nord, connue pour ses paysages montagneux et ses anciens temples.

A l'inverse du tome 1, la jeune britannique a su aussi limiter ces personnages à deux joueurs : le jeune Remy Burke et l'expérimenté Abhik Lee. le premier va jouer le rôle de la proie et le second celui du chasseur. Ils vont évoluer tout au long du roman comme on le fait lors d'une quête qui se veut initiatique. L'enrichissement des personnages est ici plus important et plus profond. La complexité de leurs sentiments va de pair avec la qualité du récit. Les acteurs sont finement décrits et analysés. La dualité entre le gentil Remy et le méchant Abhik est conduite de main de maître et Catherine Webb nous montre enfin toutes ses qualités de romancière.

Le scénario de ce deuxième opus est tout simplement incroyable. Il faut dire qu'il est porté par une prose aussi limpide qu'efficace. Si le tome 1 s'appuyait sur les échecs et le tarot, nous sommes ici en présence d'un simple jeu de cache-cache. Mais cette simplicité trouve son paroxysme dans la dureté des épreuves subies par Remy (un héros malgré lui). Si on souffre avec lui, on ressent aussi toutes les difficultés que peut éprouver un européen à se cacher dans un des plus grands pays d'Asie du Sud-Est. Les multiples rebondissements de cette histoire en font un page-tuner digne des meilleurs romans de courses poursuites actuels. L'épilogue est original et il réussit à donner tout son sens au titre de l'ouvrage : le Voleur.

Un petit regret pourtant à signaler, c'est l'impossibilité de savoir si Remy Burke qui est un joueur invétéré, réussira à rejoindre sa veuve éplorée une fois l'aventure terminée… Mais ceci est une autre histoire et Catherine Webb avec ce deuxième tome nous invite déjà à poursuivre sans rechigner la suite de sa trilogie. En route donc pour le tome 3 !!!

« Il la regarda alors avec plus d'attention, remarquant ses vêtements masculins, son chapeau à large bord, sa peau durcie par le soleil. Avec un peu de travail, elle aurait pu passer pour un jeune garçon, mais elle ne faisait aucun effort en ce sens, ni en sens inverse, et l'effet était étrangement séduisant. Remy détourna le regard. Un temps, ils marchèrent en silence. »
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La maison des jeux, une institution ésotérique, secrète qui lie à jamais à elle ses joueurs.
Elle assouvit les ambitions, participe à créer des empires et à façonner L Histoire.
Elle élève les plus forts, construisant leur fortune.
Elle fait chuter les plus faibles, décidant de leur destin, brisant leurs rêves, ruinant leur vie.
Les enjeux sont immenses. Les gains sont aussi impressionnants que les pertes sont abyssales.

« Tous les jeux ont un sens. Tous jusqu'au dernier. »

Après un premier tome qui m'avait plu par son originalité et son écriture, je n'ai pas tardé à lire ce deuxième tome : une nouvelle partie débute avec de nouveaux joueurs expérimentés appartenant à la Haute Loge, une nouvelle plateforme, une époque différente et des enjeux très élevés.

*
L'histoire se déroule à Bangkok dans les années 1930. Un joueur de ligue supérieure, Rémy Burke, après avoir été enivré, est défié à une partie de cache-cache.

« Tu ne devrais pas miser ce qui ne t'appartient pas, Remy.
Tu ne devrais pas miser ce que tu ne peux pas te permettre de perdre. »

Les frontières du plateau de jeu sont immenses, puisqu'il s'agit de la Thaïlande. Chaque joueur, à tour de rôle, doit se cacher pendant que l'autre joueur le cherche. Après quoi, les rôles sont inversés, le vainqueur étant celui qui reste caché le plus longtemps possible.
Comme pour le jeu des Rois du premier tome, le chercheur a à sa disposition des cartes humaines, qui ont été préalablement distribuées entre les deux joueurs, pour les aider à traquer leur proie.

Avec peu de ressources à sa disposition, Rémy Burke devra vite dessouler et rester à distance de son adversaire autant que possible.

Mais quelles options se présentent à lui ? Se cacher dans Bangkok ne risque-t-il pas de se transformer en piège ?

« J'ai fait un pari que je n'aurais pas dû faire. Il est possible que cela me coûte cher. Je crois qu'on m'y a poussé déloyalement, que l'alcool n'est pas seul responsable de mon erreur — c'est du moins ce que disent mes amis. Mais c'était tout de même moi, c'est ma bouche qui a accepté, et il m'appartient donc de jouer la partie. »

*
Contrairement au premier tome, l'histoire est plus centrée sur le personnage principal que sur la stratégie de jeu. Lorsque le lecteur fait sa connaissance, il n'est pas au meilleur de sa forme, mais petit à petit, on découvre un joueur né. Normal me direz-vous, puisqu'il a été invité à jouer dans la Haute Loge.

« J'aime la victoire. Le… défi. Mes journées ne sont pas banales. »

Tout au long de cette partie, le lecteur ne détient pas toutes les clés pour comprendre les enjeux de cette partie, ni les intérêts à voir Rémy perdre. Alors qu'il est accablé par la fatigue, la chaleur, la soif et la faim, son adversaire déplace tranquillement ses pièces, sûr de sa victoire. Alors forcément, on s'attache à ce personnage dérouté plutôt sympathique qui n'a pas les cartes en main.

Mais à ce propos, pourquoi le jeu semble-t-il défavorisé Rémy Burke ? Que cherche la Maison des Jeux en n'intervenant pas pour rétablir l'équilibre entre les deux joueurs ?

« Dans la maison des Jeux, rien n'est laissé au hasard. »

*
Dans sa fuite éperdue, le lecteur est emporté dans Thaïlande des années d'avant-guerre. Les descriptions des paysages thaïlandais sont magnifiques. On a la sensation de courir avec lui au milieu des rizières du Siam, de patauger dans la boue, de s'épuiser dans les forêts montagneuses, de découvrir les multiples visages de Bangkok.

« À l'aube, les nuages bas caressent les montagnes puis s'évaporent à mesure que le soleil se lève. Au crépuscule, les ombres ont tourné, un grand entrelacs gris balaie la terre, et le vent chuchote à travers les forêts, au-dessus des rivières, apportant l'odeur des feuilles pourries et la fragrance des fleurs qui s'ouvrent quand les pluies cessent. »

*
Catherine Webb a une imagination débordante et surtout elle a su se renouveler pour ne pas proposer une deuxième novella identique à la première, tant au niveau du scénario que de l'écriture, moins distante dans ce tome-ci.

Si ce second tome est indépendant du premier, il s'inscrit tout de même dans une suite qui se révèle au cours de la lecture. Sans en dire davantage, les deux récits sont imbriqués et se rattachent à un troisième tome dont les enjeux se devinent insensiblement.
L'autrice semble jouer un double jeu, déplaçant des pièces à notre insu, de sorte que se devine un jeu dans le jeu. C'est comme si le lecteur était lui aussi une pièce de cette trilogie et jouait alors qu'il ne connaît pas encore tous les enjeux.

« Jouer des gens est un talent bien plus élégant qu'un simple calcul. »

Du coup, il me tarde de débuter le troisième tome pour comprendre comment toutes les pièces vont se déplacer, s'agencer jusqu'au moment où un des joueurs mettra les autres rois adverses échec et mat.

« Une grande partie va s'entamer, Remy. Voilà des siècles qu'elle se prépare, mais l'heure est presque venue. Quand elle commencera, regardez bien où tomberont les pièces. »
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Ce livre souffre d'être le deuxième volet d'une trilogie. L'essentiel de la création de l'univers s'est déjà fait dans le précédent. La satisfaction de tout comprendre et de clore les arcs narratifs se trouveront (j'imagine) dans le suivant.

On a donc ici une histoire qui, sans être mauvaise, peut donner des airs de remplissage. L'intrigue ressemble au premier : un joueur fait un pari important, et se retrouve piégé dans une partie inégale, arrangée pour qu'il perde.

On est ici en Thaïlande, au début du 20e siècle. le jeu : la cache-cache. le terrain de jeu : le pays au complet. L'enjeu : tous les souvenirs du protagoniste, qu'il prendra en cas d'échec.

Encore : ce n'est pas mauvais. Si la trilogie vous intéresse, lisez là! le livre pourrait très bien se lire seul, et c'est tout court. C'est seulement répétitif après le premier.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
REMY BURKE était ivre lorsqu’il accepta l’enjeu, mais cela ne l’excuse pas. Bien qu’il ne parût pas plus de quarante ans, il jouait depuis un demi-siècle et aurait donc dû se méfier. Nous le vîmes refuser le premier verre offert, d’abord poliment puis plus fermement, et cette sagesse nous parut très respectable. Toutefois, quand Abhik Lee s’assit en face de lui et avala son whisky cul-sec, la fierté de Remy Burke fut stimulée : cet adversaire qui jouait depuis sept ans seulement, véritable blanc-bec selon les critères de la Maison des Jeux, le mettait de ses yeux gris-vert au défi de passer pour un lâche.
« Vous ne buvez pas ? » s’enquit Lee, et Remy, à ces mots, se mit donc à boire, à engloutir verre sur verre : sachant tenir fort bien l’alcool, il ne doutait pas de vaincre le joueur métis installé devant lui.
Après six whiskys, il gronda : « Que jouons-nous ?
– Rien du tout, répondit l’autre en vidant son propre verre. Parfois, le jeu n’a aucun sens. »
Oh, téméraire Remy.
Insensé Remy, tout gonflé de drogue et d’orgueil !
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Un batelier décharge des tonneaux de serpents vivants. Il a récolté dans les marais de l’est ces grandes masses enchevêtrées, rouge, noir, marron, vert, dont les éléments cherchent à se mordre les uns les autres tandis qu’on les accroche au bout d’une perche. Sa fille de quatre ans, assise à l’avant de la péniche, joue avec un tout petit reptile curieusement épris de la courbe de son poignet, jusqu’à ce que le frère de la fillette, dix ans mais déjà de taille adulte, empoigne l’animal par sa gueule ouverte et le jette avec ses pareils, le condamnant à un destin culinaire ou médical.
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Quelqu’un jura, lançant des mots que la brise emporta, puis on jura à nouveau : « Imbécile, imbécile, je t’ai dit d’attacher… »
Le vent emporta les voix.
Remy tourna plusieurs fois sur lui-même, écoutant, regardant.

Lors de sa troisième rotation, il vit enfin l’éléphant. L’ani­­mal était à moins de cinquante mètres de là et s’y trouvait depuis le début. Comment, se demanda l’Européen, une créature aussi massive et pesante pouvait-elle aussi bien se cacher ? L’éléphant le fixa, il fixa l’éléphant, ses oreilles qui chassaient pensivement les insectes posés sur sa peau plissée, sa trompe qui se tortillait comme s’il tentait de mastiquer l’air.
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Le grand jeu est pour bientôt.

Pas encore, pas encore, le plateau n’est pas tout à fait prêt, les pièces ne sont pas en place, mais il est pour bientôt. Pourquoi ne nous a-t-elle pas détruits ? Elle si belle, en tout point si gracieuse, pourquoi ne nous a-t-elle pas écrasés quand nous étions tellement plus faciles à écraser ?

Peut-être parce qu’en tout point, le jeu le plus grand est celui qui apporte le plus de plaisir.

(Incipit)
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Ce n’est pas… la routine du quotidien que j’affronte, mais des esprits brillants. Je combats ces esprits brillants et, quand je gagne, quand je sais que j’ai été meilleur… Mais même la défaite, parfois, procure de la joie. Contempler la beauté, le génie d’un autre joueur, sentir son cœur battre à tout rompre, son visage brûler d’exaltation, de l’exaltation de ses propres projets, de ceux des autres ; le hasard n’entre pas en ligne de compte : ce n’est pas la chance, ce n’est pas la nature, ce n’est que… moi. Mon esprit, les pièces et le jeu. C’est… extraordinaire. Parfait. Je… J’aurais beaucoup de mal à abandonner ça.
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