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Le Chant des déesses tome 1 sur 2
EAN : 9782381222400
512 pages
Hauteville (12/04/2023)
3.51/5   147 notes
Résumé :
Il est temps que les femmes d'Ithaque racontent leur histoire.

Le roi Ulysse est parti il y a de nombreuses années en guerre contre Troie, emmenant tous les hommes en âge de combattre de l'île d'Ithaque. Pénélope, sa femme, dirige le royaume en l'attendant. Mais, lorsque des rumeurs circulent sur la mort de son mari, les prétendants commencent à frapper à sa porte.
Or aucun homme n'est assez puissant pour revendiquer le trône vide d'Ulysse. Si... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
3,51

sur 147 notes
Entendez ce choeur antique chanter la patience de Pénélope attendant le retour du Roi Ulysse . Ils sont bien 100, plus de cent prétendants avinés et se roulant par terre comme des ... Nettoyer après ces porcs, c'est comme nettoyer les "écuries d'Augias"...
Ils veulent devenir Roi d'Ithaque et pénétrer la couche de Pénélope...

Pénélope, enveloppée dans ses voiles, est devant sa tapisserie
- "Tuer les prétendants?" Demande Médon, le vieux conseiller d'Ulysse.
- Ah...Non, pas encore."
Tuer une centaine d'hommes, une Reine ne le peut, à cause des lois de l'hospitalité. Car toute la Grèce envahirait Ithaque pour la tuer, elle! Ce serait ouvrir la "Boîte de Pandore"...

Le Roi Ménélas débarquerait aussi pour revendiquer l'Ile...
Caché dans l'ombre, un des prétendants a envoyé des pillards, pour tester Pénélope, et l'obliger à le choisir, car il a une proposition...
Il n'y a plus d'hommes pour former une armée ( à cause d'Ulysse qui a réclamé pendant 10 ans, des hommes et des armes, des vivres et des porcs)
Et son fils Télémaque, "un jeune coq", n'a jamais combattu.
-"Tais toi , Télémaque!" Jette un conseiller.

Alors, Pénélope a demandé de l'aide à Priène, une guerrière du Nord. Priène va former des femmes à combattre la cinquantaine de pillards qui envahissent l'Ile, à chaque pleine lune.

Le vieil Homère ne parlait que des hommes, des guerriers qui tuent et violent, sous prétexte de délivrer Hélène de Troie. A Ithaque, Pénélope a besoin de l'aide de ses servantes ( Eos, Autonoé, Léanira...)
Et aussi d'Héra, la femme de Zeus, puis il y a Athéna la guerrière et Artémis, la chasseresse. Quand les Déesses de l'Olympe rôdaient sur la Terre..

Devant tous les prétendants, Eupithès, saoul et fourbe accuse Pénélope de défaire sa tapisserie ,tous les soirs! "Menteuse, traîtresse..."
"- OU EST CETTE SOI-DISANT REINE D'ITHAQUE ?

"Pénélope était la dernière épreuve qu'eut à subir Ulysse à a fin de son voyage"Homère, L'Odyssée.
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Si je n'ai rien contre un peu de mythologie grecque, bien au contraire, je dois avouer que c'est avant tout le nom de Claire North (autrice de l'excellente trilogie « La maison des jeux ») qui m'a incitée à me plonger dans la lecture de ce roman. Premier tome de la trilogie « Le chant des déesses », l'ouvrage met en scène le personnage de Pénélope, l'épouse d'Ulysse traditionnellement présentée comme attendant désespérément le retour de son époux et tentant à tout prix de décourager les nombreux prétendants qui se bousculent à la cour d'Ithaque afin de prendre et sa main et le trône. Vous vous en doutez, la version proposée ici par l'autrice n'est pas tout à fait la même. L'histoire nous est narrée à la première personne par Héra, déesse du mariage réputée pour sa jalousie et la cruauté de ses malédictions mais aussi protectrice des femmes, et notamment des reines. A ce titre, la souveraine d'Ithaque bénéficie de son discret soutien, et ce d'autant plus que Pénélope ne correspond pas tout à fait au profil type de la reine soumise et effacée qui prédomine dans la Grèce de l'époque, ce qui n'est pas sans plaire à la déesse sans cesse bafouée par son propre époux et à laquelle on ne laisse que des miettes de pouvoir. En effet, dans l'objectif de protéger son île et ses habitants, la souveraine s'intéresse de près à la situation géopolitique en Méditerranée, mais aussi au maintien de la prospérité et surtout de la paix de l'île, menacée de sombrer dans la guerre civile tant les conflits latents entre les prétendants et leur mécontentement croissant devant le refus de Pénélope de se choisir un époux parmi eux créent les conditions d'une véritable poudrière. Si la supposée veuve prend toujours bien garde à ne jamais laisser le moindre signe de son intelligence ou de sa détermination être décelé en public, c'est bel et bien elle qui, dans le secret de ses quartiers et avec pour seule aide celle des femmes d'Ithaque, est à la manoeuvre pour éviter à l'île d'Ulysse de sombrer dans le chaos et pour résister aux velléités d'expansion de l'ambitieux Ménélas.

Bien que l'histoire narrée par Claire North soit archi connue et ait déjà fait l'objet de nombreuses réappropriations, cette nouvelle interprétation ne s'en avère pas moins rafraîchissante, et ce à plus d'un titre. On prend d'abord un plaisir certain à se replonger dans quelques uns des plus célèbres des mythes grecs, avec leur lot de métamorphoses, de trahisons, de ruses ou d'histoires d'amour tragiques. La narration étant assurée par une déesse, cette dernière n'hésite pas à faire références à de vieilles histoires, la plupart du temps afin de démontrer le côté partial des poètes et souligner l'invisibilisation permanente des femmes. Héra n'est de plus pas la seule divinité à entrer en scène, puisque l'autrice met également en scène d'autres déesses, protectrices d'autres personnages évoluant dans l'entourage plus ou moins direct de Pénélope, à commencer par Athéna ou encore Artémis. On entend également beaucoup parler de la guerre de Troie qui, on le comprend, a constitué un véritable traumatisme qui a profondément marqué l'ensemble des territoires grecs qui se sont vus dépeuplés de la quasi totalité de leurs hommes en âge de se battre. Les seuls restants sont ainsi soit de rares vétérans du conflit, soit ceux qui étaient trop jeunes ou trop vieux lorsque Ménélas et Agamemnon ont battu le rappel des troupes. Si les mythes de l'évoquent jamais, il va donc de soi que, en l'absence des hommes, les femmes soient parvenues à se ménager davantage d'espaces de liberté et jouissent d'une indépendance nouvelle, bien que toujours très relative. A ces sujets déjà passionnants s'ajoute celui qui va constituer le fil rouge de l'histoire, à savoir l'arrivée sur Ithaque de pirates étrangers semant la terreur dans les villages côtiers et menaçant à la fois la prospérité et l'autonomie de l'île, mais aussi l'intégrité de la reine elle-même. Bien ficelée, l'histoire se déroule sans accroc et nous invite à étudier les nombreuses implications de chaque événement et à tenter d'en cerner les enjeux : un jeu de réflexion et d'analyse auquel on se prête de bon coeur.

L'enthousiasme soulevé par le roman vient aussi du regard féministe que Claire North pose sur des personnages qui, traditionnellement, se voient constamment relégués au second plan. Les femmes occupent ainsi une place prépondérante dans le roman qui met en lumière des profils ou des personnalités sur lesquels on ne s'attarde guère d'habitude. C'est le cas par exemple d'Héra, déesse occupant une position clé sur l'Olympe mais dont on fait pourtant rarement grand cas dans les mythes qui ont tendance à la cantonner au rôle de l'épouse jalouse et aigrie. Bien consciente de cette représentation, la divinité revient ici avec beaucoup d'acuité sur la façon dont les femmes sont considérées par les héros et les dieux grecs et sur le peu d'options qui leur sont offertes, tout en laissant entrevoir une personnalité forte et audacieuse ne demandant qu'à être débridée. Elle ne cherche jamais non plus à cacher les violences, notamment sexuelles, dont elles sont victimes, et ce quelque soit leur statut social. Cela concerne ainsi aussi bien les simples servantes que les reines grecques, protégées d'Héra, qui occupent aussi une place de choix et sont campées par des personnages ambivalents. C'est le cas notamment de Clytemnestre, la femme d'Agamemnon, célèbre pour avoir régné seule pendant que son mari était à Troie et pour l'avoir ensuite assassiné à son retour, ou encore de leur fille, Electre, jeune femme à la fois inquiétante et fascinante. Les esclaves aux services de la reine d'Ithaque sont elles aussi constamment visibilisées, de même que leurs sentiments auxquels personne, à l'exception de la déesse, ne prête (à tort) attention. Claire North convoque ainsi une belle galerie de personnages, et elle le fait par le biais d'une plume élégante et toute en subtilité, capable de nous transporter autant par la justesse de ses mots que par la qualité de ses non-dits.

Premier tome de la trilogie « Le chant des déesses », « Pénélope d'Ithaque » est un roman remarquable dans lequel Claire North propose une réinterprétation moderne et féministe de l'une des figures les plus consensuelles de l'Odyssée. Porté par une très belle plume, le récit met en scène une galerie de personnages féminins aux profils variés et qui permettent, chacune à leur manière, d'interroger la place des femmes dans la mythologie, ce qui permet ensuite à l'autrice d'en dynamiter en partie les codes. A lire !
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Quand on associe dans le même livre une écrivaine avec la réputation de Claire North et ma mythologie chérie avec le prisme féminin des femmes d'Ithaque, patrie d'Ulysse, cela ne pouvait que m'obliger à courir acheter Pénélope, reine d'Ithaque. Peut-on dire que l'expérience fut à la hauteur de mes attentes ? Non, oui, plutôt, pas vraiment... C'est compliqué et je crois qu'il en fut de même pour mes camarades de lectures qui ont eu la bonté de m'accompagner, à savoir Steven, Audrey et Océane.


Nous partions pourtant conquis, du moins par l'objet et l'intention dûment énoncée de l'autrice : redonner sa place aux femmes qui ont encore une fois été effacée de l'histoire ou bien trop réduite à leur statut d'épouse et mère. Hauteville avait en plus mis les petits plats dans les grands avec une édition reliée en sus de la brochée, donnant en plus accès à de jolis cadeaux si on l'achetait en avance et qu'on le faisait valoir à l'éditeur. Avec sa couverture rappelant les céramiques grecques, ses dorures et son jaspage, la fan de beaux objets que je suis n'a pu que craquer, même si au final je trouve le cartonnage un peu léger et le jaspage moins abouti que d'autres que j'ai pu voir.

J'aurais dû me méfier de ma première rencontre avec l'autrice : La maison des jeux, qui avait aussi été mitigé même si pas pour les mêmes raisons. Mais je pensais que ça venait de moi vu son succès auprès des autres lecteurs, d'où sa seconde chance ici... Mais ça ne l'a pas fait non plus. Pourquoi ? La première et presque unique raison tient malheureusement à la plume de l'autrice beaucoup trop froide, beaucoup trop maladroite et familière également. Elle n'a pas eu la poésie et le sens du drame que j'attends dans ce type de récit, hormis dans les ultimes chapitres et pour un premier tome de plus de 500 pages, c'est un peu tard quand même. Heureusement tout ce même que c'est un premier tome et non un volume unique sinon la déception aurait été plus rude.

J'ai pourtant aimé le choix de l'autrice dans un premier temps, et je crois avoir été l'une des seules dans notre groupe. Je trouvais original de suivre justement avec ce regard froid donné par Héra, la narratrice, qui regarde tout ça du haut de sa divinité. Cela me rappelait ces narrateurs en mode oiseau qu'on trouve parfois au début des films / séries et qui survolent l'ensemble des lieux. Malheureusement, l'autrice en est un peu restée coincée là et c'est tout le problème.

Cependant, je dois aussi reconnaître que j'ai beaucoup aimé apprendre à découvrir le quotidien des femmes d'Ithaque à travers ses yeux. Ce fut un réel plaisir de suivre tous ces portraits de femmes : reine comme déesse, servante comme esclave, épouse comme fille, libre comme pourchassée. Claire North n'oublie personne et donne corps à chacune. Elle nous les présente comme des femmes fortes, malignes, décriées et malmenées par les hommes, mais ayant de la ressource pour préparer une sorte de résistance souterraine surprenante afin qu'Ithaque reste libre en attendant le retour de son roi, libre contre les pirates qui l'attaquent, libre contre les prétendants de Pénélope, sa reine, qui l'assaillent. Et à défaut d'être passionnant, car c'est délayé dans de bien trop nombreux banquets virils avinés, ce fut très puissant avec un dénouement percutant.

J'ai trouvé une belle force dans les portraits de Pénélope, son esclave Leanira, son "amie" Clytemnestre l'épouse d'Agamemnon, et Electre la fille de celui-ci. Il leur arrive souvent ce qu'il y a de pire pour des femmes, mais elles ont un courage, une force et une intelligence qui force le respect. le portrait de Clytemnestre est celui qui m'a frappée en premier et elle sera tel un fil rouge guidant les autres à travers ce tome. Puis on sera frappé par le destin et le réalisme d'Electre, héroïne discrète, avant de réaliser toute la ruse de Pénélope et Leanira. J'ai adoré ! En particulier dans les tout derniers chapitres.

Cependant, il faut avouer que ces belles intentions, de récits de femmes fortes qui résistent à leur façon à la domination masculine et aux exactions de leurs représentants : père, époux, fils, amis, sujets... sont noyées justement sous les trop nombreuses descriptions du quotidien de ceux-ci. Certes j'aime les récits historiques détaillées retranscrivant richement les décors mais ici, entre le ton trop familier de l'autrice qui casse l'ambiance, sa vision anachronique de l'époque qu'on sent percer un peu partout et surtout ses longueurs et répétitions, j'avais l'impression de tourner en rond et de vivre un jour sans fin... ce qui m'a un peu gâché mon plaisir, sans parler des noms et noms de personnages que je n'arrivais plus à situer parfois car ils ont 2 lignes avant de revenir 100 pages plus tard... Et sentir en plus monter ma colère contre ses hommes et voir ceci se répéter en prime, n'a pas aidé. J'aurais bien mis un bonne fessée à Télémaque par exemple et castré plus d'un mâle de l'histoire, pour ne pas dire plus... Rester à Ithaque fut donc intéressant pour découvrir progressivement, grâce à notre persévérance, la résistance intelligente, brillante même des femmes. Mais rester à Ithaque fut aussi un chemin de croix, tant la narration était molle, sans enjeu clair pendant longtemps et sans réelle tension. On m'a habitué à mieux en récits mythologiques.

Je saluerai donc l'intention de Claire North sur ce premier tome du Chant des déesses qui porte si bien son nom et nous fait entendre (un peu trop) la voix froid et lointaine de celle-ci, alors qu'on attendait tous dans notre lecture commune, celle plus chaleureuse des habitantes d'Ithaque si bien représentées, qu'elles soient anonymes ou célèbres, reines, déesses, suivantes ou esclaves. Ces femmes, filles, épouses et/ou mères m'ont séduite, fascinée, marquée dans ce monde qui ne leur est pas prédestinée. J'aurais aimé que l'écriture soit à la hauteur de leur force, de leur courage et ce ne fut le cas que dans les ultimes pages de ce tome. Alors ce n'est pas la chronique d'un coup de coeur que je vous livre, pas plus que celle d'un échec, mais celle d'une lecture qui m'a interpelée et que j'aurais aimé plus humaine.
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🩵Chronique🩵

J'imagine que si la Grèce m'était contée, il y aurait des batailles, des merveilles et mille trésors enfouis. de tout temps, la Grèce a été racontée par les hommes. On ne fait plus état de leurs victoires, de leurs défaites, de leurs plus grandes histoires d'amours et de guerres auxquels ils ont tous participer de près ou de loin. Mais où sont les femmes? Je veux dire les actives, les meneuses, les guerrières? Pourquoi dans l'inconscient collectif, ce sont toujours les hommes qui mènent le jeu? Je dirai que juste pour cela, j'ai été voir ce que proposait Claire North avec cette réécriture féminine de la légende d'Ulysse, mais plus particulièrement, de celle de Pénélope Reine d'Ithaque, parce que finalement, il n'a pas l'air de vouloir pointer le bout de son nez, mais il faut bien maintenir le règne, avec ou sans lui, et la concurrence se bouscule aux portes…

Et voilà, que je me retrouve embarquée, dans une histoire trépidante sur une île paradisiaque, à observer de près, les agissements officieux et officiels d'une reine, sur la sellette…Et même soutenue par les déesses, même entourée de loyales Soeurs, elle sait qu'elle va devoir tisser une impressionnante toile de protection pour ne pas tomber sous la vengeance des uns, l'opportunisme des autres. On découvre une Reine discrète mais déterminée, une femme puissante sous l'apparence calme, une mère et épouse fidèle mais qui a perdu depuis longtemps la naïveté…De fil en aiguille, et de secrets en plans d'attaques, elle se révèle redoutable et aimante, au possible.

J'ai aimé cette revisite pour l'enchantement. Les poètes et les déesses qui tournent au-dessus de leurs têtes. L'ambiance terrible rythmée par les lunes, et le danger continu. La mer comme fond de décor et le chant qui s'élève comme un hymne à la liberté. J'ai plus qu'adoré la sororité qui se crée, comme par magie, entre les unes et les autres. Pour un premier tome, il y avait des longueurs, mais l'intention est tellement belle, que j'attends avec impatience le tome 2, pour être encore au coeur des vagues et des intrigues royales…La Grèce m'a été contée par Héra, et j'ai adoré sa voix, reste plus qu'à réveiller les poètes et le monde saura enfin, de quel bois, elles se chauffent, les femmes d'Ithaque…
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« L'aube aux doigts de rose se fraya un chemin derrière Ithaque, comme un amant maladroit tâtonnant dans de longues jupes. La lumière du jour aurait dû être aussi écarlate que le sang sur la mer qui baignait Phénère. […] Parlons un peu d'Ithaque. C'est un endroit complètement arriéré et misérable. le contact doré de mes pas sur son sol aride, la caresse de ma voix dans les oreilles de ses mères abîmées par le sel… Ithaque ne mérite pas ces attentions divines. Mais bon, sa misère stérile attire rarement le regard des autres dieux et c'est donc la triste vérité de dire que moi, Héra, mère de l'Olympe, qui ai précipité la folie d'Héraclès et gravé dans la pierre la vaine royauté, eh bien, ici, au moins, je peux parfois travailler sans subir la censure de mes pairs. »

Pénélope, Reine d'Ithaque – Claire North @hautevillefr

Une réécriture bien sentie de l'histoire de Pénélope, reine d'Ithaque.

Que connaît-on d'elle en définitive ? épouse d'Ulysse, courtisée par de nombreux prétendants en son absence… il semblerait que Pénélope n'ait rien à elle, rien qui la détermine, si ce n'est son métier à tisser et sa patience… quelle tristesse ! Les femmes de l'Iliade et de l'Odyssée ne valent-elles pas plus aux yeux des aèdes ?

Comme le dit si bien Héra « Si les poètes parlent d'elles, ce sera à peu près comme ils évoqueraient un joli vase ou un beau bouclier, le détail d'une sculpture qui ajoute une certaine saveur à l'événement. »

Héra, femme de Zeus… ah non ! il suffit ! elle se définit elle-même comme « moi, Héra, mère de l'Olympe » et c'est elle qui raconte cette histoire !

Une chose est sûre, je peux vous le confirmer, quand c'est une femme qui prend la parole pour chanter les héros, le récit de leurs aventures, leurs femmes… ça déménage ! surtout si c'est Héra… elle n'est pas habituée à la langue de bois !

« Lorsque les poètes parlent d'Achille, ils passent sous silence un certain nombre de choses. Ils oublient de mentionner le temps qu'il a passé à pleurer dans les poils du torse de Patrocle, et à quel point ces larmes étaient morveuses. Ils sont un peu flous sur la façon dont les Myrmidons se sont ramollis en chantant ensemble des chansons sur l'amour fraternel, et sur la différence qu'il y a entre une tape virile sur la cuisse et une caresse sur la jambe de votre voisin… »

Elle nous conte donc les « trois reines en Grèce. L'une était chaste et pure, l'autre une putain tentatrice, la dernière une sorcière meurtrière. C'est du moins ainsi que les poètes chantent l'histoire. Toutes trois venaient de Sparte et partageaient le même sang mortel. »

Pénélope, Hélène et Clytemnestre, cette dernière qui « se comportait comme Zeus lui-même. Passait des décrets. Rendait des jugements. Déambulait dans le palais avec tout le monde qui s'inclinait et se prosternait devant elle. Elle prenait des amants, entièrement consacrés à son plaisir, ainsi qu'au leur. »

Une réécriture, résolument féministe, décoiffante et délurée, au langage chic et choc qui fera frémir les âmes sensibles et rire les plus rebelles, grincer les dents des maris et tomber de leur piédestal les pseudo héros de pacotille…

Ah ça, mes chéries, vous ne savez pas à quoi vous attendre quand c'est maman Héra qui s'en mêle… vraiment… on dirait un mélange entre Maléfique incarnée par Angelina Jolie et Meryl Streep dans ses rôles les plus racés…

« Athéna aime qu'un beau guerrier bien musclé vêtu de bronze s'agenouille devant son sanctuaire et, la fois où un homme a violé une femme sur l'autel d'Athéna, ce sont les cheveux de la femme qu'elle a transformés en serpents pour punir ce sacrilège. Voilà pour la sagesse d'Athéna. Artémis, en revanche… Artémis est beaucoup moins aveuglée par les atouts des hommes. »

On aime ou on n'aime pas ce côté revisité, avec panache et langage libéré… mais une chose est sûre, c'est qu'un vent de sororité soufflant dans les histoires de l'Antiquité, cela fait un bien fou aux femmes contemporaines qui ont quand même envie qu'on leur raconte autre chose que des crêpages de chignons, des querelles de déesses et des combats de poules pour l'attention du coq !

Âmes patriarcales s'abstenir… aux autres, tentez l'aventure 😉
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critiques presse (1)
MadmoizellePresse
25 avril 2023
Avec le premier tome de Pénélope Reine d’Ithaque : Le chant des déesses, l’autrice nous propose une réécriture de L’Odyssée d’Homère.
Lire la critique sur le site : MadmoizellePresse
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
"Ah," mutters Penelope. "I see. Medon, forgive me. I find myself overcome with womanly weakness and must retire."
"I have always admired the exquisite timing of you weakness, my lady."
"I am glade someone appreciates it."
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"Queen of Ithaca." Priene's smile is the same smile she wore the day she bested the strongest man in her tribe, and she remembers the power of it now. "You will find no better butcher than me."
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—Cela nous fait honte quand un étranger se montre plus courtois que certains Grecs. Mais peut-être avons-nous besoin d'étrangers pour nous rappeler la valeur des choses que nous prenons pour acquises?
—Je trouve qu'un homme n'apprécie pas ce qu'il a chez lui, jusqu'à ce qu'il en soit éloigné.
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Les poètes ne chantent pas les femmes, et les femmes ne chantent qu'aux funérailles, ou loin des oreilles des hommes.
Mais lorsque le festin sera terminé et que l'air sera noir, pendant que les poètes dormiront et que le dieu du tonnerre ronflera sous des cieux dorés, je chanterai, et vous entendrez.
Venez avec moi, promenons-nous dans le coeur des servantes silencieuses, tandis que les hommes d'Itaque et de Mycènes ronflent dans la splendeur de l'ivresse.
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Crois-en une reine : le plus grand pouvoir que nous, les femmes, pouvons posséder est celui que nous prenons en secret.
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