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ISBN : 2253146889
Éditeur : Le Livre de Poche (07/11/2001)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 1086 notes)
Résumé :
"La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c’était moi. A présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c’est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle." Epiphane Otos serait-il condamné par sa laideur à vivre exclu de la société des hommes et interdit d’amour ?
Devenu la star – paradoxale – d’une agence de top models, Epiphane sera tour à tour martyr et bourreau, ambassadeur de la monstruosité internatio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  02 octobre 2012
Epiphane Otas est un être hideux, que tout le monde considère comme un monstre mais qui a pourtant un coeur, une raison et pourquoi, dans ce monde qui ne se fie qu'à l'apparence, n'aurait-il pas lui aussi droit d'aimer, d'être aimé en retour et tout simplement d'âtre heureux ? Tout simplement parce que nous vivons dans un monde qui se où le monde de l'image est roi. Combien d'adolescentes se comparent aux photos de mannequins que l'on trouve dans les magazines people et ne cessent de se dévaloriser en voulant toujours atteindre la perfection. Mais la perfection de quoi ? La perfection d'une image (qui d'ailleurs n'existe pas et n'est rien d'autre qu'une apparence, c'est-à-dire quelque chose de superficiel et d'éphémère). Alors c'est vrai que cela fait cliché que de dire que ce qui compte avant tout, c'est la beauté intérieure, celle de l'âme car, elle au moins, est éternelle, à condition qu'elle ne se fasse pas bouffer par le monde extérieur...
C'est un peu ce qui arrive à note héros ici, qui, à l'âge de 29 ans, n'a encore jamais connu l'amour jusqu'au jour où il s'éprend follement d'une jeune actrice d'art, Ethel, avec laquelle il liera une profonde amitié. Amitié qu'il croyait plus forte que tout et dont il se contentait dans un premier temps puisque cette dernière , croyait-il, l'appréciait pour ce qu'il était, en avait fait son confident-son meilleur ami-son frère...jusqu'à un certain soir de début d'année 1997 où il lui révèle son amour...
Un livre terriblement touchant il est vrai et qui n'a jamais été autant d'actualité, très bien écrit mais avec des scènes assez choquantes à mon goût que l'auteure aurait pu tourner d'une autre façon mais je ne peux pas le lui reprocher puisque c'est son style d'écriture et qu'elles ont leur place légitime dans cet ouvrage. Cela est seulement dû à mon extrême sensiblerie !
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colimasson
  16 septembre 2016
Le problème avec Nothomb, c'est qu'elle écrit tellement qu'on ne sait plus quel livre on a lu ou pas. Attentat, ça ne me disait rien. Mais dès la première phrase, je me suis souvenue. J'étais au lycée.

Le problème avec Nothomb, c'est que ça commence toujours très fort avec deux bonnes phrases par page, et puis ça s'essouffle vite parce qu'on s'habitue aux bonnes blagues. « L'esprit humain souffre d'une carence intellectuelle fondamentale : pour qu'il comprenne la valeur d'une chose, il faut le priver de cette chose ».

Enfin, l'histoire est cool quand même. C'est une histoire « tarte . Un pou qui tombe amoureux d'une créature de rêve, c'est tellement caricatural ». le mec est moche : « Mon visage ressemble à une oreille. […] le blanc de mes globes oculaires est injecté de sang, comme ceux des méchants dans les littératures maoïstes. Des pupilles grisâtres y flottent, tels des poissons morts » mais il a de la chance parce qu'il sait baratiner et il raconte plutôt qu'il souffre d'un genre de «jérôme-boschisme, appelé aussi paranoïa cathartique ». Puceau par nature, il mène une vie ascétique qui le conduit au déclenchement d'incontrôlables fièvres mystiques.

Ce que j'ai le plus aimé dans ce livre, c'est quand le personnage fout la honte à Kant, cet autre puceau indécrottable érigeant sa Loi morale pour contenir les vagues d'angoisses qu'on imagine le submerger, alors que peut-être pas. Après lecture du grand oeuvre de Kant, le genre de truc pour lequel son auteur se serait tué se serait tué, le Jérôme Bosch de Nothomb écrit vaguement : « J'ai achevé Critique de la raison pure. Un bon bouquin, je te le recommande ». Et puis c'est tout. Quelle cruauté.
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Mimimelie
  08 décembre 2013
J'ai encore en réserve quelque Nothomb.... car, tel le petit morceau préféré qu'on laisse au creux de l'assiette pour le déguster en dernier... j'en mets un peu de côté que je grignote en guise de récréation quand bon me semble.....
Ainsi ai-je sacrifié aujourd'hui celui-ci non sans l'angoisse qu'il soit moins bon que le morceau précédemment ou trop succulent et avalé trop vite....
Aie. péniblement arrivée à la moitié, hélas, je me demande à chaque seconde pourquoi je continue cette lecture pour laquelle j'en ai délaissé une en cours autrement plus passionnante ….. c'est qu'avec Nothomb, habituellement je m'amuse, je me détends, parfois même je jubile. Alors continuons
Hélas, ça ne s'améliore guère, arrivée aux 2/3, stop ! Extrait.
Remplaçons film par livre, spectateur par lectrice, et touti quanti, et tout s'éclaircit, voilà qu'Amélie réussit ici la prouesse d'anticiper mon sentiment de lassitude :
""— Combien de temps dure le film ? lui susurrai- je à l'oreille.
— Deux heures quarante-cinq.
« Horreur », pensai-je. Au cours de ma vie de spectateur, je me suis farci nombre de navets rien que pour voir une actrice qui me plaisait. Si mauvais que puisse être un scénario, je ne m'ennuie jamais quand je vois une belle fille. Je me concentre sur elle, je ne regarde rien d'autre. ...
— Ne lui en veux pas. le film est assommant, ce n'est pas sa faute.
— C'est vrai, le film est assommant, répéta-t- elle avec une grimace.
Il l'était, en effet. le scénario était une absence de scénario, et l'auteur avait tenté de le dissimuler derrière des scènes absconses et une esbroufe narrative, de manière à ce que le spectateur naïf se sentît stupide de ne pas comprendre la subtilité de l'intrigue.
Les dialogues étaient rares et c'était heureux, car ils étaient d'une nullité qui n'avait d'égale que leur prétention.
…  Le tropisme évanescent se donnait un genre dragueur qui annulait les dernières possibilités d'estime que l'on eût pu concevoir à son endroit.
Enfin, le plus grave, c'étaient les images. Qu'un cinéaste ne veuille pas faire joli, je le comprends. Qu'il veuille faire répugnant, ou vulgaire, ou excessif, ou terne, je le comprends aussi. Qu'il veuille faire « rien » – atypique, sans qualité, sans style, degré zéro –, je le comprends encore. Qu'il ne veuille rien faire, je ne le comprends pas. N'est-il pas plus logique, s'il ne veut rien faire, de ne pas tourner de film ?
… Et puis, pourquoi ces ombres peintes, ces décors alambiqués, ces quatre-vingts prises pour chaque plan, ces moyens faramineux, si c'était pour en arriver à des images aussi insignifiantes ? »"
Certes j'ai bien jusqu'ici glané ici et là quelques remarques savoureuses ou drôles... mais lumineuse Amélie a tout prévu :
« Ces instants de grâce furent foudroyants. Mis bout à bout, cela ne faisait jamais que quelques secondes, mais à mes yeux le navet entier s'en trouvait justifié. Cent soixante-cinq minutes creuses et moches pour dix secondes de splendeur, cela correspondait aux proportions de l'existence humaine : soixante-dix années de vie pour une semaine d'extase. »

Mais aussi tout gâché, car un peu plus loin encore, la projection terminée.... :
« Autour de nous, les gens se levaient, fatigués. le film avait déteint sur eux, ils étaient vides et laids. J'essayai d'analyser leurs réactions ; je m'aperçus que leur air blasé dissimulait une angoisse sans nom : ils ne savaient pas s'ils étaient tenus d'aimer ou de ne pas aimer ce qu'ils venaient de voir car ce réalisateur avait la cote chez les cinéphiles. Ils crevaient de peur de se tromper, d'afficher une opinion opposée à celle qu'ils auraient dû avoir. L'essentiel était de ne pas proférer une phrase irrécupérable. Ainsi, quand quelques semaines plus tard la critique se serait prononcée, ils ne se seraient pas compromis. »
Amélie, je vous ai aperçue début novembre, à la foire de Brive, vous étiez ce jour là, curieusement, mal mise à mon goût, un peu comme ce bouquin, mais ce n'est pas grave car avec vous, si l'étonnement n'est pas toujours au rendez-vous, c'est toujours une belle ballade.
Aussi, sans rancune, je vous laisse le droit de réponse à ce billet que fine mouche vous m'avez pas manqué de prévoir :
« Dans le doute, il a toujours été plus dangereux d'admirer un artiste que d'avoir des réserves à son sujet. Ce n'est pas seulement une question de courage : il faut en soi beaucoup de substance pour être capable d'estimer un créateur, a fortiori pour déterminer sans « l'aide » de quiconque s'il est estimable. Or la plupart des gens ne contiennent pas ou peu de substance. C'est pourquoi il y a tant de fans et si peu d'admirateurs, tant de contempteurs et si peu d'interlocuteurs."
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ladesiderienne
  08 décembre 2015
Même si "Attentat" n'est pas le roman d'Amélie Nothomb que je préfère, je reste sous le charme de la plume de la dame au chapeau. Son style correspond tout à fait au personnage qu'elle s'est créé et qui apparait dans les émissions télévisées : fantasque, érudit et débordant d'un humour cynique inégalé.
A travers un remake de "La Belle et la Bête" à la sauce Nothomb, l'auteure nous offre la critique d'une société qui voudrait nous faire croire que seule la beauté intérieure compte, tout en persistant à porter aux nues le culte de l'apparence. Epiphane, pleinement conscient de sa laideur physique tombe fou amoureux d'Ethel. Il est persuadé d'avoir trouvé l'exception, à savoir la jeune femme dont la beauté du cœur n'a d'égale que sa perfection physique. Quasimodo a enfin son Esmeralda et l'histoire écrite par Hugo peut se rejouer...
J'ai beaucoup aimé la clairvoyance du héros sur les réalités de ce bas-monde et principalement sur les milieux de l'art, du cinéma. J'ai adoré ses réflexions sur la subjectivité des critères de beauté. Malheureusement, sa lucidité ne l'empêchera pas de se brûler les ailes tel le papillon de nuit attiré par la lumière. Certains délires du personnage notamment lorsqu'il s'imagine en taureau encornant sa partenaire m'ont par contre un peu rebutée. Je reste admirative malgré tout du culot d'Amélie Nothomb qui n'hésite pas à choquer son lecteur. Je crois d'ailleurs que j'aime ça, même si je n'accorde qu'un 13/20 à cet amour impossible.
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TCHITAT92
  19 décembre 2014
Serai-je sur le point de devenir une Nothombphyle ?
Cela m'a prise par surprise, alors que je n'aspirais qu'à ne pas apprécier "celle que tout le monde dévore". Oups, I did it again, j'en suis à mon troisième... et là encore, je reste bouche-bée. Si je ne reconnaissais pas son style, inimitable, la richesse de sa langue, de ses expressions, de ses thématiques, de ses idées frôlant la philosophie pure et simple, de ses constructions, la puissance psychologique de son écriture, qui pousse le lecteur à s'interroger sur son propre vécu, la complexité de la psychologie de ses personnages d'une crédibilité tellement humaine dans leurs caractères les plus extrêmes.
Quand " La Belle et la Bête" rencontre "Cyrano de Bergerac", sur fond de Corrida... A lire et méditer !
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Citations et extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
vassia7178vassia7178   06 novembre 2018
Ma vengeance allait pouvoir commencer.

Ma fortune était faite. On s'arracha mes soixante kilos à travers le monde.
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mandarine43mandarine43   01 mars 2012
[ Incipit ]

La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c'était moi. A présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c'est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle. Mon surnom arriva très vite. Je devais avoir six ans quand un gosse me cria, dans la cour : «Quasimodo !» Fous de joie, les enfants reprirent en chœur : «Quasimodo ! Quasimodo !»
Pourtant, aucun d'entre eux n'avait jamais entendu parler de Victor Hugo. Mais le nom de Quasimodo était si bien trouvé qu'il suffisait de l'entendre pour comprendre.
On ne m'appelera plus autrement.

Personne ne devrait être autorisé à parler de la beauté, à l'exception des horreurs. Je suis l'être le plus laid que j'aie rencontré : je considère donc que j'ai ce droit. C'est un tel privilège que je ne regrette pas mon sort.
Et puis, il y a une volupté à être hideux. Par exemple, nul n'a autant de plaisir que moi à se balader dans la rue : je scrute les visages des passants, à la recherche de cet instant sacré où j'entrerai dans leur champ de vision - j'adore leurs réactions, j'adore la terreur de l'un, la moue révulsée de l'autre, j'adore celui qui détourne le regard tant il est gêné, j'adore la fascination enfantine de ceux qui ne peuvent me lâcher des yeux.
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MimimelieMimimelie   05 décembre 2013
Il y a quelque chose de mal digéré à propos de Quasimodo : les lecteurs ne peuvent que l’aimer, le pauvre – il est si horrible, on a pitié de lui, c’est la victime née.

Quand il s’éprend d’Esméralda, on a envie de crier à la belle : « Aime-le ! Il est désarmant ! Ne t’arrête pas à son aspect extérieur ! »

Tout cela est bien joli, mais pourquoi attendrait- on plus de justice de la part d’Esméralda que de Quasimodo ? Qu’a-t-il fait d’autre, lui, que s’arrêter à l’aspect extérieur de la créature ? Il est censé nous montrer la supériorité de la beauté intérieure par rapport à la beauté visible. En ce cas, il devrait tomber amoureux d’une vieille édentée : c’est alors qu’il serait crédible.

Or l’élue de son cœur est une superbe bohémienne dont il n’est que trop facile de s’éprendre. Et l’on voudrait nous persuader que ce bossu a l’âme pure ?
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MeghMegh   02 avril 2010
L'esprit humain souffre d'une carence intellectuelle fondamentale : pour qu'il comprenne la valeur d'une chose, il faut le priver de cette chose.
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ladesiderienneladesiderienne   30 novembre 2015
Je suis maigre, ce qui peut être beau chez un homme ; mais ma maigreur est vilaine.
Le Christ sur la croix a une certaine allure avec son ventre creusé et ses côtes lisibles. La plupart des hommes décharnés ressemblent à des vélos, ce qui est joli.
Moi, je ferai plutôt penser à un pneu crevé. A l'exemple des chiens sharpeïs, j'ai trop de peau. Mon ossature débile et ma pauvre chair flottent à l'intérieur de cet accoutrement qui, mal rempli, ne peut que pendouiller.
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