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ISBN : 2210756723
Éditeur : Magnard (23/06/2017)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 1174 notes)
Résumé :
C'est la guerre et c'est l'hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement.
Combien de jours leur reste-t-il à vivre ?
En attendant, il n'est plus interdit de révéler ses vraies passions.
L'amour, le désir, l'intelligence résistent-ils au froid ?
A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ?
Enfin, à l'heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas êtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  01 février 2013
« Au fond de la pièce, une immense bibliothèque surchargée de livres couvre tout le mur. le reste de la salle frappe par son dénuement : ni tables, ni bureau, ni fauteuil, seulement quelques chaises en bois, et à droite, un énorme poêle en fonte. »
Ainsi commence Les Combustibles. Peut-être devrais-je donc m'arrêter là ? Au moins pour respirer, et pour fureter en détail le long étalage des bouquins entreposés dans cet espace restreint qu'est une immense bibliothèque. La mienne est minuscule (je parle de bibliothèque, ne cherches pas systématiquement une connotation sexuelle à mes propos). Et je me fais cette réflexion intérieure : où poser mes fesses pour lire ce Nothomb s'il n'y a ni canapé, ni fauteuil. Certainement pas sur le poêle, ça risque de faire griller mes roustons. Seconde réflexion (effet Nothomb, je réfléchis plus) : où vais-je posé mon verre de bière s'il n'y a ni table, ni bureau. Certainement pas sur le poêle, ça va faire griller mon malt, et les bières noires ne sont pas franchement mon truc. L'histoire débute mal avec ces deux questions laissées sans réponse. Je décide donc d'avancer dans ma lecture, à jeun et debout.
Mais avant, j'ai une question à te poser : Quel livre emporteras-tu sur une île déserte ?
Je te laisse réfléchir, tu n'auras qu'à repasser par ici dans six mois pour me donner ta réponse. Voilà donc le sujet principal de ce roman.
La question n'est pas exactement posée de cette manière, mais le principe en est le même. Nous sommes en pleine guerre, la ville est assiégée depuis plus d'une année et les bombardements ne cessent pas… Un professeur, son assistant et Marina, étudiante et accessoirement maîtresse actuelle, temporaire de l'assistant, se retrouvent réfugiés dans un appartement. Plus de meuble, plus de babiole, juste un poêle et une bibliothèque remplie d'ouvrages… C'est l'hiver et on se gèle les miches et les roustons… Tu vois où je veux en venir… Dans ce court roman (huis-clos construit façon pièce de théâtre), les trois protagonistes vont discourir pour savoir quels livres méritent d'atterrir dans les flammes du poêle afin de recueillir un peu de chaleur… La survie est à ce prix !
A dire vrai, l'idée me paraissait des plus prenantes, mais les références d'Amélie Nothomb me laissent de marbre, et j'ai l'impression de ne pas avoir tout saisi l'importance des auteurs cités. J'en ressors donc avec un sentiment de frustration et une petite voix intérieure me disant que j'aurais tout aussi bien pu poursuivre mon chemin au milieu des bombes sans perdre mon temps avec ce bavardage.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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rabanne
  17 octobre 2016
Sans doute ne lis-je plus Amélie Nothomb comme lorsque j'étais plus jeune. Oui, certainement. Ce roman, datant de 1994 et faisant 89 petites pages, m'a globalement laissée de marbre.
Un huis-clos sur fond de guerre utopique. Les bombes pleuvent et les barbares paralysent la ville, tout comme cet un hiver glacial, sans combustible pour se réchauffer. Deux jeunes étudiants et un professeur quinquagénaire s'affrontent dans une joute verbale teintée de désespoir, de cynisme, de folie. Il est question de survie, d'autodafé...
La plume est tantôt incisive, cruelle, tantôt légère, absurde.
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sultanne
  02 décembre 2012
Et voilà que Madame Nothomb nous fait le coup du livre à emmener sur une île déserte. Bien connu, comme thème, pourc elle qui prend tant de plaisir à sortir des sentiers battus ! Mais il me semble que cette pièce va bien au-delà de cette problématique philosophique du "quel livre mériterait d'être sauvé ?".
La forme, aussi surprenant qu'elle soit chez Nothomb, lui permet une parfaite maîtrise des personnages, une psychologie fine où le lecteur comprend vite que le plus sain en apparence est également le plus tordu... le lieu, vague et équivoque permet à chacun d'y transposer ses propres fantasmes, laissant toute latitude au lecteur pour s'approprier l'événement. Enfin, les titres des livres, masqués et imaginaires, ne sont que des pretextes pour classifier les livres et polémiquer sur la supériorité de certains genres (Goebbels se retournerait peut-être dans sa tombe.)
Mais le tour de force de ce "petit machin" est de savoir faire référence, sans jamais totalement l'imiter, à une autre pièce hyper connue du répertoire français. En effet, les références à Sartre y sont plus qu'évidentes : ce Huis-Clos, ce trio infernal, la séduction alternative des uns et des autres, et puis, cette réplique-culte ("L'enfer c'est les autres !"), admirablement détournée dans la bouche de la jolie étudiante ("L'enfer, c'est le froid !"), au beau milieu de la pièce dont la situation est déjà étranglée par la guerre, le huis-clos et le choix crucial qui se met en place... Très réussi, Madame Nothomb !
Enfin, derrière ses faux-semblant, madame Nothomb, nous pose les questions auxquelles nous n'aimons être confrontés, nous renvoie à notre propre part d'animalité, à notre peur de mourir, à cet instinct si abominable qui est l'instinct de conservation, à notre regard sur l'autre, en tant qu'il est le seul outil nécessaire à notre survie, à notre jugement de la jeunesse, de la beauté... on en viendrait presque à fredonner Goldman... "et si j'étais né en 17 à Liedenstadt".
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MissSherlock
  11 septembre 2016
Il y avait un moment que je n'avais pas lu ce livre et c'est étrange mais j'en gardais un meilleur souvenir. Cette relecture a été une déception.
C'est tellement court et bâclé que l'on reste en surface alors que le sujet est intéressant.
Imaginez : c'est la guerre, c'est l'hiver, on se caille les miches, il n'y a presque plus rien à manger mais, pis que tout, il n'y a plus rien à brûler pour se réchauffer. Trois survivants - une jeune étudiante et deux professeurs - tentent de se ranimer en brûlant les livres du doyen. Oui mais quels livres ? Quels livres méritent-ils l'autodafé ? Et quel livre mérite-t-il d'être épargné quitte à crever de froid ?
Quand on aime les bouquins comme nous les aimons, ces questions ont de quoi nous secouer les méninges. Je m'attendais à une réflexion plus pertinente sur la critique littéraire - parce qu'au fond c'est bien de cela qu'il s'agit. Amélie Nothomb se contente d'aligner les clichés : les enseignants défendent des livres imbuvables et lisent en secret des inepties ; les étudiants gobent trop facilement ce que leur disent leurs enseignants ; et les écrivains ont des lecteurs idiots et ils doivent faire avec eux. Sympa. Non, c'est trop léger et beaucoup trop cynique.
Et puis il y a une chose que je ne m'explique pas : pourquoi Miss Nothomb a-t-elle inventé des titres ? Pourquoi n'a-t-elle pas parlé de vrais livres, ceux qu'elle aime et ceux qu'elle voue aux gémonies ? Nous aurions eu une vraie base de réflexion parce que là, quand Le Professeur défend un bouquin, on ne sait pas s'il vaut ou pas la peine de crever de froid. Nous aurions eu une référence et nous aurions même pu nous agacer ou, au contraire, soutenir les choix de l'écrivain.
Peut-être a-t-elle eu peur de se mettre la critique à dos ou ses lecteurs ? C'est bizarre ce manque d'audace.
Moi par exemple, en pareil cas, je cramerai La Guerre du Feu (n'y voyait aucune ironie), Je l'aimais, La tache, tous les Astérix écrit par Uderzo, La Chartreuse de Parme, Frankenstein, La liste de mes envies, Prendre Fin, Esprit d'Hiver, L'Alchimiste, L'élégance du hérisson... La liste est longue. On a bien le droit de ne pas être d'accord avec moi et de me traiter d'ignare mais, au moins, je ne me cache pas derrière des inventions.
Cette pièce de théâtre aurait pu être enrichissante et susciter le débat. Elle m'aura tout juste permis de passer le temps une heure. C'est mieux que rien.
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Yumiko
  31 janvier 2015
Voilà un roman sous forme de pièce de théâtre qui s'avère bien étrange et déstabilisant... Difficile de savoir clairement si nous avons apprécié ou pas une fois la dernière page tournée tellement sa présentation est originale et inattendue, tout comme le contenu qui se perd parfois dans des méandres où il faut se concentrer pour réussir à suivre les pérégrinations de l'auteur.
De nombreuses réflexions philosophiques et littéraires sous-tendent cette oeuvre et la rendent par moment bien indigeste. du moins cela fut le cas pour moi qui ne connaissais ni les oeuvres ni les auteurs dont il était question, du coup j'ai eu beaucoup de mal à comprendre les critiques exposées. Au-delà de ça, j'ai adoré suivre des lecteurs discourir sur l'importance ou non de certaines oeuvres et devoir faire des choix pour se chauffer et donc rester en vie. C'est tout une réflexion autour de l'importance des romans, de leur contenu et de la plume des auteurs qui nous est offerte et nous nous retrouvons à nous poser les mêmes questions: si je devais éliminer petit à petit mes romans, par lesquels oserais-je commencer?
L'idée de base est donc excellente et la présentation sous forme de pièce de théâtre sert très bien le contenu de ce roman, mais les discussions sont souvent bien trop longues pour que l'intérêt du lecteur soit conservé suffisamment longtemps. du moins cela a été mon cas vu que je n'arrivais clairement pas à me plonger dans certains échanges. Peut-être que si je connaissais les oeuvres dont il était question, j'aurais réussi à m'intéresser davantage au roman...
A côté de toutes ces réflexions, le contexte de l'histoire reste assez vague... Nous savons que nous sommes en pleine guerre, qu'il devient de plus en plus difficile de survivre pour la population, mais sinon nous ne savons pas de quel conflit il est question et ce qu'il s'est vraiment passé et je trouve cela un peu dommage. Toutefois ce n'était pas le propos de cet ouvrage, donc j'imagine que c'était un choix scénaristique de la part de l'auteur. La fin quant à elle était à la hauteur des espérances et clôt magnifiquement bien cette histoire qui s'accélère de façon bienheureuse sur les dernières pages.
En bref, un avis en demi-teinte pour cette pièce de théâtre, car si j'ai aimé les idées et certains faits, je me suis aussi enlisée dans les discussions qui avaient parfois tendance à s'éterniser...
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett   16 décembre 2009
La formulation habituelle en est: "Quel livre emmèneriez-vous sur une île déserte ?" Interrogation que j'ai toujours trouvée un peu stupide, car absurde: si le métier de professeur d'université devait offrir, en prime, un voyage sur une île déserte, ça se saurait. Mais, posée à l'envers, la question devient essentielle: quels livres auriez-vous le moins de scrupules à détruire ? Sans la guerre, je n'aurais jamais envisagé cette hypothèse. Et s'il n'y avait pas eu Sterpenich, je me demande quel auteur j'aurais choisi en premier lieu.
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SoleneySoleney   19 août 2015
MARINA. Sterpenich ! Quand je pense que vous m'avez forcée à le lire en première année.
LE PROFESSEUR. Ne me dites pas que vous l'avez vraiment lu.
MARINA. Mais si, Professeur. Je n'ai jamais été assez intelligente pour faire semblant d'avoir lu un livre. J'ai lu tout Sterpenich !
LE PROFESSEUR (se tournant vers Daniel). Vous vous rendez compte, Daniel ? Nous avons des étudiants qui lisent les livres que nous leur demandons de lire ! Si j'avais su, j'aurai eu quelques scrupules en dictant les listes de lectures obligatoires. Ma pauvre petite, je suis désolé.
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le_Bisonle_Bison   31 janvier 2013
Au fond de la pièce, une immense bibliothèque surchargée de livres couvre tout le mur. Le reste de la salle frappe par son dénuement : ni tables, ni bureau, ni fauteuil, seulement quelques chaises en bois, et à droite, un énorme poêle en fonte.
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Mademoiselle404Mademoiselle404   02 avril 2012
Oui. Et puis c’est si confortable de continuer à salir la réputation d’un livre. Aucun risque que le bouquin se venge : c’est ça qui est bien avec la littérature. On peut tout se permettre.
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x-Kah-mix-Kah-mi   20 décembre 2010
Au fond de la pièce, une immense bibliothèque chargée de livres couvre tout le mur. Le reste de la salle frappe par son dénuement: ni tables, ni bureau, ni fauteuil, seulement quelques chaises en bois et, à droite, un énorme poêle en fonte. Un homme d'une cinquantaine d'années est assis sur une chaise et écrit sur une liasse de papiers qu'il tient sur ses genoux. Il porte un pull à col roulé.
Entre un homme d'une trentaine d'années, vêtu d'un gros manteau qu'il n'enlève pas.
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