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ISBN : 2253139467
Éditeur : Le Livre de Poche (01/08/2002)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 1237 notes)
Résumé :
C'est la guerre et c'est l'hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement.
Combien de jours leur reste-t-il à vivre ?
En attendant, il n'est plus interdit de révéler ses vraies passions.
L'amour, le désir, l'intelligence résistent-ils au froid ?
A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ?
Enfin, à l'heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas êtr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (106) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  01 février 2013
« Au fond de la pièce, une immense bibliothèque surchargée de livres couvre tout le mur. le reste de la salle frappe par son dénuement : ni tables, ni bureau, ni fauteuil, seulement quelques chaises en bois, et à droite, un énorme poêle en fonte. »
Ainsi commence Les Combustibles. Peut-être devrais-je donc m'arrêter là ? Au moins pour respirer, et pour fureter en détail le long étalage des bouquins entreposés dans cet espace restreint qu'est une immense bibliothèque. La mienne est minuscule (je parle de bibliothèque, ne cherches pas systématiquement une connotation sexuelle à mes propos). Et je me fais cette réflexion intérieure : où poser mes fesses pour lire ce Nothomb s'il n'y a ni canapé, ni fauteuil. Certainement pas sur le poêle, ça risque de faire griller mes roustons. Seconde réflexion (effet Nothomb, je réfléchis plus) : où vais-je posé mon verre de bière s'il n'y a ni table, ni bureau. Certainement pas sur le poêle, ça va faire griller mon malt, et les bières noires ne sont pas franchement mon truc. L'histoire débute mal avec ces deux questions laissées sans réponse. Je décide donc d'avancer dans ma lecture, à jeun et debout.
Mais avant, j'ai une question à te poser : Quel livre emporteras-tu sur une île déserte ?
Je te laisse réfléchir, tu n'auras qu'à repasser par ici dans six mois pour me donner ta réponse. Voilà donc le sujet principal de ce roman.
La question n'est pas exactement posée de cette manière, mais le principe en est le même. Nous sommes en pleine guerre, la ville est assiégée depuis plus d'une année et les bombardements ne cessent pas… Un professeur, son assistant et Marina, étudiante et accessoirement maîtresse actuelle, temporaire de l'assistant, se retrouvent réfugiés dans un appartement. Plus de meuble, plus de babiole, juste un poêle et une bibliothèque remplie d'ouvrages… C'est l'hiver et on se gèle les miches et les roustons… Tu vois où je veux en venir… Dans ce court roman (huis-clos construit façon pièce de théâtre), les trois protagonistes vont discourir pour savoir quels livres méritent d'atterrir dans les flammes du poêle afin de recueillir un peu de chaleur… La survie est à ce prix !
A dire vrai, l'idée me paraissait des plus prenantes, mais les références d'Amélie Nothomb me laissent de marbre, et j'ai l'impression de ne pas avoir tout saisi l'importance des auteurs cités. J'en ressors donc avec un sentiment de frustration et une petite voix intérieure me disant que j'aurais tout aussi bien pu poursuivre mon chemin au milieu des bombes sans perdre mon temps avec ce bavardage.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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cicou45
  18 février 2018
Ah, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un petit Amélie Nothomb et cela m'a redonné quelque vigueur. Contrairement à Marina, l'une de nos protagonistes ici, je suis persuadée, moi, au contraire, que la littérature réchauffe, du moins si elle ne réchauffe pas le corps, sert-elle au moins à réchauffer le coeur.
Ici, nous nous trouvons dans une drôle de situation : trois personnage : Le Professeur et deux de ses anciens élèves, Daniel et Marina. La guerre faisant rage à l'extérieur, ils se retrouvent donc confinés à l'intérieur d'une pièce, quasiment dépourvue de meubles puisque tous ont servi à alimenter le poêle. Par manque de nouveaux objets à brûler pour entretenir un minimum de chaleur, si tant est que celle-ci puisse encore exister lorsque les personnes s'entre-tuent à l'extérieur, le seul "combustible" qui reste à utiliser sont les précieux livres du professeur. Reste à définir par lesquels commencer et lesquels seront les derniers survivants. S'engage alors une discussion entre nos trois protagonistes pour savoir lequel fera partie de la fournée du soir. Ces trois personnages sont très émouvants car bien que ne faisant pas la guerre avec des armes, ils la font en continuant à lire. N'est-ce pas la plus belle des résistances qui soient ?
Un livre qui se lit très vite et avec d'innombrables messages cachés à l'intérieur. Avec un style léger mais toujours aussi dérangeant de par ses énigmes enfouies, Amélie Nothomb dérange encore une fois son lecteur qui pourtant, se laisse prendre au piège ! A découvrir et à faire découvrir.
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rabanne
  17 octobre 2016
Sans doute ne lis-je plus Amélie Nothomb comme lorsque j'étais plus jeune. Oui, certainement. Ce roman, datant de 1994 et faisant 89 petites pages, m'a globalement laissée de marbre.
Un huis-clos sur fond de guerre utopique. Les bombes pleuvent et les barbares paralysent la ville, tout comme cet un hiver glacial, sans combustible pour se réchauffer. Deux jeunes étudiants et un professeur quinquagénaire s'affrontent dans une joute verbale teintée de désespoir, de cynisme, de folie. Il est question de survie, d'autodafé...
La plume est tantôt incisive, cruelle, tantôt légère, absurde.
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sultanne
  02 décembre 2012
Et voilà que Madame Nothomb nous fait le coup du livre à emmener sur une île déserte. Bien connu, comme thème, pourc elle qui prend tant de plaisir à sortir des sentiers battus ! Mais il me semble que cette pièce va bien au-delà de cette problématique philosophique du "quel livre mériterait d'être sauvé ?".
La forme, aussi surprenant qu'elle soit chez Nothomb, lui permet une parfaite maîtrise des personnages, une psychologie fine où le lecteur comprend vite que le plus sain en apparence est également le plus tordu... le lieu, vague et équivoque permet à chacun d'y transposer ses propres fantasmes, laissant toute latitude au lecteur pour s'approprier l'événement. Enfin, les titres des livres, masqués et imaginaires, ne sont que des pretextes pour classifier les livres et polémiquer sur la supériorité de certains genres (Goebbels se retournerait peut-être dans sa tombe.)
Mais le tour de force de ce "petit machin" est de savoir faire référence, sans jamais totalement l'imiter, à une autre pièce hyper connue du répertoire français. En effet, les références à Sartre y sont plus qu'évidentes : ce Huis-Clos, ce trio infernal, la séduction alternative des uns et des autres, et puis, cette réplique-culte ("L'enfer c'est les autres !"), admirablement détournée dans la bouche de la jolie étudiante ("L'enfer, c'est le froid !"), au beau milieu de la pièce dont la situation est déjà étranglée par la guerre, le huis-clos et le choix crucial qui se met en place... Très réussi, Madame Nothomb !
Enfin, derrière ses faux-semblant, madame Nothomb, nous pose les questions auxquelles nous n'aimons être confrontés, nous renvoie à notre propre part d'animalité, à notre peur de mourir, à cet instinct si abominable qui est l'instinct de conservation, à notre regard sur l'autre, en tant qu'il est le seul outil nécessaire à notre survie, à notre jugement de la jeunesse, de la beauté... on en viendrait presque à fredonner Goldman... "et si j'étais né en 17 à Liedenstadt".
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ladesiderienne
  05 mai 2018
Une petite heure suffit pour venir à bout de ce titre d'Amélie Nothomb. Certes elle nous a habitués à des productions peu épaisses mais là, 110 pages et une police d'écriture plutôt large, cela ne fait pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais la qualité l'emporte-elle sur la quantité ? En général, j'aime bien la plume si particulière de cette auteure. Pour moi, cette pièce de théâtre à vocation philosophique n'est pas l'ouvrage où elle est le plus mise en valeur même si quelques répliques acides fusent dans les dialogues.
Dans un pays (de l'Est ?) en guerre, la ville est assiégée par les Barbares en plein hiver. Un professeur de littérature plutôt cynique héberge son assistant Daniel, idéaliste et rêveur. La cité universitaire ayant été détruite, se joint à eux Marina, une jeune étudiante très frileuse et petite amie de Daniel. Pour alimenter le poêle, les seuls combustibles restants sont désormais les livres que contient la bibliothèque du professeur. Mais lesquels faut-il sacrifier pour obtenir un peu de chaleur ? le bien-être physique même fugace prime-t-il sur le réconfort intellectuel ?
Amélie Nothomb nous montre qu'en cas de grande nécessité, les principes changent : les idées sur les valeurs dans la vie, sur l'amour, sur le désir, sur la mort peuvent se modifier. Lorsqu'il est question de survie, il est facile de détruire ce que l'on a encensé et accepter ce que l'on aurait normalement refusé. C'est bien sûr une pièce débat sur ce qu'apporte la littérature à l'existence et sur le côté temporaire d'une critique, qui vaut pour un moment donné et dépend beaucoup de l'état présent du lecteur. Je vois bien ce texte étudié en seconde/première mais pour une lecture détente, c'est à mon goût un peu trop philosophique. 12/20
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
SpilettSpilett   16 décembre 2009
La formulation habituelle en est: "Quel livre emmèneriez-vous sur une île déserte ?" Interrogation que j'ai toujours trouvée un peu stupide, car absurde: si le métier de professeur d'université devait offrir, en prime, un voyage sur une île déserte, ça se saurait. Mais, posée à l'envers, la question devient essentielle: quels livres auriez-vous le moins de scrupules à détruire ? Sans la guerre, je n'aurais jamais envisagé cette hypothèse. Et s'il n'y avait pas eu Sterpenich, je me demande quel auteur j'aurais choisi en premier lieu.
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lieutenant_Xlieutenant_X   08 avril 2018
Marina. Non ! (Terrassée d'horreur, elle regarde, près de l'entrée du poêle, les flammes qui dévorent le livre. Elle reste figée quelques instants. Puis elle regarde le professeur avec autant de haine que possible.) Je ne veux plus vous voir ! (Elle se lève et s'enfuit dans les coulisses.)

Le Professeur. (haussant la voix, débonnaire). Mais non, ne partez pas ! Profitez au moins de cette belle flambée ! Mon Dieu, qu'elle est sotte, cette petite !

Daniel. Allez, je suis soulagé : elle est quand même moins monstrueuse que vous.

Le Professeur (avec un sourire guilleret). À l'impossible nul n'est tenu.

Daniel. Je me demande ce qu'elle est allée faire, dehors.

Le Professeur. Comment, vous ne le savez pas ?

Daniel. Vous le savez, vous ?

Le Professeur. Mais oui. Elle m'a toujours dit que le jour où il n'y aurait plus de livres, elle irait se promener au milieu de la grande-place. Il paraît que c'est le nouveau suicide à la mode.

Daniel. Quoi ? (Il se lance dans les coulisses à sa poursuite.)

Le Professeur (qui rigole, bien au chaud près du poêle). Et voici comment profiter tout seul d'une bonne flambée !
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cicou45cicou45   18 février 2018
DANIEL : [...] La guerre, c'est se battre, et nous ne nous battons pas. Nous sommes assiégés.
LE PROFESSEUR : Je ne suis pas d'accord. Vous vous battez. Pour nous autres, professeurs, continuer à donner cours, c'est se battre. Et pour nos étudiants, continuer, en dépit des bombes, à s'intéresser à la place de l'adverbe dans les subordonnées chez les poètes romantiques, c'est se battre.
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ladesiderienneladesiderienne   04 mai 2018
MARINA. Après l'éternité, vous invoquez l'Occident ! Vous avez le talent de parler de grands machins qui n'existent pas.

LE PROFESSEUR. Admirable, Marina ! Il faut proposer cela aux dictionnaires : "Occident : grand machin qui n'existe pas. Voir Éternité" - éternité serait écrit en gras. Oh, pardon.

MARINA. Pourquoi vous excusez-vous ?

LE PROFESSEUR. Parler de gras, devant vous, c'est de mauvais goût. Autant parler d'une chute d'eau au Sahel.
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SoleneySoleney   19 août 2015
MARINA. Sterpenich ! Quand je pense que vous m'avez forcée à le lire en première année.
LE PROFESSEUR. Ne me dites pas que vous l'avez vraiment lu.
MARINA. Mais si, Professeur. Je n'ai jamais été assez intelligente pour faire semblant d'avoir lu un livre. J'ai lu tout Sterpenich !
LE PROFESSEUR (se tournant vers Daniel). Vous vous rendez compte, Daniel ? Nous avons des étudiants qui lisent les livres que nous leur demandons de lire ! Si j'avais su, j'aurai eu quelques scrupules en dictant les listes de lectures obligatoires. Ma pauvre petite, je suis désolé.
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