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ISBN : 0037049542
Éditeur : Grasset (01/04/1973)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Paris, 1943-1944.
Quelques adolescents traversent les années réputées les plus lumineuses de leur existence, qui se trouvent être aussi, pour leur pays, les plus sombres. A quoi ressembla cet apprentissage bousculé, cet âge de désir, de révolte et de feu vécu dans l'étouffoir de la fin de l'Occupation ? Le bachot ou le maquis ? Les filles ou l'héroïsme ? Le renoncement à vivre ou la rage de vivre ?
Au vrai, pour Lucien, Noëlle, Luc, Bertrand, Colette, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
brumaire
  27 février 2018
Un roman d'apprentissage. Lucien Lechade, alter ego de François Nourissier est étudiant à Louis le Grand. L'époque est particulière : Printemps 1944. Pour Lucien, le bac est en ligne de mire comme le sont les Allemands pour les Alliés qui préparent le Débarquement en Normandie. le problème de Lucien c'est de trouver sa place . Irrémédiablement il se sent " à côté" , en porte-à-faux. A Louis le Grand, ses condisciples sont pour la plupart des fils de bonnes familles . Même si Lucien accapare les meilleures notes en philo et en histoire , un fossé invisible sépare l'aisance des uns de la poussive bonne volonté de l'autre. Lucien se dote alors d'une carapace hautaine faite de sarcasme et de cynisme qui lui permet de cacher la provenance "honteuse" de ses origines : une famille petite bourgeoise besogneuse qui "crèche" rue Saint-Séverin au 3e étage d'un immeuble populaire.
Luc, un ami de Lucien, l'invite alors chez lui et lui présente sa soeur Noëlle. S'ensuit une relation compliquée où les différences sociales constitueront comme autant de blocages à l'épanouissement amoureux des deux tourtereaux.
"Allemande" est un roman qui fait inévitablement penser à L'Education sentimentale de Flaubert. Il y a du Frédéric Moreau dans Lucien. Nés tous les deux à une "mauvaise époque" , Lucien, comme Frédéric à la Révolution de 1848 (et comme Fabrice del Dongo à Waterloo...) , assistera aux péripéties de la libération de Paris sans y prendre vraiment part et sans rien y comprendre. Il aura le sentiment comme ses grands frères en littérature du siècle précédent "d'être passé à côté de l'Histoire".
Roman d'apprentissage, roman de formation. On sait l'adolescence être un âge délicat sinon ...ingrat. Lucien n'échappe pas à la règle. Les évènements servent de décor à l'élaboration du "moi" adulte. Les peines de coeur se mêlant inextricablement aux péripéties de l'Histoire.
L'ironie sous-jacente parcourant tout le roman, et le style très particulier de François Nourissier (phrases courtes et sèches, sans pathos, distanciations et ellipses...) concourent au plaisir du lecteur, même si la lecture se doit d'être attentive car l'auteur est friand de coq à l'âne et de raccourcis abrupts.
Tout Nourissier , le "pape" des Goncourt, l'homme de droite un peu conservateur qui aurait pu être un "Hussard", l'écrivain à l'intellect acéré jamais dupe des grandes envolées idéalistes (beaux passages dans "Allemande" , où collabos comme résistants prennent leurs lots de sarcasmes..) , et bien , oui, tout Nourissier est déjà dans "Allemande". On retrouvera plus tard , dans d'autres oeuvres, les avatars du petit Lucien Lechade : des hommes qui ne s'aimaient pas et qu'une "infirmité" du moi empêcheront de dire oui à la vie.
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araucaria
  13 avril 2012
Le premier roman de François Nourissier que je lisais. J'ai été énormément déçue sans doute parce que j'attendais trop de ce grand écrivain. Je n'ai pas apprécié la manière dont il traitait le sujet, lié à l'occupation de Paris et la libération.
Lien : http://araucaria.20six.fr/
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
brumairebrumaire   27 février 2018
Les justiciers portaient des casques sur la nuque, des cartouchières et, à la ceinture, d'énormes étuis à révolver pris sans doute à des sous-offs allemands. Sur leurs visages passaient des ombres ignobles : jactance, rigolade. Et puis soudain un souffle de panique, la peur qu'on la tuât, leur proie, la pauvre pute dont ils avaient rasé les cheveux, arraché les vêtements Dieu sait avec quels attouchements obscènes, sur laquelle ils avaient peint cette croix gammée dont les branches coulaient en bavures écarlates vers le cou, les épaules, le visage convulsé de leur victime. Et autour de moi , les gueules ! Tout ce qui tremblait, tout ce qui luisait, suffoquait, pourrissait sur les gueules ! La bouche ouverte des hommes. Les mots que mâchaient les femmes avant de les jeter à cette bête forcée, à cette chose de chair et de cris qui avait connu les caresses.
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brumairebrumaire   27 février 2018
Mon vélo dérapa et le tête-à queue me jeta dans un groupe d'hommes et de femmes dressés sur la pointe des pieds. Ils essayaient de mieux voir. On me retint de tomber, en maugréant. Puis la petite foule soudain s'ouvrit, et à trois mètres de moi surgit, tendue en avant par l'instinct de fuir, d'échapper à ce cul-de-sac, figure de proue abominable, une femme sans âge,le torse nu, tondue, le visage et le crâne barbouillés de peinture rouge. Des types la retenaient par ses deux bras qu'ils tordaient en arrière, l'offrant à la foule comme du gibier crevé, une dérisoire statue de victoire dont le mouvement, l'élan animal faisaient saillir deux seins très blancs sous les dégoulinades de minium. Tout cela , en moi, précis et brûlant comme si la scène s'était déroulée hier et avait duré très longtemps, me laissant le loisir de la détailler : la croix d'or entre les seins de la femme ; la petite culotte de jersey bleu, souillée, déchirée, qu'on lui avait laissée pour tout vêtement ; le rictus qui lui tordait le visage -supplication, terreur.....
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brumairebrumaire   27 février 2018
Les messieurs convenables essaient de parler aux soldats, entre hommes, entre guerriers, mais qui sont ces soldats rieurs, bronzés ? Qui pourraient être les fils des messieurs convenables mais justement ne le sont pas. Les filles aux joues brûlantes, aux lèvres barbouillées. Les gosses qui posent la main sur le blindage des chars. Les femmes aux cheveux gris , un cabas à la main, plantées sur les trottoirs, un peu à l'écart, et qui regardent, regardent....Les gens compétents déjà savent tout : le tonnage des tanks, le calibre des canons, l'âge du capitaine, le sens des sigles nouveaux, de ces écussons.
[...] Il erre à travers cette fête, Lucien, dans un sentiment d'injustice et de solitude affreuses. Injustice, ce n'est pas vraiment le mot. Il pense : ce sont les autres... Les soldats, les vainqueurs, ce sont les autres. [...] il avait cru que ce serait une heure de joie. La seule qu'il se permettrait.
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brumairebrumaire   27 février 2018
Les mains de Maman sentaient toujours un peu l'eau de Javel. Des mains aux ongles ras, dont les rhumatismes, déjà, nouaient les articulations comme ont le voit aux femmes qui ont lavé beaucoup de linge, rincé d'innombrables vaisselles. J'avais peur que mes beaux amis ne le sentissent, ce parfum, quand ils se cassaient en deux devant Maman pour effleurer de leurs lèvres le bout de ses doigts. Et dans le mouvement un peu théâtral du baisemain ils devaient -je tremblais de l'imaginer- découvrir tout le panorama de notre humilité : le linoléum bleu de l'entrée, tacheté façon marbre, le tapis épuisé du salon....
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domnodomno   20 février 2014
Les mains de Maman sentaient toujours un peu l'eau de Javel.
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Albert Cohen ; 5 et dernier
Albert COHEN : entretien avec François NOURISSIER, Jean Didier WOLFROMM, Françoise XENAKIS, Robert SABATIER et le Révérend Père Lucien GUISSARD à propos de ses livres testaments : sa passionjuive, ses occupations entre la composition de deux livres ; ses goûts littéraires. Pense que les femmes sont inférieures dans le domaine de l'action littéraire (tient des propos désagréables sur...
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