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Novalis (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070321933
192 pages
Gallimard (08/04/1980)
3.94/5   43 notes
Résumé :
Plus qu'un patriote, plus qu'un esprit (et quel esprit ! – il a côtoyé Fichte, Hölderlin et Schlegel), Novalis est, selon l'expression d'Armel Guerne, un "famélique du ciel". Sa poésie est tension absolue vers l'infini. Totalement débarrassé de toute considération matérialiste et terrestre, Novalis n'a de cesse d'expérimenter, par l'écriture poétique, la potentialité puis l'effectivité de l'Éternité. Dans les Hymnes à la nuit parus en 1800 dans la revue Athenaeum di... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  10 janvier 2017
Le romantisme aurait-il existé sans le bacille de la tuberculose ? Ces écrivains, ces peintres, auraient-ils eu une telle soif de vie si les leurs n'avaient été aussi courtes ? Auraient-ils tant recherché la beauté, s'ils n'avaient pas senti leurs forces s'échapper et la terre humide se rapprocher d'eux inexorablement ?
Une question qu'illustre bien Novalis. Pendant allemand de John Keats, il vécut quatre années de plus que ce dernier, ce qui lui permit de laisser une oeuvre nettement plus fournie.
Les disciples à Saïs est l'une de ses oeuvres les plus emblématiques. Étrange texte que celui-ci. Qui est ce Maitre, qui encourage ses disciples à aller découvrir la beauté de la nature, à chercher les pierres étranges et les coquillages rares, qui leur révèle les secrets du monde ? le narrateur lui-même ne le sait pas. Il y a là une profonde réflexion sur les rapports entre science, nature et poésie. Trois domaines qu'il semble se désoler de voir prendre des chemins si différents. S'il avait su jusqu'où ils les mèneraient !
Nombre d'éléments semblent faire références à d'anciennes controverses entre scientifiques de l'époque. A bien des égards, le texte préfigure également l'orientalisme, et la fascination pour le bouddhisme qui apparut plus tard en Europe. Il y a un peu de Saïs dans le Siddhartha de Hermann Hesse
Son Hymne à la Nuit est non moins beau et étrange. Une suite de courts chapitres glorifiant la nuit et le sommeil, que par un étrange retournement il assimile à l'amour spirituel, et à l'amour de sa bien-aimée perdue. La lumière du jour n'est plus libératrice mais séparatrice. le christianisme de Novalis y apparait ; mais c'est dans ses hymnes religieux que s'illustre toute la profondeur de sa foi et de sa spiritualité. Ils furent mis en musique de nombreuses fois, notamment par Schubert.
Le traducteur rapporte qu'à son enterrement son père, qui ne s'était jamais préoccupé des activités poétiques de son fils, fut frappé par la beauté d'un des hymnes, et demanda qui en était l'auteur. « Comment, lui répondit-on, mais vous ne savez donc pas que c'est votre fils ! »
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Joualvert
  09 mars 2017
Quelle âme resplendissante que ce Novalis, poète accompli et idéaliste inspiré. Ses écrits irradient un émerveillement contagieux et tout ce dont il traite semble essentiel.
''Les disciples à Saïs'' m'a fortement impressionné. Les membres de cette manière d'ordre initiatique discutent de l'homme face au monde qui l'entoure et sa volonté d'en percer les secrets. Bien que ce fut écrit à l'aube seulement de la formidable avancée scientifique des deux siècles qui ont suivi, certains passages feront vibrer ceux qui ont un peu de scientifique en eux. Le contenu philosophique de ce texte est évident, mais ce n'est pas du tout l'approche utilisée. C'est par la poésie que sont abordées toutes ces questions, et ce avec une intensité lyrique hors-norme.
Dans les ''Hymnes à la nuit'', on fait l'hommage de la nuit mais également de la mort, avec sérénité et une piété qui devient de plus en plus apparente en avançant. Sous forme de poésie en prose pour la plus grande partie, j'ai particulièrement prisé les premiers hymnes. Les ''Chants religieux'' sont exactement ce que ce titre signifie, et sont, ma foi, sans grand intérêt.
La préface d'Armel Guerne, le traducteur de cette édition, fut également une aventure en soi. Peu semble s'en falloir qu'il prenne Novalis pour la seconde venue du Messie. Mais que l'on pense qu'il va loin ou non, cette préface intense vaut la peine d'être lue.
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Moulayee
  09 octobre 2018
Bon j'avoue dans ce tout début de XIXème siècle, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent.
J'ai quand même choisi ce truc bizarre en allemand. C'est pas exactement un roman mais ça s'en rapproche. En tout cas, c'est en prose et c'est plus ou moins un récit.
L'ouvrage est pas très fameux mais son auteur si. J'avoue je connaissais pas trop mais après m'être renseigné, il apparaît que c'est un sacré bonhomme. Romancier, philosophe, poète (classique vous me direz là) mais aussi (tenez-vous bien) géologue, juriste, ingénieur des Mines et minéralogiste.

Le plus impressionnant ( le gars a vécu 10 vies déjà) c'est qu'il a vécu que 28 ans. Moi j'en ai 23 et j'ai juste une licence en histoire. Bon il me reste cinq ans pour tout rattraper.
Trêve de plaisanterie, on passe à la critique parce que je me suis quand embêté à le lire ce livre.
Le livre est plaisant à lire, c'est le bon point. Il s'agit d'un mélange entre conte philosophique et roman initiatique: un disciple relate l'enseigenement de son maître qui traite de pas mal de thèmes généraux comme Dieu ou la Nature qu'il confond et lie d'ailleurs.
Le récit est vraiment étrange: y a un côté poétique et tout plein d'allégories qui rend le propos très perché et assez flou. En gros, le maitre enseigne qu'il faut découvrir tous les secrets de la nature, rechercher la beauté... bon c'est très mystique.
Sinon si j'ai mis une assez bonne note c'est pour l'écriture très poétique. On trouve vraiment de très belles phrases, des agencements de mots agréables qui surprennent, c'est de la prose et ça se rapproche d'un roman mais c'est indéniable que l'auteur a voulu mêler poésie et prose avant même Rimbaud, Césaire, enfin les grands noms de la poésir en prose. Et c'est très réussi ! Je me demande d'ailleurs si c'est pas un pionnier dans la langue française dans ce genre là.
Du coup, je suis satisfait d'avoir découvert ce livre. Très bizarre mais ça vaut le coup d'y jeter un oeil et même les deux tant qu'à faire.
Pour la critique: https://livreavanttout.blogspot.com/2018/10/1800-1805-bof-bof-bof.html
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Bouteyalamer
  17 avril 2018
Court roman et long poème en prose, « Les disciples à Saïs » est un discours mystique, grandiose et emporté, où Dieu est figuré par la Nature. le narrateur reçoit l'enseignement du Maître, développe ses thèses, puis donne la parole à ses disciples, figures kaléidoscopiques de lui-même — l'enfant, le bel Hyacinthe, « un autre » et « un troisième » —, jusqu'au discours final du Maître.
Novalis développe une philosophie archaïque, proche des thèmes maçonniques, avec des pôles opposés, apollinien et apocalyptique : « Il contemplait les étoiles et reproduisait sur le sable leur position et leur course. Sans repos, il plongeait son regard dans l'océan des airs, admirant sa transparence, ses mouvements, ses nuages, ses lumières ; et sa contemplation ne connaissait pas de fatigue » (p 38). « Entrer en relation avec les forces de la Nature, avec les bêtes, les plantes, les pierres, les tourmentes et les vagues, pour les hommes, c'est devoir nécessairement être assimilés par elles ; et cette assimilation, cette transformation et cette résolution du divin et de l'humain en des forces incontrôlables, cela, c'est l'esprit même de la Nature, cette puissance épouvantable de dévastation et d'engloutissement : - et ce qu'on voit, tout cela n'est-il pas, déjà, un butin pris au ciel, la ruine immense des magnificences passées, les reliefs d'un repas effroyable ? » (p 52).
Le traducteur-préfacier, Armel Guerne, compare Novalis à Rimbaud. Novalis n'a pas la fulgurance et la radicalité de Rimbaud, et encore moins sa révolte. Il pratique l'obscurité allusive du gnostique, non pas celle, frontale, du Voyant. Pour rester dans l'anachronisme, il m'évoque plutôt les discours contournés de Borges, mais sans l'ironie.
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lecteur84
  11 octobre 2017
La nature est ici présente partout, de même que Dieu. j'ai surtout été sensible à Hymnes à la nuit. Tantôt elle se fait complice, tantôt elle se fait menaçante. Il y voit aussi bien la perte que la délivrance. Sa propre délivrance est encore une forme de perte, de celle qui nous attache à l'éphémère existence trop étroite pour embrasser toute la puissance de l'âme. La nuit et la mort se lient, elles deviennent source d'un renouvellement, d'une élévation pour donner à l'âme l'eternité apaisante qu'elle mérite. Est-ce de sa part un doux mensonge qu'il aime à se répeter pour se donner du courage, ou une réalité que sa propre destinée déjà tracée le pousse à dévoiler?
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   22 septembre 2020
3ème Hymne à la Nuit –
« Einst da ich bittre Thränen vergoß, da in Schmerz aufgelöst meine Hoffnung zerrann, und ich einsam stand am dürren Hügel, der in engen, dunkeln Raum die Gestalt meines Lebens barg – einsam, wie noch kein Einsamer war, von unsäglicher Angst getrieben – kraftlos, nur ein Gedanken des Elends noch. – Wie ich da nach Hülfe umherschaute, vorwärts nicht konnte und rückwärts nicht, und am fliehenden, verlöschten Leben mit unendlicher Sehnsucht hing: – da kam aus blauen Fernen – von den Höhen meiner alten Seligkeit ein Dämmerungsschauer – und mit einemmale riß das Band der Geburt – des Lichtes Fessel. Hin floh die irdische Herrlichkeit und meine Trauer mit ihr – zusammen floß die Wehmuth in eine neue, unergründliche Welt – du Nachtbegeisterung, Schlummer des Himmels kamst über mich – die Gegend hob sich sacht empor; über der Gegend schwebte mein entbundner, neugeborner Geist. Zur Staubwolke wurde der Hügel – durch die Wolke sah ich die verklärten Züge der Geliebten. In ihren Augen ruhte die Ewigkeit – ich faßte ihre Hände, und die Thränen wurden ein funkelndes, unzerreißliches Band. Jahrtausende zogen abwärts in die Ferne, wie Ungewitter. An Ihrem Halse weint ich dem neuen Leben entzückende Thränen. – Es war der erste, einzige Traum – und erst seitdem fühl ich ewigen, unwandelbaren Glauben an den Himmel der Nacht und sein Licht, die Geliebte. »

traduction d’Armel Guerne

« Un jour que je versais amèrement des larmes, que défaite en douleur, mon espérance allait s’évanouir, – et j’étais solitaire, debout près de ce tertre aride qui, dans son lieu obscur et resserré, détenait l’être de ma vie – solitaire comme aucun solitaire n’avait jamais été – oppressé d’une angoisse indicible, à bout de force, plus rien qu’un souffle de détresse… Comme alors je quêtais des yeux quelque secours, ne pouvant avancer ni reculer non plus, un immense regret me retenait à la vie qui fuyait, s’éteignait; – alors, du fond des bleus lointains, de ces hauteurs de ma félicité ancienne, vint un frisson crépusculaire, – et par un coup se rompit le lien natal : la chaîne de la lumière.
Loin s’est enfuie la terrestre splendeur, et avec elle ma désolation : – le flot de la mélancolie est allé se résoudre en un nouveau, un insondable monde. O nocturne enthousiasme, toi le sommeil du ciel, tu m’emportas : – le site s’enlevait doucement en hauteur, et sur le paysage flottait mon esprit libéré de ses liens, né à nouveau. Le tertre n’était plus qu’un nuage de poussière, que transperçait mon regard pour contempler la radieuse transfiguration de la bien-aimée. L’éternité reposait en ses yeux – j’étreignis ses mains, et ce fut un étincellent, un indéfectible lien que nous firent les larmes. Les millénaires passaient au loin comme un orage. Et ce furent des larmes d’extase que je versai sur son épaule, au seuil de la vie nouvelle.
Ce fut là le premier, l’unique rêve, – et depuis lors, à jamais, je sens en moi une foi éternelle, immuable, en le ciel de la Nuit et sa lumière, la Bien-Aimée. »

Note de l’auteur : « Le naturel avec lequel l’allemand peut jouer du surnaturel est incompatible avec le sens surnaturel qu’a tout naturellement notre langue française. Cela ne touchant en rien l’authenticité de l’expérience spirituelle de Novalis en elle-même, cet unique chemin de vérité à laquelle son génie accéda, je pense qu’il me sera permis de demander très humblement au lecteur que cette vérité intéresse, de se laisser mener comme il convient par la musique qui alimente souterrainement les images, tout en lui apportant mentalement le discret correctif d’une sourdine assez légère qui le rapprochera plus exactement de la mesure essentiellement germanique de l’oeuvre originale. »

traduction de Germaine Claretie

« Jadis, comme je pleurais d’amères larmes, comme mon espérance s’était fondue en douleur et comme je me tenais debout, seul, auprès du tertre dénudé qui contenait, dans sa profondeur étroite et obscure, la forme de ma Vie ; seul comme ne fut jamais aucun solitaire, poussé par une inexprimable angoisse, sans force, et n’étant plus rien qu’une pensée de détresse ; comme je cherchais des yeux un secours, sans pouvoir avancer ni reculer, et me retenant avec une infinie langueur à cette vie qui me fuyait et s’éteignait, – alors descendit des espaces bleus, des cimes de mon ancienne félicité, un frisson crépusculaire, et le lien de la naissance, – les chaînes de la Lumière, se rompirent d’un seul coup. La splendeur terrestre s’évanouit, et mon deuil avec elle ; la mélancolie reflua dans un monde insondable et nouveau. Extase nocturne, sommeil céleste, tu descendis vers moi ; le paysage s’éleva doucement ; au-dessus du paysage plana mon esprit délivré, régénéré. Le tertre devint un nuage, au travers duquel j’aperçus les traits transfigurés de la Bien-Aimée. En ses yeux reposait l’éternité ; je pris ses mains, et les larmes firent entre nous un lien lumineux, indéchirable. Au loin, les siècles reculaient comme des ouragans. A son cou, je pleurais sur ma vie nouvelle des larmes de ravissement. Ce fut le premier, le seul Rêve, et depuis lors j’ai mis une confiance éternelle et irréductible dans le Ciel de la Nuit, et dans sa lumière, la Bien-Aimée. »

traduction de Gustave Roud

« Un jour que je versais d’amères larmes, que s’évanouissait en douleur mon espérance, que solitaire je me tenais près du tertre aride où recluse dans la ténèbre de l’étroit caveau gisait cette forme qui est ma vie – seul comme ne le fut encore nul solitaire, harcelé d’une indicible angoisse – sans force, avec la seule pensée encore de ma détresse – comme je cherchais secours autour de moi, ne pouvant plus avancer ni reculer, suspendu avec un regret passionné à cette vie fuyante comme une flamme qui défaille – alors, des lointains bleus, des cimes de mon ancienne félicité se propagea le frisson du crépuscule – et d’un seul coup se rompit le lien natal – la chaîne de la lumière. Enfuie, la splendeur terrestre, et mon deuil avec elle – et dans le même temps, ma mélancolie s’abîma dans un nouveau monde insondable. O ferveur de la Nuit, tu descendis sur moi, sommeil céleste ! Le monde se soulève doucement ; nouveau-né, délivré de ses chaînes, sur lui mon esprit plane. Le tertre croule en nuage de poussière – je vois au travers, transfigurés, les traits de la Bien-Aimée. Dans ses yeux dort l’éternité – je saisis ses mains, et voici que les larmes deviennent une chaîne étincelante, indestructible. Comme un orage, des milliers d’années s’enfuient à l’horizon. A son cou suspendu je pleure devant la vie nouvelle des larmes d’extase. Ce fut le premier rêve, le seul – et depuis lors, d’une foi éternelle, immuable, je crois au ciel de la Nuit et à sa lumière : la Bien-Aimée.

traduction de Lionel-Edouard Martin

« Un jour que je versais des larmes amères, qu’en douleur résolue mon espérance allait s’épuisant, et je me tenais près de la colline aride où, dans un étroit, obscur espace, s’abritait la forme de ma vie – seul comme jamais on ne fut seul, agité d’une indicible angoisse – privé de force, juste une pensée de détresse. – Comme, du regard, à l’entour je cherchais quelque aide, ne pouvant avancer ni reculer, et m’en tenant, dans un interminable désespoir, à cette vie fugitive, éteinte – vint alors des lointains bleus – des hauteurs de mon ancienne béatitude un frisson crépusculaire – et d’un coup se déchira le lien natal, l’entrave de la lumière. Avec, s’enfuirent la splendeur terrestre et mon affliction – avec, la mélancolie prit l’aval vers un nouvel, un insondable monde – toi, l’enthousiasme nocturne, demi-sommeil céleste, tu vins à mon surplomb – les parages doucement se soulevèrent, au-dessus des parages planait mon esprit nouveau-né, désentravé. Nuée de poussière se fit la colline – à travers la nuée, je vis, sublimés, les traits de la Bien Aimée. Dans ses yeux reposait l’éternité – j’étreignis ses mains, et les larmes se firent lumineux, indéchirable lien. Les siècles reculèrent au loin, tels des orages. À la vie nouvelle, je pleurais contre son sein des larmes d’extase. – Ce fut le premier, le seul rêve – et depuis je crois, d’une croyance éternelle, indéfectible, au ciel nocturne et à sa lumière, la Bien Aimée. »

Note de l’auteur : Cette traduction se veut respectueuse de la syntaxe et de la ponctuation, très émotionnelles, de Novalis, et des répétitions qui trament le texte en réseaux sémantiques.
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jeanlouisrjeanlouisr   17 juillet 2019
Plus célestes que ces étoiles clignotantes, nous semblent les yeux infinis que la Nuit a ouverts en nous. Ils voient plus loin que les plus pâles d’entre ces innombrables armées stellaires -sans avoir besoin de la Lumière ils sondent les profondeurs d’un cœur aimant -ce qui remplit d’une indicible extase un espace plus haut encore. Louange à la reine de l’univers, à la haute révélatrice de mondes sacrés, à la protectrice du céleste amour -elle t’envoie vers moi -tendre Bien-Aimée -aimable soleil de la Nuit, -maintenant je suis éveillé -car je suis tien et mien -tu m’as révélé que la Nuit est la vie -tu m’as fait homme -consume mon corps avec le feu de l’esprit, afin que, devenu aérien, je me mêle à toi de plus intime façon et qu’ainsi dure éternellement la Nuit Nuptiale.
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TiriNoiretTiriNoiret   25 novembre 2021
Lorsque nombres et figures ne seront plus
La clef de toutes créatures,
Lorsque tous ceux qui s'embrassent et chantent
En sauront plus que les savants profonds,
Lorsque le monde reprendra sa liberté
Et reviendra au monde se donner,
Lorsqu'en une clarté pure et sereine alors
Ombre et lumière de nouveau s'épouseront,
Et lorsque dans les contes et les poésies
On apprendra l'histoire des cosmogonies,
C'est là que s'enfuira devant un mot secret
Le contresens entier de la réalité.
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PartempsPartemps   05 novembre 2020
D’abord il traversa des terres sauvages et désertes. Des brumes et des nuages lui barrèrent la route ; et les tempêtes ne s’apaisaient jamais. Ensuite, il trouva des déserts sans limites, et des sables incandescents. Tandis qu’il s’avançait, son âme se transformait aussi. Le temps lui sembla long, et l’inquiétude intérieure s’apaisa. Il s’adoucit ; et la sorte d’angoisse violente qui le poussait, se changea peu à peu en un désir discret mais fort où toute son âme se fondait. On eût dit qu’un grand nombre d’années s’étendaient derrière lui. Maintenant, les paysages redevinrent plus variés et plus riches, les ciels plus tièdes et plus bleus et les chemins moins durs. Des bosquets verdoyants l’appelaient sous leurs charmants ombrages ; mais il ne comprenait pas leur langage. D’ailleurs, il ne semblait pas qu’ils parlassent, et cependant, ils remplissaient son cœur de colorations vertes et d’une essence calme et fraîche. De plus en plus haut s’élevait en lui ce doux désir, et de plus en plus débordantes de sève s’élargissaient les feuilles. Les oiseaux et les bêtes devenaient plus bruyants et plus joyeux, les fruits plus balsamiques, l’azur du ciel s’alourdissait, l’air devenait plus chaud, et son amour aussi. Le temps s’écoulait de plus en plus rapide, comme s’il eût pressenti l’approche de son but. Un jour il rencontra une source de cristal et une foule de fleurs, au penchant d’une colline, sous de sombres colonnes qui montaient jusqu’au ciel. Elles le saluèrent amicalement avec des mots qu’il connaissait.
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lecteur84lecteur84   06 octobre 2017
Il y a dans la pierre un signe énigmatique
Gravé dans le profond de son sang flamboyant ;
Aussi bien avec elle entre en comparaison
Le cœur où reste le portrait de l’Inconnue.
Mille feux jaillissants auréolent la pierre,
Des ondes de lumières autour du cœur s’agitent ;
Au fond d’elle est logé l’éclat de sa splendeur,
Mais lui, ce cœur au cœur va-t-il l’avoir aussi ?
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