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ISBN : 2352161894
Éditeur : Persee (11/04/2008)

Note moyenne : 3/5 (sur 3 notes)
Résumé :

LES EDITIONS PERSEE
PRESENTENT LE CHEMIN DE L'OUED
un récit autobiographique
de
Denis Nuñez


Dix ans, l'âge où l'on commence à voir et comprendre un peu le monde qui nous entoure. Tout au moins à en être le spectateur, impuissant certes mais attentif et sensibilisé déjà aux problèmes d'un monde en perpétuelle évolution. Dix ans, c'est aussi l'âge où, s'appuyant sur son environnement familier, on s'est créé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ClaireG
  24 avril 2016
Voici l'histoire d'une enfance arrêtée dans son élan d'insouciance.
En 1962, la guerre d'Algérie oblige quantité de « pieds-noirs » à quitter le pays où ils vivaient, souvent depuis plusieurs générations, pour s'établir dans cette « autre France » qui leur est étrangère.
Les préparatifs du départ autant que l'ignorance des événements pour un petit garçon de neuf ans, accélèrent le processus de maturité et font remonter les souvenirs d'une époque heureuse : la mémoire sémantique de Denis nous offre les visages et expressions familières, la place des objets dans la maison, la description scrupuleuse du village, des arbres du jardin, mais aussi cette mémoire épisodique qui retrace les rigolades en classe, les courses de vélos, les petits larcins, l'écoute aux portes, l'inspection des tiroirs, etc.
La famille espagnole de Denis (maternelle et paternelle) est marquée par l'exil, qu'il a tellement bien raconté dans son deuxième livre « Les Golondrinas ». Que ce soit en Argentine ou en Algérie, il y a eu tôt ou tard regroupement familial, de celui qui fonde des liens d'entraide et de solidarité, et aussi l'acceptation de l'abandon de biens acquis et cette détermination inébranlable à en créer d'autres. Cette force et cette confiance dans la vie ont, semble-t-il, été imprimées dans les gènes de l'enfant.
Quatre garçons, un père maçon qui travaillait le béton comme personne, une mère comptable de la petite entreprise familiale et couturière à l'occasion, des oncles, tantes et cousins pour rendre les dimanches familiaux pleins de chants et de gaieté. Tout ce petit monde vivait heureux, confiant dans l'avenir, en bonne intelligence avec la communauté arabe du village, jusqu'au jour où des rumeurs de plus en plus persistantes achevèrent de convaincre les Européens de partir sous peine de représailles des « Arabes de la montagne » pervertis par les idées du FLN.
A Oran, l'armée omniprésente endiguait le flux des exilés prêt à l'embarquement tandis que les enfants se regroupaient par affinités et échangeaient les innombrables souvenirs de leur jeune vie pour tromper l'attente interminable.
Après le bateau, le train jusqu'à Bourges, destination finale où une nouvelle tranche de vie allait succéder à l'enfance déracinée.
Premier essai d'écriture que je me plais à saluer et grâce auquel je me rends compte des progrès considérables réalisés dans « Les Golondrinas ». Bravo Szramowo et bon vent à ta plume alerte et attendrissante.
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MicheleP
  19 novembre 2016
J'ai vraiment aimé ce livre tendre, plein d'humour et de fraîcheur. Il s'agit d'une enfance algérienne, celle d'un petit pied-noir qui quittera sa terre d'enfance à l'âge de neuf ans. L'enfant vit dans un village agricole de l'ouest algérien, sur la frange littorale, Aïn-el-Arbaa (La quatrième source). Il est issu d'une paisible famille espagnole émigrée du temps de sa grand-mère, son père est maçon, tantôt à son compte, dans les temps de prospérité, et tantôt employé par des entrepreneurs, sa mère est couturière. A travers son regard, c'est tout un petit village qui revit, avec ses commerçant, son école son curé. Mais un village multiculturel, comme l'étaient ces communautés d'Algérie, avec aussi d'autres coutumes religieuses, d‘autres mausolées (un marabout est même enclos dans la cour de la maison de l'enfant).
Sans aucune acrimonie, l'auteur décrit cette vie simple et heureuse, tellement ensoleillée, fêtes religieuses, fêtes de famille, inventions d'enfants (j'ai particulièrement aimé le rite d'initiation qui consiste à oser manger une de ses crottes de nez !) Personne ne roule sur l'or, mais on compense par de la dignité et des rapports de solidarité avec les voisins. Et l'on s'exprime avec ce parler coloré, espagnol populaire ou bien français d'Algérie, ou pataouète, mélange d'espagnol, d'arabe et de français, mais déformés déviés de leur sens propre : « Qu'il est gracieux, ce gosse », « Traga la soupe, traga la soupe, le soldat » « Çuila ? il est maigre comme un stokofish », souvenirs d'une langue morte (enfin, n'exagérons pas, d'un parler oublié).
L'observation de ce petit garçon sage est très fine, on retrouve avec plaisir ces phrases charmantes pour ceux qui les ont connues, mais aussi, des comportements, des attitudes, des notations comme celle du silence pesant d'Oran se préparant à l'exode.
Moments de joie, moments de peine scandent une très intéressante description des moeurs des petits villages de cette Algérie rurale et coloniale.
Nostalgérie ? Peut-être pas vraiment. Car voyez la fin du livre : « Notre voisin, un paysan du sud du Cher contraint à l'exode rural avec se famille, vivait un déclassement social et professionnel équivalent à celui de mon père… Nous retrouvions dans ses récits des nostalgies comparables à la notre. Il racontait a façon dont vivaient les habitants du village qu'il avait quitté. Cela ressemblait trait pour trait à ce que nous avions vécu à Aïn-el-Arbaa… Il regrettait son village aussi fort que nous regrettions Aïn-el-Arbaa. »
« Toute enfance est une patrie perdue » disait J. Frémeaux dans un récent recueil .sur l'Enfance des français d'Algérie, justement.
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SZRAMOWO
  20 novembre 2014
La Nouvelle République du Centre-Ouest

actualité, jeudi, 24 avril 2008,
Souvenirs d'enfance d'Oran à Bourges


« Bourges n'était pas Oran, notre ville de référence. Alors qu'Oran, tournée vers la mer, était une ville portuaire toujours en effervescence quel que soit le moment de la journée, Bourges nous montrait son calme, son silence, ses rues désertes dès la fin de l'après-midi. »
Cette découverte d'une ville de métropole, c'est celle d'un jeune garçon qui, en 1962, a quitté l'Algérie pour arriver avec sa famille à Bourges, logée à l'époque dans la cité du Beugnon, rue du Champ-Dur, dans le val d'Auron.
C'est Denis Nunez qui signe ce récite autobiographique d'un jeune pied noir confronté à l'émigration vers la mère patrie. du port d'Oran à Bourges, il raconte ses sensations, ses souvenirs, les étapes de ce voyage, les personnages qui ont marqué son enfance de chaque côté de la Méditerranée.
Issu d'une famille d'origine espagnole devenue française en Algérie, l'auteur du livre « Le Chemin de l'oued » relate son quotidien et celui de ses proches sous le soleil d'Oran.
La dernière partie de ce livre de souvenirs se déroule à Bourges où le petit Denis apprend une nouvelle vie. Au travers de cette chronique, le lecteur suit aussi l'exemple d'une famille rapatriée d'Algérie et sa démarche d'intégration dans la société métropolitaine : le premier logement, puis les petits travaux, la première voiture et le premier emploi dans une société qui ne connaissait pas le chômage... « La recherche de logement ne posa guère de problèmes non plus. La construction déjà bien avancée des quartiers nord de Bourges " le Moulon " et " La Chancellerie " permettait d'accueillir les nouveaux arrivants. Ces nouvelles populations venaient, comme nous, de l'extérieur... » Et c'est au numéro 4 de la rue Gustave-Eiffel que la famille de l'auteur se loge alors que son frère, marié à une institutrice, s'installe à Mehun-sur-Yèvre.
Aujourd'hui, Denis Nunez est installé à Paris et travaille à l'histoire de ses grands parents qui, en quittant l'Espagne pour l'Algérie en 1909, ont débuté ce chemin migratoire qui passe par Bourges et qui donne, 53 ans plus tard, ce livre intitulé « Le Chemin de l'oued ».
«Le Chemin de l'oued», Denis Nunez, 15 E, éditions Persée.
© 2008 La Nouvelle République du Centre-Ouest. Tous droits réservés.
Numéro de document : news·20080424·NR·5621607
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ClaireGClaireG   24 avril 2016
Mon oncle, père de quatre enfants, qui possédaient chacun une bicyclette, avait mis au point un astucieux stratagème pour leur faire croire que le Père Noël leur apportait un nouveau vélo chaque année. Comme par enchantement, tous les vélos disparaissaient vers le début décembre. Ils se retrouvaient chez nous, dans le magasin de matériel. Là, mon oncle révisait chaque engin et les repeignait entièrement de façon à ce que chacun de mes cousins trouve, le matin de Noël, un nouveau vélo, plus grand, plus brillant, plus beau que celui qu'il avait utilisé pendant l'année écoulée.

p. 105
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MichelePMicheleP   03 novembre 2016
Les jours de fête religieuse musulmane comme l'Aïd Kebir, des musiciens noirs, les Ghenaouas, descendaient des montagnes pour accompagner, de leur musique tribale, l'égorgement du mouton. Les darboukas et les flûtes formaient un tissu de musique épais et cotonneux. Le son modulé des flûtes s'envolait dans les airs comme les rubans rouges que les enfants agitaient vers le ciel, tandis que la rythmique implacable des peaux frappées de baguettes recourbées maintenait les danseurs sous pression. Ils s'agitaient autour de l'égorgeur qui dansait avec le mouton pour l'enivrer avant de lui porter le coup fatal. Le sang jaillissait sous les yous yous des femmes. Le boucher s'était levé, les bras au ciel, le couteau ensanglanté dans une main. Le mouton tombait doucement sur le sable rougi. La fête continuait avec plus de sérénité.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   20 novembre 2014
En traversant le lit de l’Oued, en direction des montagnes, nous avions découvert un accident de relief, une sorte de dépression de la roche qui rendait le passage de l’oued plus encaissé qu’ailleurs.
Nous avions surnommé ce passage, que nous nous imposions de franchir d’un bond, « la vallée de la mort ».
Cet endroit magique perdu dans les chardons et les artichauts sauvages cristallisait notre imagination et servait de refuge à nos escapades de l’après midi.
Cachés par les tiges vertes des artichauts sauvages nous regardions au dessus de nos têtes les fleurs violettes qui se découpaient dans le ciel.
Avec un mépris du temps compté, elles se balançaient au gré du vent et marquaient le ciel, comme par inadvertance, de trajectoires de barbules blanches qui se détachaient par rafales et s’enfuyaient vers les traînées cotonneuses des nuages d’altitude.
Le silence envahissait les montagnes, nous étions biens, seuls sous le soleil, attendant un ennemi imaginaire que nos jeux décrivaient comme un indien d’Amérique ou un cow-boy égaré sur le mauvais chemin.
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MichelePMicheleP   06 novembre 2016
Il faut admettre que dans Oran de l'exode, les événements, les choses, les gens transpiraient l'inquiétude, la nervosité, l'impatience, quelquefois la colère et la haine. On sentait planer sur la ville autrefois nonchalante, rieuse et ensoleillée, une sorte de nuage gris qui plombait tout.
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Video de Denis Nuñez (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Nuñez
Présentation du roman "Les golondrinas ou les 3 soeurs d'Alméria" par son auteur Denis Nunez Réalisation Editions l'Harmattan
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