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Philippe Paringaux (Traducteur)
EAN : 9782070304813
334 pages
Éditeur : Gallimard (15/09/2003)
3.65/5   81 notes
Résumé :
Ike Tucker n'a jamais connu que la station Texaco et son oncle Gordon quand il quitte son coin de désert pour retrouver sa sœur Ellen disparue après avoir tenté sa chance sur les plages de Californie du sud. Il ne sait rien du monde. Il ne sait rien des hommes. Il le découvrira en achetant une planche de surf pour se jeter à son tour dans les flots bleus du Pacifique et plonger dans les eaux noires des magouilles humaines. Jusqu'à plus soif, jusqu'à l'épuisement, ju... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Crossroads
  14 avril 2020
Ike Tucker vit dans un bled paumé qu'il n'a jamais quitté.
Deux passions au compteur, la mécanique des deux-roues et la recherche de la vérité.
Cette dernière lui donnant ainsi l'occasion d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte et accessoirement de découvrir la vérité, rien que la vérité... le pourquoi du comment du je sais pas why explicitant un tant soit peu la disparition de sa grande soeur.
Une première piste le conduira en Californie du Sud.
Huntington Beach, Surf City la bien nommée.
Un enfer sur rouleaux salins pour un mec connaissant déjà de graves déconvenues avec une planche à repasser.
Comme un p'tit air initial de Point Break avec Patriiiiiiick, calme toi bébé, pas pour me déplaire.
Ses hordes de surfers, ses gourous de la planche et leur existentialisme débité sur fond de bitures journalières assorties de drogues en tout genre parce que sinon, la fête elle est moins folle.
Ce blanc-bec qui entrave que dalle au surf mais qui va se jeter dans le grand bain pour une pseudo chimère ressemblant trait pour trait à sa frangine.
Bon début.
La suite est à l'aune de l'intro.
Plusieurs univers s'y côtoient, bikers, surfers, le tout gravitant autour d'une planète un brin candide : Ike.
Surf City, c'est également l'école de la vie pour un campagnard venu se frotter aux palpitations d'un monde dont il ignore tous les codes.
Son évolution est intéressante. Elle prendra souvent le pas sur une enquête parfois bien en retrait, de facto, qui sonnera bien plus de deux fois.
Des personnages charismatiques consistants, une intrigue solide, Surf City offre un dépaysement garanti pour tout amateur de grand air iodé, le tout sur une bande-son à la born to be (non, pas alive, on range les pattes d'eph' orange en velours côtelé) wild.
On quitte ce paradis du surf et de la bécane qui pétarade à regret tout en se promettant de revenir vers Kem Nunn sitôt cette p ***** de b***** de s******** de planche domptée.
Pas gagné.
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  23 avril 2016
La version « carte postale » et superficielle de Huntington Beach (Surf City, pour les intimes), ce sont les plages de Californie, leurs surfeurs beaux, bronzés et musclés (genre – aarghhh – Simon Baker alias « The Mentalist », vous voyez?) assurant le spectacle sur le haut des vagues et sous un soleil radieux. Un air de vacances avec cocktails et jolies filles toujours disponibles, sea-sex-and-sun. Pas très intéressant.
Heureusement, sitôt le bouquin retourné, la 4ème de couverture laisse augurer de l'envers du décor, sombre comme les coulisses de l'Enfer, donc bien plus captivant. Et en effet. Surf City, dans la version Kem Nunn, c'est plutôt « vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ». Ike Tucker, 18 ans, l'avait vaguement pressenti quand il décida de quitter le désert californien et la station-service de son oncle pour rechercher sa soeur. Ellen, sa seule vraie famille, partie vivre sa vie, disparue depuis des mois, vue pour la dernière fois à Huntington Beach. C'est tout ce qu'Ike sait, en plus des noms des trois types avec lesquels elle serait allée au Mexique, sans en revenir.
Ike « ne sait rien du monde, ne sait rien des hommes ». Il ne sait rien du surf non plus. Il ne tardera pas à faire son apprentissage, souvent à ses dépens, à coups de poing et de paquets d'eau de mer. Les hommes et les vagues ne se laissent pas aisément apprivoiser, et ne pardonnent aucune maladresse. Ike parvient cependant peu à peu à intégrer le cercle quasi mythique (mystique, aussi) des dieux du surf local. Si le trio sea-sex-sun est toujours d'actualité, la drogue et les pornos amateurs s'invitent aussi sous le soleil de Satan, et on s'enfonce de plus en plus loin dans les noirs replis de l'âme humaine.
Comme plus tard Tijuana Straits, Surf City (1er roman de K. Nunn, un peu moins abouti que le précité) développe des personnages venus du désert – géographique et sentimental – des loosers que la vie n'a pas vraiment cajolés, mais à qui le sort offre comme une dernière planche (de surf) de salut, qui leur permettrait de s'extraire de leur vie sans horizon ou de racheter leur passé obscur. Ike et Preston, son mentor, son père de substitution, ont le mérite de s'y accrocher, à cette planche, mais terrible est le purgatoire et tentants l'abandon et la résignation.
Des personnages attachants, émouvants, en quête de vérité et de rédemption, qui se battent et se débattent avec leurs démons, tout cela serait noir, très noir, sans la présence de la Nature et du surf, sport mythique élevé ici au rang d'art et de religion. Même si on n'y comprend rien, les descriptions techniques, les mouvements, la lutte puis l'harmonie avec la vague domptée sont autant de respirations et de moments de beauté dans un univers impitoyable.
Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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Renod
  09 août 2019
Ellen est partie un matin, une vieille valise au bout du bras, levant avec ses bottes des rubans de poussière rouge. Elle a quitté le monde étriqué de son enfance sans un signe d'adieu. Désemparé, Ike, son frère a continué à travailler dans le garage de son oncle ayant le désert pour seul horizon. Deux ans plus tard, un inconnu l'informe de la disparition d'Ellen. Trois surfeurs l'auraient conduite au Mexique et seraient revenus sans elle. Ike part à sa recherche. Pour ce garçon tout juste sorti de l'adolescence, qui n'est jamais sorti de son bled paumé, c'est une véritable quête initiatique. Pour approcher le trio, il s'installe à Huntington Beach, une ville communément appelée "Surf City". Le sud de la Californie se distingue par la beauté de son littoral. Mais ce spot aux paysages paradisiaques est peuplé d'une faune dangereuse que Ike devra côtoyer pour retrouver sa soeur. Les épreuves qu'il va affronter seront autant de révélateurs qui vont lui permettre de mieux se connaitre et de prendre son destin en main. Kem Nunn dépeint une Californie pétrie de mille contradictions sociales et géographiques. Le monde du surf croise celui de la drogue, des bikers, de la pornographie et d'une secte.Ce récit initiatique à la sauce californienne a été publié il y a trente-cinq ans et n'a pas pris une ride.
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Elletse
  04 février 2014
J'ai beaucoup de mal avec les romans noirs. Je n'y trouve jamais ce que je veux. Par contre j'ai toujours bien aimé les romans centrés sur les milieux sportifs et sur les sports en eux-mêmes : la passion extrême de l'individu, la communauté soudée mais aussi rivale, la confrontation avec les autres (ceux qui gravitent autour et tous les autres), et surtout avec les requins financiers et voraces (ils gagnent toujours ceux-là) m'attirent. Je trouve que le milieu sportif est un excellent terrain d'observation sociologique.
J'ai lu Surf city à la suite de trois, quatre autres romans policiers qui m'ont été donné par une amie libraire. Ce sont des romans gratuits (2 achetés pour 1 offert) et je ne m'attendais pas à grand-chose. le résumé m'a intrigué et j'ai entamé la lecture en quête de la magie des eaux bleues et des folles silhouettes voguant sur la houle. Je n'ai pas été déçue.
Ike Tucker, m'a séduit par son côté innocent. Comme le dit si bien le résumé “Il ne sait rien du monde. Il ne sait rien des hommes.”. Parti de son désert natal en quête de sa soeur adorée, soeur qui symbolisait sa famille et un simili avenir, il se frotte rapidement à une réalité brute et sans pitié. Pourtant il s'en sort et navigue audacieusement entre deux pôles, pour au final y réchapper, mais à quel prix ? J'ai confiance en son personnage, ce prix il l'a dûment payé et cela va le poursuivre encore quelques temps. J'espère qu'il va trouver le simple bonheur en ne vivant que de sable et de vagues. Oui oui, Ike vous inspire des sentiments amicaux jusqu'à la dernière page du roman !
Il découvre le surf en cherchant à se rapprocher des hommes qui auraient un rapport avec sa soeur. Ce sport va l'apaiser et le vider à la fois. C'est si beau à lire, ce sont des sensations que je ne peux éprouver qu'à travers la lecture (chacun son sport ;)) et cela donne envie de s'envoler par la fenêtre (c'est la seule métaphore que je puisse trouver qui puisse faire penser à un horizon où terre & ciel se mélangent, où la solitude est notre force, où rien ne peut nous terrasser – et ok j'ai toujours rêvé de m'envoler).
Malheureusement le surf réunit une communauté de personnes, et certaines de ces personnes dont Ike est en quête ne sont pas des enfants de choeur... J'ai été touchée par les personnalités de Ike et de son mentor Preston. Ce dernier tente de sauver Ike comme si ainsi il voulait sauver son inrefaisable passé. Sa déchéance au fil des pages est si triste... “Ike se demanda […] s'il savait que le sillage de destruction qu'avait laissé la mort de Preston […] était le fruit d'un mécontentement plus profond, d'un besoin de quelque chose qui ressemblait à une pénitence – Preston avait porté ses couleurs comme on se couvre la tête de cendres.”
Le roman se lit très bien, les personnages sont plutôt taciturnes et réservés, pour certains on pourrait même dire frustres mais en tout cas ils sont tous perdus. L'auteur rend très bien à l'écrit ce ressenti.
Huntington Beach, une ville à deux apparences, la plage et le soleil pour les touristes, la plage, le soleil, et quelque chose de plus rance pour les autres... et ce n'est pas la liberté, ce serait même plutôt la fausse image d'une liberté...
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encoredunoir
  01 mai 2014
Ike Tucker, 18 ans, vit avec son oncle Gordon dans un patelin perdu dans le désert de Californie. Sa soeur aînée, Ellen, est partie depuis plusieurs mois sans jamais donner de nouvelles. Quand un homme débarque dans la station Texaco de Gordon et dit à Ike qu'Ellen a disparu de Huntington Beach où elle avait fini par débarquer, après être partie au Mexique avec trois hommes, le jeune homme décide de rejoindre la côte pour retrouver sa soeur. Là, à Huntington Beach, Ike va découvrir un monde dont il ne soupçonnait pas l'existence, le surf, l'amitié, l'amour, mais aussi des choses bien plus sombres dissimulées sous le vernis de cette culture de plage.
Premier roman de Kem Nunn, Surf City (Tapping the Source, 1984) pose les grands thèmes de l'oeuvre de l'écrivain californien : manipulation, reniement des idéaux, trahison, rédemption et, bien entendu, surf. Sombre roman d'initiation qui voit se confronter le jeune Ike, enfant du désert – géographiquement parlant, mais aussi désert sentimental – à un monde nouveau qui lui fait découvrir d'autres horizons mais aussi l'amitié, l'amour et les trahisons qui les accompagnent, Surf City crée surtout le malaise en brossant le tableau de l'envers du décor d'une côte californienne sensée faire rêver.
Pris sous l'aile de Preston Marsh, ancienne légende du surf déchue, alcoolique, violent mais décidé à tenter malgré tout de préserver son innocence, Ike se trouve propulsé dans un monde de faux semblants où les stars de Huntington Beach, ces surfeurs qui font affluer spectateurs et spectatrices sur la jetée pour observer leurs exploits, qui jouent les gourous lors de soirées où alcool et drogue coulent à flots, dissimulent bien mal une part d'ombre prête à l'engloutir.
Loin de la Californie du Sud fantasmée des chansons des Beach Boys, le théâtre du roman de Kem Nunn est un territoire jalousement gardé où, Ike a tôt fait de s'en apercevoir, on ne pénètre pas sans y avoir été invité et où toute incursion indésirable est traitée par la violence . Petit à petit, sous l'image de paradis cool, émerge celle d'un lieu interdit aux étrangers puis, d'un Léviathan engloutissant les âmes qui s'y sont égarées.
Tout le talent de Kem Nunn, dans ce roman – et dans une partie des suivants – réside dans ce contraste qu'il sait créer entre la représentation d'une culture surf fondée sur un lien quasi mystique entre l'homme et l'océan dans des lieux édéniques que découvre Ike aux côtés de Preston sur la plage du Ranch Trax, et l'atmosphère de manipulation qu'il met en place. C'est que, de la fusion des âmes sous l'égide du dieu surf à l'endoctrinement sectaire, la frontière est ténue et que l'illusion d'un monde désintéressé et tourné seulement vers la communion avec les éléments ne peut dissimuler bien longtemps le désir, bien humain, de domination.
Violent, installant un climat éminemment délétère malgré quelques somptueux moments de grâce qui laissent entrevoir la possibilité de retrouver un paradis perdu, Surf City inaugure avec talent – et malgré, il faut bien l'admettre un final un peu décevant – l'oeuvre atypique de Kem Nunn.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
RenodRenod   04 juillet 2019
(...) il réalisait que surfer, ce n’était pas seulement prendre les vagues. Cela le frappa, ce matin-là. Ce qu’il faisait n’était pas fractionné en plusieurs séquences : ramer, prendre les vagues, se mettre debout. Tout à coup ce n’était plus qu’un acte unique, une fluide série de mouvements, un seul mouvement, même. Tout se mélangeait jusqu’à n’être plus qu’un : les oiseaux, les marsouins, les algues reflétant le soleil à travers l’eau, une seule et même chose dont il faisait partie. Il ne se branchait pas seulement à la source, il était la source.
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RenodRenod   01 juillet 2019
(Ike) prit un grand plaisir à marcher le long des falaises, près du bord, l’océan vitrifié et lisse au-dessous de lui, l’air sur sa peau calme et doux et pourtant chargé de l’humidité salée de la mer. Mais ce qu’il préférait, c’était l’excitation qui montait en lui quand il choisissait un sentier et commençait à descendre en regardant les ondulations de la houle, anticipant la première explosion de froidure, la première ligne d’écume se brisant sur lui et emportant tout sauf le moment lui-même.
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RenodRenod   03 juillet 2019
Le soleil était déjà haut lorsqu’il atteignit le Sea View. Les rues étaient chaudes et la machinerie de la ville s’échauffait elle aussi et montait en régime, lubrifiée à l’huile de hasch et à l’ambre solaire, speedée à la cocaïne, haletant au rythme de quelque hymne new wave.
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indramandarineindramandarine   13 septembre 2021
Il se souvint de ce que Gordon lui avait dit une fois, que si on arrive à faire croire aux gens qu’on est fou, vraiment fou, ils ne vous emmerderont jamais.
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ElletseElletse   04 février 2014
C'était dingue, leur relation. Parfois il se sentait si proche d'elle, comme s'ils étaient pareils, et d'autres fois c'était comme s'ils ne parlaient pas la même langue.
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