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ISBN : 2264055391
Éditeur : 10-18 (15/03/2012)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 134 notes)
Résumé :
Sam Fahey mène une vie solitaire à Tijuana Straits, à la frontière de la Californie et du Mexique, jusqu’au jour où il recueille Magdalena, une jeune femme mexicaine qui a échappé à une tentative d’assassinat. Elle entraîne Sam à la recherche de ses meurtriers au Mexique où règnent la corruption, l’immigration clandestine et les trafiquants de drogue
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  22 août 2013
Lu dans le cadre du Challenge ABC
C'est du noir, du pur et dur. Je ne vous parle pas de café ou de chocolat, mais de quelque chose de bien moins réconfortant : la vallée du fleuve Tijuana et son embouchure, à la frontière Mexique-US. Il y est bien question de nature, mais rien de bucolique : les usines américaines implantées côté mexicain empoisonnent d'abord leurs ouvriers avec les émanations chimiques de leurs produits, puis déversent leurs déchets toxiques dans la rivière sans le moindre état d'âme. le principe du pollueur-payeur n'a pas cours ici. C'est pourtant le combat, le sacerdoce de Magdalena, jeune assistante juridique mexicaine. Ca, plus son bénévolat dans un foyer pour femmes battues. Voilà beaucoup de misère, de noirceur et de dangers pour de si frêles épaules. D'ailleurs Magdalena est victime d'une tentative de meurtre, et n'en réchappe qu'en s'enfuyant vers l'océan, où elle manque de se noyer. Finalement rejetée dans un sale état sur la plage, côté américain, elle est recueillie par Sam Fahey. Lui par contre n'a plus rien de jeune, ni de combattif. La quarantaine bien amortie, Sam la Mouette Fahey est une ancienne gloire du surf, reconverti, après un passage par la case prison pour trafic de drogue, en vermiculteur. Il vit seul avec son élevage de lombrics au fond de la vallée, dans une vieille ferme délabrée. Il survit, solitaire, taciturne, s'évadant dans la bière et le Valium, et dans ses souvenirs d'océan et de vagues mythiques dans la passe de Tijuana Straits.
Sam aidera Magdalena dans son combat écologiste, malgré une forte envie de préserver sa tranquillité si durement gagnée.
Vous vous en doutez, il y aura encore des vagues…
C'est donc du noir, et du tout bon. Pas de flics pour mener l'enquête, pas de rebondissements à toutes les pages, mais un certain suspense, et une plongée dans les bas-fonds de Tijuana, fabrique de criminels ultra-violents aux cerveaux ravagés.
Avec des personnages blessés par la vie, touchants, aux destins bouleversés et bouleversants, perdus au milieu des thèmes sombres de l'immigration clandestine, du capitalisme sauvage, de la drogue et des catastrophes écologiques, l'auteur nous laisse remonter à la surface et respirer quand il se met à parler de surf et de vagues avec poésie. C'est sûr, il connaît son sujet : l'océan, espace infini, de perdition ou de liberté…
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ChristopheM
  26 mai 2013
Le surf et la putréfaction de la condition humaine près de la barrière américano-mexicaine.
D'un côté, il y a Sam Fahey, californien, solitaire résigné, dit Sam la mouette, surfeur légendaire, s'est reclus dans la vermiculture dans la vallée de Tijuana près de la frontière américano-mexicaine. Nostalgique des vagues, il vit au jour le jour occultant un passé sombre. Il occupe la fonction de pisteur pour rendre service au bureau des eaux et forêts. Il évite le plus possible les clandestins. Il préfère la compagnie des oiseaux, les pluviers neigeux.
« Fahey avait en général pour philosophie de ne pas s'occuper des clandestins qu'il lui arrivait de croiser, et il était à présent tenté de suivre cette ligne de conduite. IL voyait cela un peu comme la Directive Première des épisodes d'origine de Star Trek qu'il regardait quand il était enfant. Les formes de vies extraterrestres étaient tout simplement trop étrangères pour être parfaitement connues. Interférer dans leur développement serait revenu à induire des conséquences obligatoirement imprévues qui auraient toutes les chances de s'avérer désastreuses. » (p20-21)
Malgré lui, une femme Magdalena Rivera, une Mexicaine en fuite, lui demande de l'aide. Elle parle dans un anglais parfait, plutôt rare pour une clandestine. Ce qui n'augure rien de bon.
De l'autre côté, il y a donc Magdalena, orpheline, idéaliste, étudiante en droit environnementale travaille pour Carlotta (avocate). Éduquée par les soeurs bénédictines à la mort de sa mère emportée par une inondation lors de l'ouverture d'un barrage, opération qui consista à nettoyer une zone protestataire habitable afin de poursuivre l'investissement économique dans une industrie douteuse. Elle constitue le plus gros dossier jamais accompli dénonçant les abus en matière d'environnement, de droit du travail le long de la frontière mexicano-californienne. La corruption rend sa tâche dangereuse et freinera son désir de justice. Cette fois, c'est elle que quelqu'un tente d'assassiner.
L'industrie au Mexique : nombreuses sont les usines qui ressemblent dans leurs pratiques à celle de « Reciclaje Integral ». Des usines à capitaux étrangers, qui utilisent des produits toxiques sans mesure de sécurité stricte. La population est contaminée. le pourcentage de cancer et autre maladie grave, mortelle, des déformations, des naissances de bébés sans cerveau…, grimpe. Les usines dénoncées sont abandonnées, l'intoxication du territoire s'intensifie, les zones de non-droit prolifèrent, les gangs, la maladie, les viols, les trafiques, les assassinats sont monnaies courantes. Au bout du compte, la mort et le chaos bouseux règnent.

Tijuana Straits est la passe difficile de Tijuana pour les surfeurs. Où la vague géante et mythique, la Mystic Peak, est sollicitée par les connaisseurs. Il y a une autre observation qui s'impose, plus en profondeur, dans les terres cette fois-ci. La passe difficile pourrait être cette barrière, traçant la frontière entre le Mexique et l'Amérique. En tout les cas, le titre à une double interprétation qui siéent parfaitement à l'histoire.
D'amblée l'auteur présente un gros dossier. Très précise, la première partie l'est un peu trop. le côté technique du surf amène à croire qu'on va tomber dans un « Respire » de Tim Winton (où la majeure partie de l'ouvrage ne parlait que de cela étouffant ainsi la profondeur humaine et la trame de l'histoire). La culture des vers présentait le même défaut de lourdeur pour l'abondance de détails. Ajoutez à cela l'ampleur du dossier juridique monté par Magdalena. En gros, vous aurez un premier tiers dense.
Kem Nunn sort ses meilleures cartes dès le départ et le lecteur sentira que ce sera du solide et du percutant. Il plante un décor bien pollué, déprimant et violent des deux côtés et enfin des personnages bouffés de l'intérieur. Et puis que restera-t-il ? Après avoir tous envoyé au départ, vous croirez entrer dans un montage voisin d'une intrigue judiciaire à la John Grisham avec un super procès médiatisé, avec des pressions de toute part, avec un peu de PANG ! PANG ! Par-ci, par-là…
Et non ! Mais que restera-t-il alors ? L'atout.
Les confrontations entre les personnages et l'éclaircissement des choses, en partie (surf et culture des vers entre autres) réexpliquez plus simplement à travers les dialogues. Ce qui captera l'attention, rassurera et enivrera. Là, c'est bingo. Ensemble réussi. Un thriller avec chasse à l'homme, meurtres multiples. Mais pas que, il y aura de la chaleur humaine, de la nostalgie, de la remise en question, un soupçon d'optimisme. Au final, c'est un beau mélange qui marquera le lecteur amateur de romans noirs et de thriller. Puisqu'il y a un peu des deux.
Les conditions de vie des personnages sont proches de celles du Moyen Âge. Sauf qu'ici, ce n'est pas l'inquisition promulguée par l'église catholique qui engendra la peur, la pauvreté, aux conséquences atroces sur l'hygiène de vie. Cette fois, ce sont les capitaux étrangers, les accords de libre-échange, qui ont pris la relève et qui imposent le chemin de croix. C'est hallucinant, car cela se passe aux environs de 2004. Et c'est encore le cas… « Tijuana, la deuxième ville la plus violente du monde depuis 2008 ». Autre record et triste contraste. L'homme d'affaires mexicain, Carl Slim, est la 2e plus grosse fortune mondiale avec la rondelette somme de « 71,4 milliards de dollars »…
Ces individus errant aux abords de la barrière sont tous des naufragés qui tentent de se reconstruire une vie avec des restes éparpillés ça et là dans une zone marécageuse. La difficulté vient du fait qu'il y a plus de naufragés que de résidus. le sol facilite le partage en aspirant celui qui fait un mauvais pas. Qu'il soit gentil ou non.
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fleurdusoleil
  08 février 2011
Tijuana, paradis pour les surfers avec sa passe du Mystic Peak et enfer pour les candidats à l'immigration. Cette frontière entre le Mexique et la Californie est le centre de tous les espoirs mais aussi de tous les rêves brisés.
Sam Fahey s'y est installée afin d'oublier son passé et de vivre loin de l'humanité. Cette ancien surfer et repris de justice vit donc seul dans sa ferme vermicole. Mais un jour il recueille une jeune mexicaine. Il pense tout d'abord à une immigrante clandestine qui a tenté la passage de la frontière vers l'amérique, mais apprend rapidement qu'on a tenté de l'assassiner. Magdalena mène en effet une enquête pour prouver la culpabilité des entreprises malhonnêtes qui empoisonnent les eaux mexicaines, et tuent lentement la population. Seule contre tous, elle espère que Sam Fahey va l'aider à démasquer le commanditaire de son assassinat et ainsi confondre un patron crapuleux.
La vie de Sam ne sera plus jamais la même.
Tijuana straits est avant tout une histoire humaine. Nous rencontrons des personnages que la vie a malmenés, des hommes et des femmes meurtris par une vie difficile. Sam Fahey est un homme dont les choix de vie l'on menait en prison. Depuis il vit reclus de peur de refaire du mal. Malgré tout, le jour où il rencontre Magdalena, l'espoir renait doucement en lui. Il désire sincèrement l' aider et enfin prouver qu'il n'est pas comme son père, foncièrement pourri.Magdalena vit depuis toujours dans ce no man's land où la loi du plus fort est omniprésente. Elle a perdu sa mère très jeune, dans une nondation volontaire causée par des hommes puissants sans scrupule. Toute cette injustice révolte Magdalena et c'est le coeur vaillant qu'elle décide de mener son combat. Un soir, en fuyant ses assaillants elle est sauvée par Sam Fahey. Elle demande de l'aide à cet inconnu.
Mais qui va aider l'autre ?
L'on découvre rapidement qui attente à la vie de Magdalena. C'est un jeune mexicain, Armando Santoya. La vie lui a tout pris, femme, enfants, foyer. Et le désespoir le mène fatalement à la folie.
En fait, l'histoire elle-même est secondaire, comme un décor de cinéma. Ici seuls les personnages donnent corps à ce roman. On les découvre, on les suit, on s'immisce dans leurs pensées, dans leur âme. Mais toujours avec beaucoup de pudeur.
Tout le livre se lit dans le calme, les personnages se dévoilent au fil des pages, chaque mot est une part de chacun. D'un côté nous suivons la renaissance de l'espoir avec Sam et Magdalena et de l'autre nous assistons impuissant à la descente aux enfers, au désespoir, à la folie d' Armando Santoya.
Plus roman sociologique que thriller, Tijuana Straits nous emmène aux bords de ses "Frontières".....
" On dit que ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes".
Lien : http://lacaveauxlivres.blogs..
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chocobogirl
  05 avril 2011
Magdalena est une jeune mexicaine qui milite pour la préservation de l'environnement de Tijuana. Sa famille est morte suite à une inondation qui aurait pu être évitée, les passe-droits des entreprises américaines installées en terre mexicaine la révolte par le non-respect des normes environnementales. Et Magdalena est aussi impliquée dans la défense des travailleurs pauvres et plus particulièrement dans la protection des femmes. Bref c'est une battante qui refuse de laisser faire les choses et qui a fait le choix de combattre pour ses idéaux. Une personne qui dérange et qui va devoir un jour subir une tentative de meurtre... Echappant à un accident de voiture inopiné, 2 mystérieux hommes la poursuivent pour mieux la tuer. Magdalena réussit à s'enfuir et passe même la frontière avec les Etats-Unis. Elle atterrit chez un certain Sam Fahey, un curieux solitaire au passé bien lourd.
Sam est un ancien surfeur qui a abandonné sa passion pour vivre avec sa petite affaire de lombriliculture. Il traque à l'occasion les chiens dangereux et protège les oiseaux devenus rares. Pourtant son père était un pourri et lui-même a connu un peu de prison. Bien décidé à vivre seul, loin des ennuis, il a pourtant du mal à tirer un trait sur certains actes du passé.
L'arrivée de Magdalena chamboule son quotidien. Installée chez lui pour se remettre de ses blessures, la belle lui demande son aide pour démasquer les assassins qui la traquent.
"Tijuana straits" au delà de son intrigue de traque humaine et d'enquête est un véritable portrait de la frontière mexicaine et de ses habitants. A travers les différents personnages, le lecteur découvre que la vie n'est pas rose sur ce bout de terre coincé entre Mexique et Etats-Unis. La vie est même carrément difficile. Les mexicains sont pauvres et peinent véritablement à faire vivre leur famille. Les entreprises qui les emploient n'ont aucun scrupules à les faire travailler sans protection physique, à les virer s'ils deviennent gênants, tant la main d'oeuvre est prête à tout pour obtenir un travail. de plus, elles polluent les eaux mexicaines qui peu à peu empoisonnent la population. Au besoin, elles ferment et vont se réinstaller plus loin.
Qui dit misère, dit aussi trafiquants de drogue, trafiquants humains, etc... Une misère humaine qui peut en rendre fous certains.
Pas étonnant donc qu'ils soient si nombreux à tenter de pénétrer illégalement aux Etats-Unis.
La description que fait l'auteur de cette partie du monde est saisissante de réalisme : le désert poussiéreux, ses chiens sauvages, ses pièges marécageux, sa patrouille des frontières, ses cow-boys,.... Et puis il y a l'océan, ses vagues mythiques et ses surfeurs tout aussi mythiques dont fait partie Sam, qui cherche à renier cette époque tout en refusant de l'oublier complètement. Les personnages sont touchants par leurs failles ou leur opiniatreté. Magdalena se rendra compte que son combat et ses idées sont peut-être trop idéalistes et que les apparences peuvent être trompeuses. Fahey, lui, devra faire face à sa culpabilité et devra affronter ses peurs. Sa rencontre avec Magdalena lui redonnera la force et le conduira sur la voie de la rédemption. Même les 2 mercenaires aux trousses de la mexicaine bénéficient d'un portrait intéressant et assez riche.
L'intrigue avance de manière assez trépidante. le récit s'installe doucement mais accèlère rapidemment, suite aux menaces qui pèsent sur Magdalena et ça va défourailler ! Peu de temps mort et quand ils apparaissent, c'est pour mieux éclairer le passé des uns et des autres.
Si les enquêtes de Magdalena portent sur les activités des maquiladoras, le récit n'est malgré tout pas si centré que ça sur le sujet. Je m'attendais à une mise en situation bien plus marquante des faits. Finalement, c'est plus les conséquences sous-jacentes qui sont montrées du doigt.
Le thème du surf sera bien évidemment assez présent mais inutile d'être un expert pour apprécier la passion de Fahey pour ce sport qui est bien plus qu'un loisir.
L'attirance entre Sam et la belle mexicaine n'étonnera pas mais le traitement se révèlera bien loin des clichés et du romantisme convenu.
Bref, "Tijuana Straits" est un très bon roman : portrait vivant d'une frontière qui se divise entre nantis intouchables, jeunes surfeurs insouciants et mexicains accablés par la réalité, il nous plonge dans une réalité sociétale peu reluisante. Porté par la rencontre et la relation entre Sam et Magdalena, l'histoire convainc également par la psychologie des personnages très étudiés et évite l'happy-end attendu par une fin très surprenante !
Je vous le conseille très chaudement donc !

Lien : http://legrenierdechoco.over..
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maltese
  07 août 2012
Sam Fahey vit comme retiré du monde, face à l'océan dans sa ferme où il élève des vers. Sam est un ancien surfeur champion au style particulier qui lui a valu son surnom de la Mouette. Il chasse également parfois, contre rétribution, lui qui connaît si bien le littoral, les chiens errants qui se déplacent en meutes et menacent la fragile faune locale, avant tout les espèces protégées d'oiseaux.
C'est à l'occasion d'une de ces chasses qu'il va rencontrer Magdalena, une jeune Mexicaine échouée sur la plage, qu'il va d'abord croire immigrée clandestine, ce qui n'est pas le cas: cette femme appartient à une organisation de défense des ouvrières de Tijuana, ville présente de l'autre côtés de la frontière, et est persuadée d'être poursuivi par des hommes à la solde de la mafia.
Les deux héros de ce drame vont apprendre à se connaître et à s'apprécier, eux qui vivent en reclus, chacun avec ses démons et ses convictions. Ils vont apprendre à franchir les barrières, les frontières, au sens figuré comme au sens littéral.
Kem Nunn dresse des portraits criant de vérité, des personnages très humains, comme chaque protagoniste, qui même s'il n'occupe dans le roman que quelques pages n'en paraît pas moins important, étant pleinement présent.
Et il y a le surf, et tout l'amour que Kem Nunn semble porter à ce sport, qu'il transcrit de façon très forte, l'homme se retrouvant face à la nature toute puissante et pourtant bien fragile face aux méfaits industriels notamment; la question écologique est ainsi très présente au sein du roman.
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critiques presse (2)
Lexpress   30 novembre 2011
Mais c'est l'écriture de Kem Nunn qu'il faut également saluer pour ses accélérations subtiles, la poésie de ses descriptions et la tension qu'il maintient tout au long de ce livre pour dénoncer sans ostentation l'exploitation humaine et le désastre écologique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   18 juillet 2011
Cet auteur trop rare a l'écriture lyrique, le sens du détail et de l'accélération. Du très grand roman noir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   13 août 2013
Il était parti sans savoir ce qui l'avait amenée ici ni pourquoi elle semblait porter une certaine affection à Sam Fahey. Il s'était dit en partant et se redisait à nouveau que c'était drôle comme certains se sentaient attirés par cet homme...D'abord son coéquipier, et maintenant cette fille. Mais les épaves faisaient cet effet-là parfois. Il y avait des femmes, et des hommes aussi, qui n'étaient heureux que quand ils pouvaient se raccrocher à un être humain en perdition et veiller sur lui.
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emma34emma34   29 mai 2014
Immergé dans le coeur de Tijuana, Fahey pensa à une prison centrale.
ll se sentait désorienté et n'aurait su, sur le moment, dire laquelle précisément alors qu'il se rappelait tout le reste. Il se souvenait que le bâtiment se dressait au bord d'une grande plaine. Il se souvenait de ses cinq cents codétenus répartis sur sept niveaux. Il se rappelait ce que c'était que d'essayer de dormir dans ce genre d'endroit, essayer de bouger, essayer de manger, essayer de faire quoi que ce soit. Le bruit ne s'arrêtait jamais - des radios qui gueulaient, des hommes qui pleuraient, des hommes qui baisaient, des hommes qui faisaient des cauchemars, des hommes qui balançaient des conneries à tue-tête, jour et nuit... L'une des stratégies de Fahey pour survivre dans de tels lieux avait été de contrôler son environnement immédiat, à savoir vérifier qui se trouvait à côté de lui, qui surveiller, à qui parler, à qui offrir un sandwich - fabrication prison, bien sûr, beurre de cacahuète sur pain de mie, sans fioritures. Le truc était d'organiser son entourage à son avantage, de trouver un allié - un mec pour assurer tes arrières et toi les siens. Tu peux en trouver deux ? Tu peux te faire payer des séries de pompes? Tu peux en faire cent d'affilée ? Tu peux garder la forme? Parle de ce que tu connais... parle de la maîtrise de soi... On a vite fait d'être rejeté dans ces coins-là. On ne tarde pas à se rendre compte qu'on n'est qu'une pauvre merde dans un vaste système. Le système fonctionne suivant une architecture et des lois propres. Un homme sain d'esprit ne pouvait être qu'un intrus, une particule à la dérive dans le réseau sanguin d'un hôte impossible à imaginer, une particule qui attendrait d'être découverte, qui attendrait d'être écrabouillée. C'est ce que lui inspirait à chaque fois le fait de traverser la frontière systématiquement. Le Mexique était pour lui comme la thérapie du fourgon. Les choses se passaient mal au Mexique. Elles devenaient incontrôlables. Elles tombaient toujours dans le bizarre.
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viou1108viou1108   08 août 2013
- Lascif n'est pas un terme que j'aurais pensé à associer à des vers, dit-elle.
- Les vers sont hermaphrodites. En théorie, ils devraient pouvoir s'autoféconder, mais, dans la réalité, ça ne semble pas se produire. Ils s'accouplent avec d'autres vers, ces petits saligauds romantiques.
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emma34emma34   29 mai 2014
Magdalena parcourut de nouveau le mobile home, tenant toujours la photo à la main. Elle allait tout lui dire, décida-t-elle. Elle allait l'enrôler dans son combat contre le monstre. Elle allait en faire un soldat du Christ qui, comme l'auraient dit les soeurs de la Bénédiction, sauverait au passage son âme immortelle, même si Magdalena n'était en fait plus trop sûre de ce qu'elle croyait en matière d'âmes immortelles. Ce qui lui était apparu, ces derniers temps, c'est que la lutte continuait avec ou sans les âmes immortelles. L'important, c'était la lutte, et s'y dérober revenait à perdre son âme - là, ici et maintenant. L'au-delà serait ce qu'il serait. Le combat lui-même était l'acte par lequel on donnait un sens au monde.
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StonerandmoreStonerandmore   02 avril 2017
Elle le regarda lever les bras au- dessus de sa tête , exposant un ventre un peu rond. Mais elle distinguait aussi les muscles de son dos , les monts et leurs vallées soulignés par la faible lumière tandis que ses bras s'abaissaient lentement pour arriver presque parallèles au sol, un peu , pensa- t-elle , comme une mouette en plein vol . Alors elle comprit ce qu'il était en train de faire - cette petite danse à côté de la planche. Le mouvement des mains l'avait trahi . Fahey surfait , ou du moins faisait comme si , seul dans la nuit, à plus de trois kilomètres de la vague la plus proche.
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