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Bonhomme Matthieu (Autre)
EAN : 9782205079562
76 pages
Éditeur : Dargaud (12/06/2020)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Depuis son mariage avec Maximilien d'Autriche, Charlotte va de désenchantements en désillusions. Sa vie conjugale réduite à néant, elle mise son va-tout sur la couronne du Mexique.
À leur arrivée à Veracruz, le couple impérial découvre un pays exsangue, bien loin d'être pacifié par les troupes françaises. Ils doivent faire face à la défiance des élites locales bien décidées à tirer parti de la faiblesse de caractère de Maximilien pour préserver leurs intérêts... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
saigneurdeguerre
  13 juin 2020
1864.
Sur la frégate SMS Novara, Charlotte et Maximilen s'apprêtent à débarquer au Mexique avec l'appui de l'armée française de Napoléon III.
Une invasion ? Non ! Maximilien, frère cadet de l'empereur d'Autriche François-Joseph s'est vu proposé par des notables mexicains un trône impérial au nom du peuple mexicain, véritable tromperie puisque celui-ci n'a pas été invité à se prononcer. Maximilien et Charlotte rêvent de grandeur. L'occasion est trop belle pour la laisser passer surtout qu'ils sont très mal informés de la situation réelle sur le terrain lorsqu'ils acceptent d'assurer ce pouvoir.
Ils souhaitent mener une politique libérale, moderniste, et songent au bien-être de la population. Voilà qui ne plaît pas du tout aux conservateurs qui leur ont offert ce trône et qui voient d'un très mauvais oeil ces modifications du statut d'un esclavage à grande échelle qui ne dit pas son nom, et qui touche plus particulièrement la population d'origine indienne. Cela plaît d'autant moins à ces « pauvres » riches qu'ils vont devoir payer des impôts ! L'Eglise voit, elle aussi, d'un très mauvais oeil l'idée de liberté religieuse. C'est clair, pour elle, que seule la religion catholique doit avoir droit de cité ! le général Bazaine, commandant des troupes françaises, n'est guère optimiste quant aux chances de survie du régime impérial. Partout la guérilla sévit. L'armée se livre à des massacres ignobles de pauvres gens pris entre le marteau et l'enclume. (Les révolutionnaires ne leur laissent pas le choix.) Si Napoléon III retire ses troupes, l'empire du Mexique s'effondre. L'armée mexicaine est composée de soldats engagés de force et qui désertent à la première occasion. Très vite Maximilien fuit ses responsabilités et ses devoirs d'époux. Il n'est pas amoureux de Charlotte qu'il a épousée pour sa dote. En son absence, c'est Charlotte qui assure le pouvoir. Elle prend des décisions qui fâchent tous ceux qui la soutiennent : gros propriétaires, haut-clergé, militaires…

Critique :

Attention ! Si vous êtes passionnés d'histoire et d'exactitude historique, vous risquez d'être déçus (voire de vous sentir trompés) car les auteurs ont pris beaucoup de libertés en faisant de Charlotte une sorte d'impératrice modèle très romantique, très humaniste et en créant des personnages qui n'ont pas existé… Mais de tromperie, il n'y en a point de la part des auteurs car ils mettent bien en garde les lecteurs en précisant qu'il s'agit d'une fiction ! Une fiction qui s'inscrit très bien dans l'humeur de notre époque où, après avoir ignoré la présence des femmes en BD, aujourd'hui la mode est aux héroïnes, laissant aux hommes la plupart des vilains rôles. Dans cette BD qui s'intitule Charlotte, du nom de la seule fille de Léopold Ier de Belgique, fille qui a reçu une éducation de grande qualité toute empreinte de religiosité, on voit l'héroïne dotée de toutes les qualités : très grande beauté, humaniste, idées éclairées, proche du peuple… Mouais ! C'est passer sous silence que l'empereur Maximilien et l'impératrice Charlotte entreprennent d'onéreux aménagements dans leurs diverses propriétés et aux alentours, alors que la situation du Trésor mexicain est catastrophique ! Bref ! Fabien Nury a créé un personnage exceptionnel qu'il met brillamment en scène nous livrant une histoire addictive et passionnante. Matthieu Bonhomme surprend, une fois de plus, tant ce caméléon du dessin est capable de s'adapter à des styles graphiques très variés. Ses dessins se rapprochent fort de ce qu'un film peut offrir avec des gros plans pour mieux capter les émotions des personnages.
Malgré toutes les immenses qualités du scénariste et du dessinateur, je trouve leur travail fortement gâché par la mise en couleurs de Delphine Chedru. Ses grands à-plats de couleurs ternes me ramènent quarante ans en arrière quand les techniques typographiques ne permettaient pas d'accomplir de magnifiques dégradés de couleurs. C'est dans des cas pareils que l'on regrette de ne pas disposer de la BD en noir et blanc…
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Commenter  J’apprécie          309
Bdotaku
  14 juin 2020
« Charlotte impératrice II : l'Empire » de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme paraît enfin chez Dargaud deux ans après le premier tome « La princesse et l'archiduc » et continue de nous enchanter en mettant en scène un drame romantique en cinémascope.
La structure du drame romantique :
Cette saga prévue en 4 tomes respecte la composition du drame en trois phases : exposition (tome 1 : l'enfance et le mariage de Charlotte), le noeud (le Mexique : grandeur tome 2 et trahisons tome 3) et la catastrophe (retour de l'héroïne en Europe). D'ailleurs les auteurs parlent d' « actes » et non de « tomes ». La construction de chacun des tomes de la tétralogie est en outre très théâtrale : ils sont composés en scènes et également en tableaux formés de doubles pages – on admire ainsi, au tome 2, le tour de force du tableau du sacre qui reprend la construction de la noce du tome 1 avec en rappel fleurs, colombes et médaillons.
La « couleur locale » est aussi éminemment présente. Comme le rappelle à nouveau le prologue, le sujet est tiré de l'Histoire. Une fois sur deux les choses dites dans les bulles (sous forme de lettres, de discours ou de dialogues) ont réellement été prononcées ce qui donne une saveur supplémentaire au récit. Matthieu Bonhomme a fourni également un énorme travail de documentation en particulier pour les costumes.
Mais ce qui évoque le plus l'esthétique romantique dans ce tome 2, c'est le mélange des tons : le « sublime se mêle au grotesque, le beau au laid ». On a ainsi présence de comique avec le général d'opérette mexicain Delmonte et sa tendre moitié (qui fait son double !) mais surtout avec le personnage de Maximilien. Sa coiffure à la mode autrichienne prend tour à tour la forme de cornes de satyre ou d'ailes de papillon et représente de façon imagée son côté lascif et velléitaire ( il papillonne au sens propre !). Il est souvent vu en train d'élaborer des discours ou de prononcer des formules creuses et grandiloquentes. Il n'est jamais montré en action, fait preuve d'une jalousie de mauvais aloi et d'erreurs d'appréciation, se lasse de gouverner au bout de quinze jours et se croit à l'agonie pour un simple bobo au pied ! Il est donc grotesque : même ses mesures généreuses sont tournées en dérision par les auteurs car son aveuglement politique est souligné. A côté de cela, on touche au sublime avec un amour impossible - que Nury et Bonhomme choisissent de développer au mépris de la véracité historique - fait de frôlements, d'entente, de délicatesse et de très gros plans sur Charlotte plusieurs fois en larmes. Bonhomme présente même en une planche complète une scène de confession bâtie sur un champ contre-champ et un gaufrier régulier en douze cases dans laquelle l'héroïne semble se confier non plus au prêtre mais au lecteur. On retrouve ici le thème de « Ruy Blas » et Charlotte émeut au même titre que la reine d'Espagne dans le drame hugolien. Enfin, l'histoire prend déjà des accents tragiques. Comme dans un opéra, il y a en effet une ouverture significative qui orchestre par avance les thèmes à venir : la page de titre et son panorama sur Vera Cruz déserte la nuit avec les ombres menaçantes des époux projetées sur l'eau paraît ainsi de mauvais augure. On observe également des thèmes récurrents : au tome 1, Charlotte et Maximilien assistaient à une représentation de « la force du destin » de Verdi à un moment clé ( la décision de leur envoi au Mexique) ; ce même opéra réapparaît ici lors de la visite de l'ambassadeur français qui va sceller leur sort par son rapport et marquer le début de leur condamnation avec le retrait des troupes françaises. Ce leitmotiv souligne donc qu'ils sont les jouets du destin.
Une héroïne complexe :
Si Charlotte apparaît dans ce tome comme une version XIXe de Lady di en étant une princesse malheureuse, humiliée, qui cherche le réconfort ailleurs, soigne les malades du typhus et se préoccupe du sort des pauvres indiens dès son arrivée, la série est loin d'être une hagiographie. Ainsi la scène d'ouverture surprend complètement le lecteur et met à mal une image trop lisse à la Romy Schneider dans « Sissi ». D'emblée, Charlotte apparaît comme un être de chair et de sang. Plusieurs rêves érotiques parsèment ce tome et forment, tant dans leur composition que dans leurs luxuriantes couleurs, un saisissant contrepoint avec la glaciale nuit de noces du tome 1. Les auteurs montrent également qu'elle n'est pas toujours noble et peut devenir machiavélique et piéger Bazaine en se servant de sa concubine Pepita qu'elle fait chanter.
Ce portrait contrasté de l'héroïne semble doté de plusieurs fonctions. Il contient peut-être une dimension explicative : il souligne les frustrations continuelles auxquelles est confrontée Charlotte qui ne se retrouve finalement ni femme ni mère. Cela crée un suspense : les auteurs sacrifieront-ils à la légende en lui octroyant une relation amoureuse consentie, forcée ? Sera-t-elle mère ? Cette insistance permet aussi une explication clinique puisque petit à petit on comprend ce qui pourra être à l'origine de la folie. Ainsi, on en revient au drame romantique : l'individu broyé par le social. Enfin, ce détour par la fiction historique ne permet-il pas, au-delà du sort « anecdotique » de l'impératrice, de réfléchir sur la société moderne ?
Une résonance moderne :
Comme l'indique le titre de la série, la tétralogie met en place une réflexion sur la place de la femme. Dans ce deuxième tome, on remarque dès la couverture une opposition avec celle du premier. Ici, Charlotte est montrée « en majesté » et placée en véritable chef de guerre à la tête d'une troupe dans des couleurs chaudes évocatrices du Mexique, du sang, de la violence et de la passion tandis qu'au tome 1 elle était présentée en frontal, assise, surprise et effarouchée . Elle passe ainsi de jeune fille faible à femme de tête forte et puissante. Elle est très souvent présentée en contre-plongée dans cet acte II : magnifiée, elle siège par exemple debout à la table du conseil, en uniforme, et domine les autres qui sont assis. Elle reçoit même les compliments de son ennemi Bazaine qui l'adoube : « Pardonnez ma franchise, ce pays n'a pas d'empereur mais il a une impératrice. Je vous respecte et je me battrai jusqu'au bout à vos côtés » (p.62). Charlotte prend des décisions, fait passer des lois, gouverne bien mais en sera empêchée par son mari qui veut la remettre « à sa place ». C'est finalement le plus grand drame de l'héroïne comme le souligne en dernière page la reprise des codes graphiques de la pieta qui fait écho la p.2 où Charlotte dans son corset semble emprisonnée dans une cage.
Mais, comme souvent chez Nury, on a également une réflexion politique. Il dénonce d'emblée l'archaïsme et la vanité de la monarchie avec la présentation du carrosse rococo complètement incongru et plus largement la non répartition des richesses en opposant le luxe et la pompe du cortège impérial et la misère la plus abjecte ( le chien errant qui mange les crottes ou dans un cadrage des plus significatifs , un éclopé qui regarde passer au loin le carrosse ). Comme dans «Katanga », il souligne aussi les méfaits de la colonisation en reprenant l'épisode véridique du calvaire de Pilar. Celui-ci apparaît d'autant plus horrible que rien n'est montré si ce n'est le résultat : des gros plans sur le visage hagard et presque déshumanisé de la jeune fille devenue folle suite à son viol collectif. D'autres exactions de l'armée sont évoquées de façon beaucoup plus crue : les propos -authentiques- de Bazaine sur la politique de la « terre brûlée » mis en récitatif sur des images de massacre comme une justification inacceptable par le lecteur et enfin, dans une distorsion voulue, Charlotte se retrouvant au milieu d'une scène de « tabula rasa » d'un village accusé d'avoir caché des armes de Juarez. Ce dernier épisode semble annoncer certaines pratiques qui auront lieu au Vietnam et en Algérie et indigne à la fois l'héroïne et le lecteur. D'ailleurs on notera qu'à chaque fois que Charlotte explore le pays avec le père Rafaël comme guide, on a des gros plans sur son regard : les yeux de l'héroïne semblent prendre le lecteur à témoin. Enfin, les auteurs soulignent également la collusion de l'église vénale et corrompue (ah, la scène où le nonce du pape engloutit goulûment un éclair !) et des propriétaires terriens qui exploitent sans vergogne les indiens mais ils évitent le manichéisme puisqu'ils mettent également en scène des hommes d'église très vertueux et dévoués.
Cet acte II est dessiné de main de maître par Matthieu Bonhomme et magnifié par les couleurs chatoyantes de Delphine Chedrut qui guident le regard et permettent d'installer les atmosphères. le dessin en cinémascope nous éblouit à chaque planche ; on a dans ce tome des planches et des intrigues dignes des films de Visconti mettant en scène « violence et passion » et le « crépuscule des dieux ». On s'attend dans l'acte III à du Peckinpah et du Aldrich puisqu'il devrait aborder Camerone et l'exécution de Maximilien. Mais l'on sait d'ores et déjà que c'est une série qui fera date car elle est impériale …
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mariech
  24 juin 2020
Tome 2 de Charlotte impératrice qui commence par l'éprouvant voyage vers le Mexique .
Maximilien et Charlotte vont être très vite confrontés à la misère des indiens , à la révolte du peuple , à la place prédominante occupée par l'église et l'armée .
On les voit réagir selon leur personnalité et s'éloigner progressivement .
Après tout , c'est sur l'insistance de Charlotte que Maximilien a accepté cette aventure qui nous parait peu préparée , c'est le moins qu'on puisse dire .
Le Mexique n'a rien d'accueillant pour les deux souverains , Charlotte va essayer de gouverner , se mettant à dos à la fois la puissante église et également l'armée .
Le roi Leopold 1er essaye comme il peut d'aider sa fille en envoyant des soldats la protéger .
Mais avait - t - on mesuré toutes les implications d'une telle aventure , il m'a semblé que Charlotte et Maximilien sont rapidement livrés à eux mêmes , dépassés par l'ampleur de la tâche .
Les auteurs nous montrent un Maximilien indolent qui très vite renonce à son rôle , mais on peut se demander s'il ne s'est pas très vite rendu compte que la tâche était impossible .
Charlotte , elle fidèle à elle - même , essaye de gouverner , de faire changer les choses , forçant l'admiration de ceux qui l'entourent .
Elle vit la plus belle partie de sa vie , même si personne ne le sait encore , elle tient le rôle pour lequel elle a été élevée , on voit les failles apparaître , sa vie de couple qui est un véritable fiasco , ils sont si différents l'un et l'autre , on sent les premiers signes du drame à venir .
Une très belle BD , une page d'histoire que j'aime beaucoup , vivement le tome 3 .
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ludi33
  07 juillet 2020
L'empire est le ssecond tome de la série BD consacrée à Charlotte de Belgique qui va devenir impératrice du Mexique. D'ailleurs, l'intrigue présenté ici commence alors que Charlotte et Maximilien débarque au Mexique pour prendre possession de leur couronne. Ils vont découvrir un pays exsangue où règne le pauvreté et la guérilla.
Charlotte est présenté comme une femme de caractère, capable de mener un pays et des hommes, pétrie d'une humanité mal vue par les quelques privilégie du pays. Maximilien montre quant à lui peu d'investissement dans sa charge et disparait rapidement pour se réfugier dans la luxure.
Le classicisme du dessin offre un bel écrin à cette biographie de Charlotte. On suit avec intérêt l'intrigue qui mêle grand histoire et intrigues de cour où chacun cherche à tirer la couverture à lui. Une excellente entrée en matière pour découvrir la vie de cette figure méconnue de l'histoire.
Un grand merci aux éditions Dargaud et à Netgalley pour cette lecture historique.
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LireEnBulles
  03 juillet 2020
En août 2018, paraissait le premier tome de la série historique Charlotte Impératrice revenant sur la vie de Charlotte de Belgique, fille du roi Léopold Ier et de Louise d'Orléans. Dans ce tome 1, nous assistons à son mariage avec Ferdinand-Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François-Joseph époux d'Elizabeth d'Autriche alias Sissi. Cette union fut un véritable sacrifice pour elle, elle qui se voyait se marier à un autre, et c'est ainsi que toute sa vie bascula dans un destin qu'elle va s'efforcer de reprendre en main.
Le tome 1 avait été une très bonne introduction à ce pan de l'histoire, mais surtout à celui des personnages, principalement à celui de Charlotte. Femme douce mais déterminée, elle a appris à ne pas se bercer d'illusions. Dans ce deuxième tome, Charlotte et son époux sont en chemin du Mexique pour le gouverner. À leur arrivée le couple fait face à la désolation d'un pays et d'un peuple au bord de l'épuisement. La corruption et la tyrannie se trouvent à tous les niveaux. Politique, clergé et armée personne ne semble être honnête. Dans un premier temps, Maximilien est plus que passionnée par sa mission de rétablir une justice loyale pour tous, mais peu à peu il se détourne de son rôle pour se laisser aller à ses démons. Femmes, alcool et ne rien faire, voilà ce qu'il aime. Mais Charlotte, elle, n'est pas comme son mari. Elle endosse alors son rôle d'impératrice et décide de mettre de l'ordre dans le pays. Ces choix ne vont pas enchanter la cour et les plus grands qui l'entourent, créant des tensions et des intrigues très passionnantes à lire. Fabien Nury équilibre son récit entre les faits historiques et les émotions intimes de Charlotte. C'est équilibré du début à la fin. Les personnages prennent plus de place dans l'histoire, laissant le champ libre à un développement psychologique pertinent. Charlotte nous apparaît brillante, forte mais aussi quelque peu assommée par ce nouveau monde qui l'entoure. Mais seul le lecteur perçoit cette »faiblesse », comme si nous étions ses confidents. le personnage d'Éloin, conseiller de Charlotte, ne cesse de montrer sa loyauté à celle qu'il sert avec coeur. On devine aussi des sentiments qui vont au-delà de la simple servitude, et que Charlotte semble partager. Les nombreuses facettes de la jeune femme nous entraînent dans une lecture que l'on prend plaisir à découvrir. Cela s'applique aussi au dessin, puisque les expressions des visages, les regards échangés, etc sont toujours appliqués au bon moment.
Les planches de Matthieu Bonhomme sont, encore une fois, sublimes. Chaque case est construite de manière à être en accord avec l'émotion véhiculée sur le moment. Plan rapproché, silhouette floue, chaque détail est là pour une raison. Les moments de vie en pleine cour laissent place à des instants plus intimistes. Dans un récit historique où la stratégie politique est très présente, il n'est jamais simple de rendre les échanges dynamiques, mais ici, le dessinateur y arrive avec une grande facilité. La colorisation de Delphine Chedru rend le tout encore plus intense. Les couleurs chaudes du climat du Mexique sont bouillantes, tandis que les couleurs froides liées à la cour sont sobres et retranscrivent bien toute l'antipathie du milieu.
En conclusion, ce deuxième tome confirme la qualité des idées mises en place dans le premier tome. Fabien Nury noue plusieurs intrigues entre elles, faisant s'entremêler la géopolitique et les conflits que cela engendre avec le drame personnel que vie Charlotte. Une femme qui cherche sa place dans un monde qui ne lui laisse pas sa chance simplement parce qu'elle n'est pas un homme, alors que face à elle le patriarcat se dresse dans toute sa prétendu virilité. Une série à découvrir sans plus attendre.

Lien : https://lireenbulles.wordpre..
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critiques presse (1)
Sceneario   22 juin 2020
Un second tome qui montre que Nury et Bonhomme ont bien fait de conjuguer leur talent dans ce passionnant récit historique. Ils rendent un bel hommage à cette femme que fut l'Imperatrice Charlotte.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MaplumedepaonMaplumedepaon   08 juillet 2020
Discuter avec cet homme me donne une idée assez limpide de ce qu'est l'enfer : une impasse sans issue.
Commenter  J’apprécie          20
ClioInoClioIno   06 juillet 2020
Nous mentons tous, et nous faisons tous des erreurs. Mais votre position est unique et le poids de vos fautes n'en est que plus terrible.
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AlfaricAlfaric   17 juin 2020
Il ne peut avoir d’empire sans dynastie ni de dynastie sans descendance.
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Videos de Fabien Nury (80) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fabien Nury
Matthieu Bonhomme publie avec Fabien Nury, la suite de Charlotte de Belgique, future impératrice du Mexique. Il explique ici à Anne Douhaire comment il s'y est pris pour la dessiner. Montage : Claire Sarfati Plus d'informations sur la BD : https://www.franceinter.fr/culture/bande-dessinee-bonhomme-et-nury-charlotte-imperatrice-naissance-d-une-femme-d-etat Plus de "Comment j'ai dessiné... : https://www.youtube.com/playlist?list=PL43OynbWaTMLSUzMpmqwuKcJNbTeC5GhD Plus de bande dessinée sur France Inter : https://www.franceinter.fr/theme/bande-dessinee
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