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EAN : 9782738146724
204 pages
Éditeur : Odile Jacob (30/01/2019)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Les philo-cognitifs sont ces individus, enfants ou adultes, qui réfléchissent de façon différente et ne peuvent s’arrêter de penser.

Appelés tour à tour surdoués, précoces, hauts potentiels, ils ont été décrits d’une seule et même façon, alors qu’ils révèlent en vérité deux types distincts d’intelligence. Là où certains, brillants et inadaptés, font la « révolution de la pensée », d’autres, en effet, s’imposent comme les piliers de leur environnement,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Apoapo
  18 janvier 2020
Cet essai co-écrit par une psychologue, un biophysicien (neuroscientifique) et un médecin (pédopsychiatre) s'attelle à la caractérisation des personnes – enfants et adultes – cognitivement sur-développées. Il commence par un éclaircissement du sujet en réfutant les notions de surdon, précocité, haut potentiel, pour retenir le terme de « philo-cognition », ainsi défini :
« […] il désigne d'abord un intérêt prononcé (voire un besoin profond) et une capacité supérieure pour une mobilisation massive de la pensée au travers de trois processus principaux : un raisonnement actif et compulsif (hyperspéculation), une sensibilité et une alerte exacerbées (hyperacuité) et une pensée automatique et analogique sur-développée (hyperlatence). » (p. 32)
Les philo-cognitifs, dont l'imagerie médicale révèle les particularités cérébrales, se répartissent en deux groupes : les philo-complexes (avec prédominance de l'hémisphère gauche) et les philo-laminaires (hémisphère droit), qui sont ensuite analysés comme des types idéaux, alors que dans la réalité empirique les profils des philo-cognitifs sont rarement « purs », mais typiquement de l'ordre de 60%/40%.
Suivent deux longs chapitres sur chacun de ces types, respectivement sur les philo-complexes qualifiés de « Ouvreurs de voies », et les philo-laminaires, « Couteaux suisses ». Ces deux parties représentent environ trois quarts de l'ouvrage, et elles se répartissent symétriquement, afin de préciser, pour chacun des profils : le portrait, le fonctionnement cognitif (« Dans la tête d'un ... »), le rapport à soi (« De soi à soi »), le rapport à l'environnement (« Face au monde »), et les troubles et souffrances.
En résumé et comparativement (cf. tab. récapitulatif p. 181) :
« Portrait :
- Animal totem du complexe : Ouistiti / du laminaire : Ours
- Énergie du complexe : Libre et torrentielle / du laminaire : Maîtrisée et solaire
- Posture du complexe : Entièreté / du laminaire : Constance, patience et tempérance
Fonctionnement cognitif :
- Conception du monde du complexe : Interpréteur / du laminaire : Explorateur
- Régulation de l'information du complexe : Surcharge cognitive mal maîtrisée / du liminaire : hyperconscience
- Motivation du complexe : Mouvement perpétuel / du liminaire : Promotion naturelle
Rapport à soi :
- Présence à soi du complexe : Mauvaise estime et bonne confiance / du liminaire : Meilleure estime que confiance
- Émotions du complexe : Sympathie / du liminaire : Empathie
- Pulsions du complexe : Autosabotage / du liminaire : Autoconservation
Rapport à l'environnement :
- Pressentiment du complexe : Instinct / du liminaire : Intuition
- Relation à l'autre du complexe : Malentendu / du liminaire : Fiabilité et adaptation
- Relation à l'autorité du complexe : Opposition, déni et transgression / du liminaire : Respect mais contournement
Troubles et souffrances :
du complexe : Névrosisme, troubles du sommeil, troubles de l'apprentissage /
du liminaire : Burn-out, troubles psychosomatiques, addictions, dépression essentielle. »
La déclinaison de ces profils se base sur des critères qui ne sont pas indiqués : il est douteux que ce soit sur la clinique, et si c'était le cas, elle semblerait plutôt fondée sur les enfants et les adolescents. Les données de l'imagerie ne sont pas non plus rapportées dans ces deux chapitres, ce qui donne une impression désagréable de filature d'un mythe à partir de stéréotypes. Généralisations réfutables sur la base du mélange entre les deux types idéaux. Cette impression est renforcée par le fait que chaque sous-chapitre est accompagné de « Conseils », hommage sans doute au sacro-saint principe de l'utilité immédiate de la lecture d'un manuel – principe que j'abhorre – certains parmi lesquels relèvent du « café du commerce » : « Chercher à savoir quelles lectures pourraient l'intéresser... » (p. 109), voire de l'ironie involontaire : « S'inscrire à des stages commandos […] Développer une activité sexuelle plus primaire (dans la mesure du respect de son/sa partenaire, bien sûr). » (p. 143).
Pour contrebalancer ces malheureuses chutes de niveau, je m'empresse de signaler l'abondance de citations très intelligemment et opportunément intercalées au corps du texte : j'ai particulièrement apprécié toutes celles de Romain Gary ainsi que, fragmentés mais presque entiers, les vers du célèbre poème « If » De Rudyard Kipling. Pétrarque est aussi convoqué, et Einstein et Cioran. En encadré, quelques – trop rares – cas cliniques emblématiques.
Le dernier chapitre – ch. 4 « Recherche en cerveau inconnu » - est également de nature à apporter davantage de satisfaction, dans la mesure où les contributions des recherches neuroscientifiques sont plus évidentes – depuis le célèbre essai L'Homme neuronal de Jean-Pierre Changeux sur lequel je pense me ruer – dans leurs efforts de comprendre et de définir l'intelligence. La théorie mathématique des graphes est évoquée dans l'étude des connectivités cérébrales : structurale et fonctionnelle. Enfin une ouverture sur une perspective plus large, vers un nouveau modèle de l'intelligence est proposée où la philo-cognition s'accompagne de l'ultra-cognition et cette articulation permet de rendre compte de phénomènes spécifiques tels le génie ainsi que la réussite, qui ne sont a priori propres ni à l'une ni à l'autre, sans plus opposer le cognitif à l'émotionnel au sensoriel et à la motricité, ni à certains troubles psychologiques malheureusement encore traités comme des pathologies – en particulier l'hyperactivité. Cette analyse terminale, pourtant, ne m'ôte pas entièrement les réserves quant à la manière dont les deux chapitres précédents ont été rédigés.
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ZeroJanvier79
  01 juin 2019
Ce livre mêle psychologie et neuro-sciences pour aborder un sujet sur lequel le vocabulaire ne fait pas consensus. Après les surdoués, les précoces, les hauts potentiels, les zèbres, les auteurs de ce livre proposent leur propre terminologie : les philo-cognitifs.
Les auteurs vont même jusqu'à distinguer deux profils de philo-cognitifs : les complexes et les laminaires, avec leurs caractéristiques cognitives, leurs traits de personnalité et leurs difficultés.
C'est intéressant, cela m'a semblé novateur par rapport aux approches classiques, mais je dois tout de même dire que je n'ai pas été totalement convaincu. Je dois même reconnaître que je me suis parfois ennuyé en lisant ce livre, n'hésitant pas à survoler certains passages qui ne me parlaient pas vraiment.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ApoapoApoapo   18 janvier 2020
« […] si l'on peut avoir un regard critique sur la manière dont les [philo-]complexes gèrent leurs émotions en réaction à leur environnement, il nous paraît important de noter que leur perception des interactions, de ce qui sous-tend réellement certains non-dits ou des intentions véritables de leurs interlocuteurs est généralement très juste. C'est leur réaction émotionnelle qui est souvent inappropriée et non pas leur sensibilité aux fondements des interactions avec autrui. » (pp. 84-85)
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ApoapoApoapo   18 janvier 2020
« […] lors d'un apprentissage, le cerveau procède en deux phases. Durant la première phase, il doit fournir des efforts, planifier, focaliser son attention sur la tâche à accomplir. Son activité se centralise alors sur sa partie avant, le cortex préfrontal, et utilise principalement la mémoire de travail (ou mémoire à court terme). Durant la seconde phase, l'apprentissage est intégré et devient un automatisme, un réflexe pour lequel le cerveau ne dépense presque plus d'énergie. » (p. 55)
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ApoapoApoapo   18 janvier 2020
« Un philo-laminaire n'émet pas de jugements ni ne se laisse prendre par des émotions considérées comme futiles dans un contexte. Un événement n'est ni bon ni mauvais, il "est" et il faut faire avec lui en utilisant les ressources à sa disposition. Si les ressources sont bien utilisées et que le résultat est celui escompté, il ressentira du plaisir ; dans le cas contraire, il éprouvera une certaine frustration qui l'amènera à renouveler ses efforts pour s'améliorer. » (p. 105)
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ApoapoApoapo   18 janvier 2020
« Il nous paraît important ici de distinguer l'estime de soi de la confiance en soi. L'estime de soi représente le sentiment que l'on a d'être quelqu'un de valable, d'estimable ; la confiance en soi se caractérise par une capacité à s'imposer au monde, à s'affirmer avec force. Ces deux notions ne vont pas forcément de pair et sont souvent confondues. » (p. 67)
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ApoapoApoapo   18 janvier 2020
« Le premier risque possible est la décompensation. À force de réprimer son essence, sa nature, pour répondre sagement aux attentes de l'environnement, il se peut qu'un beau jour le vernis social craque et laisse place à un afflux d'émotions ou à un comportement de rupture. » (p. 139)
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