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Jean-Baptiste de Seynes (Traducteur)
EAN : 9782264039286
284 pages
Éditeur : 10-18 (04/03/2004)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 39 notes)
Résumé :

Dans une grande maison délabrée, isolée dans la campagne irlandaise, vit Josie, une vieille femme malade et seule qui ressasse le passé et une lancinante culpabilité. Lorsque McGreevy, traqué par toutes les polices, fait intrusion chez elle, c'est toute la violence de ce pays déchiré qui fait de nouveau irruption dans sa vie. Il combat dans la clandestinité pour l'Irlande réunifiée. Elle refuse d'acce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  12 novembre 2018
Est-ce l'histoire d'un homme de l'IRA ou bien le portrait d'une femme, Joséphine, confrontée à une situation nouvelle pour elle, héberger ou pas l'un de ses membres, recherché pour crime.
Dans ce remarquable roman "la Maison du Splendide Isolement", Edna O'brien, cette irlandaise du comté de Clare, nous bouleverse, et n'hésite pas à nous prendre à contre-pied.
Car nous sommes d'abord directement concentré sur l'Irlande du Nord et les engagements dans lesquels son héros Mc Greevy, ce combattant pour une Irlande réunifiée se bat, et pendant un temps se cache.

Pour ma part, ce splendide isolement est bien l'occasion unique pour cette grande romancière hors du commun de dresser le portrait étonnant et émerveillé sur ce que peut être une femme irlandaise, à priori si éloignée des combats qui agitent cette énième réunification, mais qui parle avec bon sens, page 130 elle affirme, "Eh bien faite-le, nom de Dieu!...Sans pour cela tuer et estropier des personnes innocentes !"

Tout le passé de cette femme l'entraîne naturellement vers le respect de l'autorité présente en Irlande, ce respect est plus le sentiment d'appartenir au peuple irlandais, moins le devoir d'être conservatrice de ses avantages ou de sa situation. Ce respect de l'Irlande s'exprime naturellement dans celui de la hiérarchie catholique, respect plus nuancé quand elle parle des autorités administratives et policières, où une pointe de regard critique affleure, à sa mémoire comme à sa blancheur de peau.
Page144 elle avoue, "avoir reconnu son sourire à partir de photos présentées à la TV", puis au policier Rory, qui lui demande, "avez-vous vu cet homme ?" Là elle répond page 228, "Je n'ai pas la télévision". "Quelqu'un de solitaire comme vous l'êtes"?, "Je considère votre question comme offensante, en ce cas faites votre travail, c'est votre boulot de le trouver".

La qualité romanesque proposée tient beaucoup à l'espièglerie de Josie, à son indépendance intellectuelle, à son esprit caustique qui ne fera que croître à mesure que les événements deviennent plus tragiques ou plus sombres, comme si les problèmes de Mc Greevy, étaient sollicités pour mieux rendre le personnage de Josie, pour mieux la comprendre de l'intérieur, tel un tableau en négatif de la narratrice Edna O'Brien.
Il est aussi un domaine inattendu ou l'on va pouvoir déguster la prose de la romancière, et son féminisme qui s'exprime dans les relations amoureuses, avec une inventivité, une drôlerie à laquelle je ne m'attendais pas.
Notons ces trois sorties,
"Il haïssait la façon qu'elle avait au lit de s'encamisoler dans sa chemise de nuit, telle une momie amidonnée."
"Elle ne veut pas que ce soit gaspillé, sur l'herbe, elle en veut, ça en elle, être embrasée."
"Les femmes elles ne sont jamais contentes, on leur cède et la vie devient un enfer, on ne leur cède pas, et c'est encore l'enfer..."

Toute l'originalité du récit est de faire basculer la tension, de Franck Mac Greevy , vers cette femme, qui voit sa vie basculer, de la sérénité douce d'une femme isolée, à la responsabilité, qu'elle va progressivement assumer, jusqu'à s'affirmer devant les policiers qui l'interrogent.

Josie est prise par ce dilemme, dénoncer et le protéger car il finira en prison, ou tenir bon, et trouver les moyens pour aider le fugitif, malgré les soupçons qui se dirigent vers cette maison isolée vers son splendide isolement. Car c'est tout le contraire qui se fait dans sa tête, de la compréhension de l'homme elle ira, en effaçant un passé dans lequel elle n'a pas pu s'épanouir, vers un destin indéchiffrable..

Face à cet homme taillé dans une seule pièce, convaincu de se battre pour la bonne cause, une conviction que rien ne peut entraver, Joséphine montre une personnalité bien plus complexe, plus attachante sans doute, prête à la compassion, prête à comprendre, ce qui pour elle, est totalement incompréhensible.
Edna O'Brien dans ce face-à-face obsédant réussi à nous faire vibrer, et ressentir combien le drame irlandais, contient de pièges pour lesquelles les femmes n'étaient pas du tout équipées, pour surmonter tant d'épreuves.
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isanne
  27 mai 2019
Une vieille dame âgée pour qui la vie n'a pas été que douceur, un membre de l'IRA qui doit effectuer une opération armée tout en tentant d'échapper aux policiers qui le pourchassent. Deux êtres chahutés par la vie, deux êtres qui en sont au temps du questionnement, qui regardent leur existence passée sans compassion.
Le récit de la vie de Josie, celui de la vie de Mac, par bribes, en filigrane, en petites touches...
Le style est acéré, l'écriture sans douceur pour décrire ces deux existences éperdues qui se rencontrent pour quelques moments de partage des convictions.

Une lecture qui m'a hantée bien après avoir refermé le livre et qui m'a donné envie de continuer la découverte de cet écrivain tout en révolte.
Commenter  J’apprécie          190
mariech
  12 septembre 2011
Rencontre explosive de Mac Greevy , un menbre de l'IRA , recherché par la police , qui a déjà tué à plusieurs rerises et d'une vieille dame malade et solitaire , qui n'a plus que quelques visites . Deux mondes complétement différents qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant ; un jour Mac Greevy vient se réfugier chez Josie , il croit que la maison est vide car dans sa cavale , il a entendu que la propriétaire était à l'hôpital . Il y a dans ce livre un peu du syndrôme de Stocklom , ce fait bizarre qui fait que l'otage se met à aimer son otage , en même temps Josie essaye d'humaniser un peu le terroriste , peu à peu , ils essayent de se comprendre . L'auteur nous livre un portrait tout en finesse d'un psychopathe , en nous montrant même ses côtés humains . Un beau roman mais une petite réserve , un peu touffu . Ce livre me donne envie de découvrir mieux l'auteur .
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IreneAdler
  23 novembre 2019
Le passé, toujours terriblement présent en Irlande.
Parfois, il se cogne au présent, et plus personne ne sait si la lutte est légitime ou non. Pour Josie, sans doute que non. mais la vieille femme ne dénonce pas le combattant pour la réunification. Pourquoi ? Parce qu'il lui rappelle son passé ? Parce qu'il est une distraction dans son veuvage solitaire dans une maison délabrée ? Cette maison, de quoi est-elle le symbole ? Pas d'une vie heureuse, en tout cas.
Voyage entre passé et présent dans un pays sur les dents, les nerfs et sans solution politique ni combattante, où le frère est contre le frère. Où les armes ne se taisent plus.
O'Brien faut ressentir cette atmosphère malsaine, mauvaise. En mettant en scène des personnages qui sentent renaître leur empathie, mais aussi leur désespoir au sein d'une lutte qui n'aura pas pas de vainqueur. Elle crée des personnages terriblement vivants, qui auraient pu exister, qui ont peut-être existé. Des personnages complexes qui se révèlent au fur et à mesure du roman. Plus surprenants que l'on aurait pu le croire en les croisant la première fois. On a beau dire, sortir de sa zone de confort fait évoluer les représentations.
Malgré les meurtres, les injures, le sang versé : personne ne semble éprouver la moindre culpabilité...
Challenge Voyages Littéraires
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Woland
  21 décembre 2007
House of Splendid Isolation
Traduction : Jean-Baptiste de Seynes
Sur le blog d'Yvon consacré à la littérature celtique, j'avais cru comprendre qu'Edna O'Brien n'était guère partisane d'une construction littéraire "classique" et que "La Maison du Splendide Isolement" faisait exception à cette tendance. C'est donc par là que j'avais décidé de découvrir son oeuvre - laquelle est impressionnante.
Les premières pages pouvaient cependant faire appréhender une intrigue décousue. Les phrases y sont courtes, sèches, ou alors très vagues. Mais on ne comprendra pourquoi qu'à la fin du roman. Un enfant - quel enfant ? - évoque une maison où il semble vivre (ou, à tout le moins, bien connaître) ainsi que la Vallée du Cochon Noir, ce Gurtaderra décrit dans les livres.
Puis on tombe en plein dans la cavale d'un membre de l'IRA, McGreevy, et dans les soucis que cela cause au responsable policier qui le traque. Et puis enfin, on en arrive à la Maison du Splendide Isolement.
C'est dans cette maison isolée que vit Josie, une vieille femme sans enfants qui ressasse les souvenirs de sa jeunesse. Son emploi de serveuse, jadis, à Brooklyn, avant qu'elle ne revînt en Irlande pour s'y dénicher un mari valable. le mauvais choix, bien sûr. Non que James fût un mauvais homme mais ... Un minimum ici est dit sur la sexualité du couple mais on comprend très vite que, pas plus que James n'était fait pour Josie, celle-ci n'était faite pour James. Et puis la frustration qui s'installe de part et d'autre, les nuits passées au pub du village pour lui et les rêveries amoureuses de la jeune femme sur le médecin, puis sur le prêtre ... Et la brutalité, l'alcoolisme, les pleurs, les regrets, le veuvage enfin et la solitude ...
Tout cela, Josie le découvre peu à peu au lecteur, alors que l'irruption de McGreevy, bien décidé à se cacher chez elle, lui fait, une dernière fois avant qu'elle n'entende ces bruits de chaînes dans l'escalier qui, selon la tradition familiale, annonce leur mort aux habitants de la maison, considérer ce que fut sa vie, avec ses joies (bien modestes) et ses peines (bien plus nombreuses.)
Une relation étrange, mi-amour, mi-affection mère-fils, se noue pendant ces quelques jours entre le "psychopathe" en cavale et la vieille dame et un peu du passé récent de l'Irlande nous est ainsi restitué : le poids des convenances, le poids de la religion (catho ou protestante, peu importe), le poids de la révolte, le poids de la violence aussi.
Un livre remarquable mais dans lequel on entre par la petite porte, persuadé qu'il n'y existe pas, en fait, de grande porte. C'est pourtant par celle-ci qu'on en ressort - conquis. ;o)
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
FleitourFleitour   09 novembre 2018
Il se lave si vigoureusement...
Est-ce le sang qu'il veut faire disparaitre?
Est-ce la Honte?
p 148
Commenter  J’apprécie          200
michelekastnermichelekastner   22 juillet 2014
Si elle se demandait pourquoi elle fait cela, elle saurait répondre. D'abord elle ne se pose pas la question - puis se la pose. Quelque chose qu'il a dit : lorsque la lutte aurait cessé, que le pays serait réunifié, il aimerait avoir des enfants, de pleines charretées. Il paraissait sincère en disant cela, tout en donnant l'impression que cela n'arriverait jamais. Entendant cet aveu, elle avait senti en elle la fourche démente de la mélancolie, être jeune à nouveau, avoir des charretées d'enfants.
"C'est pour cela que je me coupe les cheveux", dit-elle, aux ombres de la pièce, à un monde qui s'enfuit sans laisser de temps aux vieillards, et en n'en accordant guère aux jeunes. Défi. Châtiment. Ou était-ce un adieu ?
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jujusorel75jujusorel75   27 février 2015
Béal na blât - La bouche des fleurs

Sous la tourbe agitée de Glasnevin
La blanche fleur de sa jeunesse fut laissée;
Son esprit a rejoint comme un soleil couchant
Le dieu des Fenians trépassés.

Bonne chance à toi, Michael Collins,
Soit que tu restes ou t'en ailles loin,
Résides parmi la ribambelle des fées
Ou t'en reviennes avec tous les fantômes, demain.
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