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Laura Derajinski (Traducteur)
ISBN : 2070360687
Éditeur : Gallimard (07/05/2009)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Quand Dan O'Brien s'installe dans le ranch de Broken Heart, il réalise son rêve : vivre au pied des terres indiennes de Sitting Bull. Mais, en un siècle, les Grandes Plaines ont été stérilisées par l'agriculture et l'élevage bovin. Pour rétablir l'écosystème originel de ses terres, O'Brien imagine l'impossible : élever des bisons dans leur milieu naturel... Sur les pas de Jim Harrison, Dan O'Brien nous offre une ode au Grand Ouest américain.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  09 novembre 2018
Le Bison, tout le monde en connait au moins un emblématique sur Babelio.
Mais il se pourrait bien que les Grandes Plaines, sises dans le Grand Ouest Américain, en abritent bien plus.
Tout part d'une idée un peu folle, comme souvent.
L'esprit déraisonnable de Dan O'Brien qui se mit en tête de délaisser l'habituel élevage colonisateur de bovins au profit de l'exploitation de bisons, le tout dans le plus pur respect de ce noble animal désormais élevé dans l'esprit d'une certaine éthique écologique.
Quel souffle épique et libérateur que ce récit.
Un océan de liberté paradoxalement contraint par d'innombrables contingences terrestres.
Car le bestiau se mérite.
On ne se lance pas dans la production de bisons comme dans l'héliciculture.
Le tout se réfléchit mûrement, s'infléchit tout autant pour finalement voir le jour au profit d'un bien-être personnel que l'on pressent fondamental.
Au travers ces péripéties d'éleveur hors norme, c'est tout l'Ouest revisité, bâti à grands coups d'extermination massive pour contribuer à la marche forcée d'un progrès devenu inéluctable.
J'ai adoré douter avec O'Brien.
Puis l'accompagner dans un vieux pick-up brinquebalant et arpenter ces immensités cabossées pour finalement assister à la renaissance d'un mythe.
A projet exceptionnel roman exceptionnel.
Ode au grand ouest de légende, ces bisons procurent un bien-être que je n'imaginais honnêtement pas aussi profond et persistant.
De l'ébauche hésitante d'une telle entreprise à sa pleine et entière réalisation, Dan O'Brien nous y associe sans réserve, rythmant notre humeur au pas cadencé de ses peines passagères et de ses joies ineffables.
Je ne connais pas le bonhomme.
Ce que je sais, c'est son amour absolu pour les grands espaces sauvages, son respect et son admiration pour le renouveau d'une espèce en voie de réapparition, sa volonté forcenée de vouloir combiner les deux dans un esprit d'épanouissement mutuel ce qu'il réussit admirablement, faisant fi de ses doutes récurrents.
Ce que je sais, pour finir, c'est le manque ressenti la dernière ligne dévorée...
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patrick75
  17 mai 2014
Les " grandes plaines", paysage balayé par les vents, au rude climat. Terre de Sitting Bull et de Crazy Horse, mais surtout pays du "Tatanka" (bison). C'est là que vit Dan O'Brien. Ecologiste dans l'âme, Il essaie d'introduire un élevage autant respectueux de la faune que de la flore.
C'est mon premier ouvrage sur un tel sujet. le côté "mercantile" par moment est quelques peu dérangeant , mais si c'est là, le seul moyen de revoir paître en paix le mythique bison, alors...
En tous les cas, ce livre vous permettra de vivre jour après jour au contact des éleveurs de bétails du Dakota. le dépaysement est garanti. Pensez à vous munir de vêtements chauds avant la lecture !
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Allantvers
  04 novembre 2018
Incroyable le pouvoir immersif de ce livre, qui donne l'illusion de se retrouver véritablement au coeur des Grandes Plaines, de sentir ses hautes herbes vous caresser les mollets, de trembler de froid sous le blizzard mordant du South Dakota. Et d'avoir regardé un bison dans les yeux!
Il faut dire qu'au fil de diverses lectures du genre western dénonçant le véritable massacre des bisons dans les années 1870 (*), j'ai développé une certaine fascination pour ces majestueuses bêtes symboles de Grande Nature, de force, de culture indienne anéantie, de bestiale et cupide cruauté humaine. Il faut dire aussi que Dan O'Brien est un cowboy sacrément sympathique qui de sa plume simple et franche vous attrape par le cou, comme un bon copain.
Aussi il est difficile de résister à la narration de son expérience positive, bien que rude, d'inverser la courbe folle et destructrice du progrès en tentant de rétablir l'écosystème des Grandes Plaines par la ré-introduction sur son ranch de bisons, lesquels n'avaient pas foulé cette terre depuis cent trente ans.
On apprend énormément de choses dans ce récit autobiographique et naturaliste: sur l'histoire de ces terres mythiques et les échecs des pionniers face à l'aridité du sol et la rudesse du climat, sur les méfaits irréparables du surpâturage pratiqué à outrance, sur la tenue d'un ranch et son fragile équilibre économique. Et sur les bisons bien sûr, pour lesquels on partage l'émotion de l'auteur à les voir de nouveau s'ébattre sous la voute immense.
Et même si cela gratte un peu d'apprendre qu'au bout du compte, business oblige, ils finiront en steack, l'ode à la nature que représente ce livre agit comme un baume de joie sur le coeur du lecteur, qui comme rarement aura été amené à vibrer au rythme du grand Ouest américain.
(*) mention spéciale à "Butcher's crossing" de John Williams, et à "Bénis soient les enfants et les bêtes" de Glendon Swarthouse
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loreleirocks
  14 novembre 2012
Autant se rendre à l'évidence, je suis faible. Il s'en est à peine fallu d'un titre, Buffalo for the Broken Heart, pour que j'offre sans retenue mon petit coeur, d'habitude si bien camouflé et plutôt récalcitrant, à ce livre dont j'ignorais tout.
Dans le genre non-fiction, je lis sur la musique, mais essentiellement sur l'inévitable avancée vers l'apocalypse, conséquence logique de l'entêtement à la surexploitation aveugle et contre-nature de tout et tous par l'Homme.
Et oui, me voilà donc absorbée dans la découverte de l'histoire des Grandes Plaines et de ce constat de décennies d'imposition de traditions européennes à une terre sauvage et cette volonté de la dompter, depuis la Conquête de l'Ouest et se poursuivant de nos jours. Une terre sauvage qui ne rend que ce qu'on lui donne.
À chaque récit de massacre historique de peuples, de faune et de flore ou anecdote sur les malheurs d'une famille locale s'appliquant souvent à bon nombre de fermiers de la région à travers les générations, mon petit coeur se serre alors que mon cerveau se fait lentement et violemment une meilleure idée de la toile de fond de ce bouquin.
Au fil de la prose presque poétique de Dan O'Brien, je me suis prise à volontairement ralentir ma lecture pour mieux savourer la progression de la réalisation d'un projet, d'une envie, presque utopique l'heure de l'exploitation capitaliste et de la surconsommation irraisonnée.
Un témoignage honnête et sans concession, en particulier sur O'Brien lui-même, dans ses difficultés, ses angoisses et sa solitude face à un but titanesque d'aider à la restauration de l'état naturel des Grandes Plaines. Une éthique convainquante. Mais aussi un questionnement constant et des doutes qui réapparaissent à chaque nouvelle étape. Un respect tout particulier, sobre et discret, pour la culture des indiens et certaines traditions et pensées qui semblent accompagner l'aventure de Dan O'Brien et de ses bisons.
Et la fin du mythe du garçon-vacher libre avec son troupeau errant au fil du vent dans un paysage sublime et sans limite. Mais ça, il fallait s'y attendre.
Ce livre est LE coup de coeur pour mon année de lecture 2012, pour ce rayon de soleil et ces instants de bonheur fragile dans la réalité rude des Grandes Plaines. Un déclaration d'amour qui fait du bien et qui donne envie!
À partager autant que possible.
Dan O'Brien, merci.
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blandine5674
  27 mars 2016
J'ai la sensation d'avoir fait un séjour dans le Dakota au milieu des bisons et des cow-boys. Dan O'Brien, professeur de littérature et d'écologie pour payer son élevage, est passionné des grandes plaines. D'une manière très réaliste, il nous décrit comment il est passé des vaches aux bisons qu'il a réintroduits après 180 ans de disparition. Quelques longueurs sur les clôtures, mais l'ensemble fait ressortir la passion et le courage d'aller au bout de ses aspirations. Un grand bonhomme, ami de Jim Harrison et met une citation d'Edward-Abbey : C'est le plus bel endroit sur terre.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
chocobogirlchocobogirl   08 avril 2011
Comme le fil qui dépasse et menace de détricoter un pull-over, la disparition du principal herbivore du continent, ajoutée à une population toujours plus nombreuse et matérialiste, fut rapidemment suivie par la disparition des prédateurs dont la survie dépendait du bison. Quand les vaches, remplaçantes simplettes, furent implantées dans le Northern Buffalo Range, les prédateurs s'intéressèrent évidemment à ces substituts plus lents et idiots. Les loups furent tués pour leur transgression. Les antilopes, les wapitis, les mouflons et les daims proliférèrent et concurrencèrent le bétail. Ils furent bannis des plaines luxuriantes et poussés sur des habitats étrangers, notamment vers les montagnes. Aujourd'hui, alors que les villes, leurs pelouses verdoyantes et irriguées et leurs jardins s'étalent sur les terrains montagneux des Grandes Plaines, un débat civique fait rage autour du contrôle des daims. Peut-être devrions-nous les traiter comme les bisons, les massacrer, les débiter et envoyer les différents morceaux à Saint-Louis. Evidemment, nous connaîtrions une expansion explosive des buissons dont les daims se nourrissent. Mais nous pourrions alors créer des emplois dans l'industrie chimique et asperger les buissons de désherbant. Et ainsi de suite, et ainsi de suite.
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patrick75patrick75   11 mai 2014
Alors que la femme est satisfaite et se laisse nourrir, elle et ses enfants, par la prairie, l'homme s'acharne à plier son environnement à son bon vouloir, pour façonner, "pardieu", un jardin correct. Un jardin semblable à celui qu'ils avaient en Ohio, ou en Virginie, ou en Norvège, ou dans l'un de ces milliers d'endroits où étaient recrutés en masse les pionniers improvisés et mal informés. J'aime à penser que l'éclair de douleur dans le regard de la femme résulte non pas de la rudesse des terres, mais de l'angoisse à la vue de son homme et de son combat contre une bête à la fois trop difficile à vaincre et trop fragile pour résister à ses mauvais traitements.
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patrick75patrick75   12 mai 2014
Malheureusement, il n"existe aucune technologie pour réhabiliter une couche arable détruite par les mauvaises pratiques agricoles. Elles est constituée de plusieurs siècles de végétaux en décomposition et le processus ne se développe que dans des conditions idéales. Je ne vivrai jamais assez longtemps pour voir renouvelé un seul centimètre de cette couche érodée.
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AllantversAllantvers   31 octobre 2018
Je passais trop de temps à ressasser mon avenir et mon passé. Au cours de ces nuits froides d'octobre avant la première neige, je restais assis seule à me rappeler chaque erreur commise, à me demander si mes idées sur les bisons sauvages n'étaient pas une nouvelle méprise. Je ruminais les faux pas de mon existence et, à chaque fois que je les rejouais dans ma mémoire, les erreurs grossissaient, frappantes. J'ai fini par me retrouver dans un dangereux état d'esprit : j'avais perdu ma capacité d'oublier.
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AllantversAllantvers   30 octobre 2018
La personnalité mythique américaine est un mélange d'équité, d'autonomie, d'endurance et d'honnêteté. Ces vertus se logent généralement au sein d'un grand homme brun et dégourdi, à la fois attaché à sa famille et séduisant aux yeux des inconnues, insouciant et stable, réaliste et fantasque. Dans la tradition américaine, cet homme vit dans les Grandes Plaines. (...) en fait, les racines de cet Américain s'enfoncent dans le mythe de la Frontière. La Frontière, peuplée de chevaux, est un lieu de grands espaces propices à l'errance, aux énormes couchers de soleil, aux délimitations précises entre le Bien et le Mal. C'est aussi un endroit qui n'existe pas et n'a jamais existé (...)
Ce qu'il reste du mythe : une personnalité américaine construite sur des vertus imaginaires, des hommes peuplant une région aride qui représente un quart de la surface du pays et seulement un minuscule pourcentage de la population.
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