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EAN : 9782070372584
288 pages
Éditeur : Gallimard (03/02/1981)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 127 notes)
Résumé :
Dix nouvelles de la grande romancière américaine. Tout le monde prend vie en quelques secondes, et s'impose à nous : tueurs évadés du bagne, un général de cent quatre ans, une sourde-muette, une jeune docteur en philosophie à la jambe de bois, un Polonais que la haine des paysans américains accule à une mort affreuse, et, grouillant à l'arrière-plan, les petits fermiers, les nègres paresseux et finauds.

Les braves gens ne courent pas les rues, telle e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  27 septembre 2015
Etonnamment, c'est par Katherine Pancol que je suis arrivée à Flannery O'Connor. La Katherine Pancol des débuts, je précise, pas celle des derniers temps et des best-sellers démagos. Celle qui s'est inspirée de 'Les braves gens ne courent pas les rues' pour choisir le titre d'un de ses meilleurs romans 'Les hommes cruels ne courent pas les rues' et a fait étudier à son héroïne les nouvelles de Flannery O'Connor dans un cours de creative writing...
Longtemps après cette lecture, je m'en suis souvenue et j'ai décidé de suivre à mon tour les braves gens du Sud des Années 1950. Le bilan est toutefois un peu mitigé : j'ai beaucoup apprécié le style, à la fois précis et très évocateur, ainsi que la façon de camper en 5 lignes au début de chaque nouvelle une histoire et des personnages. Ca m'a fait penser à Alice Munroe, l'écrivain qui m'a fait aimer les nouvelles. Une qualité d'écriture qui ne court pas les rues...
Cela dit, c'est difficile d'être marqué par des histoires si courtes, tantôt vaines et tantôt insensées, en tout cas au message souvent mystérieux pour moi. Ainsi des deux premières nouvelles du recueil, celles du serial-killer en vacances et du petit garçon qui se jette dans le fleuve, que j'ai terminées en me demandant 'et alors ?'. J'ai mieux aimé 'La personne déplacée', chronique brillante et terrifiante du racisme et de la méchanceté ordinaires ou même 'Un heureux événement' qui nous met dans la tête d'une drôle de femme...
Parfois datées et pas politiquement correctes dans leur vocabulaire, les histoires nous plongent vraiment dans les Etats du Sud des Etats-Unis juste après la seconde guerre mondiale. Une ambiance très rurale, souvent déprimante avec son lot d'intolérance, de bêtise et d'obscurantisme religieux. Mais une ambiance intéressante à découvrir.
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Myriam3
  27 août 2017
La Georgie dans les années 50, racontée en dix nouvelles implacables.
En quelques mots, nous voici dans la chaleur étouffante du Sud: bouteilles de coca-cola gardées au frais, chemins poussiéreux, blancs et noirs cohabitant, décrits sans complaisance.
Flannery O'Connor a l'art du portrait: l'aspect physique, la manière de se tenir, la voix, le regard, les pensées, tout y passe, et ce sont en général les dames qui trinquent.
Apparaît de temps en temps une gamine plus maligne que le reste et qui a un air de Frankie Adams - Carson McCullers -, ce sera elle qui portera ce regard critique et pourtant naïf sur ces mesquineries mêlées de stupidité qui l'entourent.
Ces dix nouvelles, à l'atmosphère bien caractéristique, sont un délice à lire, bien que l'arrière-goût soit amer. Et c'est confinée chez elle, dans sa grande demeure, que Flannery O'Connor écrira ces récits sur son univers contemporain.
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Woland
  25 octobre 2008

A good man is hard to find
Traduction : Henri Morisset
Un recueil de dix nouvelles qui démarre très, très fort avec celle qui donne son titre à l'ouvrage. Tout commence pourtant en douceur, avec une paisible famille de fermiers qui a pour projet un petit voyage en Floride. La grand-mère, femme rigolote et avisée, y est seule hostile : elle en tient pour le Tennessee qu'elle n'a pas vu depuis des années. Elle fait donc des pieds et des mains pour que son fils, Bailey, de guerre lasse, se résolve à suivre son avis. Et c'est bien ce qui arrive. Mais la fin de l'histoire prouve en effet que "les braves gens ne courent pas les rues", encore moins les routes du Sud et que, sur celles-ci, on peut croiser de bien méchants loups ...
Bien entendu, après un texte de cette puissance qui a, de surcroît, l'avantage d'un style tranquille et matois, écrasant de naturel, le lecteur se dit qu'il ne pourra obtenir mieux des nouvelles suivantes. Mais Flannery O'Connor poursuit allègrement la peinture d'un univers fait de petites gens souvent très simples et qui, à des problèmes simples, trouvent des solutions tout aussi simples mais aussi bien cruelles.
Dans "Le Fleuve", Bevel, un jeune garçon impressionné par l'un de ces baptêmes en plein air qu'affectionnent certains prédicateurs, va droit à la noyade sans même en avoir conscience.
"C'est peut-être votre vie que vous sauvez" raconte les tribulations opportunistes de Mr Shiftlet, mi-ouvrier agricole, mi-vagabond, qui accepte d'épouser la fille attardée d'une vieille fermière avant d'abandonner la malheureuse à l'une des étapes de leur voyage de noces.
"Un heureux événement" décrit de façon très noire les angoisses d'une femme enceinte. "Les Temples du Saint-Esprit" revient à ce mélange de spectacle de foire et de religiosité quasi hystérique que sont les prêches américains.
"Le Nègre factice" - la plus attendrissante de ces nouvelles sans doute - s'attache au périlleux voyage de deux ruraux, le grand-père et son petit-fils, perdus dans les méandres de la Ville. "Un Cercle de Feu" voit de petits voyous tenter de mettre le feu à une ferme sudiste. Quant à "Tardive rencontre avec l'ennemi", drôle et ironique, elle nous fait assister aux derniers instants d'un centenaire qui a connu l'armée confédérée et a même fait de la figuration sur le plateau de tournage d'"Autant en emporte le vent."
Mention spéciale à "Braves gens de la campagne", où un curieux VRP tente de séduire une jeune femme amputée d'une jambe et s'enfuit avec sa prothèse, et aussi à "La Personne Déplacée", variation habile sur le thème du racisme et de la différence qui fait peur.
La subtilité de Flannery O'Connor, sa roublardise suis-je tentée d'écrire, le ton narquois que l'on perçoit à l'arrière-plan de chacun de ces textes ne laissent certainement pas indifférent. Pourtant, lors d'une première lecture, certains passeront peut-être à côté de tout cela.
En effet, les personnages qu'elle nous dépeint sont rarement sympathiques même si elle ne porte pas de jugement de valeur sur eux. Tous ont quelque chose qui cloche : une idée fixe, un défaut d'empathie, un égoïsme forcené, le désir de profiter de tout sans rien donner, voire une perversion réelle quand la peur de perdre leur situation ne les pousse pas finalement au crime.
Bref, ce ne sont pas des héros. Ils sont terriblement humains certes mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aucun d'eux ne représente précisément ce qu'il y a de meilleur en nous. En outre, la simplicité tranquille de leurs raisonnements est souvent déconcertante.
Une relecture s'imposera donc. ;o)
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majolo
  31 mars 2014
Merci à Guillaume Galienne et sa magnifique émission "ça ne peut pas faire de mal" sur France Inter. C'est grâce à lui que j'ai acheté ce recueil de nouvelles. Je suis très surprise d'être la première à en faire la critique, et un peu intimidée, du coup...
C'est excellent. C'est du grand art, d'autant que l'art de la nouvelle n'est certainement pas des plus aisés. C'est concis, percutant, parfois glaçant. Elle nous conte le destin de petites gens dans le sud des Etats Unis, des destins sombres, parfois terribles: une famille partant en vacances, enfants insupportables et belle-mère envahissante, qui rencontre un serial killer; un jeune garçon, délaissé par ses parents, tombant sous la coupe délétère d'un prédicateur illuminé...
En quelques mots, l'atmosphère est donnée, une atmosphère lourde, où couvent violence, racisme, méchanceté et peur de l'autre.
Une grande plume, qui rivalise sans peine avec les novellistes talentueux que sont Raymond Carver et Alice Munroe.
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pompimpon
  13 novembre 2018
Les braves gens ne courent effectivement pas les rues ! En dix nouvelles d'une précision ciselée, Flannery O'Connor en fait la démonstration.
Mais loin de se poser en juge des gens qu'elle décrit, elle y met une grande humanité, et l'on se sent une certaine fraternité avec leurs travers, leurs attitudes, leurs maladresses. On s'empêche également de les juger trop vite à l'aune de notre minuscule expérience. Il y a toujours quelque chose en eux qui trouble, qui émeut, ou qui étonne trop pour cela.
On est cueilli par la cruauté de certaines situations. On se surprend à rire d'un jugement à l'emporte-pièce, d'une décision absurde, d'un évènement incongru. On est touché par la sincérité, la vérité absolue de tous ces personnages.
Beaucoup se sont demandés comment Flannery O'Connor avait pu avoir une telle expérience de l'humanité, du fond de la ferme de Georgie où elle avait grandi et où elle était retournée à vingt-cinq ans, après le diagnostic du lupus érythémateux disséminé qui allait l'emporter quatorze ans plus tard.
Peut-être avaient-ils une conception trop étriquée de ce que pouvait voir, comprendre et écrire une femme issue de la "Bible Belt" du sud des Etats Unis dans les années 50...
Il y a une vraie tradition de la nouvelle au Etats Unis, et il y a une littérature particulière au sud. Flannery O'Connor y trouve toute sa place, c'est un plaisir absolu de savourer chacune de ses nouvelles.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   23 octobre 2018
Il semblait sur le point de s'effondrer, mais il avait jeté gaiement :
- Bonjour, Mrs Cèdres ! en posant sa valise sur le paillasson. Il avait assez bonne allure, malgré un costume bleu vif et des chaussettes jaunes en accordéon. Ses pommettes étaient saillantes et une mèche de cheveux d'aspect poisseux lui barrait le front.
- Je suis Mrs Hopewell, dit-elle.
- Oh, avait-il dit en feignant l'embarras, mais avec des yeux pétillants, j'ai lu "Les Cèdres" sur la boîte aux lettres, alors j'ai cru que vous vous appeliez Cèdres, et il eut un rire plaisant. Il reprit sa valise, et fit une embardée dans le vestibule comme s'il allait la lâcher : la valise avançait la première, et l'entraînait par saccades successives. "Mrs Hopewell, dit-il en lui saisissant la main, j'espère que vous êtes AU POIL !" et il éclata d'un rire sonore.
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kathelkathel   07 juin 2016
Ils prirent le chemin de terre et la voiture avança en cahotant et en soulevant un tourbillon de poussière rose. La grand-mère évoqua l’époque où il n’y avait pas de routes pavées et où l’on ne faisait pas plus de trente milles dans une journée. Le chemin était accidenté, avec des fondrières par endroits, et il y avait des virages secs, avec des bas-côtés dangereux. Parfois, ils débouchaient sur le faîte d’une colline, et dominaient les cimes bleutées des arbres, à des milles à la ronde ; l’instant d’après, ils étaient dans un bas-fond rouge, et les arbres recouverts de poussière les dominaient à leur tour.
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SycoraxSycorax   01 juillet 2017
Sa fille avait son doctorat en philosophie, et Mrs. Hopewell en était toute désemparée. On pouvait dire "ma fille est infirmière" ou "ma fille est institutrice" ; à la rigueur "ma fille est ingénieur-chimiste", mais non point "ma fille est philosophe". Ça, c'était quelque chose qui avait disparu avec les Grecs et les Romains. Toute la journée, Joy restait vautrée dans un fauteuil, un livre à la main. Parfois, elle sortait se promener, mais elle n'aimait pas les chiens, les chats, les oiseaux, les fleurs, la nature, ni les jeunes gens. Elle regardait les hommes comme si ses narines avaient senti leur bêtise. (in "Braves gens de la campagne", p. 193).
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KanelbulleKanelbulle   21 octobre 2011
La mère des enfants était toujours en pantalon, avec un foulard noué autour de la tête, mais la grand-mère avait un canotier de paille bleu marine, ceint d'un ruban flottant, et un bouquet de violettes blanches était piqué au bord. Elle avait mis sa robe bleu marine à pois blancs. Les poignets étaient en organdi blanc agrémenté de dentelle, comme le col, où elle avait épinglé un discret bouquet de violettes artificielles contenant un sachet de parfum. En cas d'accident, quiconque la trouverait morte sur la grand-route verrait immédiatement qu'elle était une dame bien.
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Corboland78Corboland78   24 mars 2012
« - J’suppose que beaucoup de garçons viennent vous raconter qu’ils sont étudiants, mais moi je vous dirai pas ça. En fait, je n’veux pas aller à l’Université. Je veux consacrer ma vie au service de la Foi. Vous voyez, dit-il en baissant la voix, j’ai le cœur fatigué. Il se peut que je vive pas bien longtemps. Quand on sait qu’on n’est pas solide et qu’on peut mourir jeune, alors, madame… Il s’arrêta la bouche ouverte, et la regarda longuement. Il avait la même maladie que Joy ! Elle sentit ses yeux s’emplir de larmes mais elle se domina et dit : « Voulez-vous rester déjeuner ? Ca nous ferait plaisir », et le regretta aussitôt. »

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