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EAN : 9782081500433
368 pages
Éditeur : Flammarion (26/08/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes)
Résumé :
"Le silence a souvent été la réponse des femmes à ce qu'elles ont vécu pendant la guerre".

Revenant sur les pas des siens dans cette ville autrefois appelée Königsberg, Svenja O'Donnell découvre un passé que sa grand-mère Inge avait toujours tu.
Commence alors une quête effrénée de vérité sur les traces de sa famille prise au piège dans un Reich courant à sa perte. Elle ravive peu à peu les souvenirs d'un monde perdu, balayé par une guerre do... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
MAPATOU
  19 janvier 2021
Ce livre n'est pas un roman mais le récit de la recherche de Svenja O'Donnel, journaliste politique, sur la vie de sa grand-mère maternelle Inge, Allemande, pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Il n'est pas nécessaire de rappeler les atrocités perpétrées par les nazis ; les traumatismes des survivants de l'Holocauste, de leurs descendants et des familles de ceux qui ne sont jamais revenus sont reconnus.
Mais il y a un autre pan de l'Histoire que l'on commence seulement à aborder : le choc, le questionnement des générations nées après la guerre et qui ont une ascendance allemande.
J'ai vécu moi-même ce choc à l'âge de 12 ans, au milieu des années 1970, lors de la découverte de l'existence des camps de concentration et j'ai eu ce questionnement pendant près de 40 ans : comment la famille de ma grand-mère paternelle, allemande, s'est-elle comportée pendant cette période ? L'oncle Karl, si gentil et que j'aimais beaucoup, avait-il été un nazi ? Quelle part de ces ascendants y avait-il en moi ?
C'est la recherche de la vérité de Svenja O'Donnel qui m'intéressait.
Il lui faudra tout d'abord apprivoiser sa grand-mère dont Svenja sent bien qu'elle garde un terrible secret. Elle réussit à remonter le cours de la vie d'Inge jusqu'à son enfance à Königsberg.
Sans complaisance aucune, l'auteure décrit ce qu'a été la vie en Allemagne pendant les années de guerre et d'après-guerre.
Sa grand-mère lui livrera son terrible secret : « le silence est un ami peu fiable. Il avait été l'armure de ma grand-mère en même temps que son tourment. Il l'avait à la fois protégée du jugement des autres et lui avait volé la chance de trouver le réconfort de l'amour. Dans la tourmente des années d'après-guerre, c'était la seule sécurité qu'elle avait connue. Même si son histoire est celle de la violence de l'exode, elle a été aussi partagée par de nombreuses femmes, victimes collatérales de l'effondrement et de la dévastation de l'Europe. »
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Sevlipp
  18 août 2020
Svenja O'Donnelle va sur les traces de sa grand-mère qui a une quinzaine d'année quand commence la seconde guerre mondiale ; elle est allemande. Ce n'est pas si courant de lire ce pan de l'histoire par le prisme allemand. le récit ne cherche pas à trouver des excuses mais à comprendre une grand-mère si taiseuse.
Au delà de l'histoire familiale, j'y ai découvert l'attitude du Danemark envers les réfugiés allemands et les milliers d'enfants qui y moururent, les milliers de soldats allemands tués par leurs compatriotes les dernières semaines de la guerre, etc.
La grand-mère répond à sa petite fille sur la question des camps : "on savait mais on ne voulait pas savoir".
Il y a des secrets de famille, de la souffrance, des lâchetés, des privations, de la culpabilité ; la guerre révèle le pire mais aussi parfois de vraies solidarités.
J'ai lu ce récit comme un roman. Ce que la narratrice va découvrir de cette grand-mère va bousculer toute cette famille et illustre ce que de nombreuses femmes, quelque soit leur nationalité, ont vécu ; l'horreur.
J'ai particulièrement aimé le style, l'humilité du propos ; cela se lit d'une traite.
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Bazart
  24 novembre 2020
Revenant sur les pas des siens dans cette ville autrefois appelée Königsberg, Svenja O'Donnell découvre un passé que sa grand-mère Inge avait toujours tu.
Elle se lance alors dans une quête effrénée de vérité et ravive les souvenirs d'un monde perdu, balayé par une guerre dont les Allemandes furent aussi les victimes, condamnées au silence.
Mais ce passé hanté par la honte et le soupçon n'est-il pas de ceux qu'il est dangereux de réveiller ? Comment expliquer cette passivité et cette ignorance de tout un peuple?
La journaliste ne va pas hésiter à fouiller dans les secrets familiaux mais le fait à pas feutrés, car elle craint énormément d'apprendre une réalité dont la nation allemande en éprouve une honte honte.
Entre quête de vérité et de besoin de se raccrocher aux racines familiales, celle qui mélange ses deux casquettes- celui de petite fille et de journaliste- tente de lier professionnalisme et affection sentimentale lors d'un récit aussi romanesque qu'incroyablement sincère.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Arthore
  08 novembre 2020
Ce roman d'une extrême densité et gravité, basé sur des recherches approfondies, est d'abord et avant tout celui de l'histoire "héroïque ou maléfique" de femmes qui, sur plusieurs générations, ont aimé, enduré et surmonté les affres les plus difficiles de la vie, ceci sur fond de seconde guerre mondiale.
L'auteure, Svenja O'Donnell, "faisant partie de la seconde génération en temps de paix, sa compréhension de l'histoire avait été façonnée par les récits sur les bons et les méchants".
C'est en découvrant les secrets de la vie de sa grand-mère Inge, qu'elle va réaliser n'avoir "jamais pensé aux gens qui se trouvaient au milieu."
Cette grand-mère si distante, a priori si égoïste, va lui dévoiler durant les 10 dernières années de sa vie, au cours de longues conversations, une partie longtemps cachée de son passé.
Mais malgré les nombreuses révélations, l'auteure à la mort de sa grand-mère va sentir le besoin d'aller plus loin et décider de revenir sur les lieux de vie de sa famille.
Allemagne, Danemark, Pologne, elle va refaire les mêmes voyages et fouiller dans les archives familiales, afin de découvrir ce que cachaient les non-dits et le pourquoi de ce mutisme.
Chercher la vérité s'avérera un processus long et pénible aux conséquences très lourdes pour toute une famille et plusieurs générations.
Le travail de recherche de Svenja O'Donnell est à saluer. L'éclairage sur la position du Danemark et sur le traitement des réfugiés de Prusse orientale est d'un intérêt certain car peu connu.
La forme choral du roman donne du rythme à la lecture.
Un bémol : il y a certaines longueurs et l'on peut se perdre dans les nombreux flash-backs utilisés par l'auteure
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Marieemmy
  23 septembre 2020
Revenant sur les pas des siens dans cette ville autrefois appelée Königsberg, Svenja O'Donnell découvre un passé que sa grand-mère Inge avait toujours tu.
Commence alors une quête effrénée de vérité sur les traces de sa famille prise au piège dans un Reich courant à sa perte. Elle ravive peu à peu les souvenirs d'un monde perdu, balayé par une guerre dont les Allemandes furent aussi les victimes, condamnées au silence devant l'ampleur de la tragédie collective.
Mais ce passé enfoui dans le secret, hanté par la honte et le soupçon, n'est-il pas de ceux qu'il est dangereux de réveiller ?
Un livre fort, hyper documenté et très bien écrit. Une plume remarquable qui m'a entrainé dans cette quête généalogique au travers des époques, des pays.
Dès la 4ème de couverture, je savais que je ne pouvais qu'aimer ce livre car il porte sur ma période historique de prédilection : la 2nde guerre mondiale.
J'ai appris énormément de choses avec ce roman sur cette période car Svenja apporte le point de vue des populations en divers pays comme la Pologne, l'Ukraine, les pays du Nord.
Ce roman autobiographique met en avant l'importance de bien connaître ses origines afin de pouvoir se construire et de faire sa vie.
Une histoire prenante, captivante et une plume acérée et belle.
Un magnifique roman.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SepoSepo   06 août 2020
Un répit avant le cataclysme;
"Les dernières vacances des Wiegandt à Rauschen furent à la fois empreintes de la familiarité du passé et de l'inertie de mauvais augure d'une ère sur le point de s'éteindre. La beauté des paysages balayés par les vents était intacte et la mer d'un calme inhabituel. Sur la promenade le long du front de mer, à l'abri des rafales qui soufflaient sur la plage, les gens faisaient toujours leur balade quotidienne, pendant que les enfantsa de seaux et de pelles construisaient des châteaux de sable en contrebas. Le changement qu'avait senti Ingé ne tenait pas tant à l'absence de l'orchestre qui jouait sur la terrasse de l'hôtel tous les après-midi de l'été ou à celle des glaces servies avec de la crème fouettée. Il ne s'expliquait pas non plus simplement par la disparition des jeunes hommes ayant l'habitude de traîner près de la plage dans l'espoir de flirter avec les groupes de jeunes filles qui passaient en riant. C'était quelque chose dans l'atmosphère elle-même, dans les épaules voûtées des vieillards jouant aux échecs, dans les visages émaciés et tirés des femmes qui surveillaient avec une intensité nouvelle leurs enfants occupés à jouer, l'impression que les gens attendaient le règlement de comptes à venir. p.164
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ArthoreArthore   05 novembre 2020
Pendant la guerre, quelque 20000 soldats allemands furent exécutés par les autorités militaires, cinq fois plus que pendant la Première Guerre Mondiale, contre 40 au sein de l'armée britannique ou 103 dans l'armée française. Il ne fallait pas grand chose dans l'armée allemande, pour qu'un soldat soit accusé de saper l'effort de guerre.
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ArthoreArthore   02 novembre 2020
Tout esprit se révolte s’il est soumis à une trop forte pression. Les psychologues ont une métaphore assez prosaïque pour décrire ça : réprimer un traumatisme, disent-ils, c’est comme fermer un duvet dans une armoire et fermer la porte. La porte ne tiendra qu’un certain temps jusqu’à ce que la moindre pression supplémentaire la fasse exploser, laissant sortir tout le contenu de l’armoire.
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ArthoreArthore   07 novembre 2020
Il est étrange de penser aux Allemands comme des réfugiés, condamnée comme ils l'étaient à porter le poids des crimes de leur nation.
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ArthoreArthore   05 novembre 2020
La loyauté du peuple allemand envers le Führer ou plutôt l'absence de rebellion dans les dernières phases du conflit est difficile à comprendre.
L'historien Richard J. Evans écrit que la défaite approchant, ces allemands qui connaissaient en détail l'existence des camps de la mort se mirentà refouler cette connaissance par peur du châtiment qu'ils savaient inévitable.
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Video de Svenja O'Donnell (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Svenja O'Donnell
Revenant sur les pas des siens dans cette ville autrefois appelée Königsberg, Svenja O’Donnell découvre un passé que sa grand-mère Inge avait toujours tu. Elle se lance alors dans une quête effrénée de vérité et ravive les souvenirs d’un monde perdu, balayé par une guerre dont les Allemandes furent aussi les victimes, condamnées au silence. Mais ce passé hanté par la honte et le soupçon n’est-il pas de ceux qu’il est dangereux de réveiller ?
En librairie le 26 août
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