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ISBN : 2355932808
Éditeur : Pascal Galodé Editions (24/01/2014)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
L'auteur fait ici un constat : L’Université faillit ! Mais à qui la faute ? Que faire ? L'ouvrage étudie ce sujet en répondant à ces questions et propose par exemple de revenir aux fondamentaux pour égaler les grandes écoles.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Illion
  10 mars 2015
J'ai sélectionné le livre d'Alexandre O'Mil pendant la Masse Critique parce que je suis moi-même passée par la "Fac", dans un cursus court et professionnel certes mais tout de même. Et j'y ai vu et entendu des choses que je n'aurais jamais imaginé possibles dans un établissement d'enseignement. Alors l'avis de Mr O'Mil qui a vu le système d'éducation français en profondeur (sa bio indique qu'il a enseigné dans presque partout, public et privé confondu) m'intéresse évidemment car, si l'on voit les choses, on ne les comprend pas forcément. Maintenant, après la lecture de son livre, je comprends mieux mais je reste effarée de la réalité du système. Je m'attacherais peu à porter un jugement sur les écrits de l'auteur dans cette chronique. Son opinion lui appartient et je n'ai pas les éléments nécessaires me permettant de contredire objectivement tel ou tel argument. Je prends son ouvrage tel qu'il est : un cri d'alarme pour tenter de faire bouger les mentalités de tous. Mais si je ne parle pas du fond, de quoi vais-je donc parler ? de la forme bien sûr. La présentation de l'ouvrage, le choix des mots dans le prologue, la façon dont les arguments et éléments sont amenés, tous cela a de l'importance et révèle une vraie volonté de l'auteur de faire réagir, non pas des élites qui semblent se contreficher du problème, mais les premiers concernés par ce problème : les étudiants.
Si vous entrez dans une librairie pour acheter ce livre (tout du moins la version que j'ai eu entre les mains), assurément vous pourrez difficilement le rater, sauf à être ranger au fin fond d'une étagère poussiéreuse mais cela m'étonnerait. Un gros bandeau rouge couvre environ 30% du totale de la couverture où figure une phrase choc, sorte de sous-titre du livre, "Comment la médiocratie l'emporte sur l'excellence !". Sachant que le rouge est la couleur la mieux perçue par l'oeil humain, ce large bandeau va immédiatement attirer votre attention sur cette phrase. Probablement intrigué(e), vous allez lever les yeux vers le reste de la couverture, à 60% blanche avec un titre noir en lettres capitales, de même que le nom de l'auteur. Les contrastes, y a que ça de vrai pour attirer l'oeil ! Ce titre couvre environ 45% de la couverture totale, le mot "fac" à peu près 20% de la surface à lui tout seul. de plus il est entouré de guillemets rouges. le choix de lexique est important : l'auteur utilise à dessein le mot "fac", utilisé par la plupart des personnes (jeunes gens en tête), et pas celui d' "université" à l'aspect sans doute un peu vieilli dans l'imaginaire populaire. Ce mot est donc LE plus important du titre, celui que vous devez AB-SO-LU-MENT remarquer, grâce à cette mise en page sobre, épurée et fortement contrastée. Si cette technique a fonctionné (ce qui est certainement le cas), vous avez ou allez lu/lire le résumé et partant de là acheter et ouvrir l'ouvrage pour chercher à comprendre ce que veut dire ce Mr O'Mil.
Le livre est assez court : à peine 140 pages divisées en 48 "chapitres" (le mot "point" serait plus approprié ceci dit), un prologue/préface/avant-propos et deux post-scriptums, soit en moyenne moins de 3 pages par point/chapitre.
Le prologue est très intéressant, bien que très court (une page). L'auteur y explique brièvement sa démarche et qualifie son propre ouvrage d' "essai iconoclaste". Par le prologue, l'auteur annonce qu'il se place dans un genre introspectif, basé sur ses propres expériences et son vécu, ce que l'on va retrouver tout au long du livre à travers le "je" de l'énonciation. de part ce vécu, il connaît les "traditions" de l'université et à conscience qu'il peut être perçu comme quelqu'un qui veut les briser. En réalité ce qu'il brise c'est une sorte d'omertà sur la réalité du système universitaire, son but étant, au-delà de la critique, de faire réfléchir et d'amener une remise en question du système.
Ce point est renforcé par l'usage, dans la même phrase, du verbe "commettre" traditionnellement plutôt associé à un vocabulaire juridique ou criminel.Alexandre O'Mil revendique donc la critique virulente du système et il est conscient de la façon dont ses collègues universitaires peuvent le percevoir. En même temps, je crois qu'il lui est désagréable, regrettable de devoir le faire pour provoquer une réaction. L'auteur rappelle, martèle j'ai envie de dire, que la critique n'est pas gratuite et sans fondements, mais bel et bien tiré de son vécu et pas seulement du sien mais aussi d'autres personnes qui pensent comme lui mais n'osent pas parler. Cela justifie le "je", comme je l'ai déjà dit, mais d'une certaine manière cela vise aussi à crédibiliser ses propos. L'histoire de la science historique a toujours privilégiée comme "vraies" les sources dites "primaires" à savoir les témoins directs qui ont vu et entendu, car un témoin ne saurait mentir sur ce qu'il a vu, sauf sous la contrainte et on ne sent nul contrainte chez Alexandre O'Mil.
L'auteur explique aussi que s'il revendique la critique du système, il ne critique pas les personnes.Si je puis me permettre d'utiliser cette expression, il connaît son latin et sait pertinemment que le mot "université" amalgame dans sa définition autant le système que les bâtiments ou le personnel qui y travaille. C'est pourquoi il établit et écrit noir sur blanc qu'il fait clairement la différence entre les deux. Pour résumé un peu grossièrement : le système universitaire est malade et les universitaires en sont souvent les premières victimes avec les étudiants. Il en profite pour rappeler au début de son propos la célèbre citation de Rabelais sur la science.
Au long des 48 points (44 en fait car il manque les points 5, 18, 35 et 36. Des erreurs de frappes ?) et des 2 post-scriptums, l'auteur s'attache à décrire la réalité de la fac. Il expose généralement la théorie en premier lieu puis développement dans des points qui dépassent rarement 4 pages les ratés de la mise en pratique, les effets pervers du système etc... L'analogie avec le monde industriel est constante et particulièrement pertinente car on se rend mieux compte de l'absurdité de certaines situations par ce biais. En creux c'est tout le système éducatif français depuis le collège qui est examiné et critiqué car les insuffisances du collège et du lycée ont de grosses répercussions souvent insoupçonnées du public sur la "fac". le style est vif, parfois (souvent) crû mais c'est pour mieux traduire l'exaspération face à la décadence d'un système qui se veut élitiste. L'ensemble n'est pas dénué d'un certain sens de l'image et de la narration, comme quoi on peut être scientifique et auteur. Remontant même aux origines historiques de l'Université, Alexandre O'Mil fait une analogie cinglante d'ironie et de cynisme avec le monde religieux, malheureusement particulièrement juste. Et illustre sans cesse son propos avec son propre vécu. Derrière tout cela, plus que de la colère, on sent un côté bienveillant dans les propose de l'auteur et aussi une profonde lassitude. J'ai plus l'impression d'avoir en face de moins une figure paternelle qui propose une leçon de vie qu'un "vieux" chercheur aigri par le temps.
L'auteur propose aussi des suggestions d'améliorations. Il ne détient pas la science infuse, bien sûr, mais ce sont des mesures de bon sens. Il insiste également lourdement sur la manière dont les lycéens doivent choisir leurs études post-bac. Loin de lui l'idée d'imposer quoi que ce soit, mais il faut remettre en question cette pensée franco-française que ne pas aller à l'université, ne pas faire de longues études, être un artisan-commerçant par certains côtés, est honteux. Tout le monde n'est pas fait pour la fac ou même juste pour l'école. Les formations courtes, même avant le bac, existent pour satisfaire à tous. Parce que quelqu'un a dit un jour qu'il fallait que 80% d'une classe d'âge ait le bac, on se retrouve aujourd'hui d'une part avec un bac qui ne vaut plus rien et d'autre part avec des personnes, comme l'une de mes cousines, qui n'ont même pas le Brevet des Collèges parce qu'ils ont décrochés ! Alors si les conseils donnés par Alexandre O'Mil peuvent aider un maximum de monde à trouver sa voie et à limiter les dégâts dont on entend trop souvent parler, suivez-les !
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Pipojo
  18 mars 2015
Dans La "FAC", une illusion d'avenir? Comment la médiocratie l'emporte sur l'excellence!, Alexandre O'Mil pointe les dysfonctionnements des universités françaises (l'auteur enseigne depuis 1976 et écrit sous pseudonyme).
Il mentionne les abandons en première année dus au manque de suivi et à une adaptation lycée-université difficile (20 à 25% des étudiants décrochent après le premier semestre de Licence). Les bacheliers ont encore du mal à écrire, rencontrent des problèmes de méthodologie et de lecture de consigne. Alexandre O'Mil révèle que certains directeurs de recherche réécrivent les thèses de leurs doctorants... Selon lui, les programmes du lycée abordent des notions trop complexes au détriment des bases. Il relance le débat sur les notes, sanctions immédiates dans un temps donné qui n'équivalent pas à l'évaluation d'un savoir.
Les enseignants doivent faire face à une nouvelle génération d'étudiants parfois contestataires. Alexandre O'Mil déplore la disparition de l'écriture au profit des écrans et l'illusion de l'acquisition du savoir sur internet à l'heure où l'université limite le présentiel.
La fac cloisonne les disciplines et n'est pas adaptée au monde du travail. L'auteur note l'absence de reconnaissance des étudiants qui sont embauchés en dessous de leur qualification. Ces étudiants sont devancés par ceux des classes préparatoires et des grandes écoles.
Alexandre O'Mil se penche sur la recherche et le statut des enseignants-chercheurs. Selon lui, être enseignant constitue un frein au développement de la recherche. Il décrit l'enseignement et la recherche comme deux activités contradictoires car l'enseignant doit se baser sur du sûr, du certain tandis que le chercheur travaille sur l'inconnu et l'incertain. Etre enseignant-chercheur équivaut à deux temps pleins... Tout au long de l'ouvrage, l'auteur critique en effet le statut des professeurs. Ces enseignants "à vie" n'ont pas eu de formation et ne mettent pas forcément à jour leurs connaissances. Dans le chapitre 46, il propose des modifications de l'organigramme et des modalités de promotion (il dénonce le système de cooptation).
Alexandre O'Mil décrit également les modes de financement des universités et des laboratoires. Ces derniers financés par des industriels doivent obtenir leur aval pour publier leurs travaux. le travail de recherche peut être entravé et n'est pas toujours valorisé.
L'auteur conclut sur des conseils destinés aux futurs étudiants. Même si on peut parfois regretter le ton rempli d'indignation qui n'est pas toujours pertinent, nous sentons une réelle volonté d'amélioration de la part de l'auteur. Il dépasse les constats en amenant des propositions.
Lien : http://roxane-feuilledeblog...
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cibert
  26 février 2015
Et si l'université n'était plus la grande dame qu'elle escompte être?
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
IllionIllion   09 mars 2015
Il m'est devenu difficile de constater avoir formé "à rien" des générations d'étudiants
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