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EAN : 9782021363456
Éditeur : Seuil (16/08/2018)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 69 notes)
Résumé :
(également publié sous le titre "Hôtel Lonely Hearts")

Dans un orphelinat de Montréal, toutes les filles s'appellent Marie, et tous les garçons s'appellent Joseph. Mais parmi la grisaille des enfants abandonnés brillent deux étoiles : Rose et Pierrot.

Les deux orphelins se produisent en spectacle devant de riches Montréalais pendant les Années folles. Il joue du piano, elle danse, et ils rêvent ensemble de fonder le plus grand cirque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Titania
  10 octobre 2018
Partons en rêve un peu loin dans l'espace et le temps, à Montréal au début du 20 eme siècle. C'est le contexte de cette histoire assez fantasque qui évoque les feuilletons à faire pleurer dans les chaumières qui paraissaient dans les journaux du début de ce siècle.
La canadienne Heather O'Neill concocte quelque chose comme un étrange mélange de genres. Du roman social, plutôt coquin, un « opéra de quat'sous », parfois très sordide avec criminalité, parrains de mafias, prostituées, bouges infâmes et paradis artificiels. « Sans famille » ou « Oliver Twist » au Québec avec plus de sexe et de drogue.
On suit les aventures de Rose et Pierrot, deux orphelins maltraités dans une institution catholique. Ils ont un réel potentiel artistique et tombent amoureux au premier regard comme Roméo et Juliette. Séparés, ils n'auront de cesse de vouloir se retrouver après s'être croisés, frôlés pendant au moins trois cents pages, avant les grandes retrouvailles....et c'est loin d'être fini pour les montagnes russes émotionnelles.
Ce genre d'aventures au fil de la plume, avec coups de théâtre et revers de fortune en cascades, dans un registre tout en excès n'est pas du tout mon genre littéraire préféré, mais j'apprécie la performance .
J'ai, à vrai dire, cherché un sens à cette histoire, au delà de l'anecdote. Dénonciation sociale ? Féminisme assumé et décomplexé ?...éloge des artistes, du monde du spectacle et des moments de rêves qu'il procure? jeu intertextuel malicieux avec références culturelles multiples et universelles ? Peut-être un peu tout cela à la fois ou plus simplement , juste un divertissement sans prétention. A vous de voir !
Au passage, j'ai découvert avec la traduction pas très heureuse, hélas, qu'il y avait un anglais du Canada avec ses petites particularités . On en apprend tous les jours avec les opérations « masse critique », et je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour ce moment de lecture.

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Leoniee
  24 octobre 2018
La drogue, le sexe et la prostitution dans ce qu'ils ont d'abjectes, voilà ce que Rose et Pierrot doivent affronter, victimes d'une société qui a abandonné ses orphelins aux mains de personnes peu charitables voire déséquilibrées. Pourtant, une légèreté se dégage de ces personnages doués pour le spectacle, celui que l'on donne, en se donnant avec candeur et obstination.
L'auteure ose une poésie dans ce monde-là, avec des comparaisons truculentes, des digressions spontanées d'abord hors sujet puis qui nous y ramènent finalement, des passages où des coïncidences se tissent et des dialogues de sourds se répondent.
Une histoire dense, travaillée, sans concession, et pourtant qui avance avec grâce.
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nath45
  05 septembre 2018
Un magnifique roman qui nous plonge dans les bas-fonds de Montréal au moment de la Grande Dépression, une période terrible avec son lot de misère, de drogue, de prostitution...malgré ce contexte sombre le livre est lumineux, une histoire, je devrais dire un conte (pour adulte) dont la tragédie n'est pas que tristesse, beaucoup de joie et d'innocence des deux personnages principaux, Rose et Pierrot, enfants abandonnés et maltraités dans un orphelinat.
Tous deux trouvent la force de rêver, de rire, d'apporter de la joie aux personnes qu'ils rencontrent, sans oublier de s'aimer, cette innocence, cette féerie qu'ils produisent leurs attirent aussi la cruauté de certaines personnes.
Tout tient dans l'écriture un peu magique de l'auteur, son regard naïf parfois tendre souvent cru. J'ai eu de l'empathie pour Rose avec sa volonté, son insolence, son féminisme mais j'ai surtout aimé la candeur de Pierrot.
C'est un roman magnifique, empli de poésie, de passion et aussi de sexe d'où le conte pour adulte.
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Lucillius
  22 août 2018
J'ai dévoré ce roman qui réussit le pari d'alterner entre poésie et dureté avec brio !
L'histoire débute dans un orphelinat de Montréal où les enfants sont punis pour les fautes de leurs mères adolescentes qui ont cédé aux péchés de la chair par crédulité ou pour mettre fin aux harcèlements des garçons...
Rose et Pierrot sont deux enfants solaires et fantasques, elle illumine une pièce par ses danses et ses pantomimes et il peut enivrer un public en jouant un air de piano inégalable. Ces deux petits prodigues sont attirés d'emblée l'un par l'autre sans rien connaître de l'amour, puisqu'ils n'en n'ont jamais reçu de la part des soeurs de l'orphelinat et n'ont aucune famille. Leurs beautés et leurs tempéraments rêveurs ont tendance à attirer la cruauté des autres qui veulent les garder sous leurs coupes...
On s'attache follement à ses deux personnages qui vont devoir affronter la pauvreté, l'injustice, la violence, la prostitution, la drogue et essayer de survivre et de réaliser leur projet fou ! Rose est une héroïne résolument féministe, elle en a marre d'être traité comme un objet et veut s'imposer dans un monde dominé par les hommes, même si elle devra s'endurcir pour gagner son indépendance.
Le récit n'est jamais convenu ou prévisible, on oscille entre conte et tragédie. Un brin lubrique, poétique, romantique, cynique pour un résultat magnifique et original !
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TheBookCarnival
  16 août 2018
Les enfants de coeur de Heather O'Neill est une immersion dans les bas-fonds du Montréal du début du XXème siècle avec les rêves comme seules armes face à la misère et à la violence du monde. J'ai beaucoup aimé ce roman.
Pierrot et Rose ont grandi côte à côte dans un orphelinat de Montréal. Brutalisés et humiliés, les deux enfants se réfugient dans leur monde imaginaire, un monde où il est possible de valser avec un ours. La vie va les séparer, l'un adopté pour animer la vie d'un vieil homme très riche et affreusement seul du nom d'Irving et l'autre, employée comme gouvernante dans une famille de la petite bourgeoisie, les McMahon. Pierrot ne cessera de penser à Rose et Rose ne cessera de penser à Pierrot, comme si leurs destins étaient liés à tout jamais. Chacun d'eux traversera bien des épreuves sans jamais se départir pour autant de leurs rêveries jusqu'à en faire une réalité…
Heather O'Neill nous livre un texte d'une extrême dureté dans des atours poétiques incroyables. de bout en bout du roman, Pierrot et Rose luttent contre la misère, une misère sociale accentuée par la Grande Dépression et par la guerre. Ils nous entraînent dans les bas-fonds de Montréal, dans les milieux de la prostitution et de la drogue, malgré la violence qu'ils subissent, ils n'oublieront cependant jamais de rêver. Pierrot qui est un pianiste hors pair, envoûtera le public d'un petit cinéma de quartier et Rose, quant à elle, deviendra la maîtresse d'un puissant patron de boîtes de nuit Monsieur McMahon. Tous les deux sont des personnages fantasques et c'est cette fantaisie que les sauve, qui les maintient en vie. le récit est poétique et assez mélancolique, tout en nuances de gris et de noir avec quelques petites étincelles dans le brouillard comme les étoiles et les rêves auxquels nos héros se raccrochent. La plume de l'auteure est belle dans l'ensemble même si elle surprend par ses embardées lubriques à plusieurs reprises, j'ai trouvé d'ailleurs que ça détonait par rapport à l'atmosphère générale du roman. Pierrot et Rose sont des enfants du désamour, nés de relations qui sont tout sauf sentimentales, abandonnés par leurs mères respectives et placés auprès de religieuses rigides voire cruelles. Tous les deux subissent des maltraitances sexuelles et ne parviennent pas à voir l'amour autrement que comme des étreintes brutales bien souvent dénuées de désir. Ils ont une image complètement faussée de l'amour qu'ils perçoivent comme un traumatisme. A travers le personnage de Rose, l'auteure évoque le statut des femmes dans la société du début du XXème siècle. Rose est traitée comme un objet, elle ne doit pas avoir d'opinions ni même poser la moindre question sur les affaires des collaborateurs de son amant lors des dîners. La façon dont elle se comporte gêne bien souvent la gente masculine et impressionne les personnes avec qui elle se lie d'amitié. Rose est brillante et intrépide, elle élabore des plans surréalistes, elle parvient à époustoufler son monde en donnant vie à ses mondes imaginaires. Rose est un personnage puissamment féministe qui se joue des hommes pour gagner sa liberté, c'est une incarnation fougueuse de la volonté d'émancipation des femmes.
Les enfants de coeur a la saveur d'un conte par l'imaginaire qu'il déploie et la force dramatique d'une tragédie par la fatalité qui semble peser sur ses personnages. L'auteure nous ballade entre rêve mélancolique et réalité crue dans les destinées foudroyantes de Rose et Pierrot. J'ai beaucoup aimé ce roman saisissant, à la fois lugubre et poétique.
Lien : https://thebookcarnival.blog..
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critiques presse (1)
LeMonde   31 août 2018
Malgré les lourdeurs d’une traduction souvent trop littérale et quelques sentences maladroites sur la nature humaine, Les Enfants de cœur revisite avec pertinence le thème de l’innocence bafouée et de la permanence des rêves. Ce drame romantique est surtout une célébration du pouvoir cathartique du théâtre et du cirque chez ceux que le spectacle du monde désole.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
LucilliusLucillius   06 septembre 2018
Il aimait les choses qu'elle remarquait sur le monde. Il aimait l'allure qu'elle avait, en sous-vêtements, assise en tailleur sur le lit, alors qu'elle décrivait ce qui lui était arrivé de mauvais. Il aimait quand elle lisait des passages qu'elle avait soulignés dans des romans. Il aimait qu'elle se mêle des disputes des gens dans la rue. Il aimait qu'elle commence toujours la journée en lisant le journal. Il aimait la façon dont il se sentait avec elle.
Elle aimait la façon dont elle se sentait avec lui.
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nath45nath45   27 août 2018
Elle (Rose) s’interrogeait sur la différence entre ce qui se passe devant nos yeux et les choses étranges qui se déroulent dans nos têtes. Parfois, il lui semblait qu’il n’y avait aucune distance entre les deux. Parfois, elle était d’avis que c’était idiot de prêter une si grande attention au monde réel quand il en existait un autre, fantastique, dans nos têtes, où on pouvait tout aussi bien choisir d’évoluer. Elle se comportait alors comme si le monde réel était sans importance. 
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nath45nath45   28 août 2018
 C’est parce qu’on est des filles. On est censées avoir seulement des émotions. On n’est même pas censées avoir des pensées. Et c’est très bien d’éprouver de la tristesse, du bonheur, de la colère et de l’amour – mais ce ne sont que des humeurs. Les émotions ne peuvent rien accomplir. Une émotion, ce n’est qu’une réaction. On ne veut pas simplement avoir des réactions, dans cette existence. Il faut accomplir aussi des actions, des actions réfléchies. 
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LucilliusLucillius   22 août 2018
Ça me rappelle ce que je ressentais pour lui, ou même ce qu'on peut ressentir avec un homme. Comme si on était des compagnons plutôt que des rivaux. Je ne m'inquiétais plus de rien. On aurait dit que j'étais à bord d'un bateau et que le bateau avait cessé de tanguer. Je me sentais en sécurité avec lui, et j'étais libre d'avoir plein d'idées dangereuses. C'est peut-être ça, l'amour.
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PibookPibook   03 mai 2018
Rose comprenait pourquoi les clochards s'embarquaient sur les trains. Ils vous donnaient l'impression que vous aviez échappé au temps. Que vous l'aviez devancé. Comme si vous étiez le lièvre et que le temps était la tortue. Et maintenant, vous pouviez simplement flâner jusqu'à ce que l'avenir vous rattrape.
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