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ISBN : 2851818163
Éditeur : L'Arche (02/09/2013)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Au plus près de ses propres blessures, O’Neill taille dans les souvenirs sombres de son histoire familiale pour composer cette oeuvre à fleur de peau d’un étrange lyrisme, “ourdie de vieux chagrin”, traversée d’affects contradictoires et mouvants, émaillée des lambeaux des poèmes qui accompagnèrent sa jeunesse. Les personnages qui la hantent ne sont autres que sa mère, son père, son frère, et lui-même : Edmund, son double — prénom emprunté à un jeune frère mort deux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Nastasia-B
  08 février 2014
Long Voyage du Jour À La Nuit est une pièce glauquissime, qui nous présente la déliquescence d'une famille écartelée par l'alcool, la drogue, la maladie et l'avarice. Tout un programme !
D'un point de vue stylistique et de sa position dans la lignée évolutive des dramaturges, je place Eugene O'Neill comme le chaînon manquant entre Anton Tchekhov et Tennessee Williams.
Huis clos avec ambiance de plomb à la Tchekhov où les personnages se bouffent la rate en permanence. Personnages névrosés, légèrement dérangés et complètement dans leur bulle à la Williams.
Pourtant, chez O'Neill, il n'y a nul sujet à aller chercher chez d'autres auteurs, car l'histoire qu'il nous raconte n'est autre que sa propre autobiographie, et les personnages qu'il nous décrit sont simplement ses plus proches parents et lui-même.
Dans la pièce, il n'y a que quatre personnages : James Tyrone, Mary, sa femme, et leur deux fils, James, dit Jamie et Edmund. On parle de temps en temps d'un troisième frère, mort en bas âge qui s'intercalait entre les deux autres et s'appelait Eugene.
Et bien intervertissez juste les prénoms d'Eugene et d'Edmund, changez seulement Tyrone en O'Neill et vous aurez le véritable portrait de la famille de l'auteur.
James Tyrone est un acteur américain d'origine irlandaise qui a connu son heure de gloire mais qui est sur le déclin aux abords de la soixantaine. Il n'hésite pas à lever le coude de temps en temps, et même assez régulièrement. Son fils, Jamie, est lui carrément alcoolique. Sa femme, Mary, une droguée morphinomane. Et son dernier fils, Edmund, un trois-quarts alcoolique lui aussi qui présente tous les symptômes de la tuberculose.
La pièce, en quatre actes qui représentent quatre moment d'une même journée, nous dévoile pan par pan la douloureuse histoire de cette famille qui aurait, a priori, tout pour être heureuse. C'est une longue suite d'aigreurs et de récriminations où chacun reproche à l'autre son malheur et son mal-être : l'avarice maladive du père, la naissance d'Edmund qui a rendu la mère dépendante à la morphine, la place de Jamie dans la famille, jamais considéré donc acerbe et noyant son insignifiance dans les bouteilles de whisky, sans oublier Edmund, désolé par cette famille, qui a pris la tangente plusieurs années sur des bateaux douteux à sillonner les mers du monde pour fuir cette gangrène familiale et qui revient tubard, etc., etc.
Bon, je vous avoue que ce n'est pas particulièrement réjouissant, et qu'en plus, la pièce est particulièrement longue. On a parfois l'impression de patauger dans le noir visqueux d'une marée noire, à respirer le mazout en quête d'une bolée d'air frais. C'est probablement l'effet recherché par l'auteur, mais bon, est-ce que cela donne envie, là est une autre histoire.
Pourtant, il y a quelques tirades d'anthologie dans cette pièce et l'écriture est de très belle qualité. Au final, je comprends, par cette finesse de style, qu'il ait pu recevoir le prix Nobel de littérature mais je comprends également, par la lourdeur déprimante de tels écrits, qu'il soit quelque peu oublié de nos jours.
Mais ceci n'est que mon long voyage jusqu'à l'avis, d'autres sentiers pourraient vous mener au vôtre de façon plus satisfaisante, n'en doutons pas.
P. S. : Voyez-vous dans les campagnes
Fleurir ces féroces liseuses ?
Elles viennent jusque dans nos bras,
Égorger nos kiosques et nos libraires !
Aux livres ! Citoyens !
Formez vos bibliothèques !
Marchons ! Marchons !
Que les liseuses impures,
Éclatent sous nos talons !
Amour sacré du Livre,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs !
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Mephistaile
  11 février 2014
Après avoir découvert Hughie au théâtre, j'ai lu ce livre ou j'ai découvert un style bien particulier tout en délicatesse qui installe et fait vivre le décor autour du lecteur tout en ayant une certaine liberté d'imagination. Chacune des pièces dans l'ouvrage vous laisse une impression rassurante alors même qu'elles racontent comment l'humanité peut se laisser sombrer.
C'est probablement un style que l'on aime ou pas du tout mais il faut absolument essayer.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   19 février 2014
EDMUND : J'étais de quart à l'aube dans la hune. Mer calme, cette fois-là. Juste une houle de fond paresseuse et un roulis très lent, comme somnolent. Les passagers dormaient, personne de l'équipage en vue. Pas un bruit fait par l'homme. La fumée noire s'épandant hors des cheminées à l'arrière, tout en bas. Rêver, oublier le quart, se sentir seul, au-dessus de tout, isolé, à regarder l'aube grimper comme un rêve peint sur le ciel et la mer dormant ensemble. Et là, le moment d'extase et de liberté est venu. La paix, la fin de la quête, le havre dernier, la joie d'être part d'un accomplissement bien au-delà des craintes, des espoirs, des rêves des hommes, si pitoyables, si sordides, si cupides !

Acte IV.
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Nastasia-BNastasia-B   10 février 2014
MARY : Oh, ne dis pas ça. Mon bébé ! Tu me fais affreusement mal !
EDMUND : Désolé, maman. C'est toi qui en as parlé. Écoute, maman. Je vais te le dire, que tu aies ou non envie de l'entendre. Il faut que je parte en sanatorium.
MARY : Que tu partes ? Non ! Je ne te laisserai pas ! Comment le docteur Hardy peut-il conseiller de telles choses sans même me consulter ! Comment ton père peut-il le laisser faire ! Et de quel droit ? Tu es mon bébé à moi !

Acte III.
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Nastasia-BNastasia-B   04 février 2014
MARY : Le docteur Hardy, je le connais comme ma poche. Bien obligée, Dieu sait, après tant d'années. C'est un idiot, un ignare ! Il devrait y avoir une loi qui empêche les gens dans son genre d'exercer. Il n'a pas la moindre idée de... Vous, vous êtes au martyre, à moitié fou de douleur, et, lui, il s'assied, il vous prend la main et il vous sort des sermons sur la force de volonté ! Il fait exprès de vous humilier ! Il vous amène à mendier et à supplier ! Il vous traite comme une criminelle ! Il ne comprend rien ! Et pourtant, c'est exactement le même genre de charlatan au rabais qui vous a donné le remède la première fois — et, vous, vous ne saviez même pas ce que c'était, avant qu'il ne soit trop tard ! Je déteste les médecins ! Ils feraient n'importe quoi — n'importe quoi pour vous faire continuer d'aller les voir. Ils vendraient leur âme ! Pire encore, ils vendraient votre âme à vous, et vous ne le sauriez même pas avant de vous retrouver en enfer !

Acte II, Scène 2.
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Nastasia-BNastasia-B   07 février 2014
JAMIE : Alors je ferais mieux d'aller en ville avec Edmund. Les mauvaises nouvelles, en plus de ce qui est arrivé à maman, ça pourrait lui faire un choc.
TYRONE : Oui, vas-y avec lui, Jamie. Soutiens-le, si tu peux. Si tu peux sans y voir un prétexte pour aller te saouler !
JAMIE : Avec quel argent ? Aux dernières nouvelles, la gnôle, ça se vend toujours, ça se donne pas.

Acte II, Scène 2.
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Nastasia-BNastasia-B   06 février 2014
JAMIE : Qu'est-ce qu'il a dit, le docteur Hardy, pour le Petit ?
TYRONE : C'est ce que tu pensais. La tuberculose.
JAMIE : Nom de Dieu !
TYRONE : Aucun doute possible, à ce qu'il dit.
JAMIE : Il va devoir partir en sanatorium.
TYRONE : Oui, et le plus tôt sera le mieux, d'après Hardy, pour lui et pour son entourage. Il affirme que dans six mois à un an Edmund sera guéri s'il fait ce qu'on lui dit. Je n'aurais jamais cru ça possible, un enfant à moi... Ça ne vient pas de mon côté. Chez nous, on a tous des poumons de cheval.

Acte II, Scène 2.
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Video de Eugene O'Neill (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eugene O'Neill
The Iceman Cometh, film réalisé par John Frankenheimer en 1973, d'après une pièce de théâtre écrite par Eugene O'Neill en 1939. Bande-annonce
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