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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 2253152854
Éditeur : Le Livre de Poche (15/05/2002)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 440 notes)
Résumé :

« Alors, en début de soirée, ce 3 août 1962, vint la Mort, index sur la sonnette du 12305 Fifth Helena Drive. La Mort qui essuyait la sueur de son front avec sa casquette de base-ball. La Mort qui mastiquait vite, impatiente, un chewing-gum. Pas un bruit à l'intérieur. La Mort ne peut pas le laisser sur le pas de la porte, ce foutu paquet, il lui faut une signature. Elle n'entend que les vibrations ronronnantes de l'air conditionné. Ou bien… est-ce qu'elle e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  27 janvier 2016
Quel fascinant roman !
Hypnotique et magnétique comme l'était celle dont il relate la possible histoire, l'actrice américaine Marilyn Monroe (1926 - 1962). Quelle autre figure pop nous incite davantage à juger sur les apparences ? Et pourtant, paradoxalement, c'est sans doute cette femme, entre toutes, qu'on devrait se garder de juger sur les apparences. C'est ce que propose l'auteur avec "Blonde".
MARILYN ! MARILYN ! MARILYN !
Pur produit manufacturé par Hollywood, univers vicié et vicieux, dont l'éphémère et fulgurant âge d'or a été rapidement suivi d'une décadence crasse et corrompue où sexe, drogues, alcool, pornographie et magouilles règnent en maîtres, masqués aux yeux du public par des myriades d'étoiles et de paillettes. Réalité.
Poupée crémeuse, femme objet, blonde idiote, icône pop, égérie en caoutchouc, sex-symbol, actrice médiocre. Cheveux platine phosphorescents, lèvres sanglantes pulpeuses, grain de beauté aguicheur, seins mammouthesques, hanches et cul de rêve. Fiction.

"Ce que le Studio demandait très raisonnablement […], c'était un retour à des comédies sexy assurées du succès comme "Certains l'aiment chaud" et "Sept ans de réflexion", car pourquoi diable les Américains devraient-ils se séparer de dollars durement gagnés pour voir des films sinistres qui les dépriment ? Des films qui ressemblent à leurs propres vies foireuses ? Quelques gros rires gras n'ont jamais fait de mal à personne, hein ? Quelques scènes affriolantes ? Hein ? Une superbe blonde, des scènes où ses vêtements tombent, des courants d'air qui soulèvent sa jupe jusqu'en haut des cuisses".
Orpheline de père, fille d'une mère schizophrène internée, fillette apeurée ballottée de l'orphelinat en familles d'accueil, enfant discrète et incomprise, femme soumise, âme révoltée, en perpétuelle quête d'identité, elle qui en possédera plusieurs : Norma Jeane l'amie, Marilyn l'ennemie.
Illusoire exemple de cette ascension sociale "made in USA", du mythique "rêve américain" soigneusement entretenu pour leurrer des générations de moutons, la Carotte d'Or du "peuple de la liberté", le même qui ne craint pas d'emprisonner la femme-orpheline glamour dans des robes camisoles cousues sur elle l'empêchant de s'asseoir ou de respirer.
La femme-orpheline, abusée et exploitée, seule, s'élèvera bien à la "force du poignet", comme le lui promettait son tendre Oncle Sam, mais pas de la manière qu'on imagine. "Se coucher pour arriver", seule voie possible sous le vernis du puritanisme hypocrite. Starlette-marionnette violemment soumise aux appétits voraces des hommes-bites qui contrôlent le monde dans lequel elle a eu le hasard de naître. "Tu as eu le rôle en tournant les talons, mon chou".
La femme-orpheline aussi fragile qu'un colibri "plongeant son long bec aiguille dans les jasmins trompettes pour en sucer le suc... […] Ils doivent manger tout le temps ou s'épuiser et mourir... des ailes minuscules qui battent si vite qu'on ne les voit pas... un bruissement, une tache floue... et leur coeur qui bat si vite..." ; toute une vie en quête d'amour, de liens, de reconnaissance et de talent.
La femme-orpheline, assidue lectrice de Darwin, Tchekhov, Schopenhauer et Pascal. La blonde qui rêvait d'être une actrice.
1 110 pages pour témoigner de 30 ans d'une (sur)vie tout en grands écarts. Misères et splendeurs de l'actrice-courtisane, parcours de l'orphelinat à la couche présidentielle, passage de l'innocence à la violence, de l'obscurité aux lumières artificielles des flash aveuglants.
Joyce Carol Oates décline ici le genre de la biographie. "Blonde" n'est pas une biographie romancée, "Blonde" est une biographie fictive, nuance. Ce n'est pas l'historien ou le biographe qui est aux commandes mais bien l'écrivain, et quel écrivain ! Qui annonce franchement la couleur en préambule : "Ceci est un roman". Contrairement à un biographe, l'écrivain va au-delà des faits et ne s'éloigne jamais du narratif. Ses mains libres lui donnent des ailes, elle s'autorise à pénétrer les sentiments supposés de son personnage et offre ainsi au lecteur une connaissance de Norma Jeane Baker moins superficielle que si elle s'était attachée aux seuls faits, vite lus, vite oubliés. Avec "Blonde", le lecteur accède à une compréhension intime et ressent avec intensité et sincérité les craintes, les espoirs, les désespoirs, le besoin d'amour et de reconnaissance, la déraisonnable utopie de Norma Jeane.
Mais c'est bien l'essence même du mythe d'être sujet aux interprétations. Ainsi naissent les légendes. Invérifiables, mystérieuses et puissantes. Immortelles.
Depuis l'enfance j'ai toujours été instinctivement fascinée par Marilyn, sans vraiment savoir pourquoi, n'ayant même pas vu ses films. Désormais, grâce à Joyce Carol Oates qui m'a suggéré sa part d'humanité, je comprends... et compte bien voir ses films.
Enfin, 1 110 pages et pas une minute d'ennui, c'est ce que personnellement j'appelle une réussite.

Challenge PAVES 2016
Challenge ABC 2015 - 2016
Challenge Multi-Défis 2016
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latina
  29 août 2017
« Ici, les gens pensaient que Marylin Monroe ne faisait que jouer son propre rôle. Tous les films qu'elle faisait, si différents fussent-ils les uns des autres, ils trouvaient moyen de les déprécier : « Cette nana ne sait pas jouer. Elle ne joue que son propre rôle ». Mais c'était une actrice née. Un génie, si on croit au génie. Parce que Norma Jeane n'avait aucune idée de qui elle était, et qu'elle devait remplir ce vide en elle. Chaque fois, elle devait inventer son âme. Nous autres, on est tout aussi vides ; peut-être qu'en fait tout le monde a l'âme vide, mais Norma, elle, le savait. »

J'ai préféré commencer ma critique de « Blonde », ce roman de mon auteure-fétiche sur une actrice que je ne connaissais très peu, par cet extrait qui résume tout le propos du livre.
Entendons-nous bien : Oates n'a pas voulu retracer la biographie de Marylin Monroe, elle l'a bien affirmé. Elle ne fait « juste » que tenter de comprendre l'insaisissable personnage qu'elle était. Insaisissable car considérée souvent comme une « grue », une moins que rien qui ne pensait qu'au sexe et à affoler les hommes par la même occasion, mais qui faisait preuve d'une telle profondeur de réflexion au-delà de son apparence superficielle qu'elle mettait souvent très mal à l'aise.
« Il était plus sage de rire que de pleurer. Plus sage de rire que de penser. Plus sage de rire que de ne pas rire. Les hommes l'aimaient quand elle riait. »

Personnage complexe, aussi. Etonnamment complexe. Et ici, Oates joue au psychiatre. Elle explore avec ténacité et lenteur extrême l'enfance de Norma Jeane, qui n'a jamais connu son vrai père et dont la mère est devenue folle alors qu'elle avait à peine six ans. En perpétuelle quête d'affection auprès de cette mère mythomane, elle a fini par aller en foyer pour orphelins. Puis recueillie dans une famille d'accueil, elle est poussée au mariage à 16 ans. Et la voilà jetée dans cette vie de femme à laquelle elle n'était pas préparée : vie de femme se déployant sous les regards concupiscents d'une multitude d'hommes.
« La vérité fondamentale de ma vie, que cela ait été la vérité ou une parodie de vérité : quand un homme vous désire, vous êtes en sécurité. »
« Les hommes étaient l'adversaire, mais il fallait faire en sorte que l'adversaire vous désire. »

Le désir de plaire, d'être aimée à tout prix vient donc de son enfance dévastée par un manque cruel d'affection et même de « reconnaissance » en tant qu'enfant.
Toute sa vie, d'ailleurs, sera une quête perpétuelle de reconnaissance de soi, y compris sa vie d'actrice : « Echouer dans sa carrière d'artiste c'était échouer dans la vie qu'elle avait choisie pour justifier sa naissance injustifiée. »

Amant après amant, film après film, producteur après producteur, elle trace sa voie, la petite Norma qui se distanciera toujours de la grande Marylin.
Tant bien que mal, encensée par beaucoup, heurtée par tous.

Bon, je dois vous avouer quelque chose : j'ai lu les trois quarts de ce roman-fleuve, de plus en plus agacée par l'écriture chaotique de Oates mimant, je le reconnais, l'esprit tumultueux de cette femme-enfant, sa personnalité complexe ainsi que multitude d'autres voix .
A la fin, n'en pouvant plus, obsédée par cette femme, ses amants, ses films, par ce style lancinant et tortueux, j'ai jeté l'éponge.
Bien m'en a pris, car je me rends compte que ma critique a pris dangereusement le pli de la longueur ! Trêve donc de bavardages, je tente de me déprendre de cette oeuvre tentaculaire. Figurez-vous que j'étais prête à visionner les films de Marylin! Et toutes les nuits, ne parvenant pas à m'endormir après quelques pages de lecture, je me ruais sur Google pour voir ses photos !
Marylin Monroe est dangereuse, finalement ! Ou, bien réfléchi, ce serait plutôt Joyce Carol Oates...et là, je viens de comprendre. Elle m'a bien eue, cette auteure.
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Allantvers
  18 mars 2016
Attention, livre dangereux. Bombe à bord.
Pas celle que vous croyez, pas juste cette bombe-bombasse blonde dont l'éclat saisissant abasourdit pourtant encore, mais une bombe à fragmentation qui continue d'exploser dans la profondeur de l'être longtemps après avoir tourné chacune des pages de ce roman terrible.
Je ne sais pas pourquoi l'écriture de Joyce Carol Oates m'évoque toujours l'univers de l'eau, mais le fait est que « Blonde » n'échappe pas à la règle : la lecture de « Blonde » est une immersion, presque une noyade, dans les méandres dans l'esprit complexe, multiple et extraordinairement sensible de Norma Jean Baker.
Il faut tout le talent de JCO, dont la plume souvent un peu trop… vagabonde dirons-nous, colle cette fois-ci parfaitement à son sujet, et réussit à chaque ligne de ce gros pavé (1100 pages mais pas une de trop, une gageure !) à nous ancrer dans une profonde empathie pour cette lumineuse pauvre fille et nous faire entrer à l'intérieur même de ses fêlures. Et ce grâce aux deux plans de lecture qui s'entrecroisent pour nous ferrer comme des insectes dans une toile.
Il y a le plan linéaire déroulant les étapes de la tragédie : les pages terribles sur l'enfance et la mère toxique, les pages douloureuses sur l'orphelinat, les pages sordides sur Hollywood, les pages incandescentes sur la naissance de « Marylin », les pages belles à pleurer sur l'amour véritable et protecteur d'Arthur Miller
Et puis il y a le plan syncopé, brouillé dans lequel JCO superpose et entremêle plusieurs faces de Norma Jean, assez confusément pour que l'on ne sache pas parfois à laquelle l'on a affaire, assez inexorablement aussi pour que l'on comprenne que les plus noires finiront par définitivement polluer les plus pures, jusqu'à l'issue fatale.
Je ne suis pas à proprement parler une fan de Monroe, mais ce livre m'a profondément émue et troublée, et donné envie de voir ou revoir certains films de Marylin pour tenter de percevoir la profondeur quasi-monstrueuse de ces décalages de personnalités que JCO donne à voir dans le livre (si délicieuse dans « Certains l'aiment chaud », si dévastée sur le plateau ; si cavalière dans « Bus stop », si terrifiée dans la vraie vie ; si vénale dans « Niagara », si infantile entre deux prises)…
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TheWind
  17 février 2017
Joyce Carol Oates (Ou JCO pour les intimes) est une bavarde, une incroyable bavarde !
1110 pages pour raconter Marylin Monroe...ça peut paraître trop et pourtant, quand vient la fin, on a presque envie de dire : « C'est déjà fini ? Il manque des passages, non ? »
Alors, bien sûr, certains paragraphes peuvent paraître trop verbeux mais on pardonne tout de même à l'auteure (comme souvent) parce qu'elle a une façon bien particulière de vous mettre dans l'ambiance. Et quand je dis dans l'ambiance, je devrais plutôt dire, dans la peau de Norma Jeane Baker.

Norma Jeane, Miss Golden Dreams, l'Actrice blonde, Marylin Monroe...autant de qualificatifs qu'use Oates pour nommer cette sublime actrice, cette divine Blonde, cette femme-enfant aux multiples facettes.
Et on sent là toute la fascination et l'implication de Oates, toute sa volonté à exposer ce mythe hollywoodien dans toute sa complexité, à la mettre à nu devant les lecteurs, à la rendre à la fois intouchable et vulnérable, à la fois si mystérieuse et si ordinaire, à la fois si belle et si misérable...
Après avoir lu Blonde, on ne pourra plus associer Marylin Monroe à la simple image d'un Sex Symbol à la vie dissolue et auto destructrice.
Il apparaît indéniablement dans ce roman que Norma Jeane fut victime de sa beauté et de son sex appeal. Joyce Carol Oates dénonce bien évidemment une société bien trop misogyne et tient particulièrement à rappeler que Marylin Monroe, malgré ses allures de cruche blonde, était une actrice studieuse, douée d'imagination et de sensibilité.
Elle n'en fera pas pour autant une héroïne modèle et c'est tout à son honneur de rétablir sans fard ni artifice la divine et sublime Marylin dans une fiction qui, finalement, ne semble pas si éloignée de sa véritable vie.

Cette biographie – qui n'en est pas une- est digne d'intérêt et j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire.
Il est vrai que j'ai parfois peiné et trouvé certains passages répétitifs et inutiles. Je n'ai pas aimé/ pas compris l'emploi de groupes nominaux ou d'initiales pour désigner les personnages tels que « L'Ex-Sportif » ou « Le Dramaturge » à la place de Joe Dimaggio ou Arthur Miller. Etait-ce pour signifier ou rappeler aux lecteurs qu'il s'agissait bien d'un roman et en aucun cas d'une biographie ?
Néanmoins, cette plongée dans la vie de Marylin fut une expérience véritablement inattendue !
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bilodoh
  25 septembre 2016
Mais qui est donc cette Actrice Blonde des années cinquante ? Un mannequin de cette époque lointaine où les rondeurs féminines étaient à la mode ? Une maîtresse d'un président américain, une pauvre écervelée morte d'une overdose ?

Dans ce roman biographique, Joyce Carol Oates présente un personnage beaucoup plus complexe qu'on ne pourrait croire…
- Une touchante petite fille marquée par la vie, qui habite chez sa grand-mère jusqu'au jour où elle la trouve morte, puis avec sa mère jusqu'au moment où elle tente de la tuer… et puis, une jolie fillette dans un orphelinat, qui rêve d'être adoptée et d'avoir une vraie famille.
- Une adolescente sage dont la beauté s'affirme et attire les regards, au point que sa famille d'accueil décide qu'elle doit se marier… à seize ans.
Une pin-up, une femme qui fait tout pour plaire, mais qui reproche aux autres de n'aimer que sa beauté…
- Une actrice qui joue des rôles, s'identifie à ses personnages et ne sait plus quel est son propre rôle, et qui devient ainsi une Marilyn qui n'est pas une personne, mais une création du Studio…
- Une blonde ignorante, mais qui lit l'Origine des espèces ou les Pensées de Pascal et qui voudrait jouer du Tchekhov

- Une star toujours en retard sur le plateau au mépris de tous les autres, qui donne une image de suffisance, mais qui doute toujours d'elle-même…

- Une femme entourée d'admirateurs, mais atrocement seule, qui n'arrive pas à créer des liens durables avec les autres...

- Une créature exploitée par les Studios, qui s'enfonce peu à peu dans la brume des médicaments…

J'avais hésité à entreprendre cette brique intimidante, un lourd pavé de 976 pages, mais la recommandation de Gwen a vaincu mes appréhensions et je suis bien contente de cette incursion dans le milieu du théâtre et du cinéma. Ce n'est pas une lecture facile, avec parfois une impression de longueur, mais surtout avec l'inconfort de l'exploration des profondeurs de l'âme et de la santé mentale. La plume de Joyce Carole Oates dissèque impitoyablement les émotions et nous fait partager les grandeurs et misères de la star disparue bien avant de connaître la vieillesse.
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Citations et extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   14 novembre 2012
Le beau-frère du Président nous avait présentés : Marilyn, avait-il dit, j'aimerais vous faire rencontrer un de vos admirateurs ; et je l'avais vu lui, mon Prince, qui me regardait en souriant, un homme que les femmes adorent, cet air d'assurance et de légèreté d'un homme qui se sait adoré des femmes, son désir même pareil à une flamme que les femmes attiseront, et éteindront, attiseront, et éteindront, une vie entière. Et j'ai ri ; d'un seul coup j'étais la Fille-du-dessus. Je n'étais pas Roslyn Tabor, je n'étais pas une divorcée. Je n'étais pas une veuve. Je n'étais pas une mère en deuil qui avait perdu son bébé en tombant dans l'escalier de la cave. Je n'étais pas une mère qui avait tué son bébé. Je n'avais pas été la Fille depuis longtemps, mais en peignoir éponge blanc et les jambes nues je suis redevenue le Fille-du-dessus sur la grille de métro.
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OdeOde   11 novembre 2012
Lorsque je suis née, le 1er juin 1926, dans la salle commune de l'hôpital du comté de Los Angeles, ma mère n'était pas là.
Où elle était, personne ne le savait !
Plus tard des gens l'ont trouvée qui se cachait et, choqués et désapprobateurs, ils ont dit : "Vous avez un beau bébé, madame Mortensen, est-ce que vous ne voulez pas prendre votre beau bébé dans vos bras ? C'est une petite fille, il est temps de l'allaiter." Mais ma mère a tourné son visage vers le mur. De ses seins gouttait un lait comme du pus, mais pas pour moi.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   28 juillet 2017
Norma Jeane s'enfuit dans la cuisine; il l'entendit sangloter, se cogner dans le noir; Seigneur Jésus, il fallait bien qu'il la suive; il alluma et elle était là, un couteau à la main, comme une fille dérangée dans un mélo, sauf que personne n'aurait eu cet air-là dans un film, et que la façon dont elle se donnait des coups de couteau, frappait ses avant-bras nus, ne ressemblait pas à ce qu'on aurait vu dans un film.
(...) il apaisa Norma Jeane comme on apaiserait un petit enfant qui a un chagrin, et Norma Jeane se mit à pleurer doucement, vidée de sa violence ; elle s'appuya contre lui en murmurant : "Oh ! Papa, je t'aime tant, Papa, je regrette, je ne serai plus méchante, Papa je te le promets, est-ce que tu m'aimes dis ? Tu m'aimes ?" et Bucky l'embrassa, en murmurant : "Bien sûr que je t'aime, Bébé, tu sais que je t'aime, je t'ai épousée, pas vrai ?"... en mettant de l'iode sur les coupures, et de la gaze, et tendrement ensuite il la ramena sans résistance dans leur lit aux draps brassés et aux oreillers froissés où il la tint dans ses bras, l'apaisa et la réconforta jusqu'à ce que peu à peu elle s'endorme comme une enfant épuisée à force de sanglots et Bucky resta étendu les yeux ouverts, les nerfs vibrant de tristesse, mais plein aussi d'une sorte d'inquiétante exultation, jusqu'à ce qu'arrivent 6 heures et l'heure de se glisser hors du lit...
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Gwen21Gwen21   27 janvier 2016
"Oh, M... Mère, j'ai passé une année si excitante, si m... merveilleuse, on dirait un des contes de fées de grand-maman Della, j'ai dû mal à y croire quelquefois... je suis modèle. J'ai signé un contrat avec le Studio... là où tu travaillais. Je peux gagner ma vie rien qu'en étant photographiée. C'est le travail le plus facile au monde !" Mais pourquoi disait-elle des choses pareilles ? En réalité, c'était un travail dur, un travail angoissant, un travail qui lui donnait des insomnies, un travail ne ressemblant à rien de ce qu'elle connaissait, plus éprouvant et plus épuisant que son travail chez Radio Plane ; c'était comme marcher sans filet sur une corde raide observée sans relâche par l’œil d'autrui - photographe, client, agence, Studio. L’œil d'autrui qui avait le pouvoir cruel de se moquer d'elle, de la railler, la rejeter, la licencier, la renvoyer comme un chien battu dans l'obscurité dont elle venait tout juste d'émerger.
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YukoYuko   03 janvier 2012
Une fille au corps luxuriant dans la plénitude de sa beauté physique. Dans une robe bain de soleil en crêpe Georgette ivoire, les seins moulés dans les plis soyeux onduleux de l'étoffe. Elle est débout, jambes nues écartées sur une grille de ventilation du métro new-yorkais. Sa tête blonde est extatiquement rejetée en arrière tandis qu'un courant d'air soulève sa large jupe évasée, révélant une culotte de coton blanc. Du coton blanc ! La robe de crêpe ivoire flotte, magiquement aérienne. La robe est magique. (...) Elle rit et pousse des cris aigus comme une enfant de quatre ans quand un nouveau courant d'air soulève sa jupe. Genoux dodus, jambes musclées de danseuse. Une fille solide et saine. Épaules, bras et seins sont ceux d'une femme en pleine maturité mais le visage est celui d'une petite fille. Frissonnant dans l'été new-yorkais quand le passage d'une rame de métro soulève sa jupe comme le souffle précipité d'un amant.
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