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Claude Seban (Traducteur)
EAN : 9782848761497
380 pages
Éditeur : Philippe Rey (01/10/2009)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 307 notes)
Résumé :
Genna et Minette partagent une chambre sur le campus. Et c'est tout ce qu'elles ont en commun. Minette est aussi noire, indomptable et solitaire que Genna est blanche, timide et généreuse. Fascinée, Genna fait son possible pour fendre la cuirasse de Minette et devenir son amie. Observant la menace des violences racistes croissantes, elle est sa seule alliée ; pourra-t-elle la sauver ?
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  18 août 2013
Deux jeunes filles se retrouvent co-chambres à l'université dans une ville de la côté est des États-Unis dans les années 70 : l'une est noire, Minette Swift, disgracieuse, antipathique et fille de pasteur ; l'autre est blanche, Genna Meade, riche, descendante du fondateur de la fac, affublée de parents ultra-libéraux distants. Tout ou presque les oppose et dès le début on apprend que l'une d'elle va mourir.
Avec ce canevas, J. C. OATES tisse alors une histoire captivante pour tenter de comprendre ce qui s'est passé. Bien sûr, comme l'opposition du titre le suggère, le racisme est présent, et la jeune fille noire est l'objet de brimades, mais qui les lui inflige ? le doute finit par s'installer : les étudiantes qui l'ont prises en grippe ou elle-même ? Genna, fortement culpabilisée par sa situation privilégiée, tente de venir en aide à Minette, qui refuse tout soutien.
Au-delà du thème évident du livre, je préfère penser que l'auteur a voulu surtout décrypter les tourments des adolescentes, leurs interrogations face à l'avenir, leurs sombres états d'âme, et tenter de cerner au plus près le quotidien de deux jeunes filles perturbées juste avant leur immersion dans la vie adulte.
L'écriture de J. C. OATES est comme toujours directe, précise, sans fioritures, son style percutant voire féroce, elle immerge son lecteur dans une histoire sombre et ambigüe qui ne laisse pas indifférent et qui est au demeurant fort bien construite.
J'ai lu ce roman il y a déjà quelques temps, et son souvenir reste tenace, preuve pour moi d'une force narrative certaine. Quand cet immense écrivain américain recevra-t-elle enfin le prix Nobel, pour lequel elle a été sélectionnée déjà deux fois ?
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Witchblade
  24 juin 2019
J'avais pioché ce livre dans la bibliothèque de mon ex-belle-mère. Je connais l'auteur de nom, j'avais essayé plus jeune de lire « Les Chutes » mais je n'avais pas du tout adhéré à son style et abandonné assez vite celui-ci. Un de mes tout premiers livres abandonnés d'ailleurs… En le voyant dans sa bibliothèque, j'ai donc voulu lui redonner une chance, le résumé m'intriguait. Il a été sorti de ma PAL à l'occasion d'une LC avec Chabe37, à qui je l'avais pioché pour le mois de Juin.
On alterne les périodes dans le temps en compagnie de Genna, une jeune lycéenne blanche. Elle nous parle de sa vie, de sa famille de hippie, de son école, de sa colocataire noire… C'est long, trop de temps est pris pour présenter le contexte et pour ma part, particulièrement imbuvable. J'ai eu du mal à lire pendant la semaine car plusieurs grosses journées de boulot étaient prévues pour organiser une journée spéciale. du coup, le soir, j'étais trop crevée pour lire et je ne m'y suis réellement penchée que ce week-end. En relisant le résumé, je me demande bien pourquoi je l'ai pris, ce n'est pas du tout mon style de lecture. Peut-être à cause de l'auteur pour essayer à nouveau ou pour essayer de nouvelles lectures. À cause du titre, je pensais trouver un livre du genre de « Sweet Sixteen », récent coup de coeur sur la condition des Noirs au milieu des Blancs en pleine ségrégation raciale. Mais le style n'est vraiment pas le même et c'est long et insipide à lire. Malgré la LC , je ne vais pas me forcer à le finir… J'ai fini par le lire en diagonale tant je ne supportais plus le style de cette auteur, trop de choses répétées, trop d'informations pour replacer l'histoire dans un contexte historique… Ce n'est vraiment pas une période qui m'intéresse en plus… J'ai moins lu la fin en diagonale car je voulais quand même connaître l'incident qu'avait subi Minette, la couverture en donne une vague idée. Par contre, tous les passages sur les parents de Genna étaient allègrement sautés, une génération et des idées vraiment bizarres…
Comme vous l'aurez compris, ce livre a été une grosse déception mais ça fait toujours un de moins dans ma PAL. Par contre, maintenant, je fais définitivement un trait sur cette auteur, 2 essais que je n'ai pas pu lire jusqu'au bout, je pense que son style n'est vraiment pas pour moi. Je vous conseille néanmoins de la découvrir pour vous en faire votre propre idée, vu le nombre de livres à son actif, je pense qu'elle a quand même un certain succès. Pour ma part, je vais continuer à trier ma bibliothèque.
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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LiliGalipette
  16 août 2012

« Minette n'a pas eu une mort naturelle, et elle n'a pas eu une mort facile. » (p. 9) Ainsi s'ouvre le récit de Genna Meade qui raconte sa relation avec Minette Swift, sa camarade de chambre en 1974 au Schuyler College. Tout opposait les deux jeunes filles. Genna est blanche, Minette est noire. Genna est riche, Minette est boursière. Genna est timide et effacée, Minette est déterminée et vigoureuse : « Si des branches tombées lui barraient le passage, elle les écartait d'un coup de pied. » (p. 72) Très vite, Genna est fascinée par sa camarade et fait tout pour lui plaire, ne se décourageant jamais devant les rebuffades de Minette. Mais lentement, une amitié délicate et fragile se noue entre les deux jeunes filles et Genna prend le parti de Minette face à toutes les autres étudiantes. « J'étais sa seule alliée à Haven Hall. » (p. 157)
Minette s'attire rapidement l'inimitié de nombreuses pensionnaires de l'établissement, jusqu'au jour où elle retrouve un de ses livres vandalisés. « Une odeur d'air subtilement pollué se mit à flotter dans Haven Hall : suspicion. » (p. 96) Même si la jeune fille est odieuse pour beaucoup, il semble inconcevable que des résidentes de l'université la plus tolérante et la plus cosmopolite d'Amérique puissent faire preuve de racisme, de ségrégation et de violence. « Pour une université très libérale de femmes émancipées, Schuyler était un nid de traditions. » (p. 149) Minette endure les brimades, les moqueries et les insultes. Élevée dans une foi chrétienne très puissante, elle a le sentiment de devoir souffrir pour mériter sa place auprès du Seigneur. En connaissant la première phrase du texte, on sait que tout cela finira mal, mais il nous reste encore à comprendre la véritable histoire de la mort de Minette et à affronter une horreur plus grande que le simple harcèlement racial. « L'obscène : ce que, à l'instant où vous voyez, vous ne pouvez plus pas ne pas avoir vu. Et ce que vous continuerez à voir. Même si l'on vous arrache les yeux. » (p. 167)
Genna, la narratrice, écrit ce texte pour faire justice à Minette, mais également à elle-même et au passé. Pour elle, il est temps de raconter cette histoire sans le voile de la pudeur ou de la peur. Il est étonnant d'entendre Genna parler d'elle à la troisième personne : c'est toujours pour énoncer des faits sans ressenti, mais cela créé une distorsion dans le récit, comme si Genna (Generva de son vrai prénom) oubliait qu'elle était partie prenante de cette histoire. « Ma camarade était vierge, j'en étais sûre. En ce qui concernait Generva, j'en étais moins sûre. » (p. 135)
L'amitié entre Genna la blanche et Minette la noire est à la fois rebelle et désespérée. Genna se dévoue totalement à sa camarade qui se moque bien de cette affection. « Une fille noire qui se fichait à peu près d'être noire, et totalement de l'intérêt que vous lui portiez. » (p. 129) Mais pour Genna, cette amitié est précieuse parce qu'elle lui offre la possibilité de nouer un lien avec une personne extérieure à sa famille. La famille Meade est en crise depuis des années et Genna oscille entre une mère dépressive et un père absent. La jeune fille évolue dans un monde où les relations entre humains avortent ou pourrissent.
J'ai été très touchée par le personnage de Minette : sous ses airs de colosse, elle se débat dans la plus grande solitude. Elle ne refuse pas l'amitié de Genna par pure affectation et elle souffre d'une grande solitude dans ses tourments. Quant à Genna, si j'ai apprécié sa confession honnête, j'ai détesté sa couardise et ses trahisons. Après Délicieuses pourritures où elle peignait déjà le monde universitaire avec des couleurs sombres et perverses, Joyce Carol Oates offre un nouveau tableau très sombre du monde étudiant. Finalement, la couleur de peau de Minette est un prétexte : que la jeune fille soit noire importe peu, ce qui compte, c'est que son caractère est incompatible avec le reste du monde. Dans ce roman, la violence est moins fulgurante que dans les textes très courts de l'auteure, mais elle sinue entre les pages. Tous les évènements sont des coups de griffe et des douleurs sourdes qui s'ajoutent. Joyce Carol Oates s'y entend pour écrire des romans noirs et brutaux. Et c'est toujours un plaisir trouble que d'apprécier ces pages sordides.
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Meps
  29 novembre 2019
Fille noire, fille blanche fait partie de ces lectures troublantes. Troublantes car elles s'ingénient à remettre en cause nos idées reçues. Pas de ces idées reçues que l'on considère comme des stéréotypes, mais plutôt de celles que l'on estime évidentes jusqu'à ce qu'on nous montre que comme toutes les vérités, elles peuvent être remises en cause."Certaines vérités sont des mensonges", c'est la phrase toute simple du père de la narratrice qui résume bien la philosophie du livre.
En effet, comment se dire que parfois la bienveillance et l'empathie peuvent être néfastes ? Que vouloir rechercher l'amitié de quelqu'un et faire tous les efforts en ce sens n'aboutit pas forcément ? Que l'on peut être noire et détester les anti-racistes militants ? Ce livre est là pour faire s'affronter deux stéréotypes (la fille de militants des libertés et la fille d'un pasteur noir) qui devraient pouvoir se compléter mais ont tant de mal à s'imbriquer. Elle décrit ainsi en creux deux positions qui, sous un vernis de recherche de solidarité ou d'amour du prochain, sont finalement assez figées et peu susceptible de s'adapter à une manière différente d'appréhender le monde.
Et tout cela est réalisé, grâce notamment à une narration à la première personne, tout en légers coups de pinceaux qui font ressentir cette incompatibilité douloureusement. On ne sait plus qui on doit plaindre des deux jeunes filles, on en vient parfois à être tout à coup énervé par les deux en même temps. Alors que le début de l'oeuvre nous fait pressentir un polar à l'envers avec une victime annoncée, le mystère s'épaissit finalement plus qu'il ne se résout. On assiste également à une belle description des relations parents-enfants complexes de l'adolescence même pour des jeunes filles finalement assez respectueuses des convenances et pas trop en crise. Comment en effet s'opposer à des parents qui prônent pour certains la révolte comme un aboutissement salutaire, pour d'autres l'amour inconditionnel du prochain et la joue tendue à l'agresseur ?
L'auteure parvient à nous faire ressentir la frustration diffuse de ces deux jeunes filles tout en passant un bon moment de littérature. J'avais lu Joyce Carol Oates il y a longtemps, je regrette de n'être pas plus assidu car son style est un cadeau pour qui aime la littérature qui cherche de nouveaux moyens de nous transmettre des émotions.
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Aline1102
  04 décembre 2012
Schuyler College, 1974.
Genna Meade, une jeune fille blanche de la bonne société américaine intègre la prestigieuse université pour filles fondée par son ancêtre Elias Meade. Genna partage sa chambre avec une jeune boursière noire, Minette Swift.
Fascinée par sa compagne de chambre, Genna tente de se lier d'amitié avec elle, mais Minette semble décidée à rejeter toute marque de sympathie.
Les années 70 en Amérique sont encore marquées par une certaine ségrégation raciale. Noire et boursière, Minette a-t-elle une chance de s'en tirer au milieu de ces blanches issues des plus riches familles américaines et des plus prestigieuses écoles privées ?

C'est seulement la seconde fois (après le crime de l'Orient-Express, d'Agatha Christie) que je suis presque soulagée de voir une victime mourir dans un roman. Je ne gâche d'ailleurs rien en vous révélant tout de suite que Minette meurt, on l'apprend après quelques lignes de lectures seulement.
Et l'on ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine antipathie à l'égard de Minette. Joyce Carol Oates ne donne d'ailleurs pas l'impression de vouloir faire apprécier sa victime : elle affuble Minette de gros défauts tous plus agaçants les uns que les autres.
Car Minette est hautaine, égoïste et repousse systématiquement les rares mains que ses condisciples lui tendent.
Les deux héroïnes de ce roman, Genna et Minette, sont toutes deux très liées à leur père (problème d'Oedipe mal réglé ?). Minette a très peur de décevoir son père, le pasteur Virgil Swift. Ce dernier s'attend à ce qu'elle excèle dans ses études or, dès le début du roman, il est manifeste que Minette est dépassée par les matières qu'elle étudie au Schuyler College. Si elle était parmi les meilleures étudiantes de son lycée, elle a ici beaucoup de mal à accepter les systèmes de cotation des professeurs et les remarques négatives que certains de ses devoirs récoltent. Ca aussi, c'est l'un des défauts de Minette : elle se remet rarement en question, préférant accuser les autres des malheurs qui la frappent.
Genna, de son côté, ne pense qu'à se faire accepter par Minette et à être gentille avec elle car elle a baigné, toute sa vie durant, dans les idéaux pseudo-égalitaires de Maximilian Meade, son père. Pourtant, après plusieurs rejets, il semble évident que Minette n'acceptera jamais d'être l'amie de Genna et que celle-ci devrait laisser tomber ses tentatives...
La mort de Minette est tout de même étonnante. Pas vraiment le décès en tant que tel puisque, comme je l'ai signalé plus haut, cet événement est annoncé dès la première page du roman. C'est plutôt la façon dont elle meurt qui prend le lecteur par surprise. On s'attend, étant donné les soupçons de harcèlement et de racisme qui plânent sur la résidence de Minette, Haven Hall, à quelque chose de plus violent : puisque quelqu'un semble visiblement en vouloir à Minette, peut-être va-t-elle être poignardée, défenestrée, poussée dans l'escalier ? La " douceur " (toute relative, je vous l'accorde) de la mort de Minette, les circonstances entourant le drame sont presque choquantes... parce qu'on attendait bien pire ! Tout est mis en place par Joyce Carol Oates pour nous faire croire à quelque chose de bien plus atroce.
L'un des grands thèmes de Fille noire, fille blanche est, bien entendu, le racisme et les problèmes d'intégration qui en découlent. Genna a pitié de Minette parce qu'elle est noire et tente à tout prix de l'intégrer aux groupes qui se forment au sein de Haven Hall. Mais tous les noirs souffrent-ils de problèmes d'intégration ? N'est-ce pas plutôt la personnalité de Minette qui pose problème ? Minette voulait-elle de la pitié de Genna ? J'en doute...
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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   16 octobre 2013
Nous étions camarades de chambre et amies. Peu à peu nous étions devenues amies. Mais Minette demeurait distante, réservée. On aurait pu dire que notre amitié était à sens unique, mais il me semblait que Minette m’aimait bien et m’acceptait. Son unique amie ! Son unique amie au Schuyler College.
Je fis sécher son gant en cachette. Lorsque je lui apportai, elle le regarda d’un air sceptique et me le prît avec lenteur. « Il est tout rétréci. »
Je lui expliquai que je l’avais trouvé dans le caniveau et que j’avais dû le laver. Minette l’enfila en forçant, plia les doigts. Parodiant l’accent des nègres du Sud, comme elle le faisait parfois pour produire un effet comique, elle dit : « Par-don, mais ce n’est pas mon gant.
- Quoi ? C’est ton gant. »
Mais je n’en étais plus si sûre. Minette était assise à son bureau, j’étais debout à côté d’elle. Nous examinâmes le gant sous toutes ses coutures, tandis qu’elle tournait lentement la main. « Non, ce n’est as le même. Un vieux machin jeté dans la rue, voilà ce que c’est.
- Où est l’autre gant, Minette ? On pourrait comparer.
- Pas besoin. Je t’ai dit que ce n’était pas le mien. »
Son visage s’était fermé. Elle était d’humeur irritable, je n’aurais pas dû l’interrompre : courbée sur sa table, elle travaillait à des problèmes de calcul en s’agitant et en soupirant. De temps en temps, elle ouvrait un tiroir pour y prendre des morceaux du crumble à la pêche que sa mère lui avait envoyé, arrosant de miettes ses papiers, ses vêtements et le sol.
« Si ce vieux machin te va, tu n’as qu’à le prendre », dit-elle en riant.
Elle retira le gant et me le jeta, à la façon d’une sœur aînée taquinant sa cadette. Je me dis que c’était un geste familier supposant une certaine affection ; je n’avais pas envie de penser qu’il supposait du mépris.
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latinalatina   18 janvier 2012
Max, qui détestait le christianisme, tenait pour une "farce tragique" que, par un accident cruel de l'histoire, les Noirs africains, capturés et emmenés en Amérique comme du bétail, "convertis" de force à la pseudo-religion hypocrite des négriers blancs, n'aient pas répudié cette religion quand ils avaient été affranchis. C'était totalement déconcertant, incompréhensible ! Une damnée énigme !
L'une des ironies du christianisme était, naturellement, que dans sa première période, la plus vigoureuse, elle avait été une religion d'esclaves, une religion "révolutionnaire", mais elle était vite devenue la religion de maâtres blancs rapaces, dépourvus de toute charité chrétienne, notamment envers ceux qui avaient la peau plus sombre que la leur.
Max était particulièrement contrarié par l'empressement enfantin que mettaient tant de Noirs américains à s'aligner sur une religion qui prêchait le pacifisme (tout en faisant la guerre), le paradis après la mort (tout en s'appropriant et en exploitant les ressources mondiales), les feux de l'enfer pour les damnés (tout en imaginant ses fidèles "sauvés") : l'opium du peuple.
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kathelkathel   12 septembre 2010
La première fois que je vis Minette Swift, je ne connaissais pas encore son nom. Je ne savais pas encore que nous partagerions la même chambre. La cloche de la chapelle Schuyler sonnait de toute son âme au-dessus de nous.

Je regardais Minette sans en avoir pleinement conscience. Un visage noir, impassible, une fille noire de mon âge. Elle sortait de la chapelle du Schuyler College avec ses parents et une sœur plus jeune.Je voulais croire que je leur trouvais un air de famille, mais cela tenait sans doute au fait qu’ils étaient noirs dans une foule majoritairement blanche et intensément sensible à l’effet que cela pouvait, que cela devait, faire de se sentir aussi visible à cause de sa peau dans ce lieu public.

Au milieu de tout ce blanc. Un blanc éblouissant comme l’intérieur de l’ancienne chapelle quaker avec ses murs blancs spartiates, son plancher et ses bancs ordinaires, ses hautes fenêtres étroites dont le verre ancien émettait une étrange lumière indécise, comme sous-marine. La cloche était si tonitruante que mon cœur se mit à battre au rythme accéléré de ses balancements.
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NadaelNadael   13 juillet 2010
...quelque chose d'étrange et de merveilleux dans la famille. Quelque chose de monstrueux dans la famille. La famille est une créature à plusieurs têtes comme l'hydre. La famille est le lieu des obsessions. La famille, c'est posséder et être possédé. La famille, c'est le transfert de gènes d'une génération à la suivante. La famille est pur égo. La famille, c'est la vie privée, et la vie privée n'a pas de valeur. Aucune vie n'a de valeur que la vie du Peuple. La vie de la Révolution. Dans une période de Révolution comme la nôtre, la vie privée cesse d'exister comme elle cesse d'exister en temps de guerre.
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NadaelNadael   13 juillet 2010
Le désir de connaître totalement quelqu'un est une façon de se l'approprier, de l'exploiter. C'est un souhait honteux auquel il faut renoncer.
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Vidéo de Joyce Carol Oates
Baptiste Liger, directeur de la rédaction du magazine Lire, a épluché toutes les sorties de cette année pour n'en retenir que le meilleur pour ce nouvel épisode de L'Instant Lire à la Fnac. D'une part, Un livre de martyrs américains, dernier roman de la prolifique Joyce Carol Oates, tiré d'un fait divers sur un sujet qui fait fortement débat aux États-Unis : l'avortement. D'autre part, un roman graphique absolument magnifique tournant autour surf et du deuil, In Waves du jeune Aj Dungo.
La chronique complète : https://www.fnac.com/L-Instant-Lire-a-la-Fnac-les-livres-de-l-annee-2019/cp46586/w-4
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