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Claude Seban (Traducteur)
EAN : 9782253120919
405 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/03/2008)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 159 notes)
Résumé :
Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d’une mystérieuse maladie, d’engager une assistante. Lorsqu’il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d’intrigants tatouages, Seigl ne peut résister à l’envie de jouer les Pygmalion. Convaincu de lui offrir la chance de sa vie, il lui propose le poste. Malheureusement pour lui, Alma Busch n’est pas la créature vulnérable qu’il croit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
BillDOE
  26 juin 2020
Joshua Seigl, universitaire juif fortuné et auteur du best-seller « les ombres » sur l'holocauste, vit reclus dans sa grande maison du quartier huppé de Carmel Heights. La quarantaine pas encore atteinte, il est atteint d'une maladie que son neurologue n'arrive pas à diagnostiquer. Véritable affection ou trouble psychosomatique, toujours est-il que Joshua se décide enfin à embaucher un assistant pour l'aider dans son travail, lui qui chérit tant sa solitude et fuit les relations humaines.
Alma Bush est la fille tatouée. Campagnarde paumée, illettrée, elle fuit une famille prolétarienne qui ne lui a pas fait de cadeau et un passé tumultueux. Echouée dans le café où Dmitri travaille comme serveur, ce dernier la voyant finir les restes des repas des clients, l'héberge chez lui. Dmitri Meatte, « meat » comme la viande, Dmitri le viandard. Elle tombe éperdument amoureuse de lui, jusqu'à accepter de se prostituer pour lui faire plaisir.
Ayant trouvé une place de vendeuse dans une librairie, elle y croise Joshua. Il l'engage sur le champ comme assistante.
Le roman de Joyce Carol Oates est l'histoire de cette rencontre improbable d'anti-héros.
Lui est imbu de sa personne, noyé par le flot de ses courtisans qui l'adulent, ses succès auprès de la gente féminine et la reconnaissance d'une élite intellectuelle. Il en est devenu misanthrope.
Elle n'est personne. Issue d'une famille de mineurs, elle fait partie de la couche sociale la plus basse, prête à n'importe quoi pour un peu de reconnaissance, jusqu'à s'être fait tatouer le corps avec des bariolages dignes d'un enfant de cinq ans. Elle n'a pas d'existence propre, pas d'avis, aucun caractère. C'est une suiveuse. Elle est antisémite sans savoir ce que cela signifie sinon que son petit copain, Dmitri, qu'elle aime et qui la méprise, l'est.
Trois sentiments les animent : mépris, dégout et haine, de soi comme de l'autre.
Mais la vie se joue des certitudes et brouille les idées préconçues. Son oeuvre achevée, elle lève le voile sur une réalité insoupçonnée et révèle l'ampleur de l'illusion qui a trompé les esprits de ses jouets, ces êtres humains pétris de certitudes. La seule vérité éclate pour désigner l'ampleur des erreurs commises par chacun et du mensonge dans lequel ils se sont vautrés toute leur existence. Malheureusement la folie de l'aveuglement aura le dernier mot.
Traduction de Claude Seban.
Editions Stock, le livre de poche, 405 pages.
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latina
  01 août 2020
Il n'y a pas à dire, JCO fait partie des meilleurs écrivains !
Profondeur psychologique, style au plus près de la pensée, focus sur l'Amérique profonde, description vraie des mentalités : tout est à prendre, chez elle.
La Fille tatouée vient de cette Amérique profonde, et elle provient même du plus profond des trous perdus, comparable à l'enfer, car son enfance et son adolescence ont été enterrées dans ce paysage de mines d'Akron Valley, finalement incendiées et rejetant des vapeurs toxiques.
La Fille tatouée, prénommée Alma, est profondément inculte, rejetée, niée dans sa personne, exploitée par ces mâles qui sautent sur tout ce qui est débile. D'ailleurs, les tatouages qu'elle porte, elle ne sait pas d'où ils viennent, du moins elle est incapable de l'expliquer.
Et quand la Fille tatouée rencontre l'intellectuel reconnu Seigl, auteur d'essais et d'un roman sur la Shoah, c'est le choc des cultures ! Ou plutôt le choc de l'inculture et de l'intelligence.
Oates excelle dans l'art de plonger dans les êtres, qu'ils soient horribles, fades ou tourmentés, pour en extraire la quintessence. Oates aime l'Homme, même si elle adore en raconter les instincts les plus sauvages ou les plus cachés. Elle l'aime tant qu'elle arrive à en extirper le coeur pour prouver la condition humaine, par là-même faible et excusable.
Pas de parti-pris, rien que l'humain, chez chacun, que ce soit la Fille tatouée, créature débile et molle, ou Joshua Seigl, au cerveau plein d'ouragan, ou encore les personnages secondaires, génialement décrits.
Je me ferais bien tatouer « JCO » sur le bras, tiens !
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sabine59
  28 janvier 2017
Ce n'est pas celui que je préfère parmi les nombreux romans de la surdouée Joyce Carol Oates mais je l'ai trouvé intéressant. Toutes ses publications le sont, d'une manière ou d'une autre...
Nous assistons ici à un huis-clos progressif et oppressant entre un écrivain malade et son assistante inculte, qui fascine.Ils se tournent autour, elle, pauvre et paumée , qui a des idées de meurtre , car on lui a inculqué la haine primitive du Juif, et lui, aisé ,si indifférent et méprisant parfois, mais subjugué aussi par l'illettrisme de cette assistante improbable, qu'il a choisie sur un coup de tête.
La violence psychologique de cet affrontement sourd et malsain se doublera d'une violence physique assez difficile à supporter. Jusqu'au point de non-retour.
Je n'ai pas trouvé le thème très original, il a déjà été exploité à de nombreuses reprises, seul le talent de la romancière permet de le transcender .Néanmoins, je n'ai pas ressenti le même enthousiasme,le même élan que pour d'autres romans comme "Mudwoman"ou "Petite soeur, mon amour"ou "Les chutes".
Une histoire en tout cas intrigante, mais qui ne restera pas tatouée dans mon esprit...
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kuroineko
  29 juin 2019
La fille tatouée de Joyce Carol Oates est resté un long moment sans être réédité. J'attendais donc sa "reparution" chez Point-Seuil.
Voilà un roman déroutant, comme souvent avec elle. Il aborde à la fois des aspects sociologiques, mémoriels, économiques, intellectuels, etc.
Seigl est un éminent traducteur et essayiste spécialiste de la poésie latine. Il a aussi rédigé plus jeune un roman basé sur la tragédie de ses grands-parents déportés et morts à Dachau. Âgé de 38 ans, il réside dans la vaste demeure familiale située dans le quartier cossu de la ville. Solitaire voire reclus dans sa tour d'ivoire, il décide pourtant de prendre un assistant pour l'aider dans son secrétariat, le tri de ses nombreux manuscrits entassés au fil des ans et autres menus services.
Après divers entretiens avec de fringants doctorants, son choix se porte sur Alma, nouvelle venue en ville, sous la coupe d'un jeune homme rien moins que louche. Elle n'est ni étudiante, ni cultivée; sa façon d'être et de s'habiller pourrait se résumer par une certaine vulgarité.
Joyce Carol Oates construit autour de ses deux personnages si diamétralement opposés une sorte de huis-clos inconfortable dont on peine à voir l'issue. Lui est né aisé, elle est issue d'un coin où les fermetures de mines apportèrent chômage et misère aussi bien économique que morale. Il est un intellectuel, elle a terminé tant bien que mal le secondaire. Il est homme plaisant aux femmes, elle a toujours servi d'objet voire de défouloir sexuel à de trop nombreux hommes. La liste pourrait s'étendre longtemps.
Seigl voit en elle quelque chose qu'il semble être le seul à voir, la possibilité d'un perfectionnement, d'une rédemption. Alma, avec ses tatouages qu'on lui a imposé comme autant de stigmates de sa vie rabaissée et humiliée, voue à son généreux une haine profonde. Haine sociale et, plus intense encore, haine du Juif, fondée sur les préjugés ancrés dans sa famille et qu'elle a avalé avec son pain quotidien, sans remise en cause.
Le roman est d'un style peaufiné et à la narration maîtrisée, comme d'habitude chez Mme Oates. J'y ai ressenti une tension croissante et le malaise qui imprègne les relations entre les personnages est perceptible. Il y a de la violence dans ces pages, les pensées haineuses d'Alma étant crachées comme un venin. Ça n'est pourtant pas une personnalité qu'on appréhende d'un bloc, en dépit de ce que l'intrigue apporte d'éléments. le résultat final est beaucoup plus nuancé et, peut-être d'autant plus dérangeant. de même pour Seigl qui évolue le temps du récit.
Sans compter les actions et influences des autres protagonistes de cette quasi tragédie antique, comme par exemple la soeur névrosée et acharnée de Seigl.
Un texte fort à nouveau, placé dans le Nord-est américain au début des années 2000. Joyce Carol Oates distille son histoire en mesurant savamment les doses. La fille tatouée n'est certes pas mon ouvrage préféré de cette auteure, et n'a pas forcément la même puissance que Les Chutes ou Nous étions les Mulvaney (pas le même format non plus), mais il m'a procuré un intense moment de lecture.
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ATOS
  02 novembre 2016
Après avoir refermé le livre , on se dit :... roman psychologique . Face face somme toute assez classique. Oui mais pas seulement...c'est peut être un peu plus … un roman sociologique ? . Parce que ce que Joyce Carol Oates peint et dépeint dans ce roman c'est en fait l'état moral, mental d'une certaine Amérique . Certaine ? L'Amérique est multiple.
Mais laquelle exactement ? Un face à face entre lettré et non lettré ? riche face au pauvre ? Considérons le deux personnages : le professeur, et l'ignorante. Cela aurait pu être un « my fair lady » version 21e siècle. Oui cela aurait pu… Et si Bernard Shaw pensait que les pauvres pouvaient encore accéder au savoir détenu par la haute bourgeoisie ( bon ils n'en étaient pas plus heureux pour autant,... ) , Jack London à travers Martin Eden aura également su nous rappeler que le savoir dans certaine contrée ne suffit pas pour être intégré, accepté.
Cette Amérique du 21 e siècle décrite par Oates, elle, ne laisse aucune passerelle possible entre les classes. le gouffre est là. Social, culturel, économique… Mais le calme règne. En apparence, il ne faut pas grand-chose pour que les choses déraillent. Pour que la folie explose.
Hypocrisie de façade, les classes se côtoient, co-habitent sur le même territoire, le bon langage est d'usage. L'union , la concorde...Code de bonne conduite d'une démocratie qui a cloisonné, clivé les groupes sociaux. Car si l'antisémitisme est présent en filigrane tout au long du récit, celui ci aurait aussi bien pu être le racisme, ou tout autre infection cérébrale.
Il s'agit de haine, pour le dire directement. Haine née de l'ignorance, ignorance née du maintien des classes sociales les plus défavorisées dans un triptyque infernal : Misère sociale, misère morale, misère économique. Marquées à vie . Alors oui nous sommes loin, du rêve américain, même si le rêve est vendu comme valeur politique. le rêve occidental tout entier a basculé. Ascenseur social rime à présent avec antiquité sociale, et se conjugue avec précarité. Disons que le monde devient …horizontal. Tout est prétexte à religiosité, la morale, le fric, le sexe, le travail, comme le reste, plus les autels se dressent plus les bidonvilles progressent.
Alors roman psychologique, sociologique et je dirai politique Roman noir.
Roman politique, cela n'engage que moi. On comprend l'étendue du mal qui ronge cette société. Car même la partie la plus démocrate des classes dites supérieures est déconnectée par rapport à la réalité de la déglingue de la société. Ils y croient encore, et l'on comprend que les classes sociales oubliées, elles, n'y croient plus, même si elles en rêvent encore. La faille est belle et bien présente. Ce n'est pas la progression de cette tension résidente dans le face à face des personnages qui m'a glacé le sang dans ce roman, c'est l'issue de son récit.
Joyce Carol Oates : une grande plume de la littérature américaine.
Astrid Shriqui Garain

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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
choupynettechoupynette   19 février 2010
Alma s'assura qu'il ne venait pas en douce comme il faisait parfois (sans savoir qu'elle le voyait du coin de l'oeil) et elle rôdait dans le bureau agitée et fiévreuse haine haine haine je vous hais sales Youpins le coeur battant comme si elle avait sniffé de la coke pure et elle regarda sa main ouvrir une bibliothèque vitrée dans le bureau de Siegl et prendre sur une étagère un livre qui la fit presque sourire, petit comme un livre pour enfants, ce qu'elle pensait qu'il était avec ce titre qui ressemblait à un conte de fée pour enfants, Anna Livia Plurabelle, mais quand elle l'ouvrit et essaya de lire, les caractères minuscules se brouillèrent devant ses yeux, des putains de mots qui ne voulaient rien dire comme s'ils n'étaient pas en anglais ou pas l'anglais qu'on lui avait appris et son coeur battit de ressentiment et de fureur et ses mains plièrent la couverture fragile à l'envers jusqu'à ce qu'elle l'entende craquer et elle sourit avec le plaisir d'enfant comme un petit garçon qui tire sur les jambes d'une grenouille jusqu'à ce qu'elle se déchire en deux. Tiens, saloperie! pp.206-207
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luis1952luis1952   10 août 2018
Alma était adossée aux coussins dans le vieux lit grinçant de la chambre. Ventre et seins avachis sous sa vieille chemise de nuit de flanelle blanche tachée de sang menstruel qui ne s'en allait jamais tout à fait même quand elle frottait à la main. Elle était là, les yeux brûlants à tourner les pages d'un livre de sorcières. Puis, étendue sur le côté elle sentait son cœur battre désagréablement mais bouger demanda trop d'efforts. Et elle avait froid à ses orteils nus, où était cette putain de couverture ?
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pyrouettepyrouette   23 août 2012
Car une âme imparfaite aspire à être guérie : dans une époque profane, nous avons besoin que l’inconnu nous complète, quand nous n’avons pas la force de nous compléter nous-mêmes.
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aventuresheteroclitesaventuresheteroclites   23 avril 2010
A la base, la Fille tatouée était de la viande femelle docile qui pouvait à peine prononcer une phrase cohérente, avait les yeux dans le vague, respirait par la bouche comme un chien et dégageait une odeur humide de chien, mais Alma était différente, Ama pouvait vous regarder droit dans les yeux et vous voir.
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luis1952luis1952   11 août 2018
Elle se tenait à côté du téléphone qui sonnait. Elle regarda sa main hésiter, puis se rendre vers le combiné. Elle avait oublié de s'éclaircir la gorge. Elle marmonna une vague réponse. Elle était pieds nus et portait une chemise de nuit trop courte de coton blanc qui montrait son slip de coton usé à force de lavages.
C'était une voix d'homme.
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Videos de Joyce Carol Oates (13) Voir plusAjouter une vidéo
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Joyce Carol Oates répond en exclusivité aux questions de la Claque Fnac. Femme de lettres américaine, à la fois poétesse, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste et enseignante, elle nous parle de son parcours exemplaire sur lequel elle revient avec son dernier roman "Ma vie de Cafard" (éditions Philippe Rey) dans La Claque Interview : contexte politique aux États-Unis, place des réseaux sociaux, violences policières, rôle des femmes dans la vie littéraire et quotidienne, Alice au pays des merveilles...
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