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ISBN : 2757838490
Éditeur : Points (24/04/2014)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Lolita postmoderne, Katya Spivak oscille entre la naïveté de ses seize ans et le cynisme d?une gamine élevée à la dure. Et, quand le vieux et très distingué Mr Kidder l?aborde courtoisement alors qu?elle a le nez collé contre une vitrine de dessous affriolants, elle réagit avec la méfiance polie qui convient. Pourtant, peu à peu, au fil des jours et de leurs rencontres, la jeune fille en mal d?affection se laisse vaguement séduire par le charme et la générosité dési... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  19 janvier 2017
Cela commença innocemment...la rencontre entre Katya Spivak, seize ans et Marcus Kidder, soixante- huit ans....
Marcus Kidder, distingué, élégant, digne, aux bonnes manières, à la silhouette haute et chenue, aux cheveux blancs saisissants s'entiche de katya, jeune fille au pair, nounou des deux enfants Engelhardt..
Celui-ci l'a abordé fort courtoisement alors qu'elle avait le nez collé contre une vitrine de dessous affriolants.....
Katya réagit d'abord avec une méfiance polie.
Puis au fil des rencontres dans sa vaste propriété , ils vont instituer une relation haine- amour et se découvrir au delà de leurs méfiances et appréhensions.
Peu à peu, Katya, séduite par les talents de musicien et d'écrivain pour enfants de monsieur Kidder se laisse convaincre de poser pour lui!
Mais quel but monsieur Kidder recherche t- il ?
Pourquoi Katya se laisse t- elle entraîner dans cette spirale ?
Mr Kidder paie bien et permet à sa mère, accro aux jeux de hasard, alcoolique et paumée, constamment en quête désordonnée de rédemption , de survivre !
La psyché de Katya est constamment partagée entre rêver sa vie et la triste réalité.
Elle exprime un dégoût naturel pour la vieillesse mais aime les belles maniéres , l'argent, la beauté, surtout "elle aime qu'on l'aime".
Plus le roman avance, plus on entrevoit l'inévitable prolongement entre voyeurisme et pédophilie , nous nous trompons complétement .......
La psychologie fouillée des personnages l'emporte sur les considérations sensuelles puis sexuelles.
L'auteur a l'art de construire un tissu psychologique dense, autour d'une histoire simple!
L'écriture intimiste, l'analyse fine, approfondie , pointue de la déviance ou ambivalence nous plonge au cœur de l'âme humaine entre conte de fées noir et choc des générations .
Un récit sombre, une fin irréaliste, dérangeante, surprenante , entre morbide et sordide, un ouvrage angoissant dont le dénouement nous laisse pantois!
Mr Kidder cache un secret douloureux révélé à la fin.
Il a une raison bouleversante , terriblement humaine , désarmante de manipuler la jeune fille !
À chaque fois que je lis madame Joyce Carol Oates , je suis surprise par son talent !
Et pourtant ce n'est pas , à mon avis, son meilleur livre!
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Cath36
  24 septembre 2013
On peut faire confiance à Oates pour vous sortir des histoires déjantées et vous les faire avaler comme si c'était chose évidente et donc banale, et ce avec un pur bonheur. Mais ici l'histoire m'aurait presque déçue sans la fin qui m'a laissée tétanisée dans mon fauteuil.
Cette relation ambigüe entre une jeune babysitter de 15 ans et un vieil artiste beaucoup beaucoup plus âgé qu'elle commence assez classiquement, entre amitié, méfiance (de la part de la jeune fille) et confidences,et se transforme progressivement en un amour un peu bizarre. Jusqu'à la conclusion, que je ne dévoilerai pas. Beaucoup de choses sont dites dans ce court roman, choc des générations bien sûr, quête de l'âme soeur dans une relation à la fois paternelle et hors du temps, recherche esthétique de la beauté à travers l'amour (et réciproquement), refus de la déchéance, sur une toile de fond de relations humaines délétères, comme bien souvent chez Oates.
Ce n'est pas le meilleur roman de Oates, mais il est très bien écrit et se laisse lire avec plaisir et facilité.
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LiliGalipette
  06 juin 2018
L'été de ses 16 ans, Katya garde les enfants de la riche famille Engelhardt à Bayhead Harbor. Sa rencontre avec le vieux et élégant Mr Kidder marque un tournant dans sa jeune existence. Elle trouve auprès du mystérieux vieillard de quoi étancher son besoin d'être vue et reconnue, son désir de susciter l'intérêt et de plaire. « Car Katya avait cette faiblesse : elle voulait désespérément être aimée, même par les personnes qui lui déplaisaient. » (p. 119) Tout cela la change furieusement de son quotidien entre un père absent et une mère alcoolique et accro au jeu. L'attention que lui porte Mr Kidder est délicieuse, également gênante et souvent dérangeante, mais Katya ne peut plus s'en passer. « Ce fut alors qu'elle commença à penser souvent à lui. D'abord avec amusement, même avec dérision, puis avec une intensité de sentiment inexplicable. » (p. 77) Pour plaire au vieil homme, Katya accepte de poser pour qu'il fasse son portrait. Au fil des séances et des échanges, elle comprend enfin ce que Mr Kidder attend d'elle, en quoi consiste la fameuse mission qu'il veut lui confier. « Aucun baiser ne s'oublie ; il demeure dans le souvenir comme dans la chair. » (p. 111)
Il serait réducteur de comparer Katya a Lolita, même si les similitudes sont nombreuses. L'adolescente sait qu'elle détient un pouvoir considérable sur Mr Kidder, mais elle n'en abuse pas, sans cesse effrayée par ce qu'il pourrait entraîner. Son besoin profond n'est pas vénal, mais sentimental. « Elle éprouvait le désir d'être embrassée, enlacée et embrassée, d'être aimée et protégée. Car il n'y a aucune peur aussi primitive que celle de ne pas être aimée, de ne pas être protégée. » (p. 132) Elle est finalement telle qu'elle est décrite dans le titre original : A Fair Maiden. En anglais, l'adjectif fair a plusieurs sens : blonde, belle, honnête. Tout cela, Katya l'est et le reste, en dépit de quelques écarts de conduite. de la relation trouble et troublante qui unit cette très jeune fille et ce vieil homme naît une conclusion sublimée et purifiée de tout vice. le mystérieux Mr Kidder se situe au croisement du conte de fées, du conte macabre et du conte initiatique. Plus court que d'autres romans très denses de l'autrice, il offre les portraits délicats de deux personnes isolées qui unissent leur solitude en un mélange de tendresse et de soumission/domination où le pouvoir change sans cesse de main.
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cmpf
  02 août 2019

D'un côté une jeune fille de 15 ans d'origine plus que modeste, abandonnée par son père qu'elle espère toujours voir réapparaître, une mère qui pense peu à elle, alcoolique et joueuse, des soeurs parties de leur côté et un cousin qui se moque d'elle tout en ayant des comportements déplacés. Katya Spivak espère pourtant se sortir de ce milieu par les études. Elle travaille le soir et l'été pour payer le community college. Justement elle a été embauchée comme nounou à demeure par une famille riche dans une ville de bord de mer.
De l'autre un homme très riche qui paraît extrêmement âgé à Katya. Doué de multiple talents et connu de toute la ville. Il vit seul avec une gouvernante et un chauffeur dans une grande maison qui donne sur la mer. Ils se rencontrent par hasard dans la rue. Katya est à la fois méfiante et partagée entre le dégoût et l'appât du gain. Elle va le voir dans sa maison parfois avec les enfants, parfois seule les jours de congé. Il lui paraît très respectueux et délicieusement suranné. Persuadée qu'il veut coucher avec elle, elle espère en tirer profit sans dommage. En fait peu à peu elle s'attache à cet homme pour qui elle compte, elle qui manque tant d'amour. Mais lui qui mène le jeu, se dévoile et se cache tour à tour, que veut-il vraiment de cette jeune fille ?
Un dénouement inattendu clôt ce court roman.
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JIEMDE
  16 août 2015
Première lecture de Joyce Carol Oates et première déception. Mais à lire les précédentes critiques, le Mystérieux Mr Kidder n'était probablement pas le livre idéal pour découvrir cette auteure.
Car je ne suis jamais rentré dans cette histoire de"Lolita postmoderne" (dixit la 4e de couverture... ce qui n'est pas flatteur pour Nabokov !), où les relations particulières de Katya et de Marcus Kidder sonnent particulièrement faux. L'une semble bien nunuche pour une jeune américaine de 16 ans, élevée "à la dure", sans père et avec une mère en dérive. L'autre est encore moins crédible dans ses obsessions et dans son attente particulière de la mort.
Quant à l'écriture, je ne l'ai pas trouvée particulièrement remarquable, faussement poétique et détachée... J'ai cependant apprécié le changement de rythme de la fin, qui a ravivé - un peu - mon intérêt. Mais pas suffisamment pour ne pas me réjouir d'en avoir terminé à la fin.
Bref, vous l'aurez compris, je suis passé au travers... Mais je réessaierai avec un autre titre !
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   30 avril 2013
Ce roman sur le choc des générations, des cultures, des classes sociales, se transforme à la fin en un conte noir, où les rois sont bizarres et les fées cruelles. Une fin irréaliste mais qui, d’un certain côté, sauve en partie le roman du danger de n’être qu’un remake d’une Lolita d’aujourd’hui.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   08 octobre 2014
Il y a un mot allemand - Heimweh, nostalgie. C'est un sentiment puissant, un peu comme un narcotique. Le regret intense de chez soi, mais pas seulement...d'un moi disparu, peut-être. Un moi perdu. La première fois où je vous ai vue dans la rue, Katia, c'est ce que j'ai éprouvé...j'ignore absolument pourquoi.
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AproposdelivresAproposdelivres   11 octobre 2013
Cela commença innocemment. Alors que Katya Spivak avait seize ans et Marcus Kidder, soixante-huit.
À Bayhead Harbor, New Jersey, dans la chaleur épaisse d'une fin de matinée, promenant dans son landau le bébé de dix mois des Engelhardt et tenant par la main Tricia, leur fille de trois ans, elle passait devant les boutiques prestigieuses et féeriques d'Océan Avenue - Bridai Shoppe, Bootery, Wicker House, Ralph Lauren, Lily Pulitzer, Bijoux Crowne, Place Setting, Pandora's Gift Box, Lingerie fine Prim Rose Lane - quand, alors qu'elle s'arrêtait pour admirer la vitrine de Prim Rose Lane, une voix résonna soudain à son oreille : «Et que choisiriez-vous, s'il vous était accordé un souhait ?»
Ce qui la frappa fut l'expression désuète : accorder un souhait. Comme dans un conte de fées.
À seize ans, elle était trop vieille pour croire aux contes de fées ; elle croyait en revanche à ce que pouvait promettre une voix masculine cordiale parlant de souhait.
Le sourire aux lèvres, elle se retourna. À Bayhead Harbor, commencer par un sourire était généralement une bonne idée. Car il était possible qu'elle connaisse cette personne, qui l'avait suivie, marchant à son allure à la limite de son champ de vision, et ne la dépassant pas comme les autres piétons quand elle s'attardait devant une vitrine. À Bayhead Harbor, où tout le monde était si aimable, il était naturel de se tourner en souriant même vers un inconnu, et elle fut un peu déçue de découvrir que cet inconnu était un vieux monsieur distingué aux cheveux blancs, vêtu d'une veste sport en seersucker couleur de melon mûr, d'une chemise et d'un pantalon en velours d'un blanc immaculé, et chaussé de mocassins de bateau, également blancs. Il avait des yeux d'un bleu de glace, fripés aux commissures par des années de sourire. À la façon d'un personnage romantique des vieilles comédies musicales de Hollywood - Fred Astaire ? Gene Kelly ? - il s'appuyait sur une canne d'ébène sculptée.
«Eh bien ! J'attends, ma chère. Quel est votre souhait ?»
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LapkastLapkast   15 mai 2013
Katya sentit quelque chose tressaillir dans son coeur : un spasme de douleur, d'envie. « C'est si beau, monsieur... » Elle semblait avoir oublié le nom de Mr Kidder. Ce n'était pas sa faute si son accent nasal et moncorde du Sud-Jersey prenait une intonation accusatrice, même quand il se voulait admiratif.
Avec courtoisie, Mr Kidder dit que la beauté était une question de « regard » - « regarder avec un oeil neuf, l'oeil de la jeunesse ». Il avait passé de si nombreux étés dans cette maison, enfant, puis adulte, de juin à octobre, qu'il ne voyait plus ce qu'il était.
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Vicky-LeeVicky-Lee   02 avril 2017
"Vous voulez bien nous accompagner dimanche après-midi au cap May? Pendant votre demi-journée de congé?" [...]
Katya répondit que oui, si elle pouvait être utile à Mrs Engelhardt. S'il y avait de la place pour elle sur le yacht. Katya parlait d'un ton humble, avec l'air de demander une faveur, bien qu'elle sût - et que son employeuse sût - que sa présence pendant cette petite croisière avec des amis de passage des Engelhardt ayant deux petits enfants serait précieuse.
Prudente, Lorraine Engelhardt ne dit pourtant pas : Katya! Vous me sauvez la vie, mais seulement, avec un sourire mesuré: "Nous ne pouvons toutefois pas vous payer d'heures supplémentaires, j'espère que vous le comprenez?"
Katya acquiesça vigoureusement de la tête. Elle comprenait!
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PiatkaPiatka   11 octobre 2014
Une musique rêveuse et liquide d'une exquise beauté jouait en sourdine, évoquant un frisson d'eau sur des pierres.
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Videos de Joyce Carol Oates (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joyce Carol Oates
Direction Princeton, dans le New Jersey, à la rencontre de la poétesse, romancière et dramaturge Joyce Carol Oates. Elle signe un roman magistral sur les menaces qui planent aujourd?hui : violences faites aux femmes, avortement ou le poids de la religion... Fresque sur les travers de l?humanité, "Un livre de martyrs américains" est publié aux éditions Philippe Rey.
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