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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 2757809342
Éditeur : Points (28/01/2010)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Petite fille jalouse, prostituée précoce, vierge effarouchée, bourgeoise en mal de sexe ou infirmière dévouée, elles ont six, onze, vingt, trente-cinq ans et, à première vue, paraissent inoffensives. A ceci près qu'il vaut mieux ne pas laisser traîner un revolver, un couteau ou une seringue à leur portée. Car ce sont des tueuses, les (anti) héroïnes de ces neuf nouvelles dérangeantes, que Oates met en scène avec un sadisme d'une sournoise sobriété. Une savante écono... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
canel
09 janvier 2013
Des "femelles" ? de quelle espèce ? Humaine ! Assurément la plus redoutable, la plus perverse. Ce sont elles, dans ces récits, qui font les frais des défauts des hommes, de leur violence.

Neuf nouvelles d'une cinquantaine de pages qui mettent en scène des femmes, des mères, des adolescentes, des petites filles. Manipulées, malmenées, battues, trompées, prostituées... elles sont épuisées, au bout du rouleau, sombrent dans l'alcool, la dépression, ou tuent. Et leurs éventuels enfants, victimes indirectes, en subissent les dommages collatéraux.

Des textes très sombres, perturbants. le suspense et la tension vont crescendo, on n'ose imaginer le pire, et c'est pourtant vers le plus sordide que nous mène l'auteur. Seule la dernière nouvelle est plus optimiste - pour les lecteurs favorables à cette pratique... L'écriture est impeccable, presque trop, limite affectée et désuète façon Sagan. A tel point que je situais la plupart des récits dans le passé, jusqu'à ce que je croise de loin en loin un téléphone portable, ou autre élément du XXIe siècle.

De Joyce Carol Oates, j'ai lu "Sexy", "Viol, une histoire d'amour", "Délicieuses Pourritures"… Des ouvrages tout aussi noirs que ce recueil, dans lesquels l'homme est un loup pour la femme, et l'adulte souvent destructeur pour l'enfant...

Les cheveux de la femme sur la couverture évoquent les Gorgones, personnages mythologiques. Pline l'Ancien les décrivait comme "des sauvageonnes recouvertes de poils et à la tignasse hirsute", ce qui aurait donné naissance au mythe de la chevelure de serpents.
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meyeleb
02 septembre 2012
Voici un recueil de nouvelles assez... dérangeant! le titre donne à imaginer la femme dans ce qu'elle a de plus instinctif, doublé d'une connotation péjorative qui fait craindre le pire. Un brin de débauche, deux doigts de violence, quelques pincées de pulsion animale : tout y est, servi sur le plateau d'argent du style, froid et percutant à souhait. Directe, débridée, la plume de Oates donne à voir la noirceur féminine en ses tréfonds : des désirs de meurtre, des vengeances, beaucoup de sadisme dans des esprits gangrénés par la folie. Elle sait mêler l'intolérable à la banalité du quotidien, l'horreur à l'objectivité du point de vue. J'ai beaucoup aimé la manière dont les histoires basculent et nous laissent pantois avec nos notions du bien et du mal. de quel côté sommes-nous? Parfois on se surprend à se dire que s'il n'y avait pas en nous un bon gros surmoi capable de régir nos pulsions, nous serions de celles-là, de ces "femelles" emportées par un désir effréné de faire souffrir, voire de tuer. C'est une lecture qui vous remuera, c'est sûr, c'est bien pour ça que je vous la conseille vivement!
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chroniquesassidues
03 octobre 2011
Les Femelles (The Female of the Species) est un recueil de nouvelles écrit par Joyce Carol Oates et publié en 2006 aux États-Unis (2007 en France). Chaque nouvelle a pour sujet principal une femme ou une fille, confrontée à la mort, le meurtre, par choix ou par nécessité.
Présentation de l'éditeur : Elles s'appellent Poupée, Lucrétia ou encore Kristine. Toutes semblent inoffensives. Derrière leurs visages angéliques, un mal sournois se tapit, attendant le moment propice pour se manifester : ce sont des tueuses. Joyce Carol Oates saisit au vol cette fulgurance meurtrière et observe tranquillement le venin agir et le sang se répandre.
Avec l'aide de dieu : Folle amoureuse, Lucretia s'est mariée à 18 ans avec Lucas Pitman, shérif adjoint du comté de Saint-Lawrence. Après la mort de son coéquipier, Pitman se met à boire et à changer. Au même moment, Lucretia commence à recevoir des appels anonymes...
Papa dirait que Pitman avait jeté un sort à sa fille unique ; quand il était méchant, il disait que c'était sexuel et je reconnais que c'était le cas : le pouvoir de Pitman sur les filles et les femmes était sexuel, mais il n'y avait pas que ça, je le jure. Il y avait l'âme de Pitman que l'on voyait dans ses yeux à certains moments, ou que l'on sentait dans la chaleur de sa peau... une âme qui était pure flamme, un bonheur sauvage comme un courant électrique qui le traversait. le seul fait de le toucher était dangereux, mais on ne pouvait pas ne pas toucher !"
Banshee : Une petite fille délaissée par sa mère, qui est occupée par son nouveau compagnon et la réception qu'elle donne chez elle, prend dans ses bras son petit frère encore bébé et commence l'ascension de la tour de leur maison, jusqu'à se retrouver sur le toit...
Plus la jeune fille grimpe, plus le stress augmente : une nouvelle palpitante, écrite du point de vue de la petite fille.
Poupée : une ballade du Mississippi : Poupée a onze ans et voyage avec son père à travers les États-Unis. Se faisant passer pour une jeune fille de treize ans que son père prostitue, elle rencontre des hommes dans des hôtels et les tue...
C'est la nouvelle que j'ai le moins aimée. Trop sanglante, trop perverse.
Ma préférée ? La carotide.
Madison au Guignol : Mme G. est l'épouse d'un homme riche. Paranoïaque, elle pense que tous les gens qui l'entourent parlent d'elle, rient d'elle.
On disait d'elle qu'elle était superficielle, vaniteuse. On disait d'elle que, bien qu'elle laissât dans son sillage le plus séduisant des parfums, "L'Heure bleue", elle n'avait pas de charme. On disait d'elle, l'épouse d'une homme riche, on murmurait derrière son dis en riant cruellement, qu'elle n'avait pas d'âme. "Mais c'est elle que je cherche constamment. Où et comme je peux."
Obsession : Une petite fille entend chaque nuit les cris de lapins dans la cave de sa maison, bien que sa mère soutienne qu'elle rêve. Une nuit, elle descend dans la cave...
J'ai bien aimé cette nouvelle à nouveau écrite du point de vue d'une petite fille. En parallèle de cette obsession sur les cris des lapins, l'auteur revient sur les étranges circonstances de la mort du père, "brûlé vif dans son lit".
Faim : Kristine, en vacances avec sa petite fille Céci, rencontre Jean-Claude avec qui elle va avoir une liaison. Petit à petit, elle découvre les intentions peu honorables de Jean-Claude et se révèle prête à tout pour sauvegarder sa petite famille.
Voilà une de mes nouvelles préférées du recueil ! Plusieurs thèmes sont évoqués : la passion, l'adultère, le crime crapuleux... Et surtout, une femme forte, prête à tout.
Kristine a découvert en elle que, oui, elle aime le secret. Elle aime le risque, le danger. Son destin à part.
Dis-moi que tu me pardonnes : Une mère écrit à sa fille pour lui demander son pardon sur un événement arrivé quarante ans plus tôt. Au fur et à mesure de la nouvelle, entre flashbacks et souvenirs de la mère et de la fille, on découvre ce qui s'est passé il y a quarante ans.
A travers cette histoire familiale, Joyce Carol Oates évoques les conflits raciaux et sociaux, avec le personnage d'Hiram Jones, homme de couleur et déficient mental, accusé à tort d'un meurtre, battu et interné dans un hôpital psychiatrique dans lequel il finira par mourir.
Ange de colère : Gilead rencontre une femme par hasard et voit en elle celle qui lui est destinée. Il commence à la suivre, la harceler, prêt à commettre l'irréparable pour elle.
Elle était seule avec le bébé. Cela m'excitait de la voir seule et de savoir qu'elle était une mère qui allaitait son bébé ; le corps de la femme sous les vêtements, ses seins beaux et cachés au monde mais pas à moi.
Ange de miséricorde : R. est une nouvelle infirmière, rattachée à la "Cité des damnés" ("royaume de l'Attaque et de la Tumeur"). Amoureuse d'un patient victime d'un accident de voiture qui a brisé son corps et son esprit, elle apprend l'existence de l'Ange de la Miséricorde. Cet Ange est en fait Agnes O'Dwyer qui exerçait des années plutôt dans la "Cité des damnées", euthanasiait ses patient.
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle qui alterne les voix de R. et d'Agnes intervenant à des époques différentes.
Au final, j'ai plutôt aimé ce recueil de nouvelles pas toujours égales, qui se lit ponctuellement, et qui m'a fait découvrir l'univers et l'écriture de Joyce Carol Oates, que j'ai hâte de retrouver dans un de ses romans (Les Chutes ? Blonde ?).
Lien : http://leschroniquesassidues..
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tynn
04 décembre 2012
Un livre de J.C.Oates est une aventure, un voyage en terre inconnue!
A chaque fois, je ne sais à quoi m'attendre, et m'y plonge avec un mélange d'appréhension et d'excitation...
La surprise est à nouveau au rendez vous, avec ces "femelles" de tout âge : haine, rancoeur, jalousie, obsession, hystérie, traumatisme de l'enfance, alcool, sexe et prostitution. le côté obscur de notre société se met en scène dans ces 9 nouvelles.
La petite musique du quotidien s'élève d'abord pianissimo et, l'air de rien, culmine en scènes macabres, avérées ou suggérés.
Fort et glaçant! Respirez un bon coup entre chaque!
Pas dans mon Top des livres de Oates mais s'il était besoin, la confirmation de la grande variété de styles de ses romans.
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nathab19
27 janvier 2014
Difficile de suivre la production de Joyce Carol Oates, tant elle est prolixe…un, deux voire trois ouvrages par an…le rythme est épuisant. Mais quel bonheur de lire cette vraie littérature à l'heure où les romans de gare et autres biographies d'ex téléréaliteur , de footballeurs ou de comiques qui se prennent pour des philosophes, envahissent les rayonnages des libraires (enfin d'Amazone surtout…). Je ne veux bien sur faire preuve d'aucun mépris tant je déteste l'idée de classer la littérature en « bonne « ou « mauvaise » mais, diantre, il y a, comment dire … des limites ! Bref, pour autant avec Oates, on est carrément au large, et vraiment c'est plaisant... Une plume acerbe, pertinente qui s'acharne, me semble-t-il (mais je n'ai pas encore tout lu !) à dépeindre les femmes, les femmes et leur condition, les femmes face à leur dilemme, les femmes et leurs angoisses, les femmes dans leur faiblesse sombre et annihilant. Et puis, bien sûr…la femme face à l'écrasante suprématie du mâle. Je ne ressens pas pour autant ces histoires comme féministes (ouf !) mais j'aime profondément la façon qu'à l'auteur de se mettre en surplomb et de conter sans juger…froidement…subtilement…

Les femelles est un recueil qui présente des nouvelles assez égales. de brèves histoires au centre desquelles se trouve des femmes (on ne l'aurait jamais deviné avec le titre !) , jeunes ou vieilles, mais qui ont toutes en commun une plaie très ouverte et très suintante. L'autre trait commun qu'elles partagent est qu'elles sont ou deviennent à un moment donné (poussées ou pas par la nécessité) des meurtrières (parfois seulement au sens métaphorique). Dans « Madison au guignol », une femme riche, superficielle et égotique se retrouve à jamais coincée dans la collection privée d'une boutique de luxe. Dans « Faim » une épouse organise l'assassinat de son mari avec l'aide de son amant. Dans « Banshee », une petite-fille monte au sommet d'une tour vertigineuse, son petit frère dans les bras pour impressionner son égoïste de mère. Dans « Ange de colère », une jeune femme pousse un retardé mental a tué son amant…manipulatrices, perverses, profondément blessées, égoïstes, les femmes d'Oates vont tout droit en enfer mais dieu qu'on les plaint !

Lien : http://humeurs.centerblog.net/
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Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel09 janvier 2013
Pas de guérison pour les maladies dégénératives comme celle d'Alzheimer, par exemple : plaques séniles, dépôts de protéines, enchevêtrements neurofibrillaires s'accumulent dans le cerveau. Rien à faire. La recherche sur les cellules souches n'apportera rien à ces patients ; les cellules cérébrales ne se régénèrent pas... elles se transforment en bouillie. Pas de retour en arrière. On oublie ce que l'on a appris quand on a fait l'apprentissage de la propreté : rien de plus facile que d'oublier ; c'est la mémoire qui est miraculeuse. On peut même oublier comment manger. (p. 287)
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canelcanel08 janvier 2013
Le mariage, un mystère. Pourquoi nous aimons, et ce que nous faisons pour définir et contenir notre amour. Pour le protéger. Comme si l'amour était une flamme qu'un courant d'air peut souffler. (p. 147-148)
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rkhettaouirkhettaoui01 juillet 2015
Oui, il est nomade. Sans domicile et n’en souhaitant pas. Il voyage depuis des mois, des années. Ses père et mère ? Il n’en a pas. Une famille ? Il rit, découvrant ses dents d’enfant. Quel est son vrai nom, est-ce Jean-Claude ? Est-ce Ranier ? Il rit. Oui, dit-il. Il faut bien avoir un nom, n’est-ce pas ? N’importe quel nom fait l’affaire. Tous les noms font l’affaire. Kristine trouve son accent moins prononcé, ce soir. Moins musical. Un accent du Midwest peut-être. Du Midsouth. Il dit à Kristine qu’il ne tient plus en place quand il reste trop longtemps au même endroit. Quand quelqu’un essaie de le retenir. Il ne respire plus, ne dort plus. Ne rêve plus. Voilà pourquoi l’océan l’attire : il est sans cesse changeant, imprévisible. Beau et néanmoins capable de terribles destructions.
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canelcanel09 janvier 2013
Elle n'aimait pas [son mari] Timothy Donaldson. Mais elle était fière d'être l'épouse du Dr Donaldson. (p. 246)
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canelcanel08 janvier 2013
Il n'y a rien ! Tu n'entends rien ! C'est le vent. C'est ton rêve. Tu sais bien que tu rêves. Rendors-toi. Je veux t'aimer, arrête de pleurer, lâche-moi, laisse-moi dormir pour l'amour du ciel, je suis quelqu'un moi aussi, pas seulement ta maman, ne me pousse pas à te détester. (p. 121)
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Videos de Joyce Carol Oates (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joyce Carol Oates
Chronique animée en Stop Motion du roman "Confessions d'un gang de filles" de Joyce Carol Oates.
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