AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2848766980
Éditeur : Philippe Rey (04/10/2018)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, rencontre Elihu Hoopes, nouveau patient, qui sera connu plus tard comme E. H., le plus fameux amnésique de l'histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d'une infection qui ne lui laisse qu'une mémoire immédiate de soixante-dix secondes : tout le reste est régulièrement oublié, hormis des bribes d'un passé lointain. À chaque fois qu'il rencontre Margo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  14 novembre 2018
Passionnant et très prenant : encore un grand roman de Joyce Carol Oates. J'y ai retrouvé avec plaisir son style direct, efficace, sa façon si personnelle de décortiquer les tourments de l'âme humaine, son art de ponctuer son récit d'interrogations fréquentes créant ainsi un suspense qui tient son lecteur en alerte jusqu'au dénouement, inévitablement inattendu.
Quelle peut être l'existence d'un homme sans mémoire, ou plus précisément un homme qui ne peut plus se rappeler de nouvelles informations au-delà de soixante-dix secondes, et cela depuis le début de son amnésie survenue à l'âge de trente-sept ans, à la suite d'une infection virale ?
Réponse : cet homme est le prisonnier d'un présent perpétuel. Un homme sans ombre. Il aura toujours trente-sept ans et redécouvre en permanence son entourage, les lieux où il se trouve. de quoi donner le vertige, un vrai cauchemar pour toute personne normalement constituée.
Oui, mais voilà, Elihu Hoopes ( E.H. ), amnésique antérograde, n'en a pas vraiment conscience : son passé est figé et son avenir n'existe pas. Une situation qui ne peut que convenir à une passionnée de neurosciences et de trames alambiquées comme Joyce Carol Oates et où sa finesse d'analyse psychologique donne toute sa mesure.
Si on ajoute qu'il était cultivé, d'une intelligence au-dessus de la moyenne, tous les ingrédients sont réunis pour qu'une jeune doctorante, Margot Sharpe, se passionne scientifiquement puis amoureusement pour ce cas, en fasse le sujet d'études de toute sa vie professionnelle, une trentaine d'années au sein de l'institut universitaire de neurologie de Darven Park, Pennsylvanie.
C'est bien cette relation étrange et secrète entre la jeune scientifique et l'amnésique, mélange subtil voire malsain de curiosité scientifique, d'ambition, de désir amoureux, de pitié parfois, de manipulation aussi, qui est le coeur palpitant du roman. On finit par se demander qui a le plus beau rôle : l'homme sans ombre ou la scientifique ? Qui est le plus fragile ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          549
kuroineko
  22 janvier 2019
La parution d'un nouveau roman de Mme Oates est toujours source de joie anticipée pour moi. J'ai commencé L'homme sans ombre sans même prendre le temps d'en lire le résumé ni aucun avis dessus.
Nous voici dans un récit qui parcourt plusieurs décennies et de concentre principalement sur deux personnages : Elijuh Hoopes et Margot Sharpe. le premier est atteint de graves altérations cérébrales suite à un simple herpès labiale, où le virus a pénétré le système sanguin jusqu'à provoquer une encéphalite. Il souffre désormais d'amnésie rétrograde courte et d'amnésie antérograde définitive. Ses souvenirs plus anciens perdurent ainsi que ses connaissances acquises jusqu'à sa maladie.
Quant à la seconde, Margot, on la voit évolué de doctorante en neuropsychologie à éminente spécialiste de la mémoire et ses altérations. Seule femme à atteindre ce poste alors, un exploit et pas une sinécure face à la concurrence masculine.
Joyce Carol Oates raconte avec brio et beaucoup de recherches tout une partie de l'histoire et de l'évolution des neurosciences. Comment fonctionne le cerveau? Quelles parties concernent la mémoire? Avant scanner et IRM, une part du savoir acquis en la matière reposait sur des vivisections animales ou des expériences sur des patients humains comme Eli, avec batterie de tests réitérés.
Mais le roman de Mme Oates est bien plus qu'un compte-rendu scientifique, aussi passionnant soit-il. Elle s'intéresse à nouveau ici aux interactions entre Margot et ce qu'il faut bien nommé le cobaye humain de l'Institut, E. H. Margot est une femme menue, aux cheveux et aux yeux noirs, brillante et investie, un bourreau de travail. Comment ne pas voir le pendant scientifique de l'auteure, brillante littéraire, silhouette menue à la chevelure sombre et aux grands yeux noirs, d'une grande acuité intellectuelle et acharnée à sa tâche d'écrivain.
Entre Margot et Eli se tisse un lien particulier. Ou plutôt, Margot s'en persuade, amoureuse qu'elle est de cet homme et perdant sur ce point sa froideur logique et sa rigueur scientifique. Joyce Carol Oates aime à décortiquer la psyché humaine et elle nous en livre ici un nouvel exemple magistral où toute la subjectivité de l'esprit humain est présentée sur fond d'études objectives neuropsychologiques. le contraste est d'autant plus saisissant.
Le cerveau et ses mystères étant un sujet qui m'intéresse beaucoup, cette lecture s'est révélée passionnante et immersive. Si l'on y ajoute la patte de l'auteure et sa maestria à raconter la vie de ses personnages, que désirer de plus?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          428
Jazzynewyork
  04 février 2019
” Il est 9 h 07, le 17 octobre 1965. le moment déterminant de la vie de Margot Sharpe, qui sera aussi le moment déterminant de sa carrière. “ 


En 1965 à Philadelphie, à l'institut de neurologie de Darven Park, une jeune chercheuse, Margot Sharpe, rencontre Elihu Hoopes, un nouveau patient atteint d'amnésie.
À l'âge de trente-sept ans, il a été victime d'une grave infection qui a détruit une partie de son cerveau et ne lui a laissée qu'une mémoire immédiate de soixante-dix secondes.


” Quand il se croit seul, sans personne pour l'observer, E.H. cesse de sourire. Sombre, le visage plissé, il semble absorbé dans l'effort douloureux de comprendre. “



Margot Sharpe, professeur – neuropsychologue chercheur à l'université – est attachée à l'Institut universitaire, va entamer avec le Dr Ferris un long travail d'étude appelé "projet mémoire " sur le sujet « E.H. » qui deviendra peut-être l'un des amnésiques les plus célèbres de l'histoire des neurosciences.


” Elihu Hoopes est prisonnier d'un présent perpétuel, se dit Margot. Comme un homme tournant en rond dans les bois crépusculaires : un homme sans ombre. “ 


Au cours des années, Margot est séduite, s'attendrit et s'attache à son patient. Elle tente de comprendre et de débloquer les souvenirs figés de E.H., et de déchiffrer ce qui semble obséder cet homme sans mémoire, qui s'entête à dessiner la même scène : une fille morte flottant dans l'eau.


” Margot comprend le malaise de ce pauvre homme, qui se rend compte que sa connaissance de lui-même ne peut lui venir que des autres, de parfaits inconnus. “

Tiraillée entre ses ambitions professionnelles, son amour obsessionnel pour cet homme et son éthique médicale, elle fouille dans le passé de E.H. et devra faire en sorte de ne surtout pas se perdre elle-même en cours de route.



” Personne d'autre dans sa vie ne compte autant pour elle. “ 


Ce que j'en dis : 

Joyce Carol Oates nous offre comme toujours un roman très ambitieux.

Sous couvert d'une étonnante histoire d'amour, on découvre le laborieux travail des neuropsychologues, qui mettent tout en oeuvre pour faire avancer la science.

Des études qui peuvent parfois semblées brutales tant l'acharnement manque parfois d'humanité malgré la déontologie qu'elles sont sensée avoir. 
Une histoire édifiante qui soulève le douloureux handicap de la perte de mémoire dorénavant reconnue comme la maladie d'Alzheimer.

 ” Comment savons- nous qui nous étions si nous ne savons pas qui nous sommes ? 
Comment savons-nous qui nous sommes, si nous ne savons pas qui nous étions ? “

Fascinée par les neurosciences, l'auteur nous éclaire et nous plonge au coeur de cette histoire édifiante, dans l'intimité de cette femme et de cet homme si proches et pourtant si éloignés l'un de l'autre. 

Un roman aussi fascinant qu'enrichissant qui nous emporte dans les profondeurs de l'âme humaine portée par une plume maîtrisée à la perfection.
Un récit qui captive le lecteur et l'invite à réfléchir sur ce que peut être l'identité d'un être sans sa mémoire. 
La grande dame de la littérature américaine n'a pas fini de nous surprendre, et laisse dans le sillage de notre mémoire un nouveau roman étrange et poignant qu' Il serait dommage de ne pas découvrir.
Lien : https://dealerdelignes.wordp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
florence0805
  30 janvier 2019
Joyce Carol Oates : L'homme sans ombre. Traduit par Claude Seban, Philippe Rey, 2019
Résumé de l'éditeur : Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, accueille un nouveau patient, Elihu Hoopes, qui sera connu plus tard comme E.H., le plus fameux amnésique de l'histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d'une infection qui ne lui laisse qu'une mémoire immédiate de soixante-dix secondes.
Au cours des années suivantes, Margot, séduite et attendrie, tente de comprendre et de débloquer les souvenirs figés de E. H., et surtout l'image obsédante d'une fille morte flottant dans l'eau. Tandis que la surveille le tout-puissant Dr Ferris, directeur du laboratoire, Margot devra veiller à ne pas se perdre elle-même. Tiraillée entre son ambition professionnelle, son désir sexuel et son éthique médicale, elle fouille avec acharnement le passé de E. H. Leur relation devient plus complexe – et même plus violente –, tandis que la fragilité de l'homme augmente avec le temps.
Mon avis : L'homme sans ombre est par certains côtés surprenant par rapport aux autres romans de Joyce Carol Oates. Mais on retrouve la rigueur habituelle de l'auteure dans la description clinique des faits. L'auteure s'est en effet immergée avec brio dans le monde des neurosciences.
L'écriture en phrases assez courtes est souvent répétitive, ce qui correspond parfaitement à la pathologie d'Elihu Hoopes et aux tests répétitifs auxquels il se livre dans l'unité de recherche de Darven Park.
L'amnésie du patient ouvre la voie à plusieurs axes de réflexion : comment se forger une identité lorsqu'on n'a pas de mémoire ? N'est-ce pas un avantage d'avoir perdu la notion du temps et de vivre une éternelle jeunesse ? Tous les tests que l'on fait subir au patient ne sont-ils pas une forme de violence ou d'abus ? Margot Sharpe se pose des questions éthiques, car elle est amoureuse de son patient et peut jouer de son ignorance pour se faire passer pour son épouse adorée… N'est-ce pas une forme d'abus également ?
Les personnages principaux sont très attachants : le ressenti et les interrogations d'Elihu Hoopes font bien percevoir ses souffrances et les efforts touchants qu'il déploie pour paraitre aimable aux yeux de l'équipe de recherche. Quant à Margot, on apprécie son amour sans faille pour son patient, car Margot ne vit que pour lui, et finit par se perdre elle-même par moment (sa confusion fait penser à celle de l'héroïne de Mudwoman). Elle cherche à comprendre avec acharnement ce passé qui échappe à Elihu, afin de lui rendre en quelque sorte.
Encore une extraordinaire réussite que ce roman de la grande Joyce Carol Oates.
Roman offert par Eli Za dans le cadre du swap de Noël organisé par le #PicaboRiverBookClub

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
eugeneac
  10 janvier 2019
A quoi ressemblerait votre vie si vous n'aviez plus qu'une mémoire immédiate de 70 secondes ? Tel est le drame auquel est confronté E.H. Seuls les souvenirs d'avant sa maladie sont restés intacts. Que rêver de mieux pour une jeune neurologue comme Margot Sh. ? Test après test, Margot cherche à découvrir la véritable personnalité de E.H. Chaque entrevue est une première rencontre même si elle essaie de bloquer ses souvenirs. Mais pour Margot cette relation va prendre une toute autre tournure. E.H. va devenir le centre de sa vie au point de perdre sa propre identité et surtout au risque d'une disgrâce professionnelle. Contre toute déontologie elle fouille dans le passé de E.H, va à la rencontre de son ex-petite amie, déchiffre les croquis qu'il n'arrête pas de faire dans son cahier. Elle essaie, également, de découvrir qui est cette fille noyée dont il semble se remémorer. Margot est fascinée par cet homme qui l'attire et qui pourtant, l'oublie après chaque entrevue. Elle en arrive à se confier à lui ne craignant rien car elle sait que tout ce qu'elle dit sera vite oublié. Jusqu'où Margot est-elle prête à aller pour protéger l'être qui domine sa vie ? Un roman sur le rôle de la mémoire et de l'importance de celle-ci dans la composition de l'identité qui fait la spécificité de chacun.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   03 novembre 2018
Pour cet homme au cerveau lésé, une grande partie de la vie ordinaire doit être chargée de mystère : où est-il ? Dans quel genre d’endroit ? Qui sont les gens qui l’entourent ? Au-delà de ces perplexités, le mystère plus immense encore de son existence même, de sa survie après une sorte de mort, trop profond pour qu’il s’y appesantisse. Avec une mémoire à court terme très limitée, l’amnésique ressemble à quelqu’un qui approcherait son visage d’un miroir jusqu’à le toucher : il ne peut pas « se voir ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
PiatkaPiatka   06 novembre 2018
Le sujet normal doit, pour envisager l’avenir, mobiliser une certaine dose de souvenirs ; on ne peut prévoir un avenir quand on ne peut se rappeler un passé, car le cyclique, le répétitif entrent pour beaucoup dans notre quotidien. Le seul passé dont E. H. se souvienne est maintenant vieux de plusieurs dizaines d’années, et apparemment il n’y trouve pas de stimulus pour penser à l’avenir.
Commenter  J’apprécie          200
PiatkaPiatka   04 novembre 2018
Un principe de la perception : nous voyons ce que nous sommes préparés à voir, non ce qui est. Quoi que nous regardions, nous ne « voyons » que ce que nous acceptons comme visible.
Commenter  J’apprécie          280
kuroinekokuroineko   19 janvier 2019
L'amnésique est sujet à des sautes d'humeur, mais la gamme de ses humeurs est très limitée; ses affects sont aplanis, comme une caricature est un portrait aplani de la complexité de la personnalité humaine.
Commenter  J’apprécie          150
ZakuroZakuro   02 janvier 2019
Elihu Hoopes est prisonnier d'un présent perpétuel, se dit Margot.
Comme un homme tournant en rond dans des bois crépusculaires : un homme sans ombre.
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Joyce Carol Oates (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joyce Carol Oates
Paysage perdu, de Joyce Carol Oates
autres livres classés : amnésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Joyce Carol Oates (difficile si vous ne connaissez pas son oeuvre)

Un des nombreux romans de Joyce Carol Oates est consacré à Marilyn Monroe. Quel en est le titre ?

Corps
Sexy
La désaxée
Blonde

10 questions
254 lecteurs ont répondu
Thème : Joyce Carol OatesCréer un quiz sur ce livre