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EAN : 9782848768342
Éditeur : Philippe Rey (17/09/2020)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 81 notes)
Résumé :
Rejetée par ses proches, Violet Rue Kerrigan revient sur son passé. Sa faute ? Avoir dénoncé pour meurtre ses grands frères, tortionnaires d'un jeune Africain-Américain. Lors de leur accès de violence raciste, elle avait douze ans.
Dans un récit émouvant, Violet se remémore son enfance en tant que cadette d'une fratrie dysfonctionnelle d'origine irlandaise, durant les années 70 dans l'État de New York. Une famille où la parole du père ne souffre aucune contes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Bruidelo
  16 février 2021
Ostracisée.
«Elle avait trahi la famille, voilà le péché impardonnable.»
Jerome Junior et Lionel Kerrigan ont battu à mort un adolescent noir avec une batte de base-ball.
Leur soeur, Violet, 12 ans, a cafardé. Elle doit quitter la maison, aller vivre chez sa tante Irma.
Les années d'attente commencent - «On ne cesse jamais d'espérer parce que, sinon, que reste-t-il?». Violet vit sa vie de cafard. Comme si elle aussi purgeait sa peine.
«Rester en vie. Éviter de me noyer. Tel était le défi.»
Et une fois de plus je suis fascinée par la puissance et la finesse de l'écriture de Joyce Carol Oates, par son génie quand il s'agit d'exprimer la vie des profondeurs dans sa complexité, avec toutes ses contradictions, son ambivalence, ses frémissements, ses bouillonnements, en suggérant l'indicible.
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Annette55
  19 décembre 2020
«  La beauté de la pourriture , une phosphorescence. Une saleté innommable dépassant la compréhension . Certains poissons qui ont d'abord sur la langue un goût délicieux. ......irrésistibles » ....
«  La faiblesse d'une femme: aimer sans condition. Aimer sans douter. .L'amour comme l'air qu'on serait prêt à aspirer au travers d'une paille sale et brisée , à genoux dans la boue, n'importe quoi pour survivre parce qu'on ne peut pas vivre sans l'autre » .....
Deux extraits de ce thriller psychologique si intelligemment mené .
Mais comment fait cette brillante auteure prolifique dont j'ai lu l'autobiographie il y a peu pour se renouveler si puissamment ?
Je remercie ma médiathèque de m'avoir réservé ce récit bouleversant en avant première.
Avec élégance l'auteure interroge la nature des liens familiaux et l'évanescence des sentiments les tissant——-comme la solidarité , l'amour et la loyauté——-
Violet Rue Kerrigan , douze ans, cadette d'une fratrie de sept enfants , préférée de son père , pétrie d'humanité choisissant la vérité et l'éthique au détriment de la solidarité familiale , sans avoir pris conscience tout de suite que sa décision de dénoncer ses deux grands- frères ,Lionel et Jérôme , tortionnaires, arrêtés pour le meurtre d'un jeune Africain - Américain , lors d'un violent accès de racisme ....lui coûterait ...
Les dénoncer fera basculer son existence et celle de cette famille américaine.
.
Un crime racial, avec tous les préjugés historiques influençant ces blancs, ayant l'extrême audace de se faire passer pour des victimes .

Cela lui vaudra d'être exilée chez une soeur de sa mère ,tante Irma , chassée , reniée , rejetée par ses parents , frères et soeurs, brutalement ...
Presque quatorze ans sans les voir......
L'auteure décrit le parcours de cette jeune femme d'origine irlandaise au coeur de l'état de New - York, durant deux décennies , des années 70 à 90.
L' alcoolisme , la parole du père , inflexible, la violence verbale , le racisme , la misogynie cohabitent au sein de cette famille complexe mais soudée jusqu'à ce que Violet fasse tout voler en éclats et provoque l'irréparable.
Avec une élégance rare l'auteure décortique l'ensemble des sentiments qui composent la personnalité de Violet . Elle dresse le tableau des conflits qui agitent la société américaine .
Elle introduit la voix de Violet —- narratrice du récit——le regard porté sur elle- même , ses rencontres et ses proches ,le monde qui l'entoure ce qui rend l'approche psychologique fine, au petit point , des plus passionnantes.
Le lecteur, explorateur se met dans la peau de Violet, l'enfermement qu'elle subit de la part de différents prédateurs, des hommes sûrs d'eux et dominateurs.
Les descriptions des personnages incisives ,au scalpel ,la sociologie dans laquelle baigne Violet Rue , au fil du temps et des événements qui lui arrivent se détachent , en trois parties ,à l'aide de paragraphes assez courts ....

Une histoire cruelle, dérangeante, qui secoue, échos de la violence née du sexisme et du racisme dans la vie de Violet .
Comment trouver en soi la force et les ressources après une enfance , coupée net, sans amour?
C'est un ouvrage attachant , convaincant où la personnalité de Violet dégage des valeurs positives : empathie , sens aigu de la justice, résilience , quête d'émancipation des siens afin de découvrir sa propre identité ...... tout en subissant des douleurs morales extrêmement violentes.
La puissance de la réflexion fascine à propos de cette Amérique tout comme le dur apprentissage de la vie qui amènera Violet à se libérer de l'emprise d'une famille vénéneuse ....
Son rejet du racisme pourrait être le fil rouge du roman jusqu'à l'apaisement grâce à l'amitié d'un ancien condisciple Afro - Américain .
Un livre fort ! 427 pages non pas lues mais dévorées !
Merci à ma médiathèque !
Pas facile de critiquer cette oeuvre tellement riche aux différents sujets—- au coeur d'une intrigue complexe , rondement menée —— abordés avec sensibilité et intelligence !
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marko59
  21 septembre 2020
Avec “Ma vie de cafard”, JCO revient avec un très bon cru et atteint un niveau de précision et de complexité particulièrement abouti. C'est vivant, incarné, émouvant sans excès. Elle plonge dans la matière humaine, corps et âme, comme un Dostoievski le faisait à son époque mais avec son propre langage, tellement immersif. Tous les personnages sont riches et cela rend le moment de bascule dans le drame d'autant plus puissant (un crime racial). le portrait d'une famille américaine archétypale tout en étant singulière où toutes les interactions entre les personnages sont finement décrites avec le contexte social et historique qui influence la construction des préjugés raciaux, sociaux, sexuels...au fil des générations. Un vrai roman sociologique qui aurait en même temps l'intensité de la tragédie antique. Elle est impressionnante cette JCO. D'autant plus que son écriture a une élégance rare, aussi bien dans les portraits psychologiques que dans les descriptions des lieux, des paysages qui ont beaucoup de relief. Elle est souvent très inspirée quand elle transpose ou invente un fait divers meurtrier dont elle nous fait partager toutes les dimensions à travers un personnage spectateur et résiliant. C'était déjà le cas avec “Petite soeur mon amour” et encore ici en plus resserré . Une réussite.
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lilietalia
  16 janvier 2021
Violet rue kerrigan, adolescente, petite dernière d'une fratrie de sept enfants, adorée par son père, un homme dur (surtout avec ses fils) et souvent sous l'emprise de l'alcool.
Violet aime profondément ses frères aînés, deux sociopathes qui ne lui accordent que peu d'importance... Jusqu'au jour où ils s'en prennent à un jeune afro-américain.. Violet ne pourra pas se taire, trop difficile, trop culpabilisant...
Rejetée par sa famille, soumise à tant de tragédies, abusée, elle ne cessera pas d'attendre de ses parents une once de reconnaissance, de pardon
..
La peur de ses frères qui sortiront un jour de prison...
Mais Violet avance, malgré tout, petit à petit, vouloir y croire toujours et se résigner..
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Sofiert
  28 septembre 2020
Mais comment fait Joyce Carol Oates pour se renouveler à chaque fois ?
Et à chaque fois nous transporter dans son univers.
Certes ce sont toujours les mêmes ficelles dramatiques, la même typologie de personnages, les mêmes engagements forts contre le racisme, le sexisme et toutes les formes de discriminations.
Ici encore elle frappe fort contre le racisme et contre les suprematistes blancs qui ont l'extrême audace de se faire passer pour des victimes. Et contre ces hommes despotiques et manipulateurs qui s'octroient un pouvoir démesuré sur les femmes.
Mais à partir de ces postulats de base, elle a la capacité d'innover, de surprendre ses lecteurs.
Violet, une adolescente de 12 ans est brutalement reniée par sa famille pour avoir dénoncé ses deux frères aînés, coupables d'agression raciste d'une extrême violence. Là voilà donc condamnée à une vie de cafard (ou de rat selon le titre américain), exilée chez une tante et privée de tout contact avec un père tyrannique qu'elle adorait.
Mais l'abandon de la famille ne suffit pas à JCO qui va en plus la doter d'un professeur pédophile qui va abuser d'elle, d'un oncle pervers, puis d'un amant manipulateur narcissique qui va l'utiliser comme objet sexuel et d'un frère qui rêve de se venger. le tout sans craindre de jouer la carte du misérabilisme !
Car Joyce Carol Oates ne joue pas dans ce registre. Son talent de raconteuse, sa compréhension de la psychologie des personnages, sa capacité à contextualiser historiquement et sociologiquement lui permet d'oser, ce qui chez d'autres passerait pour de la surenchère malsaine.
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critiques presse (1)
LeFigaro   08 octobre 2020
La romancière ajoute une pierre à sa monumentale œuvre fictionnelle sur une Amérique raciste et violente.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
BruideloBruidelo   17 février 2021
Les parents n’imaginent pas. Ils ne peuvent deviner. La vie (secrète) des enfants, des adolescents. Parce que nous sommes silencieux ou dociles (en apparence), parce que nous sourions quand il le faut et paraissons heureux, parce que nous ne leur causons pas de problème, ils pensent que nos vies intérieures sont paisibles, et non aussi bouillonnantes, tumultueuses et terrifiantes que le Niagara dans sa course vers les Chutes.
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Annette55Annette55   19 décembre 2020
«  Parler distinctement me demandait un effort. Quand vous somnolez, vos paroles ont tendance à devenir inaudibles, indistinctes.
Souvent, des personnages oniriques bizarres se pressaient autour de moi pour m’observer avec un intérêt anormal, tels des piranhas s’approchant de leur proie .Ils écoutaient avec une telle intensité ce que je parvenais à dire, cherchant à déterminer mon état d’éveil et ma capacité à me défendre contre leur attaque, que je perdais souvent le fil de ce que je disais moi- même » ...
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Annette55Annette55   19 décembre 2020
«  Une famille ressemble à un arbre géant.Il peut être gravement atteint , en train de mourir et de pourrir, ses racines restent inextricablement enchevêtrées » .....
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Annette55Annette55   18 décembre 2020
«  Un tourbillon de rumeurs , comme des feuilles pourries tournoyant dans le vent. Une épidémie , une puanteur de rumeurs , qui n’aboutirent cependant à rien » .....p 80 .
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marko59marko59   20 septembre 2020
Car Papa traitait différemment ses fils et ses filles. Pour lui, le monde était rigoureusement divisé: hommes, femmes.
L’amour qu’il avait pour mes frères était différent, plus farouche, plus exigeant, un amour mêlé d’impatience, parfois même de dérision; un amour douloureux. Dans mes frères il voyait ses défauts, jusqu’à éprouver parfois de la honte, un besoin de punir. Mais cela s’accompagnait aussi d’un aveuglement, d’un refus de se détacher d’eux.
Ses filles, Papa les adorait. Vous n’auriez jamais dit d’un Kerrigan qu’il « adorait » ses fils.
Nous avions plaisir à lui obéir, nous savourions son attention, son amour. C’était un amour protecteur, une volonté de chérir mais aussi de contrôler, voire de contraindre. Ce n’était pas un désir de « connaître » - de savoir qui nous étions ou pourrions être.
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Joyce Carol Oates répond en exclusivité aux questions de la Claque Fnac. Femme de lettres américaine, à la fois poétesse, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste et enseignante, elle nous parle de son parcours exemplaire sur lequel elle revient avec son dernier roman "Ma vie de Cafard" (éditions Philippe Rey) dans La Claque Interview : contexte politique aux États-Unis, place des réseaux sociaux, violences policières, rôle des femmes dans la vie littéraire et quotidienne, Alice au pays des merveilles...
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