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Claude Seban (Traducteur)
EAN : 9782070425716
336 pages
Éditeur : Gallimard (17/06/2004)
3.6/5   203 notes
Résumé :
Elle c'est Ursula - Parce qu'elle est grande, très grande, mal dans sa peau, Ursula se surnomme elle-même la Nulle. C'est pourtant, à seize ans, une belle fille, intelligente et d'une volonté peu commune. Solitaire, indépendante, elle ne ressemble pas aux autres.

Lui c'est Matt - Doué, drôle, c'est un garçon brillant, apprécié de tous. Il aime faire rire, il parle haut et fort. Trop parfois. Le jour où il a menacé de poser une bombe au lycée, Matt pla... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
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sur 203 notes
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Ziliz
  15 février 2014
Ursula se trouvait terne, trop grande, trop costaud - adolescence, ton univers impitoyable. Depuis qu'elle s'est auto-baptisée 'la Nulle' en secret, elle ne craint plus rien ni personne. Sa seule présence impose le respect, personne n'ose s'y frotter. Mais elle a beau s'être blindée, endurcie et isolée, elle garde une belle sensibilité et une grande générosité. Elle seule osera défendre Grande Gueule, un type sympa qui fait rire tout le monde mais qui ne mesure pas toujours la portée de ses reparties.
Belle histoire d'amitié adolescente. Deux lycéens qui s'unissent dans l'adversité, contre la rumeur, le conformisme, la lâcheté, le harcèlement et la violence. On retrouve le style sobre de Joyce Carol Oates et des thèmes qui lui sont chers, une atmosphère particulière et des personnages 'sur le fil' à la fois vulnérables et pleins de ressources.
Ce roman m'a semblé légèrement plus naïf et convenu que les autres de son répertoire jeunesse (pour grands adolescents). Peut-être en raison de la ressemblance entre Nulle/Ursula et Zarbie les Yeux verts, dont l'histoire, plus spectaculaire, m'a particulièrement marquée.
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argali
  09 mars 2012
Ce roman écrit en 2002 par Joyce Carol Oates, célèbre auteure américaine, est le premier qu'elle rédige pour la jeunesse. Elle dresse ici un portrait peu flatteur d'une Amérique paranoïaque et hypocrite où le moindre mot de travers est traqué et dénoncé, où la liberté d'expression semble n'être plus qu'un vague souvenir, où la différence même est devenue un danger.
Matt l'apprendra à ses dépens. Lui qui s'amusait d'un rien, devient, du jour au lendemain, un paria et va peu à peu se replier sur lui-même en prenant conscience de la lâcheté de son entourage.

De nombreux thèmes peuvent être abordés suite à cette lecture, à commencer par les répercussions que peut avoir une calomnie. le livre nous invite à faire preuve de discernement, d'avis critique face à la rumeur en dénonçant l'influence des médias, les réactions disproportionnées et l'injustice qui en découle.

Cette histoire d'adolescents, simple et cruelle, dépeint une société malade de la peur, suspicieuse et conformiste au possible. L'auteur y fustige, implacable, les adultes qui survivent aux pressions à coup de somnifères, de Prozac ou d'alcool, la peur du qu'en-dira-t-on, omniprésente et paralysante, les relations vraies qui semblent ne plus pouvoir exister.
Ce livre est magistral pendant les huit dixièmes de l'histoire. Remarquablement écrit, il dérange, met mal à l'aise même, tout en mettant le doigt sur quantité de caractéristiques de la société d'aujourd'hui. Puis, il redevient plus politiquement correct et se termine par un happy end à l'américaine qui casse un peu la force du propos. Je le regrette. Il reste cependant percutant et d'une grande qualité littéraire.

Une histoire qui parlera aux adolescents, âge vulnérable où l'on se cherche et où le regard d'autrui est important pour la construction de la personnalité.
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lemillefeuilles
  30 juillet 2020
Je suis super contente, parce que j'ai enfin découvert Joyce Carol Oates, dont j'entendais parler depuis longtemps. C'est sans trop d'hésitations que j'avais acheté ce livre dans une bouquinerie il y a près de deux ans. Intriguée à la fois par ce titre et par cette autrice, je n'ai pas prêté attention plus que cela au résumé.
Nous allons suivre Ursula (qui, intérieurement, se surnomme "La Nulle") qui va soutenir un élève qu'elle connait très peu, Matt (dit "Grande Gueule"), lorsque celui-ci va être accusé à tort d'avoir voulu poser une bombe dans leur lycée. Alors que tout le monde tourne le dos au jeune homme, Ursula est là et une belle amitié va les lier...
Ce livre permet de réfléchir sur les rumeurs et les proportions que celles-ci peuvent prendre, jusqu'à détruire des vies. L'histoire se passe dans un lycée : les chuchotements de couloir sont légion et le harcèlement quotidien. La vie de Matt va s'en trouver bouleversée, alors même que seule Ursula le croit et lui tend la main.
J'ai bien aimé ce personnage, même si je l'ai trouvée déroutante au début, et presque clichée, sous certains aspects. J'ai moins adhéré au personnage de Matt, dont nous ne savons finalement pas grand chose, comparé à Ursula.
Un roman prenant qui met en garde contre les rumeurs et où la tension monte petit à petit, alors qu'on ne sait pas ce qui pourrait arriver à la fin...
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juliette2a
  17 septembre 2020
Je dois dire que je n'ai jamais lu de roman de Joyce Carol Oates (même si certains de ses romans m'attirent comme sa trilogie "gothique" comprenant Bellefleur) et si j'ai bien compris, Nulle et grande gueule est l'un de ses rares romans "jeunesse" : et bien, si c'est le cas, JC Oates s'en sort très bien !
J'ai trouvé ce roman original et intéressant, aussi bien pour un public adolescent qu'adulte, car il aborde un sujet fort : quelles sont les conséquences pour un lycéen et son entourage de paroles dites sans mauvaise intention, mais déformées et transformées en menaces ?
Dès le début de l'histoire, je me suis attachée à Matt, jeune garçon drôle, mais en réalité timide, extrêmement brillant, ayant peu confiance en lui, qui se retrouve, en l'espace de quelques heures, au centre de l'attention de toute une ville, puis se retrouve totalement isolé, ignoré, accusé et ce, sans preuve. J'ai également apprécié Ursula, dont j'ai admiré le courage, la liberté par rapport au regard des autres, l'originalité, l'intelligence. Les deux forment une paire terriblement attachante, à laquelle s'ajoute l'adorable Citrouille, le chien de Matt, éprouvant pour ce dernier un amour inconditionnel.
Le roman offre donc une très belle réflexion sur les rapports humains, nous invite à réfléchir à l'importance d'une main tendue à l'adolescence (période difficile) mais pas seulement, nous montre que les amitiés se forgent souvent après des épreuves difficiles et que des "amis" d'hier peuvent devenir de simples connaissances du jour au lendemain...
C'est un roman qui vaut le coup d'oeil, ne serait-ce que parce qu'il évoque des valeurs hélas souvent oubliées, comme la tolérance, l'amitié, l'amour, la justice ou encore la famille.
A lire !
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Woland
  26 février 2009

Big Mouth & Ugly Girl
Traduction : Claude Seban
J'ai acheté ce roman dans la collection Folio et rien, sur la jaquette, ne précisait qu'il s'agissait là d'un roman écrit pour un public d'adolescents. Gallimard l'a d'ailleurs édité également dans sa collection Folio-Jeunesse, c'est tout dire. (Merci, Julie, pour le renseignement. Wink )
A quinze ans déjà, je ne me sentais guère en adéquation avec mes contemporains. Alors, le fait de me retrouver précipitée, fût-ce par la grande Joyce Carol Oates, dans cet univers si spécial qu'est l'adolescence, ne m'a pas vraiment séduite. Si encore Oates, fidèle à elle-même, s'était attachée à des adolescents glauques, vénéneux, leur imposant un destin du même style et clôturant son roman sur l'une de ces chutes dont elle a le secret ! ... Quelque chose comme "Délicieuses pourritures", vous voyez ...
Mais non. Peut-être surveillée par quelque censeur éditorial soucieux de convaincre les adolescents américains que, finalement, ils auraient bien tort de croire que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, la romancière, après une première partie remarquable, s'enlise dans les conventions habituelles du genre et, tenez-vous bien, il y a même une happy end.
A la limite, c'est de l'anti-Oates.
En tous cas, ce roman, je l'ai ressenti comme tel.
Puis, je me suis posé la question : ayant une pré-ado à la maison, quel livre lui conseillerais-je plutôt de lire ? "Nulle & Grande Gueule" ou "Délicieuses Pourritures" ? ... Bon, le premier, bien sûr, pour l'instant parce que "Délicieuses Pourritures", c'est plutôt gratiné. Mais tout en lui disant qu'il s'agit là d'un roman mineur au sein de l'exubérante jungle oatesienne, un roman gentillet mais utopiste, avec un parfum fleur bleue qui charme quand on a quinze ans mais déconcerte lorsqu'on en a vingt de plus - quand encore il ne fait pas ricaner. Un roman surtout qui ne restitue en rien le génie authentique de son auteur.
Pourtant, Oates dépeint admirablement la hantise des parents et des autorités depuis le massacre de Colombine. Tout comme elle fustige, implacable, les mille petites lâchetés des parents et des élèves lorsqu'ils se trouvent confrontés à la prétendue dangerosité de Matt (surnommé Grande Gueule). Ses obsédés religieux, on y croit aussi : haineux, obtus, naturels, quoi !
Mais justement, sur de telles vérités, on ne peut tenter de fixer par la suite le masque étroit et ridicule d'un amour adolescent qui grandit au mépris de tout, de la récompense accordée aux "gentils" tandis que les "méchants" subissent leur châtiment, de la fin idyllique s'ouvrant sur un avenir de rêve (ou presque).
Parce que la vie, ça n'est pas ça du tout. La vie, elle est toujours plus proche de "Délicieuses Pourritures" que de "Nulle & Grande gueule" : c'est cynique de le dire et de l'écrire, mais c'est vrai.
Enfin, un peu de rêve ne fait pas de mal. Dommage que Oates donne l'impression de s'être réveillée à la moitié du livre. ;o(
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
tibwalovesstorytibwalovesstory   12 juin 2021
Tu es mieux que « gentille », tu es quelqu’un de « bien ». 1 individu sur 1 million.
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tibwalovesstorytibwalovesstory   12 juin 2021
Les amis durent plus longtemps que les couples.
Les amis durent plus longtemps que les mariages, parfois.
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tibwalovesstorytibwalovesstory   12 juin 2021
- Pourquoi n’est-ce pas drôle, monsieur ? La vérité, ce n’est pas « drôle » ?
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WolandWoland   26 février 2009
Le bruit courait qu'il y avait eu une alerte à la bombe au lycée dans l'après-midi. Ou que l'on avait peut-être découvert une vraie bombe dans la cafétéria, ou ... dans la bibliothèque. Un garçon déclara qu'il avait entendu dire que la bombe - "une bombe artisanale" - avait été trouvée dans un placard du concierge, près du gymnase.

- "Quand ?" demandai-je d'un ton sceptique. "Dans ce cas, notre match aurait été annulé, non ? On aurait fait évacuer le lycée."

Mais personne ne faisait très attention à moi. Ils parlaient tous en même temps, le visage en feu. Des filles de Terminale nous rejoignirent avec cette nouvelle : elles venaient d'apprendre qu'un garçon, un élève de Première, était venu au lycée avec un pistolet ... ou une 22 long rifle ? ... ou peut-être une mitraillette, capable de tirer des centaines de balles en quelques secondes. Quelqu'un affirma avoir entendu dire que le garçon avait été arrêté, que des flics armés étaient venus le chercher en classe. "Des flics armés ? Ici ? Au lycée ?" Nous étions tous stupéfaits.
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WolandWoland   26 février 2009
Quand il avait ouvert son casier dans le couloir bruyant des premières, il avait regardé autour de lui avec un sourire timide, et attendu qu'on s'aperçoive de sa présence ... Skeet, Neal, Carl, Russ et d'autres s'étaient montrés amicaux, d'accord. En apparence. Les élèves qui avaient les casiers voisins du sien, et qui étaient assis à côté de lui en classe. Mais ils étaient gênés. Ils ne savaient pas quoi dire. Russ, qui n'était jamais à court de mots, bégayait : "C'était vraiment bizarre, hein ? ... Ca a dû te faire ... bizarre." Même Mr Weinberg [le professeur d'anglais], dissimulant son embarras sous des plaisanteries, avait changé. Et quand Matt avait fini par rencontrer Stacey [sa petite amie], après les cours, elle courait à la répétition de la chorale et lui avait dit, le visage empourpré. "Oh ! Matt ! Je t'appellerai ... bientôt !"

Elle n'avait jamais appelé, bien entendu.

On aurait dit que Matt avait sur le corps une plaie invisible pour lui, mais visible pour les autres, horrible, à vif. Quand ils le regardaient, ils ne voyaient plus qu'elle. Ils ne voyaient plus Matt Donaghy.
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Writer Joyce Carol Oates at home - Profiles - The New Yorker In this video, Joyce Carol Oates discusses writing, her daily routine, and her idea of her own personality.
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