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ISBN : 2848766174
Éditeur : Philippe Rey (05/10/2017)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :
C’est avec un mélange d’honnêteté brute et d’intuition poignante que Joyce Carol Oates revient sur ses années d’enfance et d’adolescence. Enfance pauvre dans une ferme de l’État de New York, qui fourmille de souvenirs : les animaux (notamment une poule rouge avec laquelle Joyce a noué un lien spécial), la végétation, le monde ouvrier, ses grands-parents hongrois dont elle remarque l’étrangeté, surtout celle de son grand-père dur, sale, élégant et taquin qui la terri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fanfanouche24
  02 novembre 2017
"Il se peut que l'écrivain/artiste soit stimulé par les mystères de l'enfance ou que ce soient ces mystères qui stimulent l'écrivain/artiste. (...) si je parviens à résoudre le mystère de la fiction, j'aurai résolu un mystère de ma vie. Que le mystère ne soit jamais résolu semble être la raison qui pousse l'écrivain à poursuivre son effort : chaque histoire, chaque poème, chaque roman est une reformulation de cette quête infatigable pour pénétrer le mystère.
L'écrivain est un déchiffreur d'indices.... (p. 86)"
J'ai "craqué" pour ce "Paysage perdu", qui me permettra de faire plus ample connaissance avec cette auteure, que j'apprécie depuis longtemps, tout en étant à la fois fascinée et pleine d'appréhension, chaque fois, envers son univers , souvent fort sombre !
Ce récit personnel nous offre des éclats d'enfance, de confidences sur le chemin d'une petite fille, qui apprend la vie. Elle y narre l'amitié, la première expérience de la mort, avec la disparition de son grand-père, les non-dits, secrets de famille, l'histoire familiale, mouvementée , des grands-
parents émigrés; d'un côté , hongrois, de l'autre, allemands...Elle raconte par brefs chapitres des réminiscences : son attirance pour les maisons abandonnées, ses rapports avec les animaux, la nature, la ferme de ses parents...la petite soeur autiste, les études universitaires, son goût
pour l'enseignement, les classes sociales, les poids de la pauvreté et de l'ignorance, rencontrés dans le milieu rural de sa jeunesse, et ces trésors d'amour apportés par ses parents, ainsi que son époux, Ray, qui l'ont construite... Sans omettre cette passion insatiable pour le langage et les mots !
Elle y parle avec talent et reconnaissance de la grande dignité de l'énergie exceptionnelle de ses parents qui ont vécu la Grande Dépression !
Lecture des plus vivantes qui apporte des clefs et de nouvelles approches pour lire avec un oeil plus aïguisé, plus attentif...les différents univers fictionnels de cette écrivaine de grand talent ...
"Un écrivain est peut-être quelqu'un qui, dans l'enfance, apprend à chercher et à déchiffrer des indices; quelqu'un qui écoute avec attention ce qui est dit afin d'entendre ce qui ne l'est pas; quelqu'un qui devient sensible aux nuances, aux sous-entendus et aux expressions fugitives des visages." (p. 81)
Une lecture foisonnante, captivante qui nous fait pénétrer dans l'enfance et les méandres des souvenirs , des chocs émotionnels, littéraires de cette grande Dame de la Littérature ... Un moment précieux, riche de mille couleurs et mille émotions !!!

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Fanou87
  31 octobre 2017
Dans l'introduction de ce Paysage Perdu, Joyce Carol Oates nous prévient que ce ne sera pas « une évocation » de sa vie mais bien quelques faits qui ont modelé sa vie d'écrivain, en commençant par sa plus tendre enfance jusqu'à l'âge adulte. Les récits proviennent d'anciennes publications et ils sont réunis ici pour nous offrir un éclairage sur certains événements. Oates indique que ces récits sont en partie abrégés et résumés. Ce n'était pas dans son intention de tout détailler, certains faits sont tus quand d'autres sont expliqués plus longuement.
En partant de ce postulat, on plonge dès les premières pages dans son enfance. Elle y décrit sa grand-mère qui lui offrait de multiples livres, elle songe à sa maîtresse d'école pour laquelle elle voue encore une réelle admiration (c'était l'époque des classes uniques). Elle passe ensuite en revue ses années de collège et de lycée, ses années universitaires, sa rencontre avec son premier mari, Ray Smith (sur lequel elle écrira dans le très beau et pudique « J'ai réussi à rester en vie »).
Parmi tous ses souvenirs, certains m'ont plus ému que d'autres. Notamment quand elle se confie sur sa soeur cadette, Lynn Ann, autiste. Celle-ci est née alors que Joyce avait 18 ans. Très tôt ses parents se sont rendu compte qu'il y avait un problème dans son développement mais rien n'a été mis en place. À cette époque, les autistes n'étaient pas diagnostiqués et étaient relégués à la case « fou ». Devant l'ampleur de son handicap, les parents doivent se rendre à l'évidence, Lynn Ann doit être placée, elle a quinze ans. Elle y est encore. Joyce Carol Oates n'a plus jamais revu sa soeur depuis cette période.
Elle se confie aussi sur d'autres sujets sensibles comme les abus sexuels d'une voisine par son père, le suicide d'une de ses amies d'enfance, sur les secrets de sa famille trop longtemps cachés… tant de souvenirs douloureux magnifiquement racontés. Car Oates excelle dans la narration. Avec talent, avec précision et avec le recul nécessaire, elle explore ses racines et la genèse de ce qu'elle est devenue, une grande écrivaine. Tout en humilité, elle parcourt sa vie et nous offre des indices de réponses. J'ai trouvé aussi que ce Paysage Perdu était surtout une belle déclaration à ses parents, pour lesquels elle voue une admiration sans faille.
Ce livre renforce mon admiration pour cette grande dame. La petite fille volontaire, lectrice assidue et musicienne a fait échos en moi. Sa pudeur qui se dégage de sa rencontre avec l'homme de sa vie ne peut que nous émouvoir. Ses aveux sur ses insomnies et ce qu'elle ressent sont autant d'éléments qui nous permettent de la comprendre.

Lien : https://pagesversicolores.wo..
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SophieSonge
  06 octobre 2017
Joyce Carol Oates nous ouvre les portes de sa vie, son vécu, son expérience qui ce qui fait d'elle un jour l'écrivain qu'elle est aujourd'hui. Entre imaginaire et réalité émerge le travail créatif, l'écriture, le talent...

Joyce Carol Oates fait le chemin à l'envers. Elle part de ses racines, de son enfance, de ses influences pour aller à son parcours de vie et d'écrivain.
Avec discrétion et je crois beaucoup d'honnêteté, elle dévoile sa nature profonde, sa relation à l'extérieur et au monde. On découvre sa singularité, son milieu, son histoire, le rôle des rencontres. Elle fait défiler, elle égrène les souvenirs qui ont forgé son goût pour les lettres et sa personnalité profonde. Chez elle, tout est nature à réflexion, à évasion. On aime ce caractère indépendant, volontaire et affirmé. On suit son parcours avec curiosité et intérêt.
On aime l'aspect touchant qu'elle donne aux gens à travers sa plume lucide et vraie. Elle ne nous cache rien des difficultés rencontrées, des peurs, des pertes endossées. Elle évoque non sans humour et tendresse des anecdotes chères à l'enfance. Avec elle, on traverse les années avec recul sans doute et humilité. Ce récit est une aventure à lui tout seul, suspendu dans l'espace-temps, éprouvant le rêve à l'intérieur de la réalité.
Il faudra se laisser guider par les mots, s'imprégner, pour saisir, comprendre la substance. Joyce Carol Oates est certainement née écrivain, une aptitude acquise qui ne dément pas ce "Paysage perdu".
Lien : http://www.sophiesonge.com/a..
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Sophie_Bazar
  28 octobre 2017
Qu'y a-t-il au commencement de l'écriture ? quand on connaît le nombre vertigineux d'ouvrages publiés par Joyce Carol Oates, on ne peut que se demander d'où vient son inspiration, cette fine plume psychologiquement précise et puissante. Dans « Paysage Perdu », elle en révèle la source : son enfance, simple, modeste et heureuse dans une ferme de l'Etat de New York, ses grands-parents hongrois, ses parents si proches et si aimants, l'école avec sa classe unique et ses élèves persécuteurs, la nature, les animaux (Heureux le Poulet !)…
Un terreau d'écriture composé de toutes les premières fois : la première amie, la première disparition, le premier amoureux, le premier voyage… de cette Amérique à la Edward Hopper elle fait le compte avec une nostalgie à peine dissimulée de tout ce qui a disparu mais qu'elle a reconstitué brillamment au fil d'une oeuvre extrêmement forte (elle a évoqué sa mère dans tel roman, son mari dans tel autre…). Ce récit est aussi un hommage à une famille adorée, des grands-parents un peu rustres, des parents qui lui ont transmis le goût du travail acharné, le secret douloureux d'une soeur gravement souffrante, autant de tranches d'enfance bercées par le désir diffus, apparu très tôt et encouragé, de raconter des histoires et de devenir Lewis Carroll ou rien.
C'est un texte vraiment émouvant, captivant et qui permet d'un peu mieux connaître ce grand écrivain – un tout petit mieux seulement, car elle l'avoue elle-même : elle ne nous a livré ici que quelques pistes.
Lien : https://cestquoicebazar.word..
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ckdkrk169
  20 octobre 2017
La grande Joyce Carol Oates nous livre ses souvenirs et cela se lit comme un roman.
Captivant, vous comprendrez d'où lui vient sa passion de l'écriture et découvrirez une vie bien remplie sous le signe de la littérature.
Joyce nous raconte son enfance, sa soeur handicapée, ses parents aimants qui l'ont aidée et encouragé à faire des études malgré leur condition modeste.
Sa grand-mère passionnée par la littérature, lui offrira le livre « Alice aux pays des merveilles » et une machine à écrire. Ce livre extraordinaire, dit-elle, a changé sa vie alors qu'elle n'avait que neuf ans. Alice devient un modèle, lui donne envie de devenir écrivain et lui montre le caractère parfois absurde et fascinant de notre monde.
Cette petite fille dotée d'une grande imagination souffre aussi d'insomnies à l'adolescence et sort la nuit se promener le long de la route proche. Elle est fascinée par la lumière des phares des voitures et nous raconte la mort de son grand-père.
Les paysages perdus sont ceux de notre enfance qui nous hantent toute notre vie.
La plume acérée de Joyce Carol Oates nous emporte dans ce voyage au coeur de ces souvenirs.
Un livre indispensable pour comprendre l'émergence d'un grand écrivain. Si vous aimez cette auteure vous ne serez pas déçu.
Lien : http://www.despagesetdesiles..
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critiques presse (4)
LeMonde   02 novembre 2017
La prolifique écrivaine, longtemps professeure de « creative writing » à Princeton, remonte « jusqu’avant la mémoire et le langage » dans « Paysage perdu ». Que de chemin parcouru depuis…
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   26 octobre 2017
Un ouvrage hybride et merveilleux dans lequel la romancière revient sur son enfance et sur sa jeunesse. Un livre qui démontre la puissance littéraire de Oates autant qu'il éclaire son œuvre.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   06 octobre 2017
En une trentaine de chapitres thématiques, la grande romancière américaine, évoquant magnifiquement son enfance, raconte comment celle-ci a façonné en elle l’écrivain.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaPresse   07 septembre 2017
À l'aube de ses 80 ans, toujours très prolifique et enragée contre le président Trump, Joyce Carol Oates publie le récit de son enfance et de son adolescence.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   29 octobre 2017
La découverte d'-Alice- : 1947

Le livre extraordinaire qui changea ma vie - qui me donna le désir d'être écrivain, en même temps qu'il me poussa à "écrire"- est - Alice au pays des merveilles- et -De l'autre côté du miroir- de Lewis Carroll. (...)

Je conserve précieusement à ce jour, placé en évidence sur une étagère de mon bureau, ce livre offert, illustré des dessins à la beauté inquiétante, quasi "réalistes", de John tenniel.
Tenniel montre une Alice étonnée, parfois intimidée, mais jamais écrasée par l'univers bizarre de son pays des merveilles. Ce grand illustrateur donnait à Alice une gravité pleine de bon sens et un sérieux attentif, tranchant avec la plupart des illustrations d'enfants des livres américains de la même époque; Alice est incontestablement une petite fille, mais elle n'est pas puérile. Elle a quelque chose de mûr et de réfléchi, un regard volontiers sceptique, parfois, sur les adultes qui l'entourent; une propension à refuser de se laisser donner des ordres ou de céder à l'intimidation. Alice est une petite fille qui "dit ce qu'elle pense"- ce qu'on encourage peu les enfants à faire, pas plus alors qu'aujourd'hui. (p. 58)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 octobre 2017
Il se peut que l'écrivain/artiste soit stimulé par les mystères de l'enfance ou que ce soient ces mystères qui stimulent l'écrivain/artiste. (...) si je parviens à résoudre le mystère de la fiction, j'aurai résolu un mystère de ma vie. Que le mystère ne soit jamais résolu semble être la raison qui pousse l'écrivain à poursuivre son effort : chaque histoire, chaque poème, chaque roman est une reformulation de cette quête infatigable pour pénétrer le mystère.
L'écrivain est un déchiffreur d'indices.... (p. 86)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 octobre 2017
Prendre des photos a été notre salut. sans photos, nos souvenirs se dissoudraient, s'évaporeraient. L'invention de la photographie au XIXe siècle- et de"l'instantané" au XXe- a révolutionné la conscience humaine; car lorsque nous affirmons nous rappeler notre passé, nous nous rappelons presque certainement nos photos préférées, qui donnent une immortalité visuelle à un passé depuis longtemps effacé. (p; 20)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 octobre 2017
Notre voiture était notre principal moyen d'aventure, d'exploration et de distraction; ces longues promenades vagabondes du dimanche, apparemment improvisées, que nous faisions avec notre père ou notre mère pour conducteur étaient le principal moyen que nous avions de nous appréhender comme une -famille- (p. 89)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 novembre 2017
Un écrivain est peut-être quelqu'un qui, dans l'enfance, apprend à chercher et à déchiffrer des indices; quelqu'un qui écoute avec attention ce qui est dit afin d'entendre ce qui ne l'est pas; quelqu'un qui devient sensible aux nuances, aux sous-entendus et aux expressions fugitives des visages. (p. 81)
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