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Diane Ménard (Traducteur)
EAN : 9782070574681
224 pages
Gallimard (18/01/2007)
3.5/5   287 notes
Résumé :
"C'était en novembre, un mardi après l'entraînement de natation. La chose avec Mr Tracy, le prof d'anglais de Darren. La chose c'est en ces termes que Darren y penserait par la suite. La chose, un mot vague, indéfini. La chose qui n'était pas arrivée de toute façon."

Après ce jour, après ce qui s'est passé (mais s'est-il vraiment passé quelque chose?), la vie est différente. Darren est différent.
Rien n'est plus comme avant. Ses amis, sa famill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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Darren, 16 ans est beau, est bien bâti grâce aux longueurs qu'il enchaine à la piscine pour son équipe de natation. Bref, il est sexy.
Enfin, c'est ce qu'on dit de lui. Lui se sent normal, élève moyen, gentil garçon. On le lui dit aussi.
Quand sa bande de copains fomentent un complot pour se venger de M. Tracy qui a sacqué l'un des leurs pour avoir tricher lors d'un devoir, Darren prend ses distances. Il les prend d'autant plus volontiers que le plan est très malsain et que lui-même est mal à l'aise avec M. Tracy après que celui-ci l'ai ramené un jour en voiture.
C'est donc le récit d'apprentissage d'un ado devenant adulte : qui suis-je réellement, qui suis-je indépendamment du regard des autres, comment répondre aux attentes, inquiétudes de mes parents ? Ce court roman interroge aussi sur la culpabilité, la rumeur qui sera ici dévastatrice.
Bref, voici un texte efficace, comme presque tous les titres de Joyce Carol Oates, sûrement pas le meilleur mais un bon moment de lecture.
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Joyce Carol Oates, auteur américaine prolifique est l'une des grandes figures de la littérature américaine contemporaine. Elle est très appréciée en France où elle a reçu le prix Femina en 2005 pour son livre "Les chutes";
Ici malgré la légèreté évoquée par le titre, il s'agit d'un sujet grave, une accusation de pédophilie, qui nous entraîne dans le monde universitaire américain, que Joyce Carol Oates connaît bien.
Darren est un jeune homme de 16 ans, un des espoirs de l'équipe de natation.
Il est très beau et attire les regards sur lui.
Un jour son professeur de littérature anglaise le raccompagne chez ses parents et Darren a la sensation que ce professeur est attiré par lui, d'où son malaise, surtout quand ce professeur, Mr Tracy, lui demande de l'appeler par son prénom.
Par la suite, le professeur Tracy est de plus en plus exigeant en ce qui concerne le travail de ses élèves et fait renvoyer un des copains de Darren de l'équipe de natation, sous prétexte qu'il a plagié Google pour rendre un travail sur un poète américain.
Suite à ce renvoi, les camarades de Darren montent un plan diabolique pour faire accuser le professeur de pédophilie.
C'est une lente descente aux enfers pour le professeur et pour le jeune Darren, ce sera un véritable cas de conscience qui va le déchirer!: défendre l'honneur de son professeur ou trahir les copains?
Un sujet grave et difficile formidablement bien mené par cet écirvain de grand talent qui a l'art de décortiquer tous les travers de la société et de la mentalité américaines.
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Ne vous fiez pas aux apparences car même avec ce titre Sexy, cette couverture turquoise ensoleillée et ces adolescents qui plongent, ce livre, c'est du lourd. C'est le premier titre de Joyce Carol Oates que je lis et elle m'a complètement subjuguée avec ce drame. Elle a créé une histoire très prenante et opressante qui donne, à certains moments, froid dans le dos.

Fils d'une modeste famille vivant dans un petit comté du New Hampshire, Darren est un adolescent qui se cherche et qui ne semble avoir que peu de contrôle sur sa vie. Il vit dans une société américaine aux valeurs très judéo-chrétiennes qui a peur de l'étranger. Ce roman, c'est son histoire et un peu celle de Mr Tracy aussi qui voit sa réputation salie par quelques uns de ses élèves. La plus grande peur de tous les enseignants, sans doute ! L'auteur démontre à quel point une bonne réputation est dur à bâtir mais tellement facile à détruire.


Les principaux sujets de ce livre sont difficiles à aborder et Mme Oates le fait vraiment bien. C'est parfois cru, parfois violent mais parfaitement réaliste. La particularité de ce roman réside dans les non-dits. L'atmosphère est chargée de peur et de regrets. Les personnages possèdent tous un petit morceau de l'immense puzzle mais le garde pour eux. le lecteur n'en sait donc pas plus que Darren et cherche aussi des réponses dans tout ce brouillard. Je ne veux pas en dire plus pour ne pas vous gâcher la lecture si vous decidez de l'entreprendre. La fin, cependant, m'a quelque peu laissé sur ma faim sans quoi ce court roman aurait probablement figuré parmi mes coups de coeur.
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Dans ce roman estampillé «jeunesse » (à conseiller toutefois aux plus grands d'entre eux), Joyce Carol Oates dépeint l'univers tristement banal d'un lycée du New Hampshire, et sa communauté à l'esprit étriqué, pleine de préjugés.
Darren est beau, jeune et membre de l'équipe de natation du lycée. Il a de nombreux amis, une petite copine, une famille unie. Sa vie suivait un cours tranquille jusqu'à «la chose » avec M. Tracy, son professeur d'anglais… Darren perd ses repères, s'est-il vraiment passé quelque chose ce jour là ?

Un roman dans lequel je me suis un peu laissé ballottée, comme le personnage principal, avec des sentiments mitigés, des interrogations, des idées brouillées; J'ai d'abord cru à une sombre histoire de pédophilie au sein d'un lycée, puis d'homophobie, et finalement de harcèlement. Car c'est bien le thème principal de ce roman : les mécanismes à l'oeuvre dans la mise au ban d'un individu par un groupe de personnes. le scénario est toujours le même, Il y a des leaders et des suiveurs, la démission des adultes autour, proviseur, profs, parents, entre évitement, peur et lâcheté et parfois un individu «clef », celui qui peut faire pencher la balance, qui pourrait parler ou se taire. Pour que, peut-être, la honte change de camps.
C'est glaçant et bien mené, mais peut-être un peu confus au début, avec plusieurs thèmes mélangés, tous assez forts, qui m'ont un peu perdue en route.
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"Implacable". Un mot bien tranché, qui même dans sa sonorité évoque la dureté. Dureté de jugement. Dureté des regards. Dureté et douleurs de l'adolescence. Et c'est tout le paradoxe, ici. On rêverait d'utiliser le mot "implacable", de dire que la critique de Joyce Carol Oates est cinglante et son propos violent. La vérité est que dans le cadre d'un scandale de pédophilie, tout en suivant un adolescent paumé, assez moyen et inquiet de sa sexualité, J.C. Oates n'ose pas, n'a pas les tripes d'aller au bout de son propos et nous abandonne à une fin nébuleuse.

Ce roman aurait pu être dur, puissant, s'il n'avait pas été si léger. Ce que Oates joue à merveille, c'est le côté un peu benêt de son personnage principal, Darren, sportif, en plein développement sexuel, dans une famille américaine qui condamne la différence. Ce qui l'a traumatisé, c'est évident dans l'écriture de l'auteure.
Le défaut du système, c'est que le choix de ce narrateur force l'auteur à éviter toute profondeur, à rejeter toute réflexion voir tout effort dans l'écriture d'une blessure véritable. Dès que Darren repense aux conversations avec son père, il les efface, et ce qu'il s'est passé avec Mr Tracy, il préfère ne plus y penser.

Le problème est qu'elle monte en épingle un événement mineur, qu'elle accompagne d'un scandale, d'accusations qui à terme briseront la réputation et la vie de l'enseignant. Pendant ce temps, Darren est lâche. Il condamne avec retard. Il panique, se replie, agit par pur égoisme. Et on finit par être lassé de lire ce roman qui tourne en rond, n'apporte ni réflexions, ni réponses ou opinions, simplement un constat que tant d'autres ont exprimé avec bien plus de force et de talent.

Joyce Carol Oates loin du mieux de sa forme, dans un roman simpliste aux constats sans reliefs et à la fin facile, comme abandonnée sur le papier faute de mieux.
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critiques presse (2)
Lecturejeune
01 juin 2007
Lecture jeune, n°122 - Au lycée, il arrive souvent à Darren de sentir des regards appuyés se poser sur lui et d’en être gêné, surtout depuis qu’il s’est aperçu que son corps ne laissait pas les hommes indifférents. Séduisant, l’adolescent n’est pourtant pas très épanoui. Loin de vivre en héros les compétitions de natation où il excelle, il se sent seul, y compris dans sa famille. Le jour où Mr Tracy, son professeur de littérature, le ramène chez lui en voiture, Darren éprouve un malaise face aux encouragements et à l’intérêt manifestés par l’enseignant. Lorsqu’une rumeur commence à sourdre, Darren ne fera aucun geste pour s’y opposer. Dès lors, la mécanique du soupçon se déroule comme une tragédie grecque, transformant un professeur compétent et exigeant en bouc émissaire. Dans les esprits échauffés, l’amalgame se fait entre pédophilie et homosexualité. Victime de la haine générale pour s’être montré différent et sincère, l’enseignant se suicide. A la suite logique de Zarbie les yeux verts et Nulle et grande gueule (voir LJ n°105 et 112), Joyce Carol Oates décrit l’ambiance machiste et bienpensante du milieu sportif et des lycées aux Etats-Unis. Après le drame commencent les interrogatoires tendancieux de la police…Véritable machine à créer des coupables, comme le dénonçait Robert Cormier dans ses romans, l’arsenal judiciaire est en route, implacable. Le récit alterne le « je » des réflexions de Darren et la voix d’un narrateur externe, distancié. Une fin bien menée permet au jeune héros de racheter sa conduite passive et de rendre un dernier hommage à la victime de la haine collective. Ce roman fort, qui dénonce la vindicte populaire, se lit d’un trait. Cécile Robin-Lapeyre
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Lecturejeune
01 juin 2007
Lecture jeune, n°122 - Ce roman fait écho au précédent Zarbie les yeux verts. Amérique contemporaine à peine stéréotypée, personnages crédibles, situation tout à fait envisageable… On éprouve pourtant, comme pour ce dernier une sensation de déjà vu : tous les ingrédients y sont, mais peut-être y en a-t-il trop, justement ! Joyce Carol Oates nous mène là où elle le désire certes, mais sans grande inventivité. Michelle Charbonnier
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Dans la classe de Mrs Katzman, Darren avait de bonnes notes dans l'ensemble. Tout le monde savait qu'elle notait plus large que Mr Tracy. Tout le monde savait que le cours de Mrs Katzman se déroulait au RALENTI.
On pouvait y digérer son déjeuner, sommeiller à son aise. Mrs Katzman était une femme corpulente, à la poitrine généreuse, qui affichait toujours un petit sourire blessé. Un de ces professeurs sans nom qu'on aime bien mais qu'on oublie dès qu'on n'est plus dans leur classe.
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Dans la rue, des filles plus âgées que lui, des femmes d'une vingtaine d'années parfois, se retournaient pour le regarder. Et même certains professeurs disaient en plaisantant : "Darren Flynn pourrait passer pour le petit frère de Brad Pitt."

Mais oui, bien sûr ! Darren rougissait, lançait des regards noirs et retournait sa lèvre inférieure pour avoir l'air le plus laid possible.

Pour cacher ses cheveux d'un étrange or argenté, il portait une casquette cradingue Red Sox, la visière sur la nuque. Un sweat-shirt cradingue aux initiales de son école NFH (North Falls High) violet et crème, usé aux poignets. De vieilles Nike tachées de sel, pointure 45.

Emotif, sa peau se couvrait parfois de boutons à la racine des cheveux. Et en haut du dos, ils brûlaient et grattaient comme de l'urticaire.

Les filles se plaisaient à dire de Darren Flynn qu'il était sexy mais timide. Ou qu'il était timide, mais sexy.

Darren était un vrai mec. Un sportif à cent pour cent. Souriant et détendu avec ses amis, mais avec les filles, une lumière étrange apparaissait sur son visage, comme si son esprit se vidait brusquement.
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Certains de ceux qui le regardaient, fixant des yeux affamés sur lui, n'étaient ni des filles, ni des jeunes femmes, mais des hommes. Il voyait ça dans leur regard à quoi ils pensaient, et ça le dégoûtait. Avoir ce pouvoir l'excitait et l'effrayait à la fois. Sauf que ce n'était pas vraiment son pouvoir. Sauf qu'il n'en voulait pas vraiment. Parfois les hommes ( Darren était écœuré quand il y pensait, réellement choqué) étaient des adultes qu'il avait déjà rencontrés, des habitants de la ville, des hommes qui connaissaient sa famille.
Sexe, sexy. Être sexuel.
Il avait appris à baisser les yeux. A ne jamais avoir de contact visuel.
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"C'était bizarre. Darren ne s'identifiait pas au garçon représenté sur ces photos. Sur certaines d'entre elles, on aurait cru voir quelqu'un de dix-neuf, vingt ans. On n'aurait pas pensé qu'il était si jeune. Qu'il avait des boutons à la naissance des cheveux et sur les épaules, dus, selon le coach, à sa nervosité. On n'aurait pas pensé que son coeur battait à l'intérieur de sa poitrine sous ses muscles tendus, et qu'il avait la peur au ventre à l'idée de rater. Quand il était avec ses copains, il paraissait confiant, souriant et sûr de lui. Même sur le plongeoir le plus haut, il avait une expression calme, imperturbable. C'était probablement l'impression que Darren Flynn donnait de lui aux autres. Il fallait cacher tellement de choses!"
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C'était un avertissement. Comme un billet qu'on laisse avant de se suicider. Pas de procès. Je ne le supporterai pas.
Darren lut et relut le message. Il se dégoûtait. Pourquoi ne l'avait-il pas lu plus-tôt? Quand Lowell Tracy était encore en vie.
J'aurais dû l'aider. Pourquoi ne l'ai-je pas fait...?
Par lâcheté, voilà pourquoi. Il avait eu peur de ce que les autres auraient dit. Il avait eu peut de ce son père aurait dit.
Et il n'aurait pas pu dénoncer ses amis. Il n'aurait tout simplement pas pu.
Darren était un vrai mec, un sportif à cent pour cent. Sinon, qu'est-ce qu'il était?
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Vidéo de Joyce Carol Oates
Après seize ans de négociations, le réalisateur Stig Björkman a convaincu Joyce Carol Oates, 85 ans, de lui ouvrir les portes de son univers. Portrait sensible de l’immense romancière, inlassable exploratrice de la psyché noire de l'Amérique.
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