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EAN : 9782848767567
Éditeur : Philippe Rey (05/09/2019)
4.29/5   356 notes
Résumé :
" Un roman magistral, loin des révoltes éphémères et de la pensée rétrécie. "
Elle

2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d'une petite ville de l'Ohio et tire sur le Dr Augustus Voorhees, l'un des " médecins avorteurs " de l'hôpital. De façon remarquable, Joyce Carol Oates dévoile les mécanismes qui ont mené à cet acte meurtrier et offre le portrait acéré d'une société ébranlée dans ses valeurs profondes. Entre les f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (116) Voir plus Ajouter une critique
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Kittiwake
  27 décembre 2019
Avec Un Livre de martyrs américains, Joyce Carol Oates aborde le difficile sujet de l'avortement. Malgré ce droit considéré comme acquis depuis que la médecine a sécurisé les pratiques et la loi précisé les conditions, les choses ne sont pas aussi simples en pratique, et particulièrement aux Etats-Unis, où les groupes religieux sectaires refusent les règles établies par l'état pour s'en remettre à ce qu'ils considèrent comme les lois divines. Et cette opposition de principe se limite pas à des débats internes : manifestations, entrave à l'accueil des femmes dans les centres dédiés, voire meurtres qui visent les médecins « destructeurs de bébés ».
Mais avec Joyce Carol Oates, rien n'est tout blanc ou tout noir.
Le roman débute sur un fait divers : le meurtre d'un médecin gynécologue par un adepte d'une secte anti-avortement. Luther Dunphy abat d'un coup de fusil le Dr Vorhees ainsi que l'homme qui l'accompagnait dans la difficile tâche quotidienne qui consiste à se rendre sur son lieu de travail.
Loin d'opposer le méchant assassin et le vertueux médecin, l'auteure dissèque avec une grande précision l'histoire de ses personnages et tente d'expliquer, sans excuser, le cheminement qui a pu aboutir au drame. Et sans se limiter au couple tueur-victime, elle étend son analyse aux autres membres des deux familles, liées malgré elles par cette brusque rupture dans leur destin. Personne n'est innocent dans l'affaire. Au -delà des convictions, chaque personnage tisse sa propre toile d'araignée.
C'est passionnant, et malgré l'épaisseur du récit, on est captivé d'un bout à l'autre. Difficile de lâcher ce monument, qui allie romanesque et analyse pointue d'une société complexe.

Un excellent cru de l'américaine prolixe.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Bruidelo
  12 janvier 2020
Je me demande si mon enthousiasme pour Joyce Carol Oates n'a pas quelque chose d'un tantinet masochiste - franchement, se retrouver dans la tête d'un ultra «pro-life» «soldat de l'Armée de Dieu», assassin d'un médecin pratiquant l'avortement, pour moi, ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable. Mais j'adore cette façon dont Oates sait nous plonger, par-delà nos jugements, en profondeur, dans des intériorités radicalement autres,
faisant s'entrechoquer ou s'entrelacer les visions contrastées et parfois convergentes des membres de ces deux familles américaines, celle du meurtrier et celle de sa victime. Celle du fanatique Luther Dunphy, proche d'organisations chrétiennes d'extrême-droite, contre les aides sociales, contre l'athéisme, l'homosexualité, et surtout bien sûr en guerre contre les «meurtriers avorteurs». Celle du médecin, Gus Voorhees, homme de gauche, humaniste, «champion infatigable» des droits des femmes, «héros féministe» pour les uns, mais pour d'autres «homme profondément malfaisant et amoral», «coupable de massacres de masse à l'égal d'un criminel de guerre nazi ».
Ce qui m'impressionne surtout une fois de plus chez Joyce Carol Oates, c'est cette écriture surpuissante qui s'attaque aussi bien au psychologique qu'au social, au politique, et nous offre une impressionnante peinture de l'Amérique contemporaine avec sa violence, ses clivages, et de l'humanité dans toute sa complexité.
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BillDOE
  26 septembre 2019
Le 2 novembre 1999, Luther Dunphy est devant la clinique où ont lieu les avortements. Il braque son fusil sur le docteur Augustus Voorhees et au nom d'un Dieu qui lui parle et lui ordonne, il appuie sur la gâchette et le tue, car Voorhees est un « tueur d'enfants ».
La définition d'un martyr est : « Une personne qui a souffert la mort pour sa foi religieuse, pour une cause à laquelle elle se sacrifie ». En d'autres termes, c'est quelqu'un qui a vécu un calvaire, qui en est mort, juste pour défendre ses convictions, rien de matériel, rien de concret, juste pour des notions irréelles, des certitudes. N'est-ce pas idiot ? Parce qu'une fois mort, que deviennent ces convictions ? Rien. Elles sombrent dans l'oubli et le néant.
Le roman de Joyce Carol Oates, si on peut appeler ça un roman car cette histoire tient plus du reportage que d'une invention, fait l'autopsie du choc provoqué par l'antagonisme des « pro-vie », fou de Dieu, soldats d'une église intégriste, et des « pro-choix », défenseurs de la liberté des femmes à disposer de leur corps. Ces deux monstres se mènent une guerre sans merci qui ne connait qu'une issue fatale, car le raisonnement a cédé la place à un obscurantisme acharné, à une provocation outrancière qui insulte les croyances de l'autre.
L'objectivité des propos de l'auteur ne laisse aucune place à une prise de partie pour l'un ou l'autre camp. Chaque position, chaque conviction de chacun des protagonistes est relatée sans qu'à aucun moment la balance de la justice des hommes ne verse pour l'un ou l'autre, sans l'ombre d'un parti pris. Il y a une évidente sauvagerie dans chacune des attitudes. L'onde de choc et ses conséquences se répercutent même sur les personnes à la périphérie proche ou lointaine de ce conflit.
Cette Amérique des martyrs est celle des gens qui meurent au nom de leurs convictions aveugles et inébranlables.
Avec un style faulknérien et un remarquable talent, Joyce Carol Oates écrit cette histoire qui ne peut que déchainer les passions et dénonce l'aveuglement moyenâgeux d'une société qui a grandi trop vite et seulement jeune de deux ou trois siècles.
Le fait que la question de la légalité de l'avortement se pose encore dans nos sociétés dites évoluées montre bien l'absence de maturité et de recul de ses composants.
Sur un autre plan, une question émerge : et si la mère d'Adolph Hitler avait avorté ? …
Un monument de littérature américaine, traduit par Claude Seban, que je recommande vivement de lire.
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Archie
  19 novembre 2019
Je n'avais jamais lu Joyce Carol Oates, une femme de lettres américaine née en 1938, auteure de plusieurs dizaines de romans, auxquels il convient d'ajouter essais, pièces de théâtre, recueils de nouvelles et de poésies. Un livre des martyrs américains est son dernier opus. C'est un roman qui pourrait être le récit d'une histoire vraie, un récit enrichi de témoignages semblant pris sur le vif.
Le livre commence comme un thriller sanglant. En novembre 1999, un individu qui se dit « Soldat de Dieu » raconte en direct son meurtre prémédité d'un homme qu'il qualifie de « médecin avorteur ». Un meurtre qu'il revendique au nom de sa foi religieuse. Il tue en même temps le garde du corps du médecin.

Luther Dunphy est un homme fruste, à l'esprit malade et pervers. Incapable de s'assumer, enfermé dans le déni, il s'est réfugié dans une bigoterie absurde au sein d'une église évangélique radicalisée, comme il en existe de nombreuses aux États-Unis. Des chapelles où l'on fait allégeance à la « Parole de Jésus » et non à la Loi des hommes. Où l'on considère que l'avortement est un assassinat et qu'un médecin avorteur est un tueur en série qu'il convient d'éliminer.
La famille Dunphy est à l'image du père. La mère et les enfants sont arriérés, à la limite de la débilité. Vivant dans la crasse et le désordre, ils sont manipulés par un environnement de bigots qui élèveront leur père au rang de héros, et plus tard, de martyr.
La cible du tueur, le docteur Augustus (ou Gus) Vorhees, était un médecin obstétricien laïque aux idées progressistes, convaincu du droit des femmes à disposer librement de leur corps. A l'écoute de celles qui, pour une raison ou pour une autre, se refusaient à mettre au monde un enfant non désiré, il pratiquait des avortements depuis des années. Lors de sa mort, il exerçait dans le centre spécialisé d'une petite ville du Midwest américain, dans un contexte ayant légalisé l'interruption de grossesse.
La disparition du mari et du père provoque un cataclysme dans la famille Vorhees. Les enfants découvrent que l'engagement de Gus l'exposait à des menaces qu'il connaissait, qu'il assumait en toute conscience et qui faisaient vivre sa femme dans l'angoisse. Leur reste le sentiment d'avoir été abandonnés par leur père au profit de ses convictions. Ou de ses ambitions.
Les deux familles vont suivre, chacune de son côté, la longue procédure judiciaire qui conduira Luther Dunphy dans le couloir de la mort. Deux personnages principaux émergent peu à peu : les filles cadettes des deux familles, Dawn Dunphy et Naomi Vorhees. Leurs profils s'opposent, mais elles sont toutes les deux anéanties par l'acte du début et par ses prolongements. A mon étonnement, j'ai été captivé par l'évolution et le parcours de ces deux jeunes filles, puis jeunes femmes, jusqu'à l'inattendue et émouvante fin concoctée par l'auteure, douze ans après le meurtre… le talent d'une romancière !
Pour attester d'une complexité difficile à assumer par les uns et par les autres, l'auteure n'hésite pas à prendre du recul et à peindre dans toute sa largeur une société américaine en butte à de nombreux problèmes sociaux et sociétaux, parmi lesquels le racisme et l'intolérance dans le pays profond, périphérique et rural. Les paradoxes ne manquent pas, notamment le constat que les conservateurs « pro-vie », hostiles à l'avortement, sont de fervents partisans de la peine de mort, à laquelle les progressistes « pro-choix », sont opposés par conviction.
Finalement qui sont les martyrs ? A l'approche de son exécution, Luther Dunphy se voit en martyr au service de Jésus. C'est aussi en martyr que l'érigent ceux qui le soutiennent. On est dans la même logique monstrueuse que celle des islamistes radicalisés qui tuent au nom d'Allah. le docteur Vorhees pourrait être considéré comme un martyr de la lutte pour la libération de la femme. Et que dire des enfants dont les pères ont sacrifié l'équilibre, au profit d'une cause qui leur paraissait essentielle et qui ne comptait peut-être que pour leur propre ego ?
Le martyr n'est qu'un « idiot suicidaire », selon un personnage apparaissant dans la seconde partie du livre. A chacun d'en penser ce qu'il croit bon.
L'écriture de Joyce Carol Oates est ample, déliée, le ton est vivant, varié, adapté aux narrateurs auxquels elle prête sa plume. Des passages en italique lui permettent de mettre en perspective plusieurs narrations, plusieurs moments, plusieurs points de vue. On sent que les mots lui viennent facilement, trop facilement peut-être, inspirant quelques redondances, quelques détails en trop, quelques longueurs. Fallait-il huit cent cinquante pages ?

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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bilodoh
  28 avril 2021
Mourir pour la cause, religion, avortement, peine de mort et dommages collatéraux dans une petite du Midwest des États-Unis.

Un livre qui n'est pas facile. D'abord, avec plus de 800 pages, c'est une somme, mais surtout, le sujet n'est pas très joyeux. L'auteure nous entraine dans la tête d'un fanatique religieux qui a décidé de tuer un médecin qui pratique des avortements. On suivra ensuite la vie de la victime à travers sa fille. Comme la femme et les enfants du meurtrier, les proches du défunt deviennent des « dommages collatéraux ».

C'est un roman très fort. On y perçoit les nombreux paradoxes de la société des États-(dés)Unis, et le clivage entre les différents groupes. On entre dans la logique du meurtrier qui  : « n'avait jamais connu personne qui s'oppose à des exécutions légitimes. Il n'avait jamais connu personne qui s'oppose à la guerre. Il considérait vaguement que c'était le fait d'étrangers “socialistes” et athées. (p.507) »

On y perçoit cet étonnant paradoxe des religieux qui se disent pour la vie, mais qui refusent tout filet social qui faciliterait la vie des mères. (Faut-il se rappeler qu'aux États-Unis, il n'y a pas de congés maternité universels? Lorsqu'une femme accouche, elle doit démissionner et espérer retrouver un travail lorsqu'elle sera en mesure de retourner au travail. Évidemment, pas de système de garderie et ni de soins de santé abordables pour tous.)

Si le contexte est celui des États-Unis, la réflexion touche l'universel car le fanatisme religieux et les idéalistes prêts à mourir pour la cause ne sont malheureusement pas un phénomène localisé…
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critiques presse (9)
SudOuestPresse   10 novembre 2020
Tout au long des 864 pages de cet imposant roman choral publié en 2017, Joyce Carol Oates dissèque le débat sur l’avortement qui agite le pays depuis l’arrêt Roe vs Wade en 1973.
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Bibliobs   21 novembre 2019
Dans « Un livre de martyrs américains », la romancière de « Blonde » consacre 850 pages à l’assassinat d’un médecin par un fou de Dieu. C’est virtuose, mais long. Très long.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   12 novembre 2019
L’autrice décrit avec beaucoup de nuances les motivations des deux camps. Elle réussit à montrer de l’intérieur les répercussions de cet assassinat sur les deux dynamiques familiales. Ses personnages sont riches et leurs émotions, profondes. Enfin, elle installe une tension qui nous tient en haleine tout au long du roman.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   04 novembre 2019
Lançant un profond coup de sonde au cœur de la société américaine d’aujourd’hui, Joyce Carol Oates nous donne ici un livre puissant, un peu torrentiel comme c’est souvent le cas chez elle, mais totalement immergé dans la nuance.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Telerama   17 octobre 2019
Dans son dernier roman “Un livre de martyrs américains”, fresque polyphonique de huit cents pages, Joyce Carol Oates ausculte la société américaine à l’aune de ses divisions sur l’avortement.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint   16 octobre 2019
Ce roman est à lire au moment où la guerre de l'avortement divise plus que jamais les États-Unis et où Trump reste le porte-parole de tous les Dunphy, de tous les sans-voix surarmés. Il dit l'Amérique telle qu'elle est, malade.
Lire la critique sur le site : LePoint
Liberation   07 octobre 2019
Un livre de martyrs américains cristallise quelque chose d’intime, de littéraire, de politique et de furieusement contemporain (depuis quelques mois, les opposants à l’IVG gagnent du terrain aux Etats-Unis).
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   27 septembre 2019
A 81 ans, la grande romancière américaine qui distille à jets continus de nouveaux livres, nous offre un roman magistral. Aussi énorme par son contenu que par son volume (860 pages !), riche comme un torrent qui nous submerge.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   10 septembre 2019
A la fin des années 1990, en Ohio, un médecin pratiquant des avortements est assassiné par un fanatique chrétien. C’est le point de départ d’un splendide roman où l’écrivaine brosse un portrait saisissant de ces Etats-Unis épuisés de rancœur.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (103) Voir plus Ajouter une citation
LishbksLishbks   06 décembre 2019
Comme la plupart des filles, elle avait été entraînée à sourire dès l'enfance. Sourire à vos aînés, à ceux qui ont autorité sur vous. Sourire quand vous avez peur. Sourire quand vous n'arrivez pas à entendre tout à fait ce qu'on vous dit. Sourire pour vous montrer douce, docile, coopérative, suprêmement bien élevée, "bonne". Sourire aux hommes.
Comme un exercice d'équilibre à la poutre, au cours de gymnastique. Vous vous déplacez avec une concentration et des précautions infinies pour ne pas "perdre" l'équilibre et ne pas vous écraser honteusement sur le plancher du gymnase.
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QuoidbachQuoidbach   02 octobre 2019
Papa disait donc, pas à Maman (qui n'était pas venue marcher avec nous, et était restée à la table de pique-nique avec sa machine à écrire), mais à nous, qu'il n'y avait pas de "mal", mais qu'il y avait un "paradis", à condition de se souvenir que le "paradis" n'était rien d'extraordinaire ni d'étonnant; peut-être simplement une promenade le long du rivage, un jour venteux de la fin septembre; rien de mémorable en soi, mais si vous vos rappelez que nous l'avons faite, que nous étions ici ensemble, que nous nous sommes arrêtés pour déjeuner à Bay Point, que même si ce n'était pas le déjeuner du siècle nous étions ensemble, tous les cinq, quoi qu'il puisse arriver par la suite ... Ça, c'est le "paradis", Compris, les gosses?
D'accord, Papa, avions-nous dit. Nous étions gênés quand Papa nous parlait comme à des adultes, trop "sérieusement".
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   28 janvier 2020
La mort de l'idéaliste, d'un homme désintéressé. C'est le prix à payer quand on affronte la marée noire de l'ignorance et de la superstition. Il y a une guerre aux États-Unis - cette guerre est là depuis toujours. Les rationalistes parmi nous ne peuvent l'emporter, car le penchant américain pour l'irrationalité est plus fort, plus primordial et plus virulent. Comment dit-on déjà ... "My country, right or wrong" - "mon pays qu'il ait raison ou tort" - ce patriotisme écœurant et servile. Un patriotisme qui est un Dieu-isme, car ils sont tous chrétiens. Éviter une défaite totale est tout ce que nous pouvons espérer. Il y a quelques poches relativement éclairées à travers le pays - les grandes villes, où la culture et l'intelligence se sont réfugiées. Le reste est un immense désert ... "religieux" et "patriotique". On s'y aventure à ses risques et périls... ils sont si nombreux à être armés ! Et ils dissimulent leurs armes avec eux !
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thedocthedoc   06 août 2021
Moralement, l'avortement est neutre. Ce qui compte, c'est que la femme ait le droit d'avoir la maîtrise de son corps, ce qui signifie avoir le droit de faire des erreurs. Au moins, ce sont les siennes. Et même si certains avortements peuvent être des erreurs, elles ne sont pas irrévocables, car la plupart des femmes peuvent avoir une nouvelle grossesse.
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docaredocare   29 décembre 2019
Gus était mort à peu près un an et dix mois avant l'attaque terroriste et pendant tout ce temps je l'avais pleuré - en silence, principalement. Mais ce matin là, cette catastrophe jaillie du ciel a tué des milliers d'hommes et de femmes, et en l'espace de quelques heures, ou d'un jour - un jour et une nuit - , la mort terrible de mon fils a semblé trouver sa place à la façon d'une cascade se déversant dans de l'eau...Mon chagrin pour Gus a pris fin, fondu dans le chagrin des autres. Quand tant de gens meurent, une mort cesse d'être singulière,elle devient l'une de ces morts. Est-ce une bonne chose? Ou est-ce terrible, innommable ? La signification du "terrorisme" : la fin du chagrin. La blessure est trop énorme. On peut pleurer l'un de ses membres, mais quand tous vos membres vous sont arrachés...C'est tout simplement trop. C'est ce vide là à Ground Zero, Naomi...que tu ne peux pas voir. Malheureusement, moi, je le vois.
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Writer Joyce Carol Oates at home - Profiles - The New Yorker In this video, Joyce Carol Oates discusses writing, her daily routine, and her idea of her own personality.
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