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Claude Seban (Traducteur)
EAN : 9782757802090
192 pages
Éditeur : Points (04/10/2007)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 165 notes)
Résumé :
ls étaient cinq. Complètement ivres, drogués, l'ordinaire de leurs samedis soirs... Peut-être encore plus excités ce samedi-là, un 4 juillet. Et, vers minuit, la belle Tina Maguire, après avoir célébré la fête nationale chez des amis, a eu le malheur de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Bethie, 12 ans. Ils l'ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n'ose pas en imaginer, une abomination à la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  17 décembre 2017
Titrer un roman "Viol" annonce d'emblée la lourdeur du contenu.
Mais ce n'est pas tout.
Faire suivre ce mot de l'expression "une histoire d'amour", vous avouerez qu'il faut être un peu pervers... ou sacrément culottée et talentueuse comme l'est Joyce Carol Oates.
Parce qu'après ce titre coup de poing, il faut que la suite soit à la hauteur.
Et elle l'est, vraiment !
D'emblée, Joyce Carol Oates m'accroche par une entrée en matière saisissante.
C'est sa marque de fabrique, je ne suis pas étonnée, mais là, c'est vraiment percutant et ça soulève le coeur.
Après une scène de viol particulièrement atroce, le lecteur peut se dit que, tout comme la victime, il a passé le plus difficile. La suite va n'être que compréhension, compassion, aide, gestes et paroles d'humanité. La suite, logiquement, va lui faire du bien, tout comme à la victime.
C'est bien mal connaître Joyce Carol Oates, c'est bien mal connaître la société qu'elle décrit.
Et c'est là que la lecture devient terrible.
Les rumeurs nauséabondes fleurissent dans la petite ville. Cette Tina un peu marginale n'a-t-elle pas eu ce qu'elle voulait ? "Elle le cherchait, cette garce. Habillée comme une pute." Tina, fatiguée, qui avait eu la malheureuse idée de traverser le parc pour gagner du temps. "Qui sait ce qui se passait dans ce parc en pleine nuit ?"
À partir de là, pour Tina, face à ses agresseurs, ce sera "sa parole contre la leur". Et la parole de Tina ne pèse pas bien lourd, elle ne fait pas partie de l'establishment, elle.
Dans un court récit dans lequel elle s'adresse à la fille de la victime, Joyce Carol Oates nous entraîne dans le calvaire de Tina et de l'enfant.
Il leur faut subir les ragots, les réflexions malveillantes. Voir les violeurs rouler sous leurs fenêtres, les provoquer en toute impunité. Elles ont peur, la petite fille particulièrement : elle a peur que les coupables reviennent finir leur travail de démolition. Elles doivent subir les horreurs déversées par la presse à sensation, prête à tout pour vendre du papier. Il leur faut subir également le procès, pendant lequel rien ne leur sera épargné. Tout revivre, faire face à un avocat de la défense particulièrement vicieux.
Stop ! Assez ! Cette inversion des rôles est insupportable. Tina et sa fille sont les victimes tout de même !
J'ai lu ce roman avec l'envie permanente d'arriver à la fin. Non parce qu'il ne me plaisait pas et que je voulais vite m'en débarrasser, mais parce que les souffrances de Tina et de sa fille étaient insoutenables et que j'avais envie qu'elles cessent le plus vite possible.
Joyce Carol Oates pousse là un grand cri de colère à la face de la société américaine.
Le viol se déroule le 4 juillet, jour de fête nationale, jour de barbecues entre voisins, jour de grandes réjouissances. Mais cette belle unité de façade cache des dessous nettement moins reluisants. Une société intolérante, qui n'aime pas cette victime pas assez comme il faut. Une société injuste, qui n'accepte pas que la justice fasse son travail, les agresseurs étant des fils de bonne famille.
Joyce Carol Oates dénonce. Avec force. Avec détermination. Avec talent.
Mais les travers qu'elle dénonce sont-ils exclusivement américains ?
La réponse est clairement non, et son livre a une portée universelle. Hélas !
Un court roman d'une intensité incroyable, qui m'a profondément remuée.
La quatrième de couverture parle d'une histoire "racontée avec une éblouissante violence" : c'est tout à fait ça.
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Marple
  10 mai 2018
Tina se fait violer et tabasser très violemment par des voyous, sous les yeux de sa fille. Blessée, elle est surtout traumatisée. D'autant que c'est elle qui est mise à l'écart et jugée par ses voisins de la petite ville, qui se demandent si elle n'a pas cherché ce qui lui est arrivé.
Comme toujours, Joyce Carol Oates est très efficace dans son récit. Peut-être même un peu trop pour qu'on ressente de l'émotion... Heureusement que la petite Bethie, la fille de la victime dont on suit le parcours et les pensées tout au long du livre, apporte un peu d'humanité et de fraicheur. Heureusement qu'il y a aussi cette curieuse histoire d'amour du titre pour nous donner une note d'espoir.
Mais fondamentalement ce livre est glaçant, et c'est peut-être pour ça qu'il m'a laissée froide. Aussi puissant et révoltant que soit son thème, je ne suis pas sûre que je m'en souviendrai longtemps.
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BillDOE
  23 juillet 2020
Etats-Unis, Niagara Falls, 4 juillet 1996, la fête a battu son plein toute la journée, les feux d'artifice ont clôturé la soirée. Tina et sa fille de douze ans, Bethie, rentrent chez elles en prenant un raccourci qui traverse le bois au bord d'un étang. Ils sont un groupe de jeunes, défoncés à la « meth. » qui vont la prendre pour cible, la violer chacun à leur tour sous les yeux de sa fille et la laisser pour morte. La suite se perd dans les couloirs d'une justice corrompue et phallocrate, dans les méandres d'une vengeance silencieuse et inébranlable.
Joyce Carol Oates, sous la forme de flashs nés de la mémoire déchirée d'un traumatisme qui a détruit une vie et saccagé d'autres, signe une histoire d'une force inouïe qui marque les esprits et rappelle la violence, la sauvagerie qui sommeille en certaines personnes. Il y a des bêtes à figure humaine qui rôdent dans nos sociétés et pour lesquelles la seule loi du Talion est une réponse efficace.
Traduction de Claude Seban.
Editions Philippe Rey, Points, 183 pages.
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MARCUS36
  30 mai 2018
Quel livre! C'est le premier de Joyce Carol OATES que je lis. Je l'ai découvert dans ma librairie par hasard, le thème m'intéressait et la quatrième de couverture achevait de me convaincre. Je l'ai lu en une journée, enfin en une partie, l'envie certainement de justice et d'une fin que j'espérais heureuse. Pourquoi pas?
Le titre annonce la couleur, mais le contenu, bouleversant, révoltant, horrible, infamante raconte le viol collectif dont est victime une jeune veuve accompagnée de sa fille de douze ans et les conséquences ignobles, insultantes.
L'action se passe dans une région où l'on pourrait imaginer que c'est inimaginable. Eh, bien non!
"La nature humaine est la même partout" disait Miss MARPLE.
En voici une preuve cinglante, une bande de jeunes alcoolisés, drogués, pour la plupart déjà des délinquants, s'adonne au pire des crimes, agresser la dignité féminine.
L'irresponsabilité et l'aveuglement des parents face à leur progéniture, les manoeuvres retorses d'un avocat, un juge aux préjugés non affichés mais devinables pourront-ils achever les victimes?
Sauf....
Lisez ce livre, même s'il vous paraît, comme à moi, dur et impitoyable. J'avoue, je l'ai acheté et ensuite je me suis fait violence pour le lire tellement je devinais et craignais ce que j'allais lire. Mais je ne le regrette pas, nous n'en sortons pas indemne mais avec l'envie de justice, et de combat contre ces actes indignes, ignominieux et dégradant.
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LiliGalipette
  30 septembre 2017
« Cette femme. C'était couru. Elle le cherchait, cette garce. Habillée comme une pute. Sa parole contre la leur. Qui sait ce qui se passait dans ce parc en pleine nuit ?! » (p. 51) Voilà ce que tout le monde, à Niagara Falls, après le viol de Tina Maguire. le drame s'est passé sous les yeux de sa fille de 12 ans, Bethie. Mais avec ses cheveux, son sourire, son maquillage, son allure, c'est certain, Tina n'a eu que ce qu'elle méritait. Brisée, recluse, elle se laisse dériver. Bethie aussi est meurtrie, traumatisée. « L'enfance appartenait à avant, maintenant que tu en étais venue à vivre après. » (p. 37) Paradoxalement, le procès des agresseurs devient le lynchage médiatique et social des victimes. Bethie cherche à trouver un sens à tout cela. « Tu te demandais si à leur façon malsaine ils n'aimaient pas Tina Maguire. S'ils n'aimaient pas la façon dont ils l'avaient brisée, dont ils l'avaient faite leur. » (p. 103) Seul le policier Dromoor éprouve une compassion sincère et profonde envers Tina, et le cours de la justice le révolte.
Très court et fulgurant, ce roman est un fameux exemple du et du talent de Joyce Carol Oates. Oui, c'est malsain. Oui, c'est écoeurant. Mais ce n'est pas jamais racoleur ou exagéré. L'auteure fustige une certaine Amérique puritaine et hypocrite. Une Amérique qui a follement besoin de justiciers et de superhéros.
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critiques presse (1)
LeMonde   27 juillet 2018
Malgré une bibliographie longue comme les huit bras de Kali, Joyce Carol Oates prouve qu’on peut être prolifique sans se répéter ni ronronner. Avec "Viol, une histoire d’amour", on plonge dans un de ces romans politiquement inflammables qui font la force de la littérature américaine.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   11 mai 2018
Tu ne voulais pas penser qu'on avait pris Tigerlily. Tu voulais penser qu'elle s'était perdue. Tu voulais penser que, si Tigerlily avait été heurtée par une voiture et qu'elle ait rampé quelque part pour y mourir, c'était juste une coïncidence que l'audience soit prévue pour cette semaine-là.
Tu as fini par trouver son cadavre tout raide dans la ruelle parallèle à Baltic Avenue. À trois maisons de celle de grand-mère. Ses yeux jaune doré étaient ouverts et vides. Ses moustaches blanches étaient raides de sang. L'épais collier de poils duveteux autour de son cou, que tu avais aimé caresser, était raide de sang. Tu n'as pas pu déterminer comment Tigerlily était morte, comment ils l'avaient tuée. Peut-être avec une pierre. Ou peut-être à coups de pied. Ce n'était pas un gros chat, quelques coups avaient dû suffire.
Tu t'es rappelé l'exclamation déroutée de ta mère :
«Pourquoi ? Pourquoi voulaient-ils me faire du mal ?»
Tu t'es mise à pleurer, Tigerlily dans les bras. Tu l'enterrerais dans le jardin de derrière, en secret. Tu ne dirais rien à grand-mère, qui continuerait à appeler "Minou-minou !" quelques jours encore.
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Nastie92Nastie92   08 juillet 2018
Kirkpatrick dit : "Dans un procès, une histoire a toujours deux versions. La gagnante et l'autre."
Walt siffla entre ses dents. Ça, c'était génial !
Malgré tout, il tenta de discuter avec Jay Kirkpatrick.
Qu'il ait à payer le double parce qu'il avait deux fils inculpés était injuste, avança-t-il. Car deux clients accusés exactement des mêmes crimes ne demandaient sûrement pas autant de travail que deux clients distincts, hein ? Ça n'était pas possible.
"C'est comme des jumeaux, d'accord ? Une femme qui a deux bébés d'un coup, ils ne lui donnent pas deux fois autant de travail que deux enfants à des moments différents. Tout le monde sait ça. C'est pour ça que les femmes ont deux seins. Demandez à n'importe quelle femme."
Walt avait espéré un rabais de dix pour cent. Kirkpatrick répondit en souriant que Walt ferait un sacré bon avocat avec une argumentation aussi précise. Mais pas question de rabais.
"Je suis un avocat, monsieur Pick. Pas un magasin de moquettes en soldes."
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Nastie92Nastie92   23 juin 2018
L'avocat avait acquis sa réputation dans la région de Buffalo en 1989. Il avait brillamment défendu le fils d'un industriel fortuné, un drogué de vingt et un ans qui avait tué son père. Kirkpatrick avait plaidé la légitime défense, bien que le père, sans arme, quasi nu, sortît tout ruisselant de sa piscine, dans la banlieue cossue d'Amherst, quand son fils lui avait logé six balles dans le corps à deux mètres cinquante de distance. L'avocat avait cependant réussi à persuader un jury crédule que le fils, en proie à une peur "immédiate et insurmontable", avait craint pour sa vie.
Oui. On ne pouvait que sourire. Kirkpatrick était un malin.
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le_Bisonle_Bison   05 mars 2012
Après qu’elle eut été violée, frappée, battue et laissée pour morte sur le sol crasseux du hangar à bateaux du parc de Rocky Point. Après qu’elle eut été traînée dans le hangar par ces cinq types ivres – à moins qu’ils aient été six ou sept – et sa fille de douze ans avec elle qui hurlait Lâchez-nous ! Ne nous faites pas de mal ! Ne nous faites pas de mal s’il vous plait ! Après qu’elle avait été poursuivie par ces types comme une meute de chiens lancés sur leur proie, se tordant la cheville, perdant ses deux souliers à talons sur le bord de l’étang. Après qu’elle les avait suppliés de ne pas toucher à sa fille et qu’ils s’étaient moqués d’elle. Après qu’elle avait décidé, Dieu sait ce qu’il lui avait pris, de couper par le parc au lieu d’en faire le tour pour rentrer chez elle. [...] Traverser le parc en longeant l’étang, sur un sentier envahi de broussailles. Une économie d’une dizaine de minutes. Se disant que ce serait agréable de passer par le parc, le clair de lune sur l’étang, même si l’eau était mousseuse et souillée de boites de bière, de papiers d’emballage, de mégots. Prenant cette décision, une fraction de seconde dans une vie et cette vie est changée à jamais.
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MarielinoMarielino   20 août 2009
"Elle, la fille de Tina Maguire"

Dès que ta mère et toi avez été traînées dans le hangar de Rocky Point, tu as commencé à exister dans l'après. Jamais plus tu ne pourrais exister dans l'avant. Ce temps de ton enfance précédant celui où ta mère et toi êtes devenues des victimes avait disparu à jamais, aussi inaccessibles qu'une scène aperçue de loin et qui se dissipe en vapeur alors même qu'on la contemple avec envie.
"Maman! Ne meurs pas maman! Maman je t'aime ne meurs pas."
Tu avais cru qu'elle était morte, sur le sol du hangar à bateaux. Tu avais rampé jusqu'à elle. Jusqu'à l'endroit où ils l'avaient laissée. Tenaillée par la douleur, terrifiée. Tu t'étais cachée dans le coin le plus sombre du hangar et tu avais pressée les mains sur tes oreilles et tu avais entendu les bruits atroces de l'agression subie par ta mère et tu avais cru entendre les bruits de sa mort si bien que toute ta vie il te semblerait que ta mère était morte, et que tu avais été un témoin de sa mort qui lui aussi était mort.
Après durerait des années. Tu vis encore ces années. Après durerait le reste de la vie de ta mère.
Ce que tu ne comprenais pas. Ce que personne n'aurait pu te dire. Que le viol n'était pas un incident qui s'était produit un soir dans le parce à la façon aléatoire dont tombe la foudre, mais la définition même de la vie de Tina Maguire, et par extension la tienne, après coup. Ce qui avait été Tina, ce qui avait été Bethie, fut brusquemment effacé. Ta mère serait La femme qui a été violée dans le hangar à bateaux de Rocky Point et tu serais Elle, la fille de Tina Maguire.
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