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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 2234047609
Éditeur : Stock (05/03/1997)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 187 notes)
Résumé :

Et si Zombi était le plus terrifiant des livres de Joyce Carol Oates ? Quentin, son héros ou plutôt son antihéros, raconte son histoire. Il ne se nomme que par ses initiales : " Q.P. ". Il a 31 ans et une honorable famille qui ne peut le croire vraiment coupable de l'agression sexuelle qu'il a commise sur un jeune garçon. Par prudence, il est mis sous surveillance médicale. En vérité, " Q.P. " kidnappe des jeunes gens et les lobotomise avec un pic à glace po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
latina
  31 mai 2019
Vite commencé, vite terminé ... Je tiens à ma santé mentale !
Quel livre horrifique, terrifiant, nauséeux !

Et pourtant, je le savais, je m'étais dit que jamais je ne lirais cela, au vu des critiques sur Babelio.
Or Joyce Carol Oates est un de mes auteurs préférés.
Donc...il FALLAIT que je lise QUAND MEME cette horreur.

Je reconnais bien là Oates qui, avec son style original, bien à elle, qui change continuellement d'un roman à l'autre, emporte le lecteur dans ses abîmes concoctés avec délices.
Avec délices, oui. Je me rends bien compte qu'elle a dû s'amuser comme une folle (d'ailleurs, je m'inquiète également pour sa propre santé mentale) à nous expliquer, en détail et avec croquis à l'appui s'il vous plait, la manière de pratiquer une lobotomisation en enfonçant un pic à glace à travers l'orbite. le sujet « opéré » deviendrait donc un « zombi », un être sans réaction dont on peut faire l'esclave sexuel. C'est en tout cas ce qu'essaie Quentin, la petite trentaine, manifestement dérangé du ciboulot, et pas qu'un peu !

Durant TOUT le roman, nous sommes dans la tête de ce Quentin, et je vous assure que la tête me tournait, je me sentais prête à vomir tripes et boyaux, d'ailleurs, rien qu'à écrire cette critique, je ne me sens pas bien.
Ce Quentin est à la recherche de « spécimens » masculins à opérer (il faut dire que ces pauvres spécimens ne résistent pas longtemps à l'opération...) car il est homosexuel et ne désire assouvir son désir que sur « jeunes hommes en bonne santé. Remplissant certaines conditions de taille, de poids, de carrure et. Il faudrait quelqu'un ayant du ressort & de la vigueur. & bien monté ».
Il nous raconte donc ses chasses, ses traques, ses expériences "médicales", ses faux-semblants avec sa famille, avec les médecins, avec la justice qui l'a déjà condamné à 2 ans avec sursis pour une sombre affaire de poursuite raciale.
Ce Quentin a un physique répugnant, il est sale, il sent mauvais, il évite tout contact visuel.

Je n'en dis pas plus, voici un extrait qui vous résume tout le propos du livre :
« Un ZOMBI ne jugerait pas bien sûr. Un ZOMBI dirait : « Dieu te bénisse, maitre. » Il dirait : « Tu es bon, maitre. Tu es généreux & miséricordieux. » Il dirait : « Encule-moi à me défoncer les boyaux, maitre. » Il mendierait sa nourriture & il mendierait l'air qu'il respire. »
Je continue ? Non, c'est en est assez pour moi. Je me sens mal.

Pour ceux que ça intéresserait :
Joyce Carol Oates est une auteure prolifique et géniale, elle atteint les tréfonds de la psychologie pour les violenter et nous bousculer sans ménagement. J'aime ça, mais ici, c'est trop. Trop. Trop.

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alberthenri
  23 octobre 2017
C'est curieux comme il arrive que l'on se fasse de fausses idées.
Ainsi, je m'étais imaginé que Joyce Carol Oates était une auteure de romans sentimentalo-intellos, une sorte de Danielle Steel pour lectrices de Télérama.*
D'où me venait cette idée ? Mystère, peut-être une simple confusion, erreur sur la personne...
Enfin bref...
Avec Zombi, nous sommes très loin du roman à l'eau de rose, intellectualisant ou pas !
Dans ce roman, l'auteure donne la parole à Quentin, qui d'ailleurs ne parle de lui que comme Q... P...
Q... donc, est un trentenaire fils d'un universitaire, il pourrait être le produit standard de la classe moyenne blanche américaine, mais Q...est un jeune homme "spécial".
Il ne rêve pas d'une belle carrière d'une charmante épouse, et d'une maison au bord d'un lac pour ses vieux jours.
Son grand projet, c'est de créer un zombi, il n'est pas adepte du vaudou, il veut un esclave sexuel tout dévoué.
En cela, il rejoint un certain Jeffrey Dahmer, dont l'auteure s'est manifestement inspirée.
Et la morale dans tout cela, Q...est-il puni..?
Cela, je ne vous le dévoilerai pas, sachez juste qu'on le soigne...
Bien joué Mme Oates, vous nous démontrez, s'il en était besoin, que les femmes écrivent des romans aussi dérangeants et malsains que leurs collègues masculins.
*Je sais, ce n'est pas gentil pour Danielle Steel.
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Woland
  05 mai 2010
Zombie
Traduction : Claude Seban
Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.
C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.
Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.
Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.
Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.
Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...
Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.
C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.
Du grand art. ;o)
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Kittiwake
  17 juillet 2014
Même si les romans de Joyce Carol Oates ont toujours un côté sombre, il est rare d'être à ce point au coeur de la noirceur! Et comment y échapper quand le narrateur est un psychopathe éminemment dangereux, suffisamment intelligent pour élaborer des plans diaboliques et échapper ainsi à la justice. Si une imprudence a pu un jour le faire prendre et repérer par les autorités judiciaires, ce sera la dernière fois...
Malgré le raisonnement en boucle du jeune homme dont le but ultime est de pratiquer une lobotomie sur les sujets qu'il capture, pour en faire des zombis dévoués corps et âmes et acquiesçant à ses pulsions sexuelles, avec force répétition de scénarios de part puis de procédures expérimentales, le récit reste cependant scotchant, mais trop intense pour pouvoir le lire d'une traite : la nécessité de reprendre sa respiration est vitale.
Âmes sensibles s'abstenir : c'est tellement vraisemblable que c'en est encore plus terrifiant.
Je ne suis pas sûre d'avoir pu imaginer un seul instant que ce récit soit de Joyce Carol Oates si je n'en avais pas connu l'auteur avant lecture. J'aurais plus volontiers évoqué Stéphan King ou Jean-Christophe Grangé!
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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kuroineko
  28 octobre 2017
zombie est à mes yeux l'ouvrage le plus dérangeant et déroutant de Joyce Carol Oates. Et côté noirceur, difficile de la dépasser en l'occurrence.
Le narrateur, un tantinet dérangé, cherche à se créer un zombie. Un homme (très jeune de préférence) sur lequel pratiquer une lobotomie afin d'assouvir ses pulsions sexuelles et sadiques sur cette victime toujours consentante.
Il vaut mieux avoir l'estomac bien accroché en entamant ce roman. Outre la violence et la crudité de certaines descriptions, on tourne sans arrêt en boucle dans l'esprit malade du personnage.
Joyce Carol Oates traite rarement du monde merveilleux des Bisounours dans ses romans ou nouvelles, certes. Pourtant, avec ce récit, elle atteint des sommets à faire pâlir d'envie nombre d'auteurs de thriller sanglant.
J'en suis ressortie non pas lobotomisée mais avec la sensation d'avoir reçu un électrochoc. Une partie de moi éprouvait une profonde répulsion pour les confessions du narrateur, diaboliquement rusé qui plus est et une autre ressentait la fascination de ce récit mené avec maestria.
Choquée - et l'estomac barbouillé - force est néanmoins de reconnaître la capacité de l'auteure de se glisser dans toutes sortes de personnages, thèmes et intrigues. Limite qu'elle ferait peur en dépit de sa silhouette menue!
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   05 mai 2010
[...] ... Mais les étudiants me sont interdits. Après cet incident stupide qui, par chance pour Q ... P ..., s'est bien terminé. Il faisait sombre derrière la résidence universitaire & le gosse était ivre & plié en deux en train de vomir & de hoqueter & quand il s'est redressé en m'entendant, le démonte-pneu s'est abattu au-dessus de son oreille & l'a envoyé par terre avant qu'il ait réalisé m'avoir vu & donc ça allait. Je portais mon blouson de toile à capuchon & il n'y avait pas de témoin mais j'ai quand même paniqué & je me suis sauvé, ce que je ne ferais jamais maintenant que j'ai plus d'expérience. Mais ça allait. La leçon a servi.

& à Ypsilanti, il y a longtemps si longtemps que je ne m'en souviens pas vraiment j'étais arrivé à la même conclusion je crois. Car le fait est que la disparition d'un étudiant serait immédiatement remarquée (à l'exception des étudiants étrangers qui sont vraiment loin de chez eux). Leur famille se soucie d'eux. & ils ont une famille.

Un spécimen de ZOMBI plus sûr serait quelqu'un d'extérieur à la ville. Un stoppeur, un vagabond ou un drogué (s'il est en bonne condition physique & pas maigre & esquinté ou malade du SIDA). Ou un type des HLM noires du centre-ville. Quelqu'un dont tout le monde se contrefout. Quelqu'un qui n'aurait jamais dû naître.

Suis sorti de l'amphithéâtre alors que la voix continuait à ronronner & suis allé dans la bibliothèque psy me renseigner sur la LOBOTOMIE. ... [...]
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WolandWoland   05 mai 2010
[...] ... Un vrai ZOMBI serait à moi pour toujours. Il obéirait à tous les ordres & les caprices. En disant "Oui, maître" & "Non, maître." Il s'agenouillerait devant moi les yeux levés vers moi en disant : "Je t'aime, maître. Il n'y a que toi, maître."

& c'est ce qui se passerait, & c'est ce qui serait. Parce qu'un vrai ZOMBI ne pourrait pas dire quelque chose qui n'est pas, seulement quelque chose qui est. Ses yeux seraient ouverts & transparents mais il n'y aurait rien à l'intérieur qui voie. & rien derrière qui pense. Rien qui juge.

& il n'y aurait pas non plus de terreur dans les yeux de mon ZOMBI. Pas de souvenirs. Car sans souvenir il n'y a pas de terreur. ... [...]
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ReservoirDogReservoirDog   29 août 2015
(p. 147, Q... P... ayant repéré un potentiel Zombi qu'il nomme Écureuil) :

"Mes yeux nerveux baissés sur mon assiette où je mange les morceaux de poulet frit spéciaux & les frites spéciales & la coleslaw maison d'H.D mais en suivant du coin de l’œil ÉCUREUIL qui débarrasse les tables des plats sales etc. Des gouttes de transpiration luisantes sur sa lèvre supérieure.

Si seulement tu me regardais. Si seulement tu souriais. Juste une fois!

Mais comme Barry il ne me voit pas. Comme Bruce, il ne me voit pas. & il y a trois jeunes filles en short & dos nu & rideaux coulissants de cheveux brillants dans un des box. & elles taquinent Écureuil qui est leur ami. & il rougit tout gêné dans son tablier sale. Oui mais en aimant ça... aucun doute. MON ZOMBI se pavanant comme un petit coq orgueilleux devant de pareilles connasses!'
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FRANGAFRANGA   08 mai 2012
Un peu d’écoeurement dans l’air, à force de senteurs sur terre…

Une anthologie de la poésie anglaise oubliée par quelqu’un & je l’ai feuilletée dans le club des étudiants, pas celui de l’IUT mais celui de l’Université où je passe quelquefois en début de soirée & ces mots d’un poème de « Gerald Manley Hopkins » m’ont sauté au visage & résonné comme la cloche du conservatoire de musique.
Parce que maintenant c’est le printemps, le mois d’avril & la première année de mise à l’épreuve de Q…P… est terminée.
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zazimuthzazimuth   26 février 2017
& j'ai compris alors que je pouvais habiter un VISAGE INCONNU. Inconnu DANS LE MONDE ENTIER. Je pouvais vivre dans le monde COMME QUELQU'UN D'AUTRE. Je pouvais éveiller PITIE, CONFIANCE, SYMPATHIE, ETONNEMENT & CRAINTE avec ce visage. Je pouvais VOUS MANGER LE COEUR & trouduc vous ne vous en apercevriez même pas. (p.62)
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Videos de Joyce Carol Oates (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joyce Carol Oates
Direction Princeton, dans le New Jersey, à la rencontre de la poétesse, romancière et dramaturge Joyce Carol Oates. Elle signe un roman magistral sur les menaces qui planent aujourd?hui : violences faites aux femmes, avortement ou le poids de la religion... Fresque sur les travers de l?humanité, "Un livre de martyrs américains" est publié aux éditions Philippe Rey.
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Un des nombreux romans de Joyce Carol Oates est consacré à Marilyn Monroe. Quel en est le titre ?

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