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EAN : 9782213706122
848 pages
Fayard (17/11/2020)
  Existe en édition audio
4.09/5   280 notes
Résumé :
Dans le premier volume de ses mémoires présidentiels, Barack Obama raconte l'histoire passionnante de son improbable odyssée, celle d'un jeune homme en quête d'identité devenu dirigeant du monde libre, retraçant de manière personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence - une période de transformations et de bouleversements profonds.
Barack Obama nous invite à le suivre dans un incroyable voyage, de ses prem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
4,09

sur 280 notes

karmax211
  19 mai 2021
"Je suis par nature, plutôt du genre à peser mes mots, ce qui, à l'aune du nombre de bourdes commises en général par les candidats à la présidence, me permettait de rester dans la moyenne basse. Mais le soin que je mettais à choisir mes mots a bientôt révélé un autre problème au cours de la campagne : je m'exprimais de manière beaucoup trop verbeuse, et ça, c'était un vrai souci. Quand on me posait une question, j'avais tendance à donner des réponses contournées et sentencieuses, décomposant instinctivement chaque question en plusieurs parties et sous-parties. S'il y avait deux façons de voir les choses, j'en proposais souvent quatre. S'il y avait un bémol à ajouter à une opinion que je venais d'émettre, je ne me contentais pas de le signaler ; j'en donnais une explication exhaustive."
Puisqu'il s'agit de vous parler de ma lecture du premier tome des mémoires de Barack Obama, il ne m'a pas semblé inopportun de citer en guise d'introduction l'homme, sa lucidité et son honnêteté à se regarder tel qu'il se voit : imparfait mais incorrigiblement soucieux de gommer ses imperfections ou tout au moins d'en limiter l'impact négatif, les effets indésirables.
Tel est cet homme et tel fut ce 44ème président des États-Unis, premier Afro-américain élu à la tête de la première puissance mondiale.
Lui, le premier, sa femme Michelle et certains de ses proches, voire de ses adversaires, lui ont reproché de " compliquer le simple ", d'être " professoral ", un peu trop " intello ".
À partir de ce constat, rien d'étonnant à ce que ce premier tome, qui va de ses origines, de son enfance ( c'est la partie la moins longue ) jusqu'à l'assaut donné à la maison d'Abbotabad au Pakistan lors de l'opération baptisée " Neptune's Spear " ( Trident de Neptune ) et visant à éliminer Ben Laden, contienne 833 pages toutes bien remplies dans un maxi format des mémoires de cet homme hors du commun.
Je ne ferai pas ce que beaucoup de lecteurs font dans leurs présentations, à savoir répertorier les mémoires et les thèmes choisis et abordés par Obama.
Il me semble que c'est un privilège qu'il faut laisser à ceux qui, comme moi et d'autres, ont choisi de partir à la découverte de celui qui a essayé de nous persuader que " yes we can ".
Par ailleurs, la grande majorité des futurs lecteurs de - Une terre promise - ont encore en mémoire les grandes étapes de la vie politique d'Obama.
De l'enfant métissé ayant vécu en Indonésie et à Hawaï, au jeune homme pas très sage. du militant associatif rentré en politique et devenu de manière fulgurante et inattendue le premier président noir des États-Unis. du mari de la très populaire et très médiatique Michelle. du père de Malia et de Sasha. du maître De Bo ( chien qui lui fut offert par Ted Kennedy )... Bo mort il y a deux semaines ( je suis Barak Obama sur les réseaux sociaux... )... nous savons presque tout. C'est pour partie vrai... pour partie simplement.
Car ce que nous savons nous a été raconté dans la presse, à la télévision par des journalistes, des témoins, des biographes autorisés ou pas.
Mais y-a-t-il meilleur témoignage que celui qui a commis une vie, sa vie, dont nous pensions tout connaître ?
Alors lorsque Barak Obama se livre pour L Histoire à ce que fut son histoire, nous pénétrons dans les coulisses, nous sommes invités derrière le rideau, " dans l'intérieur " de la tête de l'homme ", comme aurait dit Prévert.
Et nous vivons son enfance, sa famille, ses études, son entrée en politique, ses élections, sa " consécration ", l'exercice du pouvoir, la crise des subprimes, la grande crise économique des années 2008/9 et 10, le sauvetage des banques, de l'industrie automobile, le retour du chômage, ce qu'on a appelé " l'Obamacare ", son Prix Nobel, les conflits en Afghanistan, l'Irak, ses rapports avec les "grands de ce monde" ( j'y reviendrai ), le terrorisme ... qui se souvient de la prise d'otages du porte-conteneurs Maersk-Alabama par de jeunes pirates somaliens du groupe Al-Shabaab ?, l'obstructionnisme parlementaire qui est une des plaies de la démocratie américaine, surtout depuis la montée du populisme, d'abord incarné par le Tea Party puis aujourd'hui par le Trumpisme, sa cinglante et historique défaite aux élections de mi-mandat en 2010, les Printemps Arabes, le conflit libyen et la chute de Khadafi, les tensions avec l'Iran et l'accord que Trump piétinera, le début de la boucherie d'Assad en Syrie, son rapport à l'écologie et la catastrophe de Deepwater... chacun de nous a en mémoire les canalisations sous-marines de BP laissant échapper l'équivalent de milliers de barils de pétrole dans les eaux souillées au large des côtes de la Nouvelle Orléans... jusqu'à l'opération " Trident de Neptune ".
Ces quelques points de repère qui firent notre actualité il y a quelques années, Obama nous les fait vivre de l'intérieur ; nous sommes aux premières loges.
Son livre de mémoires, intelligent, lucide, ne caresse personne dans le sens du poil ; lui-même ne cède pas au chant des sirènes de l'autosatisfaction... au contraire !
Plusieurs passages m'ont donné à sourire... et à penser...
Je vous en livre deux.
Le premier concerne Nicolas Sarkozy...
" Sarkozy , en revanche, était tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques. Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens ( son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec ), et de petite taille ( il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir ), on aurait dit un personnage sorti d'un tableau De Toulouse-Lautrec. Bien qu'issu d'une famille aisée, il reconnaissait que ses ambitions étaient en partie alimentées par le sentiment d'avoir été toute sa vie un étranger... Lorsqu'il s'agissait de stratégie politique, il n'hésitait pas à faire de grands écarts, souvent poussé par les gros titres ou l'opportunisme politique. Ce qui manquait à Sarkozy en matière de cohérence idéologique, il le compensait par l'audace, le charme et son énergie frénétique."
Le second est réservé à Trump, dont Obama ( là aussi vous vous en souvenez tous ) a été "la cible" ( le mot est à prendre au sens quasi JFK du terme )... à propos d'un bulletin de naissance falsifié ( birthirism )... qui a pourri ( déjà ! ) une partie de son mandat...
Lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche.
" Je sais qu'il a essuyé quelques critiques dernièrement, ai-je dit, mais personne n'est plus heureux et plus fier que notre ami Donald de pouvoir tirer un trait sur cette histoire d'acte de naissance. Parce que, maintenant, il va pouvoir recommencer à se concentrer sur les vraies questions. Est-ce que nous sommes vraiment allés sur la lune ? Que s'est-il réellement passé à Roswell ? Et qu'est-il arrivé aux rappeurs Biggie et Tupac ? Un rire a parcouru l'assistance et j'ai poursuivi sur le même ton, relevant " les qualifications et les vastes connaissances " qu'il avait acquises en présentant l'émission " The Celebrity Apprentice ", avant de le féliciter pour sa réaction avisée lors de l'épisode dans lequel " l'équipe des hommes n'avait pas réussi à impressionner les juges du grill Omaha Steaks... C'est le genre de décision qui pourrait me faire perdre le sommeil. Bravo, monsieur. Je vous tire mon chapeau.
L'assistance riait aux éclats ; au milieu, Trump muet, souriait jaune. Je n'imaginais même pas les pensées qui avaient pu le traverser pendant les quelques minutes où je l'avais mis en boîte devant tout le monde. Ce dont j'étais sûr, c'est qu'il savait faire le spectacle, et que, en 2011, aux États-Unis, cela constituait en soi une forme de pouvoir. La monnaie avec laquelle commerçait Trump, quoique superficielle, semblait prendre chaque jour un peu plus de valeur. Les journalistes qui riaient à mes blagues continueraient à l'inviter. Leurs employeurs se battraient pour l'avoir à leur table.
Loin d'être ostracisé à cause des conspirations qu'il avait colportées, il apparaissait au contraire plus influent que jamais."
Une somme de 833 pages, que je n'ai fait qu'effleurer tant le propos est riche, dense. Touchant lorsque le président et l'homme s'effacent pour céder la place au mari et surtout au père.
Touchant aussi dans cette dualité homme-président... où certaines décisions affectent l'homme ( les guerres et le sort des hommes engagés dans ces conflits ) et frustrent le président ( les résultats ne sont jamais à la hauteur de ce que l'on voudrait... la pauvreté, le chômage, l'éducation, la santé, le racisme.. )
Un livre authentique, sincère, d'un intérêt historique et humain indéniable... où les seules pages qui m'ont fait "ramer", sont celles consacrées à l'économie... laquelle est très éloignée de mon domaine de compétence.
En guise de conclusion, ces réflexions de Barak Obama.
" Je suis un réformateur, conservateur de tempérament."
" Quoi que tu fasses ce ne sera pas assez : mais essaie quand même ! "
Un livre à lire !
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FredMartineau
  10 avril 2021
Après ceux de Madame, je me suis plongé dans les souvenirs de Monsieur. Une terre promise de Barak OBAMA m'a occupé un long moment, le livre compte 833 pages d'un récit entrecoupé de quelques photos, et donné l'occasion de mieux connaître le parcours et le destin de celui qui devint le premier président noir des États-Unis. Je m'étais réjoui de son élection et de sa réélection, de l'espoir qu'elles portaient, même si l'absence de majorité au Congrès pendant de nombreuses années lors de ses mandats ne lui aura pas permis de faire évoluer la société américaine autant qu'il l'aurait souhaité. Cette déception teinte le récit du bilan de son passage à la Maison-Blanche, un sentiment qu'il savait devoir marquer les esprits tant les attentes qu'il a suscitées étaient démesurées au regard du jeu politique, fait d'alliance, de trahison, d'opposition par principe quel que soit le bienfondé de la loi soumise au vote, du pouvoir de nuisance des lobbys, du manque de courage d'élus seulement inquiet de leur réélection et de tous les aléas qui surviennent et battent en brèche les programmes les plus ambitieux. Souvent, il sera impuissant malgré sa position à la tête du pays qui domine le concert des Nations même si le leadership américain est remis en cause par la Chine. Souvent les réalités géopolitiques l'emporteront sur les désirs de changement, d'un monde plus juste et plus pacifique. Je retiens en particulier sa narration du moment où il reçoit le prix Nobel qui correspond à une décision d'envoyer plus de soldats en Afghanistan et au début de son renoncement à l'une de ses promesses de campagne… il n'émet pas de regrets à avoir dû endosser le rôle de chef de guerre d'une période qui verra la Libye, la Syrie s'embraser, sans que ne s'achèvent les conflits en Irak et en Afghanistan. Dans la deuxième partie de l'ouvrage dominent ses frustrations de n'avoir pas réussi à mettre en oeuvre la politique sociale qu'il espérait déployer dans la première partie qui elle, retrace son chemin vers la présidence et les rêves du candidat.
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gabb
  26 juillet 2021
Mazette ! Quel morceau !
890 pages, 16x25cm, 1.16Kg : voilà pour les mensurations. Pas l'idéal pour voyager, ni pour lire sur la plage, mais tellement (TELLEMENT) instructif !
Moi qui ne suis pourtant pas spécialement féru d'ouvrages biographiques, et dont l'essentiel des connaissances en terme de politique américaine se limite plus ou moins en ce qu'en montre l'excellente série House of Cards (on fait avec ce qu'on a, hein), j'ai été bluffé !
Quelle densité, quelle variété et quelle complexité dans les problématiques abordées ("le monde est compliqué, c'est pour ça qu'il est intéressant"), quelle impressionnante somme d'informations et d'anecdotes, quelle intelligence dans le propos et dans le ton...
Quel bonhomme, enfin !
N'attendez donc pas de moi un compte-rendu exhaustif de cette lecture, l'entreprise serait évidemment titanesque (et puis c'est les vacances, pardi !). Je vais plutôt me contenter d'aller à l'essentiel, qui tient en 5 lettres : W-A-H-O-U ! (vous noterez la profondeur de l'analyse critique)
De la première à la dernière page, depuis l'entrée hésitante sur la scène politique de celui qui deviendra le 44ème président des Etats-Unis jusqu'à l'élimination d'Oussama Ben Laden (dernier fait marquant du premier mandat Obama) en passant par les coulisses agitées de la campagne présidentielle, le cataclysme de la crise des subprimes, la réforme du système de santé et la mise en place chaotique de l'Obamacare, le sommet écologique de Copenhague et la catastrophe pétrolière de la plate-forme Deepwater Horizon, la gestion des conflits d'Irak ou d'Afghanistan, les nombreuses visites diplomatiques à travers la planète et la remise du prix Nobel de la paix, imaginez bien qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer !
La première partie notamment, qui relate en détails la course à la présidence et qui fourmille d'anectodes surprenantes, m'a particulièrement intéressé. On y découvre toute la violence de ces campagnes électorales où tous les coups bas sont permis et où le moindre mot de travers peut tout faire s'écrouler.
Il y a vraiment quelque chose de grisant à pénétrer ainsi dans les coulisses de l'Histoire, à visiter l'envers du décor, à entrouvrir la porte du bureau ovale ! On y découvre un personnage inspirant, cultivé, pragmatique, appartement porté par un vrai sens de l'intérêt commun, en bref quelqu'un d'éminemment sympathique !
Au fil des pages il se révèle aussi fin stratège, brillant sur la piste du grand cirque politique et médiatique, armé pour participer au petit jeu des compromis et des tractations entre groupes d'intérêts divers, dans le but de susciter un maximum d'adhésion et d'incarner l'espoir d'un renouveau.
Evidemment, certains chapitres m'ont semblé plus ardus que d'autres (le volet économique, par exemple, me dépasse complètement).
Evidemment aussi, la multitude de noms propres, de références à des personnages qui m'étaient complètement étrangers (membres du gouvernement, de la pléthorique équipe de communication, de l'opposition républicaine, du Sénat ou de la Chambre des représentants) s'est avérée à la longue un peu harassante.
Evidemment enfin, le regard que porte Obama sur son propre bilan est nécessairement biaisé, et il ne faudrait pas se laisser abuser par son éloquence ni par la qualité indéniable de sa plume. Si son accession à la présidence avait suscité un enthousiasme fou, force est de constater que tout n'a pas idéalement fonctionné au cours de ce mandat marqué par quelques échecs, que l'intéressé avait pourtant anticipés avant même son investiture ("Au fond, réalisais-je, les gens ne me voyaient plus, moi, avec toutes mes particularités et tous mes travers. C'était plutôt comme s'ils s'étaient emparés d'une effigie de moi-même pour l'investir d'un million de rêves différents. Je savais qu'un moment viendrait où je finirais par les décevoir, par ne pas être à la hauteur de l'image que ma campagne et moi avions façonnée"), mais qu'il a néanmoins un peu de mal à assumer.
Le livre n'en demeure pas moins passionnant, et là où certains relevèront peut-être des preuves manifestes d'ambition ou de fausse modestie (n'est-ce pas l'apanage de tous les grands hommes d'état ?), je retiendrai avant tout le témoignage lucide d'un homme énergique, doué d'une rare intelligence mais non dénué d'humour et d'auto-dérision, habité par sa fonction, attaché bien sûr à la préservation des interêts amécicains et cependant ouvert sur le monde.
Un homme aussi très proche des siens (Michelle, Malia, Sasha) et plus largement de tous ses compatriotes.
A l'heure où l'ensemble de la classe politique est trop systématiquement conspuée, décrédibilisée, je ne peux que conseiller la lecture d'Une terre promise pour mesurer la dimension colossale des défis (sociaux, économiques, écologiques, ...) portés par ceux qui nous gouvernent.
Moi qui réfléchis toujours à deux fois avant de choisir une paire de chaussettes, je n'ose imaginer l'ampleur des dilemmes qui se présentent à chaque minute au dirigeant de la première puissance mondiale, soumis à une pression permanente (de ses électeurs, de ses opposants et de l'ensemble de la communauté internationale), et dont la moindre décision peut se révéler infiniment lourde de conséquences.
Plus d'une fois, Obama qui avait pourtant de si beaux projets et qui comptait piloter l'Amérique comme un hors-bord véloce et puissant nous donne l'impression d'être, de son propre aveu, à la barre d'un paquebot fou, balloté par d'incessantes tempêtes (à commencer par celle d'une crise financière et économique mondiale).
Le monstre semble alors impossible à manoeuvrer à cause des éléments extérieurs déchaînés, de l'inertie due aux lourdeurs administratives ou aux redoutables obstructions parlementaires. le moindre changement de cap peut provoquer des vagues diplomatiques inatendues et se transformer sur le long terme en véritable tsunami : Obama démontre ici avec brio que la meilleure volonté du monde, doublée d'un dynamisme à toute épreuve et d'un certain sens du calcul politique, ne suffisent pas toujours pour mener l'embarcation à bon port.
Lui qui souhaitait dans ce premier volume "offrir au lecteur une idée de ce que c'est qu'être président des Etats-Unis", j'estime que le contrat est largement rempli et je m'incline volontiers devant l'immensité des enjeux auxquels il s'est trouvé confronté.
Que les Américains sachent que je ne me présenterai donc pas en 2024, mais que je lirai avec plaisir le deuxième tome des mémoires de Barack Obama !
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Lesaloes
  22 novembre 2020
« L'audace d'espérer »
Par quel profond mystère, volonté ou hasard, le doigt du Destin se pose un jour sur l'épaule d'un être pour le désigner au pays comme l'élu attendu ? Ou s'agit-il d'une prédestination ? Il appartiendrait alors à la Divinité, si chère aux Américains empreints de religion, de rendre ses décrets. C'est la calme certitude du Révérend Otis Moss, promoteur du mouvement des Droits civiques aux côtés de Martin Luther King : le métis hawaïen en proie au doute, au nom improbable de Barak Hussein Obama, est chargé de la mission de guider la nation hors du désert vers une Terre biblique promise.
« Chaque génération est limitée par ce qu'elle sait. Ceux d'entre nous qui ont participé au mouvement, les géants comme Martin, les lieutenants et les fantassins comme moi... nous sommes la génération Moïse. […] Nous sommes sortis d'Égypte, pour ainsi dire. Mais nous n'avons pas pu poursuivre notre voyage au-delà.
« Vous, Barack, vous faites partie de la génération Josué. Vous et vos semblables êtes responsables de la prochaine étape. Les gens comme moi peuvent vous offrir la sagesse de leur expérience. Peut-être saurez-vous tirer des leçons de nos erreurs. Mais, au bout du compte, c'est à vous, avec l'aide de Dieu, que revient la tâche de bâtir à votre tour sur nos propres fondations, et de mener notre peuple et ce pays hors du désert. » (p.174)
La conquête des sommets « Yes we can ! »
Plus prosaïquement, à la lecture de ses Mémoires, la réussite d'Obama s'explique par la triple conjonction de facteurs de réussite, un alignement exceptionnel de planètes. Un, le moment de l'histoire des Etats-Unis ; deux la profonde volonté de changement du pays ; trois les qualités d'exception d'un être lancé dans l'action, tel « un boulet qui vient d'être éjecté d'un canon ».
Les années Bush sont marquées en effet par les années de guerre en Irak, le tsunami économique de la crise des subprimes et la mondialisation, autant de « changements qui bouleversaient le paysage urbain, non seulement à Chicago mais partout ailleurs aux États-Unis – le déclin de l'industrie, l'exode des populations blanches loin des centres-villes, la paupérisation de toute une frange de la population, silencieuse et isolée, tandis que l'apparition d'une nouvelle classe éduquée accentuait le phénomène de gentrification dans certains quartiers. » (p. 28). Sans compter la fatalité originelle des USA, la discrimination raciale qui divisait le pays et conduit jadis à la guerre de Sécession.
D'où la formidable volonté de changement : « Le pays était avide d'une nouvelle voix. Je ne serais jamais en meilleure position pour me lancer et, grâce à ma popularité auprès des jeunes, dans les minorités et chez les indépendants, j'étais en mesure d'élargir le champ au profit des démocrates dans toutes les élections à venir. »
L'élection présidentielle résulte de la rencontre entre un homme et un peuple. Et Obama réunissait toutes les qualités pour réussir : un relatif manque d'expérience malgré son cursus honorum de sénateur le l'Illinois puis du Congrès, un homme neuf, jeune la quarantaine, loin des intrigues et des compromis de Washington.
Un Verbe chargé d'émotion et de sincérité portant à la communion « Et puis, au bout d'un moment, je trouve mon rythme. La foule cesse de rugir et écoute en silence[…] C'est une sensation physique, une émotion qui se propage comme une onde électrique entre vous et l'auditoire […] Vous avez touché au coeur d'un esprit collectif, vous avez atteint quelque chose que nous connaissons et désirons tous – le sentiment d'un lien qui abolit nos différences et les remplace par une immense vague de possibilités – et vous savez que ce moment, comme tous les moments les plus importants de la vie, est éphémère, et que bientôt le charme sera rompu. » (convention démocrate nationale).
Enfin la volonté et l'ambition de changer le monde « Mais l'idée de l'Amérique, la promesse de l'Amérique : ça, je m'y accrochais avec une obstination qui me surprenait moi-même. « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux » – voilà l'Amérique telle que je la concevais. L'Amérique de la Déclaration d'indépendance, de Tocqueville, le pays de Whitman et de Thoreau, où nul ne m'était inférieur ou supérieur ; l'Amérique des pionniers qui étaient partis vers l'Ouest en quête d'une vie meilleure ou des immigrés qui avaient débarqué à Ellis Island, poussés par la soif de la liberté. » (28)
Une longue et difficile odyssée, un incessant travail d'équipe le mèneront enfin jusqu'à la Terre promise : « Et puis, tout à coup, mon visage a surgi en gros plan à l'écran et ABC News a annoncé que j'allais devenir le quarante-quatrième président des États-Unis. Tout le monde a explosé de joie. […] Quoi que j'aie pu accomplir pour ma part, c'étaient eux, leur talent, leur travail acharné, leur perspicacité, leur ténacité, leur loyauté et leur générosité, ainsi que le dévouement de toute l'équipe, qui avaient rendu ce moment possible. »
Conclusion : se confronter à la réalité du monde
Une terre promise narre l'odyssée d'un obscur métis idéaliste né à Hawaï qui deviendra le premier président noir du pays. Un Rêve américain, à la portée de tous : « Ce livre est avant tout pour ces jeunes gens une invitation à refaire le monde une nouvelle fois, et à faire advenir, par le travail, la détermination et une bonne dose d'imagination, une Amérique qui se mettra enfin au diapason de tout ce qu'il y a de meilleur en nous. » (Préface)
Un plaidoyer pro domo certes - il lâche ses coups et donne, enfin, libre cours à ses colères et à ses indignations - qui révèle les grands traits de caractère d'un président habité par ses convictions, déterminé, volontaire, plein d'humour et porté à l'émotion ; mais, confronté à la réalité du monde, il s'oblige à composer, à limiter son action par « cynisme, calcul, et une forme de prudence déguisée en sagesse » (p. 816) ; au risque de décevoir comme le prévient Vaclav Havel « Votre malédiction, c'est que les gens attendent beaucoup de vous. Car cela signifie qu'ils pourront être vite déçus. C'est une chose dont j'ai l'habitude. Je crains que cela ne soit un piège. »
Si Barack OBAMA in fine s'est appliqué en pédagogue avec autant de scrupule aux détails de sa Terre promise, à ses Travaux et ses jours, nous le comprenons à présent et il le savait, c'est qu'il présente ici les pièces à conviction de sa présidence à la postérité et au jugement de l'Histoire.
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Lilou08
  12 décembre 2020
Globalement, j'aime beaucoup le couple Obama et j'avais lu avec beaucoup d'intérêt, il y a deux ans le livre de Michelle Obama « Devenir ». Alors quand Barack Obama a publié le premier volume de ses mémoires, « Une terre promise », juste après une élection présidentielle américaine singulière que j'ai suivie avec intérêt et passion, je n'ai pas hésité, il me fallait le lire. Bon, il faut savoir que c'est très intéressant et souvent passionnant à lire, mais que c'est un gros pavé : 890 pages tout de même ! Et parfois, voire même souvent, n'ayant pas toutes les connaissances nécessaires en économie ou sur l'histoire ou tout simplement la civilisation américaine, j'ai été un peu perdue. Cependant, Barack Obama est assez pédagogue dans ses propos et donne très souvent des explications au fur et à mesure. Il devait bien se douter que certains de ses lecteurs en aurait besoin. J'ai tout de même trouver son écriture très accessible, agréable et j'ai été assez étonnée aussi par sa franchise et parfois même son autodérision. Venant d'une personnalité de son importance, c'était plutôt rafraichissant et bienvenu. Barack Obama parle peu de son enfance dans ce livre, il l'a déjà fait dans d'autres livres, du coup il n'en esquisse que quelques éléments fondamentaux, sa mère et sa grand-mère, toutes deux blanches et sa demi-soeur, Maya, ses années en Indonésie, puis à Hawaï et ses études. L'essentiel de son récit relate son travail en tant que sénateur à Springfield dans l'Illinois pendant 8 ans et celui de sénateur au Sénat fédéral à Washington pendant 4 ans, puis bien sûr celui de président des Etats-Unis d'Amérique. Il nous raconte aussi ses campagnes électorales incroyablement exaltantes et épuisantes avec des règles électorales complètement différentes que celles que nous connaissons en France. Barack Obama nous raconte les dessous de tous ces évènements que l'on suit habituellement comme spectateurs à la télé et sur les réseaux. Pour être honnête, je me doutais bien qu'être président des USA n'était pas simple, mais là franchement, c'est au-delà de ce que je pouvais imaginer. Des journées de douze à seize heures de travail. Quand je pense qu'un certain Donald Trump passe son temps devant la télé et sur les cours de golf, cela me laisse sans voix. Difficulté de la présidence, d'autant plus qu'on a oublié, mais Barack Obama, élu en novembre 2008 et qui a pris ses fonctions en janvier 2009, arrive en pleine crise financière dite « des subprimes » démarrée aux Etats-Unis et qui a touché la planète entière. C'était une période plus que tourmentée, chômage en masse, personnes expulsées de leurs maisons, Wall Street en chute libre, les banques en faillite etc. Bref, son mandat présidentiel commençait avec une situation économique désastreuse et il lui a fallu beaucoup travailler pour rapidement trouver des solutions pour remettre son pays à flots. Et bien sûr tout cela avec les obstructions incessantes des Républicains, des coups bas indignes de politiques censés travailler pour le bien de leur pays et de ses citoyens. La politique est un milieu dur en France, mais franchement aux Etats-Unis c'est au-delà de tout, lamentable, tellement plus dur et ignoble. Et à ce moment-là, Trump n'était pas encore vraiment là, même si on sent les prémisses de la montée en puissance de ses idées (Sarah Palin, Tea Party…). Tout en essayant de relancer l'économie de son pays, Barack Obama travaille également à sa grande loi sur la santé aux USA, la fameuse Obama care. C'est fou de voir combien il lui a été tellement difficile de faire avancer les choses qui semblent si fondamentales pour le mieux-être des Américains, pour qu'ils puissent tous se faire soigner sans se ruiner, et surtout qu'ils ne soient plus obligés de renoncer aux soins faute d'argent. A cause de l'opposition féroce des Républicains, l'Obama care a apporté des avancées, mais beaucoup moins que ne l'espérait Barack Obama. Etre président des Etats-Unis ne donne pas tous les pouvoirs, loin de là, et même si le président a des objectifs humanistes et progressistes, il est confronté à un mur d'oppositions. Et cela a été encore plus difficile après les élections de la mi-mandat, avec la défaite des démocrates. Encore plus qu'en France, les Américains sont pratiquement toujours en période électorale et cela n'apporte pas de stabilité suffisante je trouve pour pouvoir vraiment travailler en profondeur. Au fil de ses souvenirs, souvent très détaillés, on revit les évènements américains et/ou internationaux qui ont parsemé ses deux premières années de présidence. Cela permet de se rendre compte qu'on oublie vite. J'ai aimé revivre avec Barack Obama toutes ces années passées (les printemps arabes, la ruine de la Grèce, la chute d'Hosni Moubarak, l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, les guerres en Irak et Afghanistan, l'Iran, Israël et la Palestine, la mort d'Oussama Ben Laden etc.) et ses rencontres avec les différents chefs d'Etat (Sarkozy, Merkel, Poutine,…). Oui cette terre promise est passionnante à lire et j'avoue que mon admiration pour l'homme, son humanité, son ouverture d'esprit, son courage, en ont été confortées. A lire même si un peu long… et ce n'est que le premier volume !
Lien : https://mapassionleslivres.w..
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critiques presse (3)
Lexpress   01 décembre 2020
Avec "Une terre promise", le premier tome de ses Mémoires d'ex-président états-unien, Barack Obama débarque en vainqueur dans le palmarès des essais.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   18 novembre 2020
890 pages pour retracer près de 30 ans de carrière politique, des premières aspirations à la Maison-Blanche. Mardi 17 novembre, Une Terre promise, le premier tome des mémoires de Barack Obama, 44e président des États-Unis, sort partout dans le monde.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   17 novembre 2020
Premier tome des mémoires de Barack Obama, Une terre promise. (...) Une passation des pouvoirs courtoise et élégante... qui contraste de manière saisissante avec le climat politique actuel, où Donald Trump refuse toujours d’admettre sa défaite contre Joe Biden près de deux semaines après l’élection américaine.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
gabbgabb   10 juillet 2021
[ à l'occasion de la remise du prix Nobel de la paix ]

Mon souvenir le plus marquant, toutefois, est une scène qui s'est déroulée avant le dîner, à l'hôtel. La nuit commençait à tomber et Michelle et moi venions de finir de nous habiller, quand Marvin a toqué à la porte et nous a suggéré de jeter un coup d'oeil par la fenêtre. Nous avons écarté les rideaux et découvert, quatre étages plus bas, un attroupement de plusieurs milliers de personnes qui bouchait la rue étroite. Chacune d'elles brandissait une petite bougie, façon traditionnelle pour les habitants de la ville d'exprimer leur considération pour le lauréat du Nobel de la paix. C'était un spectacle magique, une nuée d'étoiles descendues du ciel, et quand nous nous sommes penchés à la fenêtre, dans l'air frais qui nous piquait les joues, sous les hourras de la foule, je n'ai pu m'empêcher de penser aux affrontements quotidiens qui enflammaient toujours l'Irak et l'Afghanistan, ainsi qu'aux cruautés, aux souffrances et aux injustices auxquelles mon gouvernement commençait tout juste à s'attaquer. L'idée qu'une seule personne, moi ou une autre, puisse apporter de l'ordre à ce chaos me paraissait risible; considéré sous cet angle, tous ces gens acclamaient une illusion. Et pourtant, j'ai aussi vu autre chose dans le vacillement de ces bougies. J'y ai vu l'esprit de millions de personnes partout dans le monde : le soldat américain qui monte la garde à Kandahar, la mère iranienne qui apprend à lire à sa fille, l'activiste russe prodémocratie qui rassemble son courage avant une manifestation ... toutes celles et ceux qui refusaient de renoncer à la possibilité d'une vie meilleure et à leur place dans ce monde, quels que soient les risques et les obstacles.
J'entendais leurs voix qui me disaient: Quoi que tu fasses, ce ne sera pas assez.
Mais essaie quand même.
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ZilizZiliz   18 novembre 2020
Sarkozy était tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques. Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens, et de petite taille (il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir), on aurait dit un personnage sorti d'un tableau de Toulouse-Lautrec...
(...)
[Les discussions avec Sarkozy étaient] tour à tour amusantes et exaspérantes, ses mains en mouvement perpétuel, sa poitrine bombée comme celle d'un coq nain.
(...)
Ce qui faisait défaut à Sarkozy en matière de cohérence idéologique, il le compensait par l'audace, le charme et une énergie frénétique.
(...)
Dès lors qu'il s'agissait de stratégie politique, [il] n'hésitait pas à faire de grands écarts, souvent poussé par les gros titres ou l'opportunisme politique.

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>> https://www.franceinter.fr/monde/dans-ses-memoires-barack-obama-egratigne-nicolas-sarkozy-et-ses-comportements-emotifs
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gabbgabb   04 juillet 2021
[ En visite dans un hôpital militaire ]

Et pourtant, chaque fois que j'entrais dans une chambre, chaque fois que je serrais une main, je ne pouvais ignorer l'incroyable jeunesse de ces soldats, pour la plupart tout juste sortis du lycée. Je ne pouvais m'empêcher de remarquer les cernes d'angoisse sous les yeux des parents, eux-mêmes souvent plus jeunes que moi. Je n'oublierais pas la colère à peine réprimée d'un père, m'expliquant que son fils, ce beau gars qui était allongé devant nous, sans doute paralysé à vie, fêtait son vingt et unième anniversaire ce jour-là, ou le regard éteint d'une jeune mère assise avec un bébé qui gazouillait joyeusement dans ses bras, songeant à la vie qui l'attendait avec un mari qui, certes, survivrat probablement, mais ne serait plus capable de pensées conscientes.

Plus tard, vers la fin de ma présidence, le New York Times publierait un article sur mes visites des hôpitaux militaires, dans lequel un ancien conseiller du département d'État prétendait que cette pratique, même si les intentions initiales étaient louables, ne devait pas être celle d'un commandant en chef - que rendre visite aux blessés perturbait inévitablement l'aptitude d'un président à prendre des décisions stratégiques lucides. J'ai été tenté d'appeler cet homme pour lui expliquer que je n'étais jamais plus lucide que lors du vol au retour de Walter Reed ou de Bethesda. Lucide sur les coûts véritables de la guerre, et l'identité de ceux qui supportaient ces coûts. Lucide sur la folie de la guerre, les tristes contes que nous autres humains stockons collectivement dans nos esprits et transmettons de génération en génération - des abstractions qui attisent la haine, justifient la cruauté et forcent même les plus justes d'entre nous à participer au carnage. Lucide sur le fait que, en vertu de ma fonction, je ne pouvais fuir mes responsabilités face à des vies perdues ou brisées, même si d'une façon ou d'une autre je justifiais mes décisions par ce que je percevais comme un plus grand bien commun.
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karmax211karmax211   19 mai 2021
Les discussions avec Sarkozy étaient ainsi tour à tour amusantes et exaspérantes, ses mains en mouvement perpétuel, sa poitrine bombée comme celle d'un coq nain, son interprète personnel (contrairement à Merkel, il parlait un anglais limité) toujours à ses côtés, reflet exalté de chacun de ses gestes, de chacune de ses intonations, tandis que la conversation passait de la flatterie à la fanfaronnade, sans manquer d'une authentique perspicacité ni jamais s'éloigner de son intérêt premier, à peine déguisé, qui était de se trouver au coeur de l'action et de s'attribuer le mérite de tout ce qui valait qu'on s'en attribue le mérite.
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gabbgabb   19 juin 2021
À la fin de mon discours, quand je descendais de la tribune pour serrer quelques mains le long du cordon de sécurité, je voyais souvent des gens qui hurlaient, qui jouaient des coudes, qui tentaient de m'attraper. Certains pleuraient, d'autres effleuraient mon visage du bout des doigts et, même si j'essayais de les en dissuader, des parents me tendaient leurs bébés en larmes par-dessus une foule d'inconnus pour que je les prenne dans mes bras. Toute cette frénésie était assez amusante, et parfois touchante, mais c'était aussi un peu déconcertant. Au fond, réalisais-je, les gens ne me voyaient plus, moi, avec toutes mes particularités et tous mes travers. C'était plutôt comme s'ils s'étaient emparés d'une effigie de moi-même pour l'investir d'un million de rêves différents. Je savais qu'un moment viendrait où je finirais par les décevoir, par ne pas être à la hauteur de l'image que ma campagne et moi avions façonnée.
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