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ISBN : 2246852560
Éditeur : Grasset (13/01/2016)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Erudit non conformiste, gastronome distingué, œnologue jouisseur, aventurier mélomane, amoureux de l'amitié, le Morvandiau Chassignet, personnage emblématique des premiers romans de Gérard Oberlé, ressemble beaucoup à son créateur, tout comme les trois histoires qu’il nous conte ici…
En Egypte, dans un hôtel d’Assouan où il passe ses hivers, une femme mystérieuse fascine Chassignet : par quel étrange destin Mitzi se trouve-elle sur les bords du Nil pour y jo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
hcdahlem
  02 avril 2016
Roman ou nouvelles, court roman suivi de deux nouvelles ou encore trois récits ? Après tout qu'importent les étiquettes, car la seule notion qui compte ici est le plaisir. Un plaisir que je vous promets gouailleur, érudit, épicurien et pour tout dire jouissif.
J'imagine l'auteur à sa table de travail dialoguant avec Claude Chassignet, son double de plume tout en pensant au prochain bon repas qui l'attend, à la chronique qu'il prépare pour le magazine Lire et qui permettra à ses lecteurs de découvrir l'un de ces nombreux auteurs qui est parti avec son oeuvre et qui méritait sans doute davantage de considération.
J'imagine aussi que c'est en cheminant avec les trésors de sa bibliothèque qu'il conçoit la trame des histoires qu'il nous offre. Là une description d'Assouan, ici une légende néo-calédonienne. À moins qu'il ne sorte de ses carnets quelques notes de voyage, comme quand il revient d'une virée dans l'ouest américain.
Mais foin de digressions, venons-en à Chassignet et aux bonnes nouvelles que son voisin entend partager avec lui autour d'une dive bouteille, par exemple «une dégustation verticale de corton-charlemagne».
Le livre s'ouvre sur l'une de ces rencontres peu ordinaires que l'on peut faire en voyageant. C'est ainsi qu'il croise, lors d'un séjour en Egypte, une baronne «qui n'était ni allemande, ni autrichienne, mais piémontaise et s'appelait Michaela Balli». On découvrira bien vite que derrière sa noblesse apparente se cachait en fait une starlette qui avait tourné quelques films sous le nom de Lina Graziani avant de se rendre compte qu'elle ferait une carrière plus réussie en se laissant séduire par de riches partis. Um ambassadeur lui fera faire le tour du monde avant de succomber, suivi par un richissime financier, collectionneur, bibliophile, amateur de chevaux et mécène. de Gaviria de la Barta, elle devint Mrs Finch avant de convoler une nouvelle fois avec Hugo von Engenthal-Ballerstein, baron fauché mais qui aimait les femmes et mourut à son tour trois mois après son mariage dans un bordel de Hambourg.
Voilà qui offre à la veuve joyeuse l'opportunité de parcourir le monde et de faire tourner quelques têtes sur son passage, dont celle de notre narrateur.
En passant, il nous parle d'une compatriote qui tient la réception de l'hôtel et pourra l'éclairer sur quelques épisodes encore obscurs, croise le jeune Aïman qui, après avoir été pris à la hussarde par un amateur d'éphèbes exotiques, comprend comment sortir de la misère : «L'attentat a suscité une vocation qu'Aïman a embrassée avec enthousiasme. Son petit bizness de garçon de joie a prospéré rapidement» car il se donnait aussi bien aux hommes qu'aux femmes.
Très vite le lecteur est pris par le charme suranné de ce récit et on en redemande.
Cela tombe bien, car voici l'histoire d'un banquier parisien bien sous tous rapports échoué en Nouvelle-Calédonie. Une gueule. «Combien de coups de tabac et de revers de fortune fallait-il additionner avant de se forger une tronche aussi fascinante ? Il faut croire qu'à certaines natures dégradées l'adversité imprime des stigmates distinctifs, un cachet de race.»
Encore un récit de vie que l'on doit à la curiosité exarcerbée du narrateur, mais aussi au partage d'une bonne bouteille : «Par expérience, une expérience jamais contredite, je puis attester que le vin est à l'origine de biens des phénomènes miraculeux.»
Toutefois il sait aussi s'adapter aux coutumes locales et n'hésitera pas à passer au bourbon frelaté quand il tombera en rade lors de sa traversée des Etats-Unis. Car Chassignet passait quelquefois le printemps en Arizona, à Araucania, chez son vieux copain Kenton. Cette fois, il manifesta l'intention d'inviter ses deux filles pour célébrer l'anniversaire de sa femme Linda. Mimsi, la cadette, avait l'intention de venir avec son boyfriend australien qui devait atterrir à Miami.
Aussi fut-il décidé d'aller le chercher en Floride pour faire le voyage en voiture. Plus exactement au volant d'une Buick Skylark des années 80 qui rendra l'âme près de Moriah Hill, quelque part dans cette Amérique profonde. Comme mentionné, «Une tournée générale a vite fait de régler les problèmes, surtout lorsque la boisson est artisanale.»
Au terme de ces aventures, on se retrouve envoûté. Et l'on se prend à espérer que Chassignet « heureux de retrouver ses livres, sa cave, ses chiens, son jardin et ses mets favoris» ne nous offre prochainement d'autres voyages…

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   02 avril 2016
Les premières pages:
Deux ou trois fois par saison je retrouve Claude Chassignet, un voisin du Morvan, tour à tour chez lui et chez moi. En attendant l'heure du dîner, nous inspectons nos parcs et potagers, nos bibliothèques et nos caves. Puis nous vidons quelques flacons en bavardant de choses et d'autres, avec une préférence pour les sujets cocasses, les histoires absurdes, les nouvelles extravagantes. Au lieu de vitupérer l'époque comme de vieux ronchons, nous nous en amusons en portant des toasts à la santé des renards, des sangliers, des blaireaux et des ragondins. Il nous arrive aussi de rendre hommage aux corbeaux, aux hulottes, voire aux tarasques, licornes, sirènes et autres graoulis. Ces toasts subsidiaires nous obligent à faire sauter quelques bouchons de plus. Un rituel invariable veut qu'avant de passer à table, nous levions un dernier verre à l'oubli, car tout homme a besoin d'oublier quelque chose et de s'étourdir. L'oubli est plus doux que le souvenir, il apporte la quiétude alors que le souvenir trimballe souvent un trouble amer. Les âmes des Anciens cherchaient l'oubli en buvant l'eau du fleuve Léthé. Notre Léthé, c'est le vin. Le ciel a mis l'oubli pour tous au fond du verre. Ainsi parlait le poète de La coupe et les lèvres, un garçon ténébreux et souvent poivré.
La cave de Chassignet est exclusivement bourguignonne, mais elle est exhaustive. La mienne est hétéroclite. Ces joyeux rencards tiennent depuis plus de vingt ans mais, malgré leur pérennité, nos relations sont amicales plutôt qu'intimes. Chassignet est un type ombrageux, farouchement indépendant, une nature chaleureuse mais abrupte qui en a découragé plus d'un. Au temps de Balzac on l'aurait dépeint comme «un grand caractère», une formule polie pour qualifier un mauvais coucheur. Certes, il n'est pas toujours d'un abord gracieux, mais dans ses bons jours, ce sauvage est le vieux gars le plus charmant et le plus drôle que je connaisse. Il croit fermement au libre arbitre et c'est sans doute la seule doctrine qu'il admette. Fort de cette croyance, il mène son existence à sa guise et se fiche de ce qu'on pense de lui. Seul maître de lui-même, il a l'air de toujours prendre la vie du bon côté. Les tempéraments bourguignons sont peut-être naturellement portés à l'optimisme, à l'inverse des complexions rhénanes souvent bilieuses. Après quelques heures en compagnie de ce drille, je me sens ragaillardi. Aussi n'ai-je jamais manqué un de nos rendez-vous. Le plus souvent, c'est chez lui que nous faisons ripaille, car la cuisine de Mireille Larroque, sa vieille gouvernante, est bien meilleure que la mienne. Chassignet ne s'invite chez moi que pour faire diversion à ses habitudes, pour trahir son chardonnay avec un riesling ou un chenin, tromper volnay, pommard et chambertin avec hermitage, gaillac ou barolo. Une irrésistible envie de vin jaune l'a récemment ramené sur mes arpents pour partager une poularde aux morilles, un classique du Jura que je réussis assez bien.
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Vidéo de Gérard Oberlé
Dans « Je me souviens », Gérard Oberlé revient sur son premier émoi érotique devant la bouchère de son village d'enfance ou encore de sa fureur face à l'inspecteur d'académie qui a mis fin à sa carrière de professeur de latin. Il nous parle aussi de son amour des mots et des livres, de sa passion pour la littérature. Il replonge dans ses souvenirs pour nous raconter des anecdotes personnelles et culturelles.
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