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Serge Chauvin (Traducteur)
EAN : 9782283032343
Éditeur : Buchet-Chastel (03/01/2020)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 75 notes)
Résumé :
FINALISTE DU MAN BOOKER PRIZE 2019

Chinonso, un éleveur de volailles du Nigeria, croise une jeune femme sur le point de se précipiter du haut d'un pont. Terrifié, il tente d'empêcher le drame et sauve la malheureuse Ndali. Cet épisode va les lier indéfectiblement. Mais leur union est impossible : Ndali vient d'une riche famille et fréquente l'université, alors que Chinonso n'est qu'un modeste fermier...

De l'Afrique à l'Europe, La Priè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  01 octobre 2019
Subjuguée par la prose de Krasznahorkai, du Japon de l'auteur hongrois, me voici au Nigeria de Chigozie Obioma, noyée dans une prose figurative riche et vivide, dans un tout autre style. Celles ou ceux qui ont lu son magnifique premier livre,”Les pêcheurs” s'en rappèleront.
Ici le roman débute dans un contexte déboussolant, le narrateur étant le « chi » ou l'esprit ange gardien de Nonso notre protagoniste. Il nous raconte les tribulations de ce dernier, qu'il appelle son “hôte”, de sa tribune du monde des esprits, encré dans le monde des mythes cosmiques Igbo, un système complexe de croyances et de traditions qui ont longtemps guidé le peuple Igbo.
Nonso est un jeune aviculteur, dans l'actuel Nigeria. Il vit seul, sa mère est morte en couches alors qu'il était très jeune, son père récemment décédé, sa soeur aux abonnés absents. Il va rencontrer le destin, une nuit, au retour d'un marché, sous la forme d'une femme en pleine tentative de suicide sur un pont. Elle s'appelle Ndali Obialor, futur pharmacienne, elle vient d'un milieu riche et chrétien et va changer le cours de sa vie au grand plaisir ou désarroi de son “chi” et du nôtre, sinon cette histoire n'aurait jamais existé, pour le meilleure et le pire !.....Je ne vous en dirais rien de plus, même pas de référence sur le titre, qui d'ailleurs se révèle rapidement; et essayez d'éviter de lire des critiques trop bavardes, car les surprises sont nombreuses et vaut la peine de n'en rien savoir......
Le Chi ici est vraiment un personnage. Non seulement il est ange gardien ( là j'ai un peu des doutes sur ses capacités 😊), mais aussi fin psychologue 😊, sauf qu'il n'arrive pas à faire grand chose avec ses diagnostiques, qu'il nous énonce catégoriquement sans pouvoir en faire bénéficier son “hôte”. Très frustrant ! Il a aussi une vie sociale, fréquentant les « Chis » des voisins et autres, pouvant ainsi suivre de près les potins du quartier et du monde. J'avoue que suivant les circonstances il peut devenir énervant, très énervant 😊! Ça a l'air tarabiscoté, mais absolument pas, c'est simple et sérieux !
Ici, comme dans Les Pêcheurs, Obioma jongle entre deux mondes, ceux des esprits et ceux des humains par le biais de trois langues parlées de son pays, la langue locale le Igbo, le pidgin ( mélange de l'anglais avec la langue locale) et l'anglais, la langue officielle du Nigeria, celle “ de l'homme blanc “. Le mélange est superbe (v.o.).
Un roman complexe d'amour, de vengeance, de rédemption et de pardon.
Il est en lice pour le prix Man Booker Prize 2019, et sa version française sera publiée chez Buchet-Chastel en janvier 2020. En attendant pour un avant goût, vous conseille de lire son superbe premier livre “Les Pêcheurs “, si non déjà fait. Si non attendez celui-là , et ne passez surtout pas à côté si vous aimez la littérature nigériane. Perso, j'adore, jamais, jamais déçue.
“....every man is a mystery to the world.”
( ...chaque homme est un mystère au monde.)
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mcd30
  06 mars 2020
Dès que j'ai vu son motif "wax", le livre "La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma a attiré mon attention, puis cet homme qui pleurait suivi de la lecture du résumé ont renforcé mon envie de le lire. C'est une tragédie, c'est beau et on en reste le souffle coupé.
Ce livre est une approche de la cosmologie Igbo, de la culture Nigérienne et c'est aussi le drame de la pauvreté et de l'ignorance à travers cette rencontre de deux êtres de mondes différents.
L'histoire est narrée par le Chi où esprit, âme de Nonso, qui a eut plusieurs hôtes avant lui et connaît bien les méandres de la pensée humaine après plusieurs incarnations. du début à la fin, il nous tient en haleine en nous relatant bribes par bribes l'histoire de Nonso et Ndali.
Nonso est un jeune homme simple, bon, qui vit heureux à s'occuper de son élevage de poules. Et le destin mettra Ndali sur sa route alors qu'elle tente de se suicider . Il fera tout pour la sauver et c'est à ce moment là quand il sacrifie deux poules que l'on réalise son manque de connaissance qui l'empêche de s'exprimer et le rend capable de violence par impuissance à trouver les mots.
Ndali est très malheureuse car un homme l'a abandonné après avoir profité de son argent; Elle sera séduite par la bonté de Nonso mais sa famille excessivement riche fera tout pour l'humilier.
Et ce sont tout un tas d'ennuis qui vont s'abattre sur Nonso à partir du moment où il décide de partir étudier à Chypre afin d'être digne d'épouser Ndali.
À partir de ce moment-là, il sera victime de son manque de connaissance, de sa trop grande confiance envers les autres car la pauvreté rend certaines personnes malhonnêtes et Nonso devient une proie idéale. Et c'est ainsi que le Chi en viendra à nous conter l'incroyable fin de cette histoire.
J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur qui mêle le spirituel et cette escalade de malheurs où le Chi constate mais est obligé de laisser son libre arbitre a Nonso qui n'écoute pas sa petite voix intérieure. On y voit bien les dégâts subis par la mondialisation : arnaques pour partir en Europe, perte des racines, la sagesse des anciens n'est plus écoutée, la religion s'efface au profit de la technologie et on y parle même de "Qui veut gagner des millions ?"
Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres que vous découvrirez par vous-même, c'est une lecture que je recommande chaudement.
Merci aux éditions BUCHET.CHASTEL de m'avoir accordé leur confiance.
# La prière des oiseaux # NetGalleyFrance
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Pancrace
  18 janvier 2020
Il y a parfois des histoires simples qui deviennent remarquables par la façon de les raconter.
Je suis son « chi », son esprit protecteur dans la cosmologie Igbo. C'est moi le narrateur.
Lui, c'est Chinonso, je l'habite, mais je n'ai pas habité que lui, dès qu'ils rejoignent l'Alandiichie, le domaine des ancêtres, j'en habite un autre.
Pauvre Chinonso, éleveur de poules au Nigéria, avec lui j'ai du boulot !
Depuis la disparition de son papa, il est seul.
Même son oison, passion de son jeune âge, a quitté la maison.
En amour, il va tomber et Ndali va l'aimer aussi.
« Selon l'expression des grands anciens, l'amour change la température de la vie. Elle fait croître les choses infimes et briller les reflets du tissu de sa vie. »
Afrique et traditions interdiront cette idylle, Chinonso sera profondément humilié par les riches parents de Ndali lui reprochant son inculture et sa piètre extraction.
Pour conquérir sa belle aux yeux de son père, il partira, sur les conseils de son ami Jamike à Chypre reprendre ses études.
Débuteront alors ses descentes aux enfers, abominables, qui dureront des années.
« Ô Akwaakwuru, la tortue retournée fera tout pour se remettre sur pattes, même si c'est lent et long. »
Chigozie Obioma entraîne le lecteur dans un univers de croyances régi par la cosmologie au delà de Jesukri et où Chukwu règne en maître avec des dizaines de divinités et d'êtres surnaturels qui répandent au fil des pages les dogmes des anciens.
Le « chi » omniprésent s'échine à déployer des trésors d'ingéniosité pour éviter à Chinonso la misère, la solitude, la haine, la rage ou la peur mais sa naïveté, sa grandeur d'âme, sa générosité, malgré tout vont lui voler sa vie.
« Toute sa vie ou presque il avait été un homme réservé, qui ne scrutait pas le monde pour le percer à jour, mais lui dérobait des regards comme si ce spectacle était tabou. Il ne demandait que peu de chose au monde. Et ce qu'il demandait ces derniers temps était tout simple : pouvoir vivre avec la femme qu'il aimait. »
J'ai apprécié cette lecture qui parfois peut s'apparenter à une fable ou à une parabole avec la trahison en tendance, la vengeance en méthode et la rédemption en morale.
« Ô Chukwu, chaque fois que chez un hôte la voix de la conscience dialogue avec celle de l'esprit, j'écoute attentivement, car j'ai appris que c'est souvent quand elles se mettent d'accord qu'un homme prend ses meilleures décisions. »
Ô Gaganaogwu, dans un monde idéal, Chinonso aurait pu devenir le « berger » des oiseaux.
Je remercie bien sûr Babelio et les Editions Buchet-Chastel de cet envoi masse-critique privilégié.
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tristantristan
  15 janvier 2020
Composée d'éléments hétéroclites a priori peu compatibles, la très belle couverture choisie par l'éditeur BUCHET-CHASTEL illustre parfaitement cet ouvrage. Comment dire ? Ouvrir ce roman m'a fait la même impression que la vision pour la première fois d'un tableau grand modèle de Jean-Michel Basquiat. Dérouté au début, on ressent, peu à peu, ce que signifie l'oeuvre mais sans cesser d'être à chaque instant électrisé par des éléments surprenants, qui évoquent des images ou des sensations a priori éloignés du sujet. Ainsi en est-il aussi du style, varié, multiple avec des associations de mots peu évidentes mais qui donnent un rendu intéressant et novateur. La tension et l'attention du lecteur demeurent permanentes au cours du livre ce qui est, à mon sens, une amélioration par rapport au roman précédent « Les pêcheurs ».
S'il fallait indiquer une éventuelle parenté littéraire, je pense avant tout à Fernando de Rojas à qui on attribue « La Célestine » pièce de théâtre émaillée de sentences et proverbes de sagesse populaire grecques et latines (La sagesse des Anciens). Mais aussi à Amos Tutuola, premier auteur Nigérian (Yoruba) à être publié en anglais du temps de la colonisation, «  L'ivrogne dans la brousse » qui mêle à son récit des croyances et traditions de son peuple.
Prendre en mains « La prière des oiseaux », c'est entrer de plain pied dans la littérature moderne à travers un très beau conte philosophique et humaniste rédigé dans un style unique qui nous rappelle finalement que, nonobstant l'impermanence des choses et des êtres, l'homme actuel, n'a pas varié d'un iota depuis ses origines tant il est vrai que ses manifestations d' amour, haine, vengeance, rouerie, mensonge etc... n'ont pas pris une ride depuis la nuit des temps. Et pourtant... il se reproduit encore !
Pour encore un grand plaisir de lecture, à bientôt de vous lire à nouveau Monsieur Obioma.
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Eve-Yeshe
  02 mars 2020
Chinonzo est aviculture, il est passionné par les « oiseaux » depuis l'enfance. Il a perdu sa mère très jeune, alors il a grandi avec son père qui vivait sur sa ferme, avec ses volailles, ses légumes. Quand il était enfant, en accompagnant son père qui voulait absolument trouver des oies sauvages, il en tue une avec son fusil, laissant son oison « en pleurs ». Nonso réussit à convaincre son père d'emmener cet oison pour le soigner.
Mais, cela ne se passera pas très bien, et occasionnera un chagrin quand il le perdra.
Quelques années plus tard, sa petite soeur quitte la maison pour se marier contre l'avis paternel. Nonso travaillait bien à l'école, mais son père meurt et il doit s'occuper de la ferme et les études deviennent moins prioritaires.
Un jour, en revenant d'un marché, où il a acheté un coq blanc et d'autres poules, il voit une jeune fille qui s'apprête à se suicider en sautant d'un pont. Il essaie de l'en dissuader allant même jusqu'à sacrifier son coq blanc pour arrêter son geste.
Il va la revoir et une histoire d'amour commence, mais la jeune femme, Ndali, est étudiante en pharmacie et sa famille est aisée alors il est très mal accueilli, humilié par les parents et le frère de Ndali.
Qu'à cela ne tienne, il va reprendre ses études, pour leur prouver qu'il est quelqu'un de bien et c'est le début de la descente aux enfers : un camarade d'école lui fait miroiter qu'il est plus facile de faire des études à Chypre, dans la partie turque. Il va s'occuper de tout, pour lui obtenir une place à l'université et Nonso va vendre tout ce qu'il possède pour un mirage.
Il va tout perdre, et finira même en prison alors qu'il n'a rien fait de mal. Mais comment se défendre dans un pays dont on ne parle pas la langue et quand tout s'acharne autour de lui.
Ce roman est très particulier : ce qui pourrait être une simple histoire d'amour nous entraîne beaucoup plus loin avec des réflexions sur le poids de la culture, du statut social sur ce couple, l'humiliation, ce qu'on peut faire pour prouver qu'on est quelqu'un de bien devant l'intolérance de l'autre.
Il nous propose aussi une réflexion aussi sur la confiance, sur l'amitié, le pardon, la survie quand on a subi l'innommable, sur la loi de causalité, les conséquences des actes dans cette vie et même dans les précédentes, et aussi sur la rédemption : un ami qui vous a trahi et causé beaucoup de mal peut-il être sincère quand il dit qu'il regrette, car il a trouvé Dieu ? et peut-on lui faire confiance à nouveau.
L'auteur utilise un mode de narration surprenant : c'est le Chi, l'esprit qui s'est réincarné en lui, qui raconte l'histoire, en s'adressant à une sorte d'assemblée des anciens, pour tenter de plaider la cause Chinonzo, en invoquant au passage des « divinités » de la cosmologie Igbo. On ne peut pas parler d'ange gardien, car son Chi se contente d'observer mais n'a pas le droit d'intervenir, seulement de lui souffler des idées pendant son sommeil.
La notion de réincarnation m'est familière, via ma pratique du Bouddhisme (lequel préfère le terme de Transmigration à celui trop galvaudé de réincarnation) mais, c'était beaucoup plus compliqué dans la culture Igbo, car je la connais très mal, pour ne pas dire pas du tout.
Dans ce roman, on est souvent dans la fatalité, il y a peu de libre arbitre pour modifier le destin, peu de prise sur les évènements.
Une scène touchante : les poules pleurent lorsqu'il arrive quelque chose de tragique à leurs congénères, par exemple, quand le héros les met en cage pour aller les vendre, donc les faire mourir…
Malgré ce côté un peu ardu, et les longueurs, les invocations d'entités aux noms bizarres que je n'ai pas réussi à retenir, j'ai aimé ce roman, ainsi que la poésie de l'écriture de Chigozie Obioma auteur nigérian que je ne connaissais pas du tout. Il m'a donné envie de lire « Les Pêcheurs » son précédent roman qui a été finaliste du Booker Price.
Je découvre, tout doucement, à mon rythme, la littérature africaine et son mystère me fascine.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Buchet-Chastel qui m'ont permis de découvrir ce roman, que j'ai choisi au départ après avoir lu des critiques intéressantes, et son auteur. La couverture est très belle et le titre est déjà une invitation au voyage.
#LaPrièredesoiseaux #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   24 février 2020
Avec ce second roman qui risque d’en ébranler plus d’un, on peut dire que l’écrivain nigérian Chigozie Obioma prend véritablement son envol. Un roman troublant qui nous permet de voyager bien au-delà des frontières du réel sans jamais quitter de vue le tragique destin d’un homme prêt à tout pour plaire à sa belle.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix   10 février 2020
Ce livre n’est pas un roman d’amour, mais une longue prière à destination des « perdants », broyés par les puissants et une mondialisation qui leur échappe.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   07 janvier 2020
Mythologie igbo et odyssée homérique se mêlent dans le foisonnant nouveau roman du Nigérian.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
tristantristantristantristan   14 janvier 2020
L'homme malade commence par éprouver une sensation inhabituelle. A mesure que la douleur se répand dans son corps et que le glas de la fièvre résonne dans son crâne, des émotions surgissent, à commencer par une nervosité insolite. (...) Alors une forme d'angoisse met peu à peu sa machinerie en place. (...) Jusqu'à quand,jusqu'à quels extrêmes la maladie va-t-elle persister? L'homme est submergé d'angoisse. Mais il n'y a pas que cela. Vient la stupéfaction de voir la maladie prendre possession de son corps, dicter quelles parties du corps il faut lui céder, et comment il faut lui complaire pour espérer guérir. Mais le plus grave, c'est comment la maladie instille chez le malade la conviction qu'il en est lui même la cause.(...) Alors la maladie devient le serpent silencieux qui, délogé de sa paisible demeure, en conçoit rage et rancoeur, et qui inflige ainsi sa vengeance légitime.
pp.445,446.
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cecillececille   15 janvier 2020
Dès qu’il s’endormit, comme souvent quand il entre dans cet état d’inconscience, je me défis des barrières de son corps. Même sans en sortir, je parviens souvent à percevoir ce qui m’est caché lorsqu’il est éveillé. Comme tu le sais puisque tu nous as créés, nous sommes des créatures qui ignorent le sommeil. Nous existons comme des ombres qui parlent le langage des vivants. Et même durant le sommeil de nos hôtes, nous demeurons éveillés. Nous veillons sur eux contre les forces qui s’animent dans la nuit. Lorsque dorment les hommes, le monde de l’éther déborde de bruit, d’agitation, de la susurration des morts. Agwus, fantômes, akaliogolis, esprits et ndiichies de passage sur la terre surgissent des yeux aveugles de la nuit et arpentent la terre avec la liberté des fourmis, oublieux des limites humaines, indifférents aux murs et aux clôtures. Deux esprits en querelle peuvent très bien, en se bagarrant, basculer dans une maison et atterrir sur la tête d’une famille sans même y prendre garde. Parfois, ils se contentent de pénétrer dans les demeures des humains pour les observer...
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BookycookyBookycooky   29 septembre 2019
The early fathers often say that a planned war does not take even the crippled by surprise. But an unplanned one, that which is unexpected, can defeat even the strongest army.
( Nos ancêtres disent qu’une guerre prévue ne pourrait même pas prendre par surprise un handicapé. Mais une guerre non prévue, peut vaincre même l’armée la plus solide.)
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mcd30mcd30   25 février 2020
Tout lui sembla comme d'habitude ce matin-là, semblable aux vingt et un jours précédents, car l'homme est dénué du pouvoir de prescience. Telle est, en suis-je venu à croire, la plus grande faiblesse humaine. Si seulement l'homme pouvait voir le lointain comme il voit ce qu'il a sous les yeux, voir le caché comme le visible, entendre ce qui est tu comme ce qui est dit, il s'épargnerait bien des malheurs. Resterait-il même une force pour le détruire ?
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mcd30mcd30   02 mars 2020
Il venait grossir le troupeau évoqué par Tobe, celui de tous ces gens dépouillés de leurs biens : la jeune Nigériane près du commissariat, l'homme de l'aéroport, et tous les captifs du passé ou du présent contraints de faire ce qu'il ne voulaient pas, pris dans un système qu'ils refusaient. Innombrables. Tous ceux qu'on a enchaînés et battus, au territoire pillé, à la culture éradiquée, tous ceux qu'on a réduits au silence, violés, déshonorés, assassinés. Avec tous ces gens, il partageait désormais un sort commun. Ils étaient les minorités du monde, avec pour seul recours l'orchestre universel qui n'avait plus qu'à pleurer et gémir.
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Videos de Chigozie Obioma (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chigozie Obioma
Après Les Pêcheurs, son splendide premier roman, le nigérian Chigozie Obioma, très attendu revient avec La Prière des oiseaux (paru chez les Éditions Buchet/Chastel). Une épopée bouleversante sur la question du destin et de la possibilité d'y échapper . Une presentation de Serge Chauvin. Dont on salue la qualité de la traduction, EXCELLENTE !!!
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