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René de Ceccatty (Traducteur)Ryôji Nakamura (Traducteur)
EAN : 9782070347391
208 pages
Gallimard (04/10/2007)
3.85/5   75 notes
Résumé :

Les trois nouvelles rassemblées dans ce recueil appartiennent à la première période littéraire de Kenzaburô Oé. Elles ont pour protagonistes de jeunes ou très jeunes gens confrontés à une situation extrême, exprimée en termes métaphoriques ou réalistes, sexuels, psychologiques ou politiques. C'est dans une morgue, une maison de redressement, une famille en décomposition, un lyc... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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mh17
  20 octobre 2021
Les trois nouvelles du recueil sont exigeantes et dérangeantes. Elles ont été écrites de 1957 à 1961 par un jeune homme profondément marqué par la violence de la guerre et celle de l'après-guerre au Japon. Elles sont assez différentes mais traitent toutes du mal de vivre d'adolescents déboussolés et désespérés, incapables de trouver leur place dans une société japonaise hiérarchisée et déresponsabilisée. Ils sont en proie à des pulsions morbides.
1) le Faste des morts (1957) ****
Le narrateur est un étudiant en lettres qui a trouvé un travail méprisé à la morgue de la fac de médecine. Il déplace des cadavres d'une cuve à l'autre en compagnie d'une fille enceinte. Ce travail se révèlera absurde suite à une erreur que personne ne voudra endosser. L'odeur pestilentielle et l'atmosphère suffocante créent le malaise au propre et au figuré. Les corps des cadavres côtoient ceux des vivants et bientôt le narrateur dialogue intérieurement avec un soldat mort. Quand la guerre s'est terminée, les adultes ont digéré sa dépouille, pas les enfants.
2) le ramier (1958) ***
Le narrateur a quatorze ans. Il fait partie d'un groupe d'adolescents incarcéré dans une maison de redressement. Il décrit sans complaisance la violence des gardiens mais aussi celles des rapports de fascination et de domination sexuelle au sein du groupe. Pour monter dans la hiérarchie et être protégés par "le marin", les adolescents se lancent dans un concours morbide. Il faut prendre la vie d'un animal et l'exhiber pour être reconnu et protégé. le narrateur raillé par "la femme" du marin entre dans le jeu.Le fils du directeur, un métis aux yeux bleus, se lance aussi dans la compétition. La vie du narrateur va alors basculer. La nouvelle est vraiment très dure, jusqu'au bout.
3) Seventeen (1961) *****(je reprends le billet dédié à cette nouvelle)
Une nouvelle forte et dérangeante qui s'intéresse à la formation d'un militant d'extrême-droite dans les années soixante. Elle est inspirée d'une histoire vraie.
Le narrateur, anonyme, a dix-sept ans ce jour-là. Sa famille oublie son anniversaire à l'exception de sa soeur, infirmière dans les Forces d'auto-défense. il n'a pas d'ami Il passe son temps à se masturber, en rêvant de beauté, de puissance et de gloire. La réalité est toute autre, il se trouve très petit, très laid, trop sensible. Il angoisse au point d'uriner de honte au cours d'un huit cent mètres où il est largué devant les filles...
La narration à la première personne fait que l'on s'attache à ce teenager empoté, omnibulé par ses pulsions sexuelles , rongé par la culpabilité et capable de soudains excès de violence. Il est en quête de reconnaissance qui ne viendra malheureusement qu'associée à un groupuscule nationaliste d'extrême droite. A travers ce personnage, Kenzaburô Oe nous parle aussi du Japon déboussolé des années soixante.
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Myriam3
  01 février 2022
Sans que ça n'ait été un choix prémédité, je me rends compte que je découvre l'oeuvre de Kenzaburo Oé, depuis des années, à rebours: me voilà arrivée au but, à la naissance de l'auteur en tant qu'auteur, c'est-à-dire à ces trois nouvelles, écrites alors qu'il avait 21 ans seulement, et parfaitement maitrisées.
Comme tous ses romans de jeunesse, son écrit est violent, glauque et sans concession; et pourtant magnifique, bouleversant et sensible.
Les protagonistes de ces trois récits semblent jetés dans un monde comme on le serait dans le tambour d'une machine à laver en marche: tributaire du cours de la vie, dans l'incapacité de décider de leurs actes et destins, soumis à une violence absurde. La première nouvelle qui donne aussi son titre au recueil sa passe dans la morgue d'un hôpital: deux jeunes étudiants y sont engagés pour transférer sur une journée des dizaines de cadavres flottant dans une cuve de conservation dans une autre. le jeune narrateur se voit confronté à ce monde inversé des morts et semble un instant perdre pied face au monde des vivants. le deuxième récit, mon préféré, se passe dans l'un de ces centres de redressement pour jeunes ados délinquants (ça m'a fait penser aux Quatre cents Coups mais aussi à Genet) coupés du monde et de ses règles.
Le troisième, je l'avais lu il y a quelques années et s'avère incroyablement contemporain par rapport à ces fusillades qui ont lieu un peu partout dans nos sociétés avancées.
C'est un peu comme boire cul sec un shot d'alcool fort qui reste là à brûler la gorge encore longtemps après, violent et puissant.
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Iansougourmer
  28 janvier 2013
Le faste des morts rassemble trois des premiers écrits de Kenzabûro Ôé, prix Nobel de littérature 1994 (1957, 1958,1963). Ces trois nouvelles révèlent avec éclat le talent de l'écrivain et méritent vraiment d'être lues, pour la finesse d'écriture et la capacité de Ôé à toucher le lecteur, à l'intriguer, à le bouleverser.
La première nouvelle, le faste des morts, première publication de l'auteur est très dérangeante car elle étudie les limites entre la vie et la mort. En effet un étudiant accepte un petit boulot, il doit déplacer les cadavres utilisés par la faculté de médecine d'une cuve de formol à une autre. Alors qu'il effectue ce travail dans la pièce exiguë du sous sol, la présence des morts s'impose à au personnage et par son entremise à nous, et, peu à peu, rend l'atmosphère suffocante : baignants dans le formol, les morts semblent évoluer dans un univers ou ils deviennent des êtres vivants qui se meuvent dans le liquide glauque disparaissants et apparaissants alternativement des profondeurs de la cuve, et donnent par leur odeur l'impression dérangeante qu'ils mènent une nouvelle vie, dans un univers sombre, parodie de leur vie terrestre et dont le formol rappelle étrangement le liquide amniotique dans le ventre des mères, ce qui peut laisser songeur. L'auteur veut-il nous signifier à travers cette nouvelle que les limites entre la vie et la mort, que l'on souhaiterai intangibles, sont inadéquates et qu'ils existe une vie après la mort ? Ou veut-il nous signifier que l'on ne dout pas oublier les morts ? Je laisse à chacun son interprétation personnelle... C'est d'ailleurs tout le talent d'Ôé, de réussir à entrer en resonnance avec ce qu'il y a de plus profond en nous, tout en traitant avec une grande habileté de sujet délinquants.
La deuxième nouvelle, le ramier, traite de la vie d'un jeune enfant dans une maison de correction. L'auteur parvient à nous attacher à ces jeunes enfants, qui sont des délinquants, en nous exposant, sans pathos assommant mais dans son style sobre et émouvant, la vie dure que les enfants mènent, entre vie matérielle rude, brimade des éducateurs. On est attristés de voir ces enfants qui confrontés aux dures lois de la société ne se comportent plus comme des enfants mais comme une bande aux attitudes dures et cruelle qui exerce sa violence sur les animaux et ou les conflits sont violents, en ce sens l'écrivain réussi à reproduire fidèlement l'univers d'une maison de correction. de plus les sentiment du personnage principal rendent le récit très intéressants, car il semble supporter le poids d'une culpabilités terrible et diffuse que rien de rationnel ne peut expliquer. Cette culpabilité insidieuse et gênante nous touche et semble l'arme utilisée par Ôé pour nous rappeler que bien que criminel, un enfant ne doit jamais être accusé par la société, de peur de retirer à tout jamais ce qui fait d'un enfant cet être si merveilleux : son innocence.
Pour la troisième nouvelle, voir ma critique de Seventeen.
Au final, un recueil talentueux, intriguant et qui mérite le détour, une excellente manière d'aborder Ôé !
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Woland
  24 décembre 2007
Shisha no Ogori, Hato, Seventeen
Traduction : Ryôji Nakamura & René de Ceccatty.
C'est un auteur qu'on m'avait beaucoup vanté - il a d'ailleurs reçu le Prix Nobel de Littérature en 1994 - et je n'ai pas été déçue. Les trois nouvelles qui composent "Le Faste des Morts" appartiennent à sa première période. On peut même dire que celle qui donne son titre au recueil a lancé la carrière de l'auteur.
"Le Faste des Morts" est l'une de ces nouvelles qui méritent une relecture. L'argument en est à la fois très simple et très macabre : dans une morgue, l'heure est venue de changer de cuve des cadavres conservés pour les dissections. le narrateur est un étudiant en lettres qui, afin de mettre un peu de beurre dans ses épinards, se charge de ce "petit boulot." Il l'accomplira en compagnie du gardien de la morgue et d'une autre étudiante qui est enceinte et désire se faire avorter.
Pas de sang, pas d'effets horrifiques mais une réflexion sur le rapport des vivants avec la Mort à la fois subtile et un peu déstabilisante : le narrateur finit par penser que les morts sont moins dérangeants que les vivants, beaucoup trop violents, torturés et prêts aussi à torturer leur prochain.
La seconde nouvelle, "Le Ramier", se déroule dans un centre de redressement pour adolescents. Plus longue, elle parle surtout de violence mais sans complaisance, de sexe, de châtiment, de douleur et de rachat tout en posant l'éternelle question : n'avons-nous pas tous en nous le désir de faire souffrir, voire de tuer ?
Quant à la troisième, la plus féroce peut-être mais certainement la plus ironique, elle fit scandale à sa parution, en 1961. Elle nous dépeint les premiers émois sexuels d'un adolescent de 17 ans - le titre est d'ailleurs "Seventeen" - qui, en révolte contre sa famille et son pays qui, à ses yeux, accepte sans broncher l'occupation américaine, cherche dans la vie sociale un exutoire à ses nombreux sentiments de frustration. Un jour, par curiosité plus que par conviction et poussé par l'admiration qu'il éprouve envers un condisciple, ce jeune homme qui s'affirme "de gauche" dans les premières pages, se rend à une manifestation orchestrée par l'extrême-droite japonaise. Et c'est la révélation : il trouve enfin un sens à sa vie.
Ôé avait imaginé une suite, intitulée : "Un jeune militant meurt". Fanatisé à outrance, le héros de "Seventeen" se risquait dans un attentat contre un leader socialiste, était arrêté et se pendait dans sa prison. Mais cette seconde partie, parce qu'elle se basait sur l'assassinat, en octobre 1960, d'Inejirô Asanuma par un militant nationaliste, déplut si fort à l'extrême-droite que le rédacteur de la publication dut présenter ses excuses publiques et qu'il fut décidé que plus jamais - en tous cas au Japon - elle ne serait republiée. Il paraît cependant qu'on peut la trouver dans une édition italienne.
Kenzaburô Ôé a également écrit des romans ("Le Jeu du Siècle") et des textes autobiographiques comme "Moi, d'un Japon ambigu" ou "Une famille en voie de guérison" et s'ils sont de la même tenue que ces trois nouvelles, le lecteur ne s'en plaindra certainement pas. ;o)
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Sophonisba
  12 mars 2013
Ce que j'aime dans ce recueil de nouvelles c'est la subtilité de l'écriture d'Oe.
Il réussit a créer dans la première nouvelle un dialogue entre les pensées des morts que l'on balade d'une cuve de formol à l'autre et les paroles des personnages, ceux qui sont chargés de bouger les corps.
Et ainsi sans que les uns n'entendent les autres, les pensées semblent se répondre ou se recouper faisant apparaître en filigrane les vies et les préoccupations des vivants autant que celles des morts.
Ce procédé permet de mettre en lumière la vanité et l'éphémère de nos problèmes face à la mort qui attend chacun de nous.
J'y trouve également un humour très noir et qui me correspond bien que ce soit dans cette nouvelle ou dans la dernière Seventeen qui nous relate le destin fasciste et terroriste d'un ado onaniste et frustré.
Bref c'est subtil, drôle, inventif, original, bien écrit.
Que demander d'autre?
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   22 avril 2019
Un grand miroir était fixé au mur du vestiaire attenant. Je découvrais mon reflet : seul, debout, plongé dans une lumière jaune, déprimé. C'était bien un "seventeen" déprimé : sur son bas-ventre à peine poilu, son sexe pendait flapi, avec son prépuce tout ridé, bleu-noir, fripé comme une chrysalide, toute moite, imbibé d'eau et de sperme, tandis que seules les couilles, ramollies par l'eau chaude, semblaient assez longues pour toucher aux genoux. Voilà qui manquait de charme. Dans le miroir, mon corps éclairé par derrière n'avait rien de musculeux, il n'avait que la peau sur les os. Dans la salle de bain, l'éclairage était flatteur. Maintenant, je déchantais. Mortifié, j'ai enfilé mon tricot de peau. J'observais mon propre visage qui se détachait du col de mon maillot. Je me suis rapproché du miroir pour mieux scruter mes traits. C'était un visage rebutant ; il n'était ni mal fait ni terreux, mais vraiment rebutant. Pour commencer, la peau est trop lourde : on dirait une tête de cochon à l'épiderme blanc et épais. J'aime les visages dont la peau fine et hâlée est impeccablement tendue sur une ossature ferme, bref, les visages d’athlètes, mais sous la mienne, ce n'est que chair et graisse. On dirait que seul le visage est gras. Et mon front étroit est encore plus réduit par des cheveux drus et denses. Mes joues sont bouffies. Seules mes lèvres sont petites et rouges comme celles d'une femme. Mes sourcils sont épais et courts, clairsemés et informes. Et mes yeux sont sournois, minces et légèrement révulsés. Quant à mes oreilles, elles sont charnues et écartées, avec des lobes pendants. Chaque fois que je le vois en photo avec cette mollesse féminine et cette expression geignarde et timorée, je suis terrassé. En particulier quand on en fait pour la classe, ça donne des photos déprimantes à en mourir. Pire encore, le photographe retouche toujours mes traits, pour en faire un bellâtre au visage fade. En retenant un gémissement, je fixai mon visage dans le miroir. Il avait pris une teinte bleu-noir : c'est le teint d'un onaniste invétéré.
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Erik35Erik35   24 avril 2019
Lorsque, au quartier général de l'Action Impériale, j'eus prêté serment pour l'adhésion, Kunihiko Sakakibara me dit que je serais ainsi le membre le plus jeune. En effet, à l'époque où je commençais à fréquenter le quartier général, il m'a semblé que j'étais le seul mineur. Plus tard, j'ai fini par en repérer trois de dix-neuf ans, mais ils étaient à mille lieues de l'image que je me formais d'un jeune militant. Ces adolescent de "droite" ne se départaient jamais d'une expression hautaine, compassée et pesante. Si jamais je leur parlais de cinéma, de jazz ou de musique pop, ça les mettait en fureur comme si je les avais méprisés, et commençaient à m'insulter en me traitant de «déliquescent». Chaque fois qu'ils se plaisent à employer ce type d'expressions, j'avais l'impression d'engranger ma déception à l'égard de la "droite", telle une fourmi faisant rouler sa boule de boue jusqu'à la fourmilière. Car ces jeunes militants ressemblaient comme deux gouttes d'eau à la caricature de bande-dessinée que je m'étais figurée avec amusement avant d'adhérer au parti.
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Erik35Erik35   04 septembre 2019
Je me suis dit avec une passion ardente : c'est ça, dans la loyauté, il ne peut pas y avoir d'esprit individuel ! Si je tremblais d'angoisse, craignais la mort et était saisi d'inertie sans pouvoir appréhender ce monde réel, c'était parce que j'étais captif de mon esprit individuel. Tant que j'avais un esprit individuel, je me trouvais bizarre, plein de contradiction, anarchique, alambiqué, confus et décalé, ce qui redoublait mon angoisse. Chaque fois que j'entreprenais une action, je me demandais si je n'avais pas fait le mauvais choix, et cela aggravait encore mon inquiétude. Or, dans la loyauté, il ne peut y avoir d'esprit individuel. C'est cela, il faut, en abandonnant tout esprit individuel, se dévouer corps et âme, à Sa Majesté Impériale. Abandonner mon esprit individuel et abandonner tout ce qui m'appartient ! J'ai senti que ce brouillard, infesté de contradictions qui m'avaient jusqu'alors torturé, s'était dissipé. Ce brouillard, qui m'avait fait perdre toute confiance en moi, s'en est allé, sans avoir trouvé de solution. Le brouillard a été balayé d'un seul coup. C'est Sa Majesté Impériale qui m'avait ordonné : «Abandonne le brouillard de ton esprit individuel !» et j'ai obéi. Je suis mort, comme individu, ainsi que mon esprit individuel.
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Erik35Erik35   18 avril 2019
Mais dès lors que nous avons été isolé du changement des saisons, par un mur épais de béton, nous qui nous trouvions dans l'enceinte de ce mur, nous avions été aussi coupés de notre croissance. Dévié de la trajectoire de la croissance, isolés du reste des enfants qui eux grandissaient à l'extérieur, dépossédés de toute volonté de grandir, nous ne vivions plus que du respect des règles. Notre vie n'était déjà, tout comme celle des vieillards, rien de plus qu'une répétition qui ne bougeait ni ne se développait ; de plus nous avions déjà un statut social inébranlable. Nous étions de jeunes vieillards qui n'avaient besoin d'aucun projet, qui ne souhaitaient devenir personne. Et nous étions plongés jusqu'au cou dans ce liquide de l'«abandon» qui envahit les vieux à l'approche de la mort : nous vivions lentement le même quotidien où une semaine valait un mois, un mois un an, ce quotidien où d'innombrables crépuscules n'étaient des reflets chaotiques d'un seul crépuscule.
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Erik35Erik35   16 avril 2019
Je m'immobilisai, laissant avancer l'infirmière et son malade dans cet air limpide et lumineux. J'étais ébahi. Une lassitude languide engourdit soudain mes membres. C'était un homme vivant. Un homme vivant, un homme habité de conscience, au corps enveloppé d'une immense pellicule visqueuse, avait la faculté de me refuser. J'avais pénétré le monde des morts. Puis quand j'étais retourné chez les vivants, tout était devenu compliqué : c'était le premier achoppement. Je me demandais, avec une funeste inquiétude, si je ne m'étais pas trop investi dans cette tâche et si je n'aurais pas du mal à en sortir.

[in "Le faste des morts", p. 31]
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