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Claude Elsen (Traducteur)
EAN : 9782234052369
233 pages
Éditeur : Stock (11/10/2000)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Empreint d'une étrange violence intérieure, Une affaire personnelle est un roman cruel et douloureux : Bird, le héros de cette bouleversante histoire, a vingt-sept ans et son épouse vient de mettre au monde un enfant anormal. Déchiré par des sentiments contradictoires, dont l'immense tentation de se débarrasser du nouveau-né, le jeune père ira-t-il jusqu'à tuer de ses mains le bébé monstrueux ?
Durant trois longues journées, Bird cherchera en vain dans l'alco... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
paroles
  04 février 2017
À vingt-sept ans, Bird devient père. Enfin, génétiquement parlant car en vérité, il ne se sent pas père. D'autant moins que son bébé est né anormal. Et les médecins font peu de cas de son handicap et de sa vie. Bird, lui-même attend la mort de son bébé. Il ne veut pas le voir, pas l'entendre et pas le nommer. Il attend...
La lecture de ce court roman est une épreuve. Une épreuve pour le père bien sûr, en butte à ses interrogations. Pour la mère que l'on tient éloignée de la réalité. Et pour le lecteur qui aborde un véritable cas de conscience.
Le lecteur est au coeur des réflexions du père, atteint dans son intégrité physique (comment a-t'il pu engendrer un tel monstre), dans ses rêves (il voulait partir visiter l'Afrique), dans ses projets de vie. On vit le cauchemar avec lui et rien n'est épargné au lecteur de sa longue descente aux enfers.
Car Bird fuit. Il fuit ses responsabilités, ce choix impossible à faire : laisser mourir le bébé ou l'accepter tel qu'il est. C'est d'abord dans l'alcool qu'il trouvera un semblant d'accalmie, puis dans les bras d'une maîtresse. Mais ni l'un, ni l'autre ne lui offriront de réponse et c'est seul qu'il la trouvera.
C'est une lecture difficile, douloureuse et cruelle à la fois. C'est une lecture dont on ne tire aucun plaisir. Non pas que l'écriture soit gênante ou mal composée, c'est le thème abordé qui est pesant, lourd, révoltant. Les mots crus claquent, choquent. L'égoïsme de Bird met mal à l'aise. Mais bien sûr, cette façon d'être, on le comprend à la lecture, n'est que la marque d'un profond désarroi face à la réalité.
Et en faisant des recherches sur cet auteur, j'ai appris que l'histoire de Bird et celle de Kenzaburo Ôé se confondaient...
C'est un roman difficile à lire, mais c'est un roman qui soulève une vraie question, celle de la vie, de l'existence et du sens qu'on donne à celle-ci.

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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Allantvers
  14 mars 2017
L'histoire s'ouvre sur une carte de l'Afrique que contemple Bird, notre héros sur le point de devenir père, et l'on comprend vite qu'il n'atteindra pas sa terre promise.
L'annonce de la naissance vient, son fils est anormal. Commence alors pour Bird un cauchemar éveillé, une spirale de fuite pleine de désir et de frustration, d'errance alcoolisée dans une ville interlope la nuit et entre pression familiale et corps médical oppressant et hypocrite le jour, de refuge dans les bras d'une jeune paumée, de démarches malgré tout difficilement assumées, d'envie d'en finir, jusqu'à l'éclair au bout du tunnel.
Un roman à l'atmosphère lourde comme le poids des responsabilités et de la pression sociale sur les jeunes épaules de Bird, velléitaire et antipathique mais dont la faiblesse a fini par attirer ma compassion. Je ne suis pas sûre de fait que le ‘ouf' poussé lors du retournement dans la scène finale du roman soit l'expression d'un soulagement.
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Myriam3
  05 août 2014
Japon, années 60. Bird, jeune marié de 27 ans, s'apprête à être père et tente tant bien que mal de faire une croix sur son rêve de voyage en Afrique, car voilà, il est désormais chef de famille et se doit d'assurer sa subsistance. On découvre ainsi un homme typique de cette époque, celle d'avant 68, confronté à sa belle-famille qui tient malgré lui les rênes de la famille, confronté également aux qu'en dira t'on de son entourage professionnel notamment - universitaire-. de plus, Pas question d'assister à l'accouchement.
Bird tourne en rond, impatient, nerveux, téléphone, repense aux années précédentes et à sa volonté d'être responsable, caresse la carte d'Afrique à la librairie du quartier.
Enfin, appel de la clinique, "venez immédiatement s'il-vous-plaît, l'enfant est anormal. le médecin vous expliquera". Il se sent aussitôt partir à la dérive, tenaillé entre la volonté d'être un homme fort et indifférent, et celle de s'enfuir, oublier ses devoirs. Bird, très vite, se révèle immature et faible.
Ce jeune père de famille est décrit sans concession et il est difficile de s'apitoyer sur son sort. Ce récit me semble bien ancré dans son époque, où les hommes n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui, les relations de couple non plus, et où l'on ne faisait pas encore d'échographies. On suit Bird dans les affres de sa détresse psychologique, errant, hésitant, pendant les trois jours qui suivent la naissance de ce bébé qui, d'abord, n'aurait dit-on aucune chance de survie.
Ce roman est le premier d'une longue série partiellement autobiographique que Kenzaburo Oê écrira suite à la naissance de son fils handicapé, et celui-ci est particulièrement cruel envers l'enfant qui n'est tout au plus qu'un paquet, un bout de chair déformé ou au mieux un pauvre petit prisonnier des soins médicaux.
C'est un récit dur, très réaliste, qui s'engage sur les voies ténues du choix, de la possibilité de diriger sa vie.
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Corboland78
  03 octobre 2016
Kenzaburô Ôé est né en 1935 dans l'île de Shikoku au Japon. Il étudie la littérature française et soutient une thèse sur Jean-Paul Sartre. Ses premiers textes paraissent dans les années 1950 et en 1958 il reçoit le prix Akutagawa, l'équivalent du prix Goncourt, pour Gibier d'élevage. Son oeuvre, romans, nouvelles et essais, le place au premier rang de la littérature japonaise et lui vaut le prix Europalia en 1989, avant de recevoir le prix Nobel de littérature en 1994.
Une affaire personnelle, paru en 1964, est effectivement un roman très personnel pour l'écrivain puisqu'inspiré de la naissance de son fils handicapé, l'année précédente.
Bird, le héros de ce roman, vingt-sept ans, est répétiteur dans une boîte à bachot et sa femme vient d'accoucher de leur premier enfant, atteint d'une malformation, « le cerveau fait saillie par une brèche du crâne… », une hernie cérébrale.
Le roman se déroule durant les trois jours qui suivent, décrivant les tourments moraux par lesquels passera Bird concernant l'avenir éventuel de cet enfant. La mère n'est pas précisément informée, son enfant ayant été éloigné pour un soi-disant petit problème de santé. le héros du bouquin n'est pas franchement sympathique, ancien alcoolique, il paraît très éloigné de la vie concrète – il rêve d'un voyage en Afrique, projet à priori inabordable pour lui -, toujours mal à l'aise, peu sûr de lui, on a l'impression qu'il glande, refusant de se colleter avec la réalité, égoïste (« Bird, penses-tu jamais à quoi que ce soit, en dehors de toi-même ? »), lâche aussi (« Je me demande, dit-elle, si tu n'es pas le genre d'hommes qui abandonnent ceux qui ont le plus besoin d'eux… »). du moins est-ce le portrait qui se dessine en creux au vu de ses hésitations ou des réflexions émises par les autres.
Délaissant sa femme encore en clinique et veillée par sa mère, il renoue avec une ancienne amie, Himiko, veuve d'un mari suicidé, et qui mène désormais une vie très libre… ce qui nous vaut une scène très Empire des Sens (film de Nagisa Oshima, 1976). On notera que Kenzaburô Ôé appelle un chat, un chat, et ne s'embarrasse pas de pudeurs ou de détours pour décrire, du vomi ou autres détails du genre. Sexe avec Himiko mais compliqué par l'état psychologique de Bird, ce qui étend le domaine d'activité de la jeune femme devenue sa confidente, voire psychanalyste, n'hésitant pas à s'engager à son côté pour l'aider à résoudre son dilemme : « je ne suis ni assez diabolique pour étrangler ce bébé de mes mains ni assez angélique pour mobiliser une armée de médecins et les supplier de sauver la vie d'un enfant condamné à être un monstre… »
Je tairai la fin du roman pour vous en laisser la surprise ( ?) mais disons que Bird, saura in extremis, se racheter des défauts qu'on pouvait lui attribuer jusque là.
Roman japonais, donc traité à la japonaise : le lecteur se sent toujours à l'extérieur, comme voyeur d'une intrigue qui le désarçonne un peu car rédigée d'une manière tellement différente de ce qu'en aurait écrit un écrivain occidental, ici pas de larmes ou d'émotions dégoulinantes, absence d'empathie ou plus exactement, des liens entre les acteurs hors de nos schémas culturels. du coup le bouquin parait un peu fade à le lire, ne prenant de l'ampleur qu'une fois terminé quand le lecteur se le remémore et le traduit dans ses propres mots et sentiments. C'est aussi ça l'intérêt de la littérature, nous permettre des incursions dans les mentalités étrangères.
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chapochapi
  17 octobre 2010
Ce roman est à la fois fascinant et agaçant.
Agaçant parce que le sujet, comme la vie que mène Bird pendant ces trois jours, est pétri de bons sentiments, de morale sociale, sexuelle qui, à mon sens, le ternissent. Si le héros hésite à tuer son enfant, cela ne l'empêche pas de juger l'homosexualité, de s'estimer pervers pour pratiquer certaines activités sexuelles. Bon.
Reste un troublant portrait moral d'un homme qui a la possibilité de laisser mourir son enfant anormal, de se libérer de cette situation qui l'oppresse déjà, qui brise plus encore ses rêves de liberté et lui fait honte. Bird a honte d'avoir engendré un "monstre", il a honte devant ses beaux-parents (on ne parle jamais de ses parents, à lui), devant les inconnus comme devant les connaissances à qui il doit exposer la situation. Mais il a honte aussi de souhaiter la mort de ce nourrisson, de se montrer égoïste, de ne pas être capable de prendre une décision.
Tiraillé par les médecins qui refusent la mort, ses beaux-parents qui refusent la vie, son désir de fuir, sa femme qui n'a pas vu son enfant mais demande à ce qu'il vive, sa maîtresse qui souhaite s'envoler avec lui en Afrique.... Bird se retrouve extrêmement seul.
Mais ces quelques jours sont l'occasion pour lui de se regarder en face, après avoir fui. Bien sûr, il pourrait se laisser bercer, attendre que les événements arrivent par eux-mêmes (vie ? mort ?), mais, pour une fois, il a l'opportunité de prendre une décision. En trois jours, Bird devient adulte et prend sa vie en main, c'est à ce passage que l'on assiste, de manière tout à fait réussie.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA   09 janvier 2017
En cet instant, dit-elle, nous sommes assis, à bavarder, dans une pièce qui fait partie de ce que nous appelons le monde réel. Mais il se trouve que toi et moi existons en même temps, sous des formes entièrement différentes, dans une infinité d'autres univers... Nous pouvons tous les deux nous rappeler des moments du passé où nous avions cinquante chances sur cent de vivre et cinquante de mourir. Par exemple, quand j'étais enfant, j'ai failli mourir de la thypoïde, et je me souviens encore très bien du moment où j'ai atteint le point critique. Je pouvais m'enfoncer dans la mort ou remonter la pente et guérir.
Naturellement, la Himiko qui te parle en cet instant a choisi la guérison- mais dans le même temps une autre Himiko a choisi la mort. Tu comprends ?
Chaque fois que tu te trouves à un carrefour de ce genre, tu as devant toi deux univers. L'un perd toute réalité à tes yeux parce que tu meurs ; l'autre reste réel parce que tu y survis. C'est comme si tu ôtais tes vêtements : tu abandonnes l'univers où tu n'es plus qu'un cadavre et tu t'installes dans celui où tu es toujours vivant. En d'autres termes, divers univers naissent de nous comme les branches et les feuilles sortent de l'arbre...Cette espèce de division cellulaire de l'univers s'est produite également lorsque mon mari s'est suicidé. Il m'a laissée dans l'univers où il est mort, mais dans un autre univers, où il continue à vivre, une autre Himiko vit avec lui. Le monde qu'un homme laisse derrière lui quand il meurt très jeune et le monde où il échappe à la mort sont tous les deux réels : les mondes qui nous contiennent se multiplient constamment. C'est ce que j'appelle la pluralité des univers... Et veux-tu que je te dise encore quelque chose ? Tu ne dois pas être aussi triste à la mort de ton enfant, Bird, car, dans un autre univers il est en train de grandir et de devenir fort, à cette minute même. Dans ce monde-là, tu es un jeune père ivre de bonheur et nous buvons ensemble pour fêter l'événement. Tu me comprends ?
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parolesparoles   05 février 2017
Un nom ! Cette idée troublait profondément Bird. Donner un nom au petit monstre, ce serait le rendre plus humain, faire de sa mort une chose moins anonyme.
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jeronimusjeronimus   03 août 2017
L'Afrique, enfin ? Mais Bird n'était plus capable d'imaginer qu'une Afrique désolée, sans saveur. C'était la première fois que ça lui arrivait depuis qu'il était gamin. Un homme libre, sans joie, au milieu d'un Sahara gris... Cet homme avait assassiné un nouveau-né sur une île qui était à des milliers de kilomètres de là, puis il s'était enfui et il avait parcouru toute l'Afrique, incapable d'y capturer ne fût-ce qu'un sanglier, ne fût-ce qu'une musaraigne - et il était planté là bêtement, au milieu du Sahara...
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Corboland78Corboland78   03 octobre 2016
- Eh bien ? Voulez-vous voir la chose ? Le jeune médecin assis à la droite du directeur se leva. C’était un grand type maigre, au visage bizarrement asymétrique : un de ses yeux avait une expression timide et inquiète, l’autre un regard absent. Bird mit un moment à se rendre compte que c’était un œil de verre. – Pourriez-vous d’abord m’expliquer ? demanda Bird avec une pointe d’angoisse dans la voix. Le mot qu’avait utilisé le directeur (la « chose ») avait suscité en lui une répulsion qui ne se dissipait pas. – Cela vaudrait peut-être mieux, oui. Quand vous le verrez, vous risquez d’être surpris, comme je l’ai été moi-même.
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FRANGAFRANGA   26 février 2017
Le taxi qui l'emporta par les rues mouillées roulait à une vitesse alarmante. Si je meurs dans un accident avant d'avoir sauvé le bébé, pensa Bird, j'aurai vécu vingt-sept ans absolument pour rien... Et cette idée l'emplit d'une peur plus intense que toutes celles qu'il avait éprouvées jusque là.
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