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Anne Bayard-Sakai (Traducteur)
ISBN : 2070401634
Éditeur : Gallimard (04/02/1997)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Invité en Californie comme écrivain en résidence, Monsieur K part avec sa femme, laissant au Japon ses trois enfants : Mâ, étudiante en littérature française et ses deux frères, ' qui prépare ses examens d'entrée à l'université et l'aîné Eoyore, handicapé mental qui passe le plus clair de son temps à composer de la musique. Existence tranquille n'est pas exactement le terme qui convient car l'absence des parents fait peser une lourde responsabilité sur les épaules d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  29 août 2014
Découvrir Kenzaburo Oê en commençant par ce livre donnera un mauvais aperçu de son écriture.
On y retrouve, c'est vrai, ses thèmes de prédilection, c'est-à-dire ce qui constitue la famille et l'enfant handicapé - la naissance de son fils handicapé a fortement influencé son oeuvre - la réflexion autour de ce que ce handicap provoque.
Mais ici il donne la parole à un personnage féminin, en l'occurrence sa propre fille chargée de veiller sur son grand frère tandis que son père - lui-même- est, provisoirement aux Etats-Unis. s'ensuit une sorte de dialogue à deux voix et le récit d'une vie quotidienne.
Le ton, dans ce livre, est plus apaisé et tourné vers une réflexion plus longue, au contraire des autres livres que j'ai pu lire de lui par la suite, beaucoup plus cyniques et dérangeants. On y sent une certaine maturité et paix. de plus, le fils handicapé y est décrit avec beaucoup de tendresse, de respect et d'admiration en tant que personnage central du livre et prodige de la musique.
C'est un livre, donc, lent et parfois mélancolique qui est très agréable à lire et pousse à la réflexion.
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topocl
  17 septembre 2015
« Pourquoi ne trouve-t-on au Japon aucun écrivain capable de réconforter vraiment ses lecteurs ? »
J'ai du mal avec les romans japonais. Mais régulièrement, je re-tente. C'est pourquoi j'ai pris Une existence tranquille.
Et bien, c'est tout çà fait un roman japonais ! C'est à dire qu'il y a plein de choses intéressantes, mais que je m'y sens un peu à distance, j'y vois un coté figé voire compassé même si pour une fois, les émotions sont extrêmement intenses et à fleur de peau.
Ce livre est un récit en ce sens qu'il décrit une tranche de vie. Il est très astucieux parce qu'on peut y voir l'autoportrait sans concession de l'auteur, (qui, c'est le moins qu'on puisse dire ne se ménage pas), alors que justement il est le grand absent du livre. En effet il a pris une année sabbatique aux États-Unis, emmenant sa femme et «abandonnant » ses trois enfants jeunes adultes, attitude qui est critiquée par la plupart des protagonistes du livre. Il se décrit donc alors qu'il n'est pas là, et en même temps, décrit sa famille alors même qu'elle est éclatée, qu'il l'a en quelque sorte reniée. On sent quand même à travers les lignes l'immense amour qu'il voue à chacun et à cette bizarre construction à cinq qu'ils sont arrivés à élaborer, et ce, en dépit de ses caprices de grand homme.
C'est surtout le portrait de Mâ, la fille cadette, une jeune fille naïve, réservée, consciencieuse. C'est elle qui a la charge de ses deux frères, de son aîné handicapé mental léger, souvent déconcertant, joyeux et attentif, compositeur prodige, et de Ô le plus jeune, pragmatique, qui se consacre à ses études. Là, ça se discute pas, c'est le rôle des femmes de s'occuper des hommes : l'épouse suit son mari, la fille s'occupe de ses frères. Ce qui est plus satisfaisant, c'est la relation douce et passionnelle entre Mâ et son frère handicapé, chacun, bien sûr, enrichissant l'autre.
Le récit est un enchaînement de petits faits quotidiens, de description de personnes, de jours qui passent avec leurs joie et leur peurs, d'événements heureux et malheureux. Mais on y trouve aussi des échanges intellectuels, une quête de soi, tout cela souvent assez cérébral et cet aspect m'a rebutée. D'autant plus qu'il s'appuie sur l'analyse d'oeuvres culturelles que je ne connais pas (William Blake, Céline qui curieusement fascine Mâ par sa tendresse, Stalker de Tarkovski). J'ai beaucoup aimé, face aux élucubrations existentielles du père, l'attitude du vieux couple qui protège les enfants, mi-fou mi-sage, qui, au lieu de se torturer le ciboulot, met en actes ses choix de vie, et tout particulièrement de Mme Shigetô et sa théorie des « personnes de rien du tout ».
« Mon sentiment, c'est que je suis née comme une personne de rien du tout, que je vis en conséquence, que je vivrai encore ainsi un certain temps, et puis que je mourrai comme une personne de rien du tout.(...).
Ce que je pense, avec ma tête absolument ordinaire, c'est que tant que je vivrai comme une personne de rien du tout, en veillant à ne m'accorder aucun privilège même le plus insignifiant, je garderai une marge de manoeuvre. À partir de là, il suffit qu'à ma façon, je m'efforce de faire pour le mieux. Même si pour moi, « faire pour le mieux », ça n'est rien de plus que prêter une écharpe à une fille fatiguée qui avait froid, comme M. Shigetô a eu la gentillesse de s'en souvenir.
Mais malgré tout, j'ai l'impression que si l'on s'en tient à cette résolution de vivre comme une personne de rien, et bien au moment de mourir on doit pouvoir paisiblement revenir à zéro. Puisqu'il ne s'agit pas de passer de presque zéro à zéro. »
Comme quoi, même un livre qui ne vous accroche pas trop, c'est bien intéressant !
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5Arabella
  26 juillet 2016
Monsieur K, écrivain reconnu est invité par une université américaine pour plusieurs mois. Sa femme l'accompagne, car il traverse une grande crise. Leurs enfants devront donc se débrouiller seuls, et la maison restera en fait sous la responsabilité de Mâ, la seule fille. Elle devra avant tout prendre en charge Eoyore, l'aîné de la famille et handicapé mental, tout en tentant de poursuivre ses études.
Il y a des écrivains qui ont un univers très identifié, dans lequel on plonge à chaque fois, comme dans un terrain familier. Et puis il y a ceux, plus rares, qui semblent réinventer à chaque fois, et même lorsqu'ils traitent des sujets proches, arrivent à le faire d'une autre façon, sous un angle totalement différents. C'est le cas de Kenzaburô Ôé, qui se renouvelle. A chaque lecture que je faite jusqu'à maintenant son écriture et son approche des choses changent.
Une existance tranquille est un livre étonnant, où l'écriture semble minimaliste, comme les notes prises au jour le jour par Mâ pour laisser à ses parents une trace du quotidien vécu par les enfants qu'ils ont laissé. Mais bien sûr cette apprarante simplicité cache des montagnes de subtilité et de compléxité, comme cette existence soit disant tranquille est pleine de drames, de souffrances, de problèmes. Mâ semble ne rien remarquer de mal, ne critique personne, essaie d'être lisse sans cesse, ne se plaint pas, trouve des justifications aux autres et prend tout sur elle. Et malgré cela, nous voyons les gens tels qu'ils sont avec leurs faiblesses et petitesses, voire leur horreur, mais tout cela sans aucune lourdeur. le second degré est terriblement présent, et le tableau de Monsieur K, qui est en partie l'auteur lui même est particulièrement réjouissante, car on ne peut pas dire que Ôé donne une image particulièrement idyllique de sa personne. Ronchon, égoïste, abandonnant sa famille, un peu ridicule parfois (en plombier amateur entre autres), il ne se fait aucun cadeau.
Le livre est très discursif, suit le rythme du quotidien et de ses aléas et répétitions, cours, repas, sorties à la piscine, discussion sur Stalker de Tarkovski, sur Céline (Mâ lui consacre son mémoire). Mais en même temps il aborde l'air de rien, tout en legèrté des sujets essentiels, comme la place des handicapés dans la société, le regard que les gens "normaux" portent sur eux. Difficile en fait d'évoquer tous les aspects et thèmes du livre, il est beaucoup trop riche pour cela. Il ne vous reste qu'à le lire...
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Vermeer
  26 octobre 2015
Récit, journal, chronique quotidienne de Ma, jeune étudiante à qui ses parents ont laissé la charge du benjamin de la famille, étudiant lui aussi et surtout d'Eoyore, le frère aîné handicapé mental et sujet à des crises d'épilepsie pour partir quelques mois en Californie. Leur existence est donc tout sauf tranquille car malgré l'amour immense que se portent Eoyore et Ma qui se protègent tour à tour, le quotidien est difficile. Le regard posé par les gens sur Eoyore est souvent cruel et Ma a du mal à le supporter. Beaucoup d'autobiographie dans ce récit. L'existence de Kenzaburô öé a été bouleversée par la naissance d'un garçon handicapé mental en 1964. Le père qui fuit en Californie est appelé K, il traverse une grave crise. Ôé s'interroge sur sa propre lâcheté.
Pas vraiment d'intrigue, récit décousu, beaucoup de digressions cinématographiques ou littéraires (Ende, Céline, Tarkovski) qui rendent la lecture parfois difficile.
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Elouan00
  18 juillet 2017
A la fois d'une simplicité, et d'une profonde lucidité sur la vie d'une famille raconté du point de vue de la benjamine (peut-être une adolescente, ou une jeune adulte). Les parents sont partis, à cause d'une crise du paternel. Mâ doit veiller sur son frère aîné, apparemment le plus démuni de la fratrie, le cadet étant déjà très occupé par des examens. (Mais Mâ aussi, doit au passage, rédiger un mémoire sur Céline) Bref, "Une existence tranquille", si seulement !
Le récit se construit sur les relations qu'entretiennent les personnages avec Eoyore (ainsi se surnomme le frère aîné de la famille) non sa personnalité si particulière en tant que telle et ce point de vue m'a beaucoup intéressé. le récit dérive dans ses questionnements sur une vie de famille ordinaire, à cela près que "ordinaire" prend un autre sens chez Oé ; il tient d'une fragilité, d'une inquiétude permanente.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
jeronimusjeronimus   12 août 2017
Je t'ai raconté que mon mari et moi avions voyagé en Europe avec un chat, n'est-ce pas ? Nous sommes arrivés de Dubaï, dans la péninsule arabique, à l'aéroport de Varsovie par un avion des lignes polonaises, autrement dit nous étions passés d'un seul coup d'un endroit chaud à un endroit froid, et alors que nous attendions tous en grelottant, les bagages tardaient. Et nous nous sommes aperçus qu'un dignitaire du régime, vêtu d'un costume anglais, faisait extraire ses bagages du lot par un porteur, pendant que ceux des passagers ordinaires restaient évidemment en souffrance. Alors Monsieur Shigetô, en tant que passager japonais parlant polonais, est allé dire un mot à ce gentleman, en lui demandant si, compte tenu de l'attitude qu'il avait, on pouvait vraiment parler de socialisme. C'est ce genre de courage qui est important.
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VALENTYNEVALENTYNE   22 juin 2013
Jadis, du temps où j'étais encore insouciante, mon père m'avait dit, tandis que nous passions l'été dans la maison de montagne de Gumma, que je courais comme un poulain. Sur cette bicyclette que je n'avais pas prise depuis un certain temps, je pédalais en secouant effectivement les épaules à la manière d'un cheval, et je pris vers le nord la première rue croisée à partir de l'avenue des bus, en scrutant soigneusement les deux côtés de chaque carrefour. J'arrivais à l'extrémité nord de la rue et rattrapai la suivante que je pris en direction du sud. C'est alors que je vis à l'endroit où la haie vive d'oliviers odorants, bien dense, qui entourait une vieille demeure, laissant la place à celle de cyprès nains mal entretenue de la maison voisine, deux silhouettes, une grande, une petite, entremêlées.
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VALENTYNEVALENTYNE   22 juin 2013
En réfléchissant sur ma conduite, je crois avoir malgré tout enfermé mon frère dans un lieu particulier. C'est la conversation de l'autre jour qu'y a fait penser. Je l'ai enfermé dans un lieu où il est traité comme quelqu'un de particulier, et non comme une personne de rien du tout. A des yeux extérieurs, évidemment cette particularité doit sembler encore au -dessous du rien du tout, comme le prouvent les mots "Espèce de raté!". Moi, j'ai grandi dans l'idée que même si Eoyore était handicapé, puisque je l'aimais avec son handicap, ça n'avait pas d'importance. A partir d'un certain moment, j'ai même brandi son handicap comme un étendard...
Encore maintenant, je continue à penser que c'est la bonne attitude à avoir vis à vis de la société extérieure. Mais à l'intérieur de la famille, est ce que je ne suis pas trop habituée à le considérer comme une personne étrange et drôle, en oubliant de le voir objectivement ? En oubliant que, mis à part son handicap, c'est une personne ordinaire, de rien du tout ? Dans le groupe de bénévoles auquel j'appartiens, on discute souvent de l'autonomie des handicapés, et pourtant je crois bien n'avoir jamais pensé à établir avec mon frère des relations qui tiennent compte de son autonomie
L'autre jour, je regardai Eoyore distribuer des tracts à de inconnus sur le trottoir d'en face. J'ai rarement observé mon frère pendant un certain temps et à une telle distance. Et il m'a semblé que peut-être ses gestes étaient trop lents et son expression trop bonhomme, mais qu'il était en tout cas traité comme quelqu'un d'ordinaire par les gens qui lui prenaient ses tracts. C'était aussi la première fois qu'il entrait en contact de manière aussi directe avec la société extérieure, mais j'ai eu le sentiment de découvrir la personne vraiment ordinaire, cette personne de rien du tout qu'il est.
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nounours36nounours36   19 juillet 2014
Ca fait maintenant longtemps que j'écris des romans et dans ma jeunesse la plupart des critiques me laissaient sur ma faim, mais maintenant, quelles que soient les appréciations portées, je reconnais presque toujours ce que j'ai effectivement raconté dans la manière dont on me dit avoir reçu l'histoire
( V, tristesse du roman, p160)
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nounours36nounours36   21 juillet 2014
"J'ai de plus en plus d'amis de l'autre côté (mort), à tel point que je pourrai m'y sentir moins dépaysé que de côté-ci, et je n'ai donc pas peur de la mort. Pourvu seulement que la douleur ne soit pas trop intense!"

( V, tristesse du roman, p162)
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