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EAN : 9782824708560
103 pages
Bibebook (07/06/2013)
4.5/5   2 notes
Résumé :
Dans ce texte, précédemment intitulé «Réflexions physiques sur l'origine des animaux», l'auteur nous propose une analyse matérialiste de l'origine et de l'évolution des êtres vivants, excluant une intervention divine, ou une finalité. Viennent ensuite des réflexions sur la mort, la vie, les plaisirs. La modernité du texte est étonnante et préfigure la réflexion darwinienne, avec un siècle d'avance, à une époque où cela n'était vraiment pas le courant de pensée major... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Fier d'être un philosophe épicurien, Julien Offray de la Mettrie a exprimé en bref la théorie de l'évolution un siècle avant Darwin ;
Juste équipé de son système d'Epicure ou tout simplement doué de bon sens.

Arrêtons-nous par exemple sur une « erreur » de la nature : une femme née sans sexe…
Mais avant d'en connaître les truculents « détails », voici l'enseignement capital :

“si la nature est capable d'une si étonnante erreur, combien de semblables jeux ont-ils été autrefois plus fréquens ! Une distraction aussi considérable, pour le dire ainsi, un oubli aussi singulier, aussi extraordinaire, rend, ce me semble, raison de tous ceux où la nature a dû nécessairement tomber dans ces temps reculés…”

Voici donc maintenant les « détails » médicaux livrés par notre épicurien autant médecin que philosophe.

“J'ai vu cette femme sans sexe, animal indéfinissable, tout-à-fait châtré dans le sein maternel. Elle n'avoit ni motte, ni clitoris, ni tetons, ni vulve, ni grandes levres, ni vagin, ni matrice, ni regles ; et en voici la preuve. On touchoit par l'anus la sonde introduite par l'uretre, le bistouri profondément introduit l'endroit où est toujours la grande fente dans les femmes, ne perçoit que des graisses & des chairs peu vasculeuses, qui donnoient peu de sang.”

La suite dépasse quelque peu le strict cadre de la médecine…

“Il fallut renoncer au projet de lui faire une vulve, et la démarier après dix ans de mariage avec un paysan aussi imbécile qu'elle, qui n'étant point au fait, n'avoit eu garde d'instruire sa femme de ce qui lui manquoit. Il croyoit bonnement que la voie des selles étoit celle de la génération, et il agissoit en conséquence, aimant fort sa femme qui l'aimoit aussi beaucoup, & étoit très-fâchée que son secret eût été découvert.”

La chute, très sérieuse, précise les sources :

“M. le comte d'Erouville, lieutenant-général, tous les médecins & chirurgiens de Gand, ont vu cette femme manquée, & en ont dressé un procès-verbal.
Elle étoit absolument dépourvue de tout sentiment du plaisir vénérien ; on avoit beau chatouiller le siege du clitoris absent, il n'en résultoit aucune sensation agréable. Sa gorge ne s'enfloit en aucun temps.”

Évidemment, il est impossible d'en rester là. Et fort heureusement, de la Mettrie nous laisse une oeuvre entière à découvrir !
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
(La théorie de l’évolution, en bref, un siècle avant Darwin)
Il est évident que les seuls animaux qui auront pu vivre, se conserver, et perpétuer leur espèce, auront été ceux qui se seront trouvés munis de toutes les pièces nécessaires à la génération, et auxquels en un mot aucune partie essentielle n’aura manqué. Réciproquement ceux qui auront été privés de quelque partie d’une nécessité absolue, seront morts, ou peu de temps après leur naissance, ou du moins sans se reproduire. La perfection n’a pas plus été l’ouvrage d’un jour pour la nature, que pour l’art.
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Les graces ne vieillissent point ; elles se trouvent quelquefois parmi les rides & les cheveux blancs ; elles font en tout temps badiner la raison ; en tout temps elles empêchent l’esprit d’y croupir. Ainsi par elles on plaît à tout âge ; à tout âge, on fait même sentir l’amour, comme l’abbé Gédoin l’éprouva avec la charmante octogénaire Ninon de Lenclos, qui le lui avoit prédit.
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Comment prendre la nature sur le fait ? Elle ne s’y est jamais prise elle-même. Dénuée de connoissance & de sentiment, elle fait de la soie, comme le Bourgeois Gentilhomme fait de la prose, sans le savoir : aussi aveugle, lorsqu’elle donne la vie, qu’innocente lorsqu’elle la détruit.
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Comme la médecine n’est le plus souvent qu’une science de remedes dont les noms sont admirables, la philosophie n’est de même qu’une science de belles paroles ; c’est un double bonheur, quand les uns guérissent, & quand les autres signifient quelque chose.
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J’ai vu mourir, triste spectacle ! des milliers de soldats, dans ces grands hôpitaux militaires, qui m’ont été confiés en Flandres durant la derniere guerre. Les morts agréables, telles que je viens de les peindre, m’ont paru beaucoup moins rares, que les morts douloureuses. Les plus communes sont insensibles. On sort de ce monde, comme on y vient, sans le savoir.
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