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ISBN : 2351785711
Éditeur : Gallmeister (03/05/2018)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Ce sont des histoires de mineurs et de sorciers, de joueurs et de cultivateurs de marijuana, des contes tragiques et étranges enracinés dans le réel. Le Kentucky est vu et raconté sans le vernis de la nostalgie : une petite communauté anonyme des Appalaches, trop petite pour être qualifiée de ville, un endroit où réclamer une éducation scolaire est la marque d'une arrogance impie et chercher de l'eau avec une baguette de coudrier, une occupation normale et légitime ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
JIEMDE
  19 août 2018
S'il n'en reste qu'un, Chris Offutt sera celui-là !
Car là où d'aucuns stigmatisent ou analysent socialement cette région des Appalaches devenue le sanctuaire des Hillbillies, ces oubliés de l'Amérique contemporaine, Offutt s'en fait depuis 30 ans le farouche défenseur.
Dans Kentucky straight (traduit par Anatole Pons) et en 9 nouvelles parfaitement maîtrisées - avec une mention spéciale pour La sciure, Mauvaise herbe et Ceux qui restent - , il choisit le récit du quotidien, du petit rien, de l'instantané de vie pour nous raconter son Kentucky. Sans magnifier, ni enjoliver, ni excuser.
Défilent alors Junior, Aaron, Vaughn et son grand-père Lije, la solide Beth, Cody ou encore Everett, tous plus attachants les uns que les autres, tentant de survivre sur ce territoire qui fut autrefois terre indienne, puis terre minière et aujourd'hui terre d'oubli. Ils ont en commun le partage des déficits, ceux de l'éducation, de la croissance ou du rêve américain, mais aussi le partage du passé, du devoir, de la fatalité, de l'entraide et d'une certaine idée de ce qui se fait et ne se fait pas, leur conférant ainsi ce qui s'appelle la droiture.
C'est remarquablement écrit et la beauté des paysages naturels décrits par Offutt apparaît comme un contraste apaisant face à toutes ces vies en équilibre. Un grand livre !
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belette2911
  03 septembre 2018
Ce petit recueil de nouvelles met en scène des loosers de chez loosers, tous issu du Kentucky, qui, au vu de que je viens de lire, ne possède pas beaucoup de lettrés !
D'ailleurs, là-bas, terminer ses études et être intelligent, c'est assez mal vu. Être instruit aussi, passer ses examens, être Noir…
Un fameux ramassis de frappadingues, de zinzin de la religion, de tarés à aller pendre tant leur pouvoir de réflexion vole plus bas que le derrière d'un cochon.
Pas un à sauver, hormis quelques uns qui se démarquent de tous ces autres largués de l'existence possédant 2 neurones.
Ici est le territoire de nos fameux Hillbillies ! Et l'auteur nous propose 9 tranches de vie de ces gens qui ont un mode de vie et de pensée particulier.
Sans de chichis, sans fioritures, sans enjoliver ou présenter ses récits avec des circonstances atténuantes, l'auteur nous décrit sa région et ses gens, tels qu'ils sont, avec un réalisme qui fleure bon la fiction tant il nous semble impossible qu'il y ait encore des gens qui se comportent ainsi.
Malheureusement, avec des nouvelles, il y aura toujours un goût d'inachevé, un goût de trop peu, un goût de « J'en voudrais encore s'il vous plait » car j'aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite pour certains personnages auxquels j'ai réussi à m'attacher en si peu de pages (Junior et Vaughn, surtout).
Dans ces pages, exit le rêve américain, exit les bienfaits de l'éducation nationale et de l'éducation tout court. La croissance économique les a oublié, l'Amérique aussi, même la Bonne Fée doit être en grève ou les bouder tant la misère sociale et intellectuelle est immense chez eux.
Les histoires contées pourraient même être banales tant elles sont simplissimes (une partie de poker, un camion embourbé, un examen à passer, une partie de chasse qui tourne mal, une voiture désossée…).
Ce qui en fait des histoires à faire froid dans le dos, c'est la manière dont Offutt les raconte : plantant ses décors en y incorporant ses personnages avec leur manière de vivre, de penser, de réfléchir, de vivre…
Des histoires simples, mais des histoires noires. Une réalité sociale qui fait froid dans le dos car elle n'est pas issue de la fiction ou du cerveau fécond d'un auteur, mais juste un simple reflet de la réalité.
À savourer avec un alcool fort afin de faire passer le pilule.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Allantvers
  28 août 2018
J'aime beaucoup découvrir de nouveaux auteurs américains par le biais de leurs nouvelles, qui sont souvent leurs premiers écrits avant de se lancer dans le roman.
Bonne pioche avec Kentucky Straight, qui au passage me donne aussi l'occasion de renifler cet état que je n'avais pas encore découvert littérairement.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne donne pas envie, le Kentucky! "C'est un endroit dont on veut partir" nous dit l'auteur dans une des nouvelles, assertion qui me semble bien résumer ce recueil : nature inhospitalière, misère rampante, alcool, racisme, violence, enfants désocialisés... et pourtant des individus qui s'accrochent farouchement à leur bout de vie, les dents serrées.
Ce n'est pas noir, c'est plutôt du white trash, attachant mais pas non plus du meilleur tonneau.
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encoredunoir
  23 décembre 2013

Recueil de nouvelles prenant pour cadre l'Est du Kentucky, dans les vallées ou plutôt ici les goulets des Appalaches, Kentucky Straight tient autant du noir que de la chronique quotidienne de communautés villageoises éloignées du monde, à la manière de ce que propose Daniel Woodrell dans son Manuel du hors-la-loi.
Les points de départ des nouvelles d'Offutt sont d'une banalité confondante ; une histoire de chasse, une partie de poker, un jeune adulte désirant passer un diplôme ou un camion embourbé sont autant de points d'entrée dans ces lieux où la pauvreté le dispute à l'ignorance, où les vendettas familiales sont encore au goût du jour et où l'instruction peut-être vue aussi bien comme une intrusion de l'État fédéral que comme le signe d'un orgueil mal placé.
À partir de là, flirtant parfois avec le fantastique, Chris Offutt nous livre neuf tranches de vies qui sont autant de manières de célébrer la nature encore sauvage et de voir avec une tendresse certaine ces femmes et ces hommes tout aussi rudes que le milieu dans lequel ils vivent ou survivent parfois, durs et ensauvagés et qui, lentement, très lentement, deviennent un peu moins âpres, un peu plus conscients du monde dans lequel ils vivent, quand bien même ils entendent encore conserver leur mode de vie :
« La responsabilité de la terre s'arrêterait avec lui. La vie des hommes se passait par à-coups, accès de travail, beuveries et morts rapides, alors que les femmes s'usaient lent et régulier, comme une berge de rivière dans un méandre. Il encouragerait ses filles à partir, mais probable qu'elles resteraient et lui donneraient des petits-fils. Un jour William se retrouverait vieux en train de raconter à un gamin la fois où il a tiré d'affaire un homme des charbons qui ne le méritait pas. Il se demandait ce que le gouvernement trouverait à interdire au temps de ses petits-fils. »
Ainsi malgré la rudesse de ses histoires, Offutt réussit à donner à ses personnages l'humanité qu'ils semblent parfois refuser de voir en eux-mêmes. Sans les juger, sans les idéaliser non plus, il nous les raconte ou les laisse se raconter sans fard, sans idéaliser ni le passé ni l'avenir, sans se voiler la face sur la difficulté du présent.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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absolu
  31 juillet 2012
Abrupt comme les crêtes, tortueux comme les cours d'eau, l'esprit s'est formé au contact de la roche, le paysage a poncé les coeurs des hommes et des femmes qui peuplent le décor.
Sec comme le bois de chauffe, noir comme le glaviot de chique craché dans un seau, ces hommes et ces femmes n'attendent rien de la vie, si ce n'est la mort. Certains s'attachent tellement à leur terre, leurs terres, que leur âme s'enracine aux côtés des plus vieux arbres des forêts sombres et denses. Les forces obscures dansent au sommet des crêtes, aplatissent les plus orgueilleux, hérissent le poil des plus téméraires. Et si le chien hésite, ou mène sur une fausse piste, il se fait liquider, et donné en pâture aux prédateurs qui rôdent. point d'hésitation, point de sentimentalisme. La survie ne laisse place à aucun regret, le cynisme s'éloigne sur la pointe des pieds.
9 nouvelles sans aucun espoir, sans aucune lueur dans le noir, aucune accalmie de l'esprit.
J'ai adoré "La sciure", "Dernier croissant", "Blue lick", et "Tante Granny Smith". J'ai moins accroché pour les autres, mais, indéniablement, l'atmosphère est pesante, étouffante. les dialogues sont aussi rugueux que la rocaille, langage aussi châtié que la fange dans laquelle baignent les cochons, ceux-là même qui finiront leur vie dans la pièce à côté, grillés dans l'assiette du propriétaire. Même pour eux, aucun espoir.
Un conseil, feuilletez quelques pages d'un beau livre sur les Appalaches, trouvez quelques images sur Internet, vous comprendrez mieux pourquoi la vie s'y transforme en huis-clos.
(nov 2006)
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critiques presse (1)
Telerama   07 août 2018
Les paysages vibrent intensément, jusqu’au fantastique parfois, les hommes leurs ressemblent, âpres, rudes. Offutt en fait surgir l’humanité jusque dans les scènes les plus cruelles. Neuf nouvelles d’une singulière densité, d’une grande beauté formelle. Un chef-d’oeuvre, il faut bien le dire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir   23 décembre 2013
La responsabilité de la terre s’arrêterait avec lui. La vie des hommes se passait par à-coups, accès de travail, beuveries et morts rapides, alors que les femmes s’usaient lent et régulier, comme une berge de rivière dans un méandre. Il encouragerait ses filles à partir, mais probable qu’elles resteraient et lui donneraient des petits-fils. Un jour William se retrouverait vieux en train de raconter à un gamin la fois où il a tiré d’affaire un homme des charbons qui ne le méritait pas. Il se demandait ce que le gouvernement trouverait à interdire au temps de ses petits-fils.
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JIEMDEJIEMDE   19 août 2018
Cody avait toujours le même regard dur, mais ses yeux autrefois sauvages semblaient aujourd'hui prêts à domestiquer un ours.
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JIEMDEJIEMDE   16 août 2018
La nuit enveloppait lentement la vallée. Je suis sorti et me suis assis sur la souche où papa lisait ses cartes. Avant j'avais peur du noir, jusqu'à ce que papa me dise que c'est pareil que le jour, sauf que l'air est d'une autre couleur.
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JIEMDEJIEMDE   19 août 2018
Il avait entendu dire que tous les péquenauds des Appalaches avaient une jambe plus courte que l'autre après des années à marcher en pente.
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Wendat69Wendat69   08 septembre 2018
Papa disait toujours que je chantais comme une promesse politique, toujours faux.
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